Le Bilan Carbone de notre action après 356 jours et 34142 kms parcourus (en kg éq C) : |
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Un vieux Toy', une piste de sable de 150kms au milieu des plateaux Batéké et c'est parti...
... une frontière signalée par une simple borne et nous voilà au Congo... |
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| Mise à jour du 28 novembre 2007 | |||||||||
Ecrit Jeudi 15 novembre 2007, 21h30, Armée du salut, Brazzaville - Gabon Dimanche 11/11/07 : Vite debout et déjà prêt, nous rejoignons le véhicule. Un vieux Toyota 4x4 pick-up qui a bien fait son temps, attaqué par la rouille A bord il y a déjà 3 passagers, 1 chauffeur assez vieux et un jeune convoyeur. Le vieux nous propose 80000F (120€) pour nous 2 pour nous emmener jusqu'au goudron de l'autre côté de la frontière. On hallucine. il n'y a que 150 km à faire mais le jeune de l'auberge nous avait prévenu « il ne faut pas payé plus de 25000F/personne . avec un bon chauffeur qui conduit bien, vous arriverez peut être le soir sinon il faudra 2 jours ». On négocie à 25 000F chacun et impossible de faire moins « la route est mauvaise » et le jeune convoyeur qui rajoute « la route est longue vous verrez ». Nat passe à l'avant, Fab dans la caisse. Le temps de faire le plein, d'installer les sacs et de tourner un peu dans Léconi, une heure est déjà passée. A la vue des réflexions et des encouragements des habitants du village vis à vis du vieux chauffeur qui suscitent un peu l'admiration, nous nous demandons un peu dans quoi nous nous engageons. Et puis c'est parti ! Nous quittons le village par une piste que nous suivrons jusqu'à la frontière du Congo. Nous arrivons rapidement sur les plateaux Batéké et là c'est un peu la stupéfaction, il n'y a pas d'arbres. Simplement des étendues de prairies à perte de vue. La piste n'est en fait que 2 traces qui traversent la savane. Sous l'herbe, le sol est sablonneux et la pluie de la veille l'a durci ce qui rend la conduite un peu plus facile même si nous dépassons que difficilement les 20 ou 30 km/h. Nat a un peu chaud à l'intérieur de la cabine malgré l'heure matinale et Fab profite du paysage en plein air dans le pick-up.
Nous faisons un premier arrêt dans un village gabonais pour donner du pain rassis aux chèvres et aux cabris du chauffeur. Le village a surgit au sommet d'une colline en même temps qu'une petite forêt galerie. Les maison sont en tôle et ici c'est l'énergie solaire qui alimente les maisons. Ca fait déjà 3h que nous sommes partis et nous n'avons toujours pas franchi la frontière qui sur la carte est signalée à 25 kms et est en fait à 40 kms (nous n'avons pas pris la route « normale !). Les véhicules passant par là sont très très rares. Nous croisons un seul véhicule avant le passage de la borne délimitant le passage de la frontière. Les collines sont d'un vert presque irréel qui rappelle étrangement une certain image de bureau des pc. La piste continue encore et encore passant d'une colline à l'autre semblant ne jamais vouloir se terminer. C'est monotone. Il n'y a pas de vie juste quelques oiseaux « très bons à manger . on chasse ça d'habitude, on a le fusil mais on a pas les cartouches » - commente Alban le jeune convoyeur. Nous arrivons à une barrière baissée au milieu de nul part et encadrée par 3 baraques en bois et en tôle. Un homme dehors fait sa lessive, c'est en fait le gendarme en service ici. Nous sommes au premier poste de contrôle congolais. Après avoir contrôlé les papiers et dit qu'ils sont en règle, le gendarme nous réclame, les yeux posés sur le sol, 5000F (7,5€) chacun pour les frais d'enregistrement. Nous ne disons rien tout de suite et ça bouillonne en nous. Nous attendons qu'il finisse le contrôle des autres. Il réclame la même somme à tous les passagers et exige même au chauffeur le paiement pour le stationnement de son véhicule à l'ombre du seul arbre du coin. Malgré les demandes de justification de Nat, il s'entête et ne veut pas lâcher l'affaire. Nat non plus mais le gars n'est pas commode, un des passager lui fait signe de l'extérieur de ne pas trop la ramener (de la fermer en quelque sorte !) mais c'est pas normal et de penser qu'avec ces 30 000F il va se payer des bières ça l'énerve trop. On n'a pas mis de l'argent de côté pour ça. Finalement, Fab lâche le billet de 10 000F comme tout le monde et chacun obtient un justificatif de contrôle que le gendarme appelle reçu bien que le montant de « sa prestation » ne soit pas mentionnée. Nat voulait absolument un reçu pour avoir une preuve à présenter et montrer qu'on est pas bête et qu'on sait qu'il n'a pas le droit. Nous repartons, tout le monde est énervé de cette attitude mais seulement Nat a eu le courage de l'ouvrir. Le problème est maintenant devant. Il y a 2 autres barrages de police sur la piste que nous devons emprunter et Kodjo, le chauffeur, nous certifie qu'ils auront tous le même comportement. Ces postes de contrôle n'existaient pas avant, ils sont apparus après la fin de la guerre (en 2000). Apparemment la pratique est plus ou moins imposée par la hiérarchie car les « contrôleurs » ne sont pas payés et cet axe constitue leur seul revenu. Dans tous les cas, personne ne veut payer au prochain contrôle. Kodjo resté silencieux jusqu'à présent, nous dit qu'il existe une autre piste qui contourne les postes mais qu'il y a un pont qui s'était effondré et il ne sait pas si le passage est possible à ce jour. Ecrit Vendredi 16 novembre 2007, 20h00, Bar dans ruelle à côté de l'Armée du salut, Brazzaville Dimanche 11/11/07 (suite) : Nous faisons une halte dans un village à quelques kms du poste. Il y a d'autres chèvres à nourrir. Le village est isolé, le soleil commence à taper fort, ça ressemble étrangement au Sahel de l'Afrique de l'Ouest. Notre présence attise la curiosité des enfants et des vieux. Les premiers s'agglutinent autour du pick-up pour nous observer et les regards se dérobent dès que nous les regardons. Certains se cachent même après nos coucous. Les plus vieux viennent pratiquement tous nous saluer nous souhaitant la bienvenue, nous demandant comment ça va et nous proposant des chaises ou des bancs pour s'asseoir à l'ombre. Nous restons juste assez longtemps pour que Koudjo décide d'emprunter la route du pont. Et c'est reparti à travers les plateaux, la piste monte et descend au gré des collines. La piste est de plus en plus accidentée et disparaît parfois sous la savane. Au bout de quelque temps nous arrivons dans un second village. Sur les hauteurs, avant d'arriver au village, des hommes ont installé une « barrière » faite de branches obligeant l'arrêt du véhicule. Comme un rituel, ils répètent les même paroles en dansant autour de la voiture. Ils ont un comportement bizarre et Nat croit à des rebelles voulant nous dépouiller surtout quand ils commencent à quémander de l'argent. Fab à l'arrière avait été informé par Alban qu'il y avait des funérailles dans le village et que c'était une coutume que de demander de l'argent aux gens de passage. Barrière relevée, nous arrivons au village. A l'invitation d'un villageois nous faisons une nouvelle halte et nous restons une bonne heure dans le village. Il est déjà 13h, nous n'avons pas prévu de quoi manger à part quelques biscuits. Heureusement il y a des mangues à gogo ici et les villageois nous en offre. C'est aussi l'occas. pour Kodjo de s'informer sur l'état du pont et apparemment c'est bon. Alban récupère des cartouches et un nouveau convoyeur monte à bord. Sûrement que l'état de la piste va s'empirer ! C'est de moins en moins sûr que nous arriverons avant la nuit ! Nous prenons la direction du pont, dans la cabine Kodjo est concentré et un peu inquiet d'une part à cause de l'état de la route mais aussi parce qu'il ne veut pas se faire surprendre en train de contourner les postes. A l'approche du pont, la piste devient invisible et est recouverte par la végétation d'une petite forêt. La zone est un peu marécageuse et le nouveau convoyeur à l'aide de villageois débroussaillent à la machette et font la trace à pied pour le passage du vieux Toy. Nous descendons et rejoignons le pont à pied. Le pont n'est en fait qu'un passage à gué constitué de quelques troncs de bois qui permettent de franchir une rivière boueuse de 8 m de large.
Nous sommes apparemment l'un des premiers véhicules à l'emprunter depuis qu'il a été refait. Le passage se fait sans problème. Un fois le pont traversé, Nat monte à l'arrière et tout le monde se décontracte. Il n'y a plus de barrages de police devant et la grosse difficulté est derrière nous. Pourtant la pluie menace et une grosse averse se prépare. Les premières gouttes tombent et au village suivant les 2 jeunes positionnent 2 bâches pour protéger l'arrière du véhicule. Il ne faut pas être clostro ! Il fait chaud là dessous et la pluie semble se calmer. Nous reprenons la route. Nat n'a pas profité longtemps du plein air et une nouvelle averse beaucoup plus violente nous oblige à stopper le véhicule. Le vent est très fort et l'eau tombe presque à l'horizontale. Nous voyons rapidement que l'eau ruisselle dans les ornière sableuses de la piste. On reste une bonne ½ heure a attendre que cela se passe. Ecrit Samedi 17 novembre 2007, 23h00, Armée du salut, Brazzaville Dimanche 11/11/07 (suite) : Nous reprenons la piste qui, déjà pas très bonne, l'est encore moins après la pluie. Après quelques kms, les jeunes descendent avec les pelles pour adoucir quelques grosses marches. La nuit finit par tomber. On croise un véhicule qui dit à Koudjo que la piste est très mauvaise et que la pluie l'a rendue quasi impraticable. Avec la nuit, cela devient dangereux, il faudra attendre le lendemain que le soleil ait un peu fait sécher le terrain accidenté avant de poursuivre. Nous roulons pendant encore une bonne heure et demi. La nuit est de plus en plus noire et Kodjo connaît un village où nous pourrons être accueilli. La lune est cachée par les nuages et la nuit est vraiment sombre. Nouvel arrêt. Seuls les phares de la voiture apporte un peu de lumière dans ce village. On distingue quelques lueurs vacillantes à l'intérieur de quelques maisons. Les 2 jeune se mettent à crier « pétrole pétrole pétrole ». Nous comprenons à ce moment là que Kodjo est un vendeur de pétrole itinérant et que le premier objectif du trajet est d'écouler ses 400L de « stock » au fur et à mesure que nous traversons les villages. Chacun fait remplir son bidon achetant de 1 à 5L de pétrole lampant. Acheté 250F à Franceville il est revendu 500F ici mais les véhicule comme celui de Koudjo sont assez rares et se sont les seuls moyens de ravitaillement qui arrivent jusqu'ici. Les passages sont très aléatoires compte tenu de l'état de la route mais aussi des nouveaux postes de police et les gens peuvent attendre plusieurs semaines avant de pouvoir de nouveau s'éclairer. Les gens n'avaient pas vu un véhicule depuis plus d'une semaine. Quand nous arrivons au village qui doit nous héberger, il est 20h. Tout est endormi. Les gens ne semblent pas être là et il faudra une bonne heure aux 2 jeunes pour s'occuper de tout organiser. Kodjo dort depuis longtemps dans sa voiture. Les 3 compagnons de roue, assez bizarre, sont allé squatté la « terrasse» et le feu d'une villageoise. Ils abusent beaucoup de son hospitalité forcée par leur arrivée et réclament de l'eau et à manger. Finalement tout le monde s'installe autour du foyer de Pauline. C'est ainsi que Nat se retrouve à éplucher des ignames avec Pauline et que nous nous nous nourrissons de quelques morceaux d'ignames cuits à l'eau. Personne n'avait prévu que le trajet durerait mais ici pas de resto. Des mangues, des ignames et du manioc seulement ! Fatigués, nous rejoignons vers 23h l' « éponge » (le matelas) que Pauline nous a gentiment prêté pour passer la nuit. Ecrit Dimanche 19 novembre 2007, 22h12, Armée du salut, Brazzaville Dimanche 11/11/07 (suite) : La nuit est humide. Alban et Kodjo dorment dans le véhicule et Anissa (le 2 ème convoyeur) partage la « maison d'accueil » avec nous. Une petite bicoque de roseau et de paille dans laquelle un « hall » peut accueillir une bâche qui fera office de sommier. Les « compagnons bizarres » ont squattés chez Pauline. Lundi 12/11/07 : La nuit a été assez bonne. Y'a du bon a traîner 20kg chacun. Nous avons bien apprécié la chaleur des duvets qui nous ont aussi bien préservés de l'humidité. Nous nous levons vers 7h30 en forme.
Il y a un nuage de brume sur le village. Que c'est étrange de retrouver un vrai temps d'hiver à la française ! Nous voyons quelques écoliers prendre le chemin du collège. Pauline nous explique que c'est à 12 kms soit environ 3h de marche. Pauline nous accompagne dans notre visite du village. Une trentaine de maisons en bois s'alignent le long d'un chemin de latérite (notre piste). Quelques unes se sont effondrées suite à la tempête d'hier.
Bien à l'abri sous la bâche du 4x4, nous ne nous étions pas rendu compte de la violence de l'averse. Ici on nous parle de petite tornade. Plus tard, sur la route, les arbres effondrés en travers du chemin ou des safoutiers géants coupés en 2, témoigneront de la férocité de cet orage. Après avoir acheté les 3 derniers pains du vendeur ambulant à vélo, nous prenons tranquillement un café et Nat profite de la quiétude de l'endroit pour prendre quelques photos. Les gens du village sont sympas et prennent plaisir à se mettre en scène.
Ici, comme dans tous les villages du plateau, les distractions sont rares. Pauline nous explique qu'il n'y a pas de marché, la population se nourrit exclusivement de se qu'elle cultive, à savoir du manioc. Pour la première fois d'ailleurs nous verrons des enfants effrayés et refuser un bonbon proposé par un des 3 compagnons bizarres « ici à part le manioc ils ne connaissent rien ». On reprend la route et elle va être difficile. A peine 200 m après être reparti, un morceau de la piste a été emporté par le ruissellement de l'eau. Il faut partir en hors piste et couper quelques petits arbres pour rejoindre la piste en contre bas. La brume s'est dissipée, le soleil tape et nous passerons la journée sur la « route ». Le trajet est rythmé par les arrêts pour vendre le pétrole dans les villages
et les arrêts pour dégager ou réaménager la piste.
On ne s'ennuie pas vraiment, il se passe presque toujours quelque chose. Notre présence ne perturbe pas tant que ça les villageois (à part peut être les enfants), l'arrivée du pétrole est bien plus importante. Chacun prend sa part selon ses moyens. On finit par arriver à Bounji vers 19h après avoir laissé les 3 compagnons de voyage à un croisement. Kodjo nous pose devant la porte de l'hôtel prenant le soin de contourner le poste de police de l'entrée de ville au risque de s'ensabler. On quitte Koudjo et son équipe, petit pincement au cour, après une petite séance photo souvenir (2 jours dans la promiscuité d'un véhicule ça créée des liens). Tout le monde est bien fatigué. Nous nous sommes arrivé, eux doivent repartir jusqu'au croisement. Encore 3 h de route dans la nuit !
L'auberge est simple et propre. Bounji est une ville les pieds dans le sable, les quartiers sont éclairés à la bougie ou à la lampe à pétrole. Après nous être douchés au seau, nous ne tardons pas à nous coucher. De toute façon, après 22h, le groupe électrogène qui alimente l'auberge s'arrête. Direction la capitale... Mardi 13/11/07 : Réveil matinal pour prendre un véhicule jusqu'à Brazzaville, la capitale. Il y a 500 kms à faire et encore 50 km de piste jusqu'au 1 er goudron. On nous annonce que le mardi il n'y a pas de bus direct jusqu'à la capitale. Il nous faut trouver une occasion qui nous emmène au moins jusqu'au goudron. Tout s'annonce plutôt mal. D'après les gens qui sont au carrefour, aucun véhicule ne partira avant 9h (nous sommes en place depuis 7h). Nous prenons notre petit dej' à un vendeur de café ambulant et regardons la petite animation du carrefour principal de Bounji. Le café nous est servi dans des gobelets recouvert d'un sac plastique pour éviter la vaisselle. Le temps passe. On nous annonce qu'un camion de marchandises doit partir vers 10h. Nous nous préparons à une arrivée tardive à Brazza. Un gros 4x4 surgit de nul part et fait un demi tour rapide au milieu du carrefour « ça c'est du bon quéqué ». Finalement, coup de bol, le gars doit redescendre sur Brazza. C'est avec lui que nous partons et quel départ ! Les 60 premiers kms de piste, bien abîmée par la pluie, sont faits en moins d'1h. Le chauffeur est content de nous annoncer que l'on croise des véhicules qu'il a doublé ce matin en venant jusqu'à Bounji. C'est un jeune businessman bien sympa qui travaille entre autre dans le bâtiment et qui roule vite. Pointe à 110km/h sur la piste et dire qu'avec le vieux Kodjo nous aurions mis au moins 3h pour faire ce trajet. On arrive sur le goudron où il a prend son rythme de croisière à 150 km/h. Parti à 9h de Boundji, nous arrivons à 16h à Brazza. Ce n'est pas le nombre d'arrêts pour acheter du manioc ou de la viande de brousse (moins cher ici qu'à la ville) qui nous ralentissent, mais une fuite de liquide de frein qui contraint Mr Prince à réduire l'allure sur les 80 derniers kms. Derrière les vitres teintées du Land cruiser de luxe, le paysage défile vite.
Nous traversons la ville du président, Oyo, avec son quartier de haut standing, son aérodrome, et dans la campagne alentour les élevages (20 000 têtes de boufs) et les palmeraies, propriétés du président. Nous sommes encore dans les plateaux Batéké et quelques forêts galeries rompent la monotonie des savanes. Avant l'entrée dans Brazzaville, au milieu d'une forêt d'eucalyptus, Mr Prince nous montre un ancien camp de réfugiés « les rwandais et les gens de RDC sont venus par milliers ici pendant la guerre. Y'en a beaucoup qui vivent encore là ». Au milieu des arbres, nous distinguons un bidonville. Nous entrons dans Brazza, Mr Prince se propose de nous emmener jusqu'en centre ville mais doit repasser chez lui pour changer de véhicule « en ville sans frein, c'est pas bon ». Dans les quartiers, les rues sont étroites, boueuses, et jonchées de détritus. Il nous montre quelques maisons de haut standing cachées derrière de hauts murs au milieu de ces rues sales « ça c'est la maison de la femme du ministre des travaux publics. enfin sa maîtresse ».
On change de véhicule, et là, oh surprise c'est un WV Touareg (V6) flambant neuf qui sort de la cour. On transfert les sacs et grimpons à bord. C'est sans aucun doute le véhicule le plus luxueux de notre voyage (de notre vie en fait !) et en bon français que nous sommes, on trouve quand même à redire sur la température intérieure un peu trop fraîche ! En plus ça n'a rien de très bon pour notre bilan carbone. Déjà qu'on a explosé notre quota du Gabon, ça ne commence pas très bien au Congo. On « ironise » mais nous sommes bien contents d'être arrivés rapidement à Brazza. Mr Prince nous fait visiter un peu la ville : des immeubles criblés d'impacts de balles (il y a eu une guerre ici qui s'est terminée il n'y a pas si longtemps que ça), ceux qui ont été reconstruits, la vue sur Kinshasa, la résidence du président et les terrains de foot ouverts à tous dans son enceinte « je crois que c'est le seul président du monde qui autorise ça », le fleuve Congo et la vue sur Kinshas.... On se sépare après que Mr Smith (décidément) (le contact qui doit nous accueillir) nous rejoint en ville. On change de nouveau les sacs de véhicules pour les mettre dans un taxi. Nous disons au revoir à Mr Prince pour partir avec Mr Smith. Nous faisons la tournée des hébergements pas chers de la ville. Maison des protestants. complet, maison des catho . en travaux, armée du salut. complet, hôtel de quartier. complet, il nous reste une option chez les sours et après ça sera les hôtels de luxe à 30000F / nuit (45€). On a de la chance les sours bretonnes ont une chambre de libre et nous accueillent. Il est 18h lorsque nous posons enfin les sacs. Nous sommes à Brazza après 3 jours de voyage et 700 kms parcourus. Nous partons en quête de quelque chose à manger et d'une puce pour le téléphone afin de rassurer la famille. Il faudra sans doute déménager demain pour trouver un hébergement moins cher pour nos 15 jours sur Brazza. Ecrit Mardi 13 novembre 2007, 21h10, Chez les soeur, Brazzaville Pensées de FAB « Ce qui est bien avec le voyage, c'est qu'en l'espace de quelques heures on peut passer d'un monde à l'autre. Après avoir passé 2 jours dans un vieux Toyota bien abîmé, en brousse, en roulant à 20 km/h de moyenne et nous arrêtant dans chaque village pour vendre le pétrole des lampes, on se retrouve à bord d'un 4x4, cuir et clim', à dévaler une piste quasi identique parfois à plus de 100km/h avec comme chauffeur un jeune business man très sympa et sûrement très riche. C'est vraiment bizarre comme on s'habitue aux choses. Le voyage à bord du vieux Toy de Kodjo aura été éprouvant et sûrement l'un des plus étonnant. Passer ainsi de villages en villages pour vendre ce pétrole et s'accrocher la journée durant aux barres d'acier du pick-up jusqu'à en avoir mal aux mains nous aura presque fait oublié ce pourquoi on était monté là. passer la frontière. Il nous aura fallu 2 jours entiers pour faire moins de 200 kms. Beaucoup de longues escales pour vendre le pétrole. Dans certains villages, le combustible pour les lampes, la seule source de lumière, n'était pas arrivé depuis plusieurs semaines. Ce trajet nous aura donné l'occasion de nous enfoncer dans la brousse et de voir vraiment ce que rien avoir voulait dire. Du manioc à tous les repas, le collège à 12km et 3h de marche, et une dépendance à la venue irrégulière des vendeurs ambulants. En plus des paysages, ce trajet sur la « route du pétrole » entre Léconi au Gabon et Bounji au Congo, nous aura offert quelques rencontres, quelques regards effrayés d'enfants mais aussi des sourires et des étonnements. Des gens qui vous offrent un siège, un peu de manioc, un feu, de l'eau chaude ou un abri pour la nuit. difficile à retranscrire. Nous finissons ce trajet fatigués, les mains usées , les habits et la peaux sales couverts de quelques bleus mais vraiment cela en valait la peine. Et puis c'est le changement de véhicule et le changement d'univers. Le vieux Kodjo est loin derrière sur le chemin du retour, reprenant courageusement la même route défoncée en sens inverse. Pour lui un voyage de 2 ou 3 jours toujours aussi éprouvant. Nous, nous filons dans un 4x4 de luxe à plus de 140 kms / h sur le goudron en direction de Brazzaville. C'est pas très bon pour le bilan carbone mais c'est confortable. Nous passons d'un extrême à l'autre. Malgré les promesses d'envoyer quelques photos et nouvelles, le vieux Toy de Kodjo est loin derrière et n'est déjà qu'un souvenir, nous filons devant vers une nouvelle étape. Des fois les voyages passent trop vite ! » Mercredi 14/11/07 : Chez les sours c'est la grande classe à part les ressorts du lit qui nous agressent pendant notre sommeil !. Pour 10000F la nuit (15€), vous avez le droit au petit dej'. Il y a une cuisine collective, chacun se sert et les sours mettent à disposition pain frais, beurre, confiture, lait en poudre, chocolat, et nescafé. C'est très appréciable et nous en profitons. Mais la nuitée et hors budget. Après vérification (un aller/retour express en taxi), il y une chambre de libre à l'armée du salut. C'est 2 fois moins cher (pile dans le budget), y'a pas le petit dèj' ni la salle de bain privé mais le lit est bien mieux, il y a une table pour travailler et le quartier est plus actif. Après le « déménagement », on enchaîne direct dans l'aprem' avec le premier rendez-vous congolais. Les gens nous suivent depuis longtemps ici et ce premier contact est plutôt enthousiasmant. Ca n'a rien à voir avec le Gabon. Malgré la guerre qui a stoppée pas mal de projets, les congolais semblent dynamiques et prêts à repartir. On comprend que l'accès à l'énergie est difficile et très limité. Et même en ville les coupures sont courantes. Nous passerons d'ailleurs notre première soirée à l'armée du salut à la bougie, et dans le quartier, presque chaque commerçant dispose de son propre groupe électrogène. En plus du coût d'accès à l'électricité, se pose le problème des infrastructures et celui de la régularité des approvisionnements. Le courant atteint rarement les 220V et les coupures sont quotidiennes et complètement aléatoires. Jeudi 15/11/07 au Dimanche 19/11/07 : Fin de semaine rythmée par les coupures de courant. Nous prenons nos marques. Y'a un cyber à côté, quelques « resto » de rues de grillades pour le soir et des vendeurs de sandwichs à midi. La fenêtre de notre chambre donne sur la cour de récré et sur l'église de l'armée du salut. Les élèves arrivent dès 7h (difficile de faire une grâce mat) et le soir pendant les messes ou les répétitions, les chants religieux résonnent (plutôt joyeux, y'a des orchestres, du gospel, et une chorale avec tambourin, maracasses, .). Fab à le coude qui enfle, mais ça repart comme c'est venu sans savoir pourquoi. Nous enchaînons les rencontres dans la semaine. Y'a pas à dire, les gens sont motivés mais les bailleurs de fond restent encore très frileux à tout investissements car la guerre n'est pas encore sortie des esprits même si ici, les gens semblent bel et bien avoir tourné la page. Nous profitons du week-end pour visiter un peu la ville à pied et assistons samedi soir à un concert de griots au CCF.
Très sympa malgré le cadre feutré de la salle, l'ambiance était congolaise et bien assez excitée. Nous étions les seuls blancs. Même si on n'a pas tout compris (texte le plus souvent en Lingala, langue nationale), on a passé une bonne soirée. Entre la soirée griots, les chants des salutistes et les peintures de l'école de poto poto, on peut dire que les congolais sont des artistes.
Ecrit Mardi 24 novembre 2007, 22h21, Armée du Salut, Brazzaville, à la bougie Lundi 19/11/07 au Samedi 24/11/07 : La semaine a débuté avec une visite à la pharmacie du coin pour une « consultation » express après l'enflement et les douleurs du coude de Fab. Diagnostic formel du pharmacien : un furoncle qui s'est infecté avec des staphylocoques (beurk) « il faut aller voir le médecin, il fera sans doute une incision pour faire sortir le pu » (re-beurk). Le lendemain matin, direction le médecin illico presto. Le pharmacien nous a conseillé un docteur qui a son cabinet dans le quartier et qui est français. C'est rassurant ! Son diagnostic n'a rien à voir avec celui du pharmacien. En fait c'est une bursite, une inflammation du coude. Il préconise un peu de repos et des antibiotiques car « ici tout s'infecte très vite ». Finalement c'est pas dégueu et au bout de 3 ou 4 jours, l'enflemment a bien diminué. Nous préparons notre départ pour Pointe-Noire (PN). Nous nous renseignons sur le trajet en train car nous savons qu'il y a peu de temps encore, les rebelles de la région du Pool rançonnaient régulièrement les passagers. Nous essayons de savoir si ces rebelles sévissent encore. Nous interrogeons à peu près toutes les personnes que nous pouvons. Tous ou presque nous déconseillent le trajet. Les réponses ne sont pas très claires. On comprend que les déraillements sont fréquents en cette saison des pluies et que le voyage peut facilement durer 3 ou 4 jours mais également qu'il y a des « tracasseries », sans arriver à savoir vraiment de quoi il retourne. On commence à douter et nous nous inquiétons un peu car officiellement tous les rebelles ne sont pas encore démobilisés. D'un autre côté, depuis notre chambre, on entend des trains partir plusieurs fois par jour, on se dit que la situation ne doit pas être si "catastrophique" que ça !. Nous allons à la gare et sommes étonnés de voir tous ces militaires (mais même en ville les uniformes sont nombreux). Il y a seulement 2 trains de passagers par semaine, et le trajet dure au minimum 24h (d'après le chef de gare). On décide d'aller à l'ambassade de France pour avoir le discours officiel et on se prépare à entendre quelque chose de très alarmiste. Nous nous retrouvons dans le poste de sécurité de l'ambassade où 2 agents de la sécurité de Monsieur l'ambassadeur nous déconseillent très fortement de tenter l'expérience et nous raconte « l'anecdote » d'un prêtre découpé par les rebelles il y a 2 ans, histoire de bien nous faire comprendre que le pays n'est pas tout a fait stable et de quoi ils sont capables. Ils nous disent que si il nous arrive quelque chose, ils ne viendront pas nous chercher et nous donnent cependant le numéro d'alerte au cas où. Nous croisons, toujours à l'ambassade, le chef de la coopération, beaucoup moins alarmiste mais pas forcément plus rassurant qui nous confirme que les Ninjas (le nom du groupe rebelle) montent toujours dans le train : « - Au pire vous risquez de vous faire détrousser, au mieux ça s'arrange avec quelques billets ». Il nous confie que ce qui l'inquiète le plus, c'est qu'un secteur de la région censé s'être stabilisé n'est en fait pas si calme que ça. Bref nous sortons de là ne sachant pas trop quoi faire. Le discours officiel de l'ambassade est toujours très préventif, le problème c'est que même les locaux nous le déconseillent. Et de l'avis de l'ambassade, aucun blanc n'a tenté le trajet par le train depuis la fin de la guerre. De retour dans notre quartier, nous voyons pour la première fois un train quitter la ville direction Pointe Noire. Un signe du destin ? C'est un train de marchandises. Il y a une bonne cinquantaine de militaires répartis sur les wagons et la locomotive, armes au poing, qui escortent le train. C'est vraiment bizarre et cette "scène" finit de nous refroidir. C'est décidé nous ne prendrons pas le train. Un contact nous dira, quelques jours plus tard, très clairement que " les Ninjas sévissent encore sur le chemin de fer et que la zone du pool est une zone de non droit pour les autorités congolaises ". Il aura été la première personne a avoir été si "clair" avec nous comme si le sujet était tabou. Et nous, nous en parlons à tout le monde ! bref, il va falloir se faire une raison : nous allons prendre l'avion ! Passer par la route est impossible (trop mauvaise en saison des pluies, pas de transport en commun et toujours la traversée de cette zone du Pool).
Après la pluie les routes prennent vite l'allule de rivière à Brazzaville (rue de notre quartier)
L'étal de rue de nos gentils vendeurs de sandwichs à l'avocat ou au saucisson Le reste de la semaine passe entre rencontres et poisson - manioc. Une restauratrice essayera de nous faire manger « - Un truc qui bat des ailes et que l'on attrape dans les filets ». Renseignements pris, c'est de la viande de vampire, en d'autre terme de la chauve-souris. Les coupures d'électricité sont toujours quotidiennes. Elles varient de quelques minutes à plusieurs heures et ce soir encore, nous sommes à la bougie. La ville de Brazza n'est pas si grande que ça et il est facile de s'orienter et de se déplacer avec les bus de ville. Les nombreux minibus verts font des tours de ville. Les portiers annoncent la ligne à l'approche des arrêts. Une fois que l'on a retenu le nom des principaux quartiers et points de repères, c'est un jeu d'enfant de traverser la ville pour 3 fois rien (150 F.CFA le trajet = 20c d'€). Ce soir, c'est le week-end et nous avons assister à une pièce de théâtre toute bizarre au CCF. Lundi nous nous préparons à décoller pour la première fois depuis notre départ pour rejoindre Pointe Noire sur la côte. Ca fait bizarre de se dire que l'on va prendre l'avion pour faire 500 kms alors que nous ne l'avions pas encore pris pour faire les 25 000 qui sont derrière nous. Ecrit Mardi 27 novembre, 17h53, Chez Rose, Pointe-Noire Lundi 26/11/07 : Aujourd'hui c'est le grand jour. Nous allons gr imper dans un avion. Après avoir passé la matinée à courater en ville pour récupérer des documents et des adresses, nous prenons la direction de l'aéroport et nous nous présentons devant le hall de l'enregistrement à 13h comme indiqué sur le billet, soit 2h avant le décollage. L'aéroport international de brazza « Maya Maya » (Viens Viens) est tout petit. Nous nous positionnons dans la petite file d'attente et le parcours du combattant commence. Des jeunes « facilitateurs » s'arrangent pour faire passer devant tout le monde, quelques clients contre quelques francs CFA. Nous ne sommes pas très nombreux mais c'est quand même la bousculade pour entrer dans le hall d'enregistrement. Même pour prendre les bus, c'est mieux organisé ! Dans la file, nous faisons connaissance de 2 chinois dont un a fait ses études à l'université de Perpignan, sur le même campus que Nat. Que le monde est petit ! Apparemment, un petit billet glissé au gendarme facilite l'entrée. D'ailleurs le douanier qui contrôle nos sacs (malgré un vol intérieur) nous demande de lui payer un jus pour ne pas avoir à les ouvrir. Nous nous en sortons pour quelques pièces lassés de cet enregistrement qui n'en finit pas. Puis c'est de nouveau la file indienne devant le comptoir de la compagnie, là encore les facilitateurs proposent d'aider pour les formalités. En fait, payer pour passer devant tout le monde. On s'inquiète surtout pour le poids de nos sacs. Nous sommes limités à 20kg par personne. Un bon moyen pour eux de faire payer des taxes si on dépasse. Nous sommes trop forts. A la pesée, la balance indique 20,8 kg pour chacun des 2 sacs. Pas si regardante que ça, l'hôtesse ne nous demande rien. On croit en avoir terminé mais 2 contrôleurs avant la salle d'attente nous réclament 1000F de taxes d'aéroport. Nous voilà enfin dans la salle d'attente. Face à la piste, nous passons le temps à regarder passer les bagages ou les avions. On a beau essayé de positiver mais on ne peut s'empêcher d'avoir un pincement au cour en se disant que l'on ne pourra pas dire que l'on a traversé l'Afrique sans prendre l'avion. Côté bilan carbone, c'est vrai que l'on va émettre en 1h ce que l'on émet généralement en 1 mois en Afrique, mais dans notre approche sensibilisation, ça permet de montrer que c'est pas la peine d'être extrémiste pour suivre une ligne de conduite. Nous en avons aussi assez de cette image d'écolo collée aux personnes qui ont une certaine sensibilité environnementale. Cette image « péjorative » et extrémiste de l'écolo des années 70 qui est contre tout progrès, qui est l'ami de Brigitte Bardot, qui vit reculé au milieu de ses chèvres, éclairé à la bougie, . Comme on aimerait que cette image change ! C'est vrai qu'avec ce vol nous sommes aujourd'hui au dessus de la limite du bilan carbone neutre, mais nous avons quand même la « conscience » tranquille.
Le vol se passe sans problème. Nat est un peu stressée mais une fois l'appareil photo sorti, tout va mieux et ses rêves de faire des photos vues d'avion à la Yann Arthus Bertrand la reprenne (en avion solaire ou accroché à un goéland bien sûr !). Y'a pas de doute, le voyage terrestre est quand même beaucoup plus intéressant. Il se passe beaucoup plus de choses et c'est une vraie façon de découvrir "la vraie vie des vrais gens". Atterrissage à Pointe Noire vers 16h. On se demande si le train parti la veille est bien arrivé. La ville à l'air sympa. On prend la direction du foyer SUECO au centre ville. C'est là que nos contacts nous ont réservés une chambre. Le cadre est bien mais le quartier complètement inactif et la chambre ne mérite pas les 15 000F (20€). On la prend quand même pour cette nuit. On partira demain à la recherche de quelque chose qui convient mieux à notre budget et à notre goût. On doit rester 2 mois ici, on veut s'y sentir bien et comme chez nous. Mardi 27/11/07 : Réveil un peu difficile. Il va falloir passer la matinée à arpenter une ville inconnue à la recherche d'un petit nid douillet. Il pleut sur la ville et nous n'avons plus de parapluie. Le guide ne nous est d'aucune utilité et ne vise que les hotels de luxe. La journée risque d'être galère mais quand il faut y aller, faut y aller. Nous avions commencé à mener notre petite enquête la veille concernant les possibilités d'hébergement et les quartiers sympas. On est exigeants : on veut un truc propre, pas cher, avec un endroit pour se poser à l'extérieur (si il y a de la verdure c'est encore mieux), dans un quartier dynamique avec de quoi manger et un cyber pas loin. Un taximan hier nous a indiqué un petit hôtel dans la cité. Nous nous y rendons ce matin en minibus et c'est la déception. C'est loin, c'est petit et sombre et il n'y a pas d'électricité. Un coup de chance et une petite engueulade nous permettent de rencontrer Bienvenu de son prénom qui se propose de partager son taxi et de nous trouver un hôtel. Il loue le taxi pendant 1h pour faire une course et nous orienter. Il nous trouve une chambre/studio dans la résidence de Mme Rose juste à côté du grand marché, à la sortie du centre ville et à l'entrée de la « cité » (le début des quartiers pauvres). Un petit coin tranquille, très propre avec douche, WC et télé dans une mini suite, 1 bar avec une terrasse dans la rue et surtout 2 gérants très sympas (Mme Rose et son mari à la retraite). Ils nous font payer 7 000FCFA (10€) au lieu de 10 000 habituels. Difficile de trouver mieux à ce prix là. Les hébergements sont chers à PN et entre les grands hôtels du centre ville et les taudis de la cité, c'est difficile de trouver un juste milieu. PN est une ville pétrolière surnommée « la ville électrogène ». Le ronron des groupes électrogènes raisonne dans toute la ville. Les coupures ou les chutes de tension sont régulières et quotidiennes. Et chaque hôtel, bar, resto, magasin ou maison privée, possède son propre groupe. Une visite au cyber et dans le marché voisin nous auront bien cassé les oreilles et ce soir chez Mme Rose, le groupe tourne à plein régime. Demain, rendez-vous avec Mr Batchi, qui représente les pêcheurs de Pointe Noire à la base Agip et avec qui nous devons travailler sur le fumage du poisson. Pointe Noire est réputée être une ville très sûre. Même pendant la guerre, les problèmes ne sont pas arrivés jusqu'ici. Encore aujourd'hui, on a eu la confirmation que les congolais sont sympas, que ce soit à Brazza ou à PN. |
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| ise à jour du 06 janvier 2008 | |||||||||
Ecrit Vendredi 30 novembre 2007, 18h, Terrasse résidence Simanto Du mercredi 28/11 au vendredi 30/11/07 : le rendez-vous de mercredi avec Jean Sylvain, le responsable de l'ONG locale avec qui nous devons travailler, s'est bien passé. Il a été assez réceptif à notre point de vue. L'ONG est déjà bien organisée et vient d'ouvrir une caisse communautaire ce qui est une aubaine pour la pérennisation du projet. La communauté gravitant autour de la pêche est très importante et se compose d'une multitudes de métiers (pêcheurs, transformatrices fumeuses et saleuses, transporteurs divers (de poissons frais, de poissons fumés ou salés) et main d'ouvre diverse. La base Agip est un enchevêtrement de tôle et de planches de bois et cela ressemble à s'y méprendre à un bidon ville.
Seuls quelques commerces sont construits en dur, tout le reste n'est que du provisoire. Les 2000 parcelles qui constituent ce grand village de pêcheurs forment un labyrinthe de ruelles plus ou moins étroite et plus ou moins boueuses. Sur la plage, il y a beaucoup de monde. C'est la grande activité au retour des pêcheurs tôt le matin. Harengs, sardinelles côtoient congres et requins marteau. Exposés à même le sable ou dans des caisses, les poissons frais attendent d'être achetés par l'un des nombreux intermédiaires qui déambulent de pirogues en pirogues. Tous ces poissons, destinés au marché local et national, sont ramenés à bord de pirogues de bois tractées par de petits moteurs. Nous sommes bien loin de la pêche industrielle ici ! Les filets sont remontés à la force des bras des pêcheurs congolais ou béninois. A quelques centaines de mètres de là, les pratiques ne sont pas les mêmes. Les chinois arrivés récemment pratiquent une pêche quasi industrielle, Jean Sylvain nous confie « .on leur a donné une surface équivalente à la notre sur la plage et ils pêchent dans les aires de reproduction avec ce qu'ils appellent des pirogues améliorées. En fait, ce sont des petits chalutiers et depuis 3 ans qu'ils sont là, la densité du poisson a diminuée mettant en péril la pêche artisanale et l'avenir de toute cette communauté ». Les présentations sont faites, nous connaissons le cadre dans lequel nous allons travailler pendant 2 mois, reste plus qu'à s'y mettre ! Au retour du port, Nat prend un grand mal de tête qui ne la lâchera pas jusqu'à aujourd'hui s'accompagnant de gros coups de fatigue et de courbatures. L'emploi du temps de fin de semaine est vite résumé. Pendant que Fab prend ses marques dans le quartier et trouve les fournisseurs officiels de pain, de sandwichs du midi et du plat à emporter du soir, Nat dort, dort et dort encore, un peu comme la belle au bois dormant. L'état de santé ne s'améliorant pas, et décrivant les symptômes à notre maman Rose, nous filons faire le test de la goutte épaisse dans une clinique au centre ville. Le test s'avère négatif, ce n'est pas un palu ! Nat est un peu déçu, elle aurait préféré que ça soit un palu. Cela aurait le mérite d'être clair et un test de la goutte épaisse négatif n'est pas vraiment fiable et peut cacher un palu. Bon, cela doit être une méchante grippe!. Vendredi 30/11/07 - PENSEES DE NAT : « Il est à peine 20h et me voilà déjà couchée. C'est le même schéma qui se répète depuis 2 jours. La nuit précédente a été une des plus mauvaises de ma vie : des courbatures à ne plus savoir dans quelle position me mettre me réveillais toutes les heures. à 0h45 le vieux couple de gérant était encore debout et accueillait un client, à 1h45 un orage éclate, le reste de la nuit des aboiements masqués par les chants et les musiques d'une veillée funéraire. Depuis mardi je suis très fatiguée et je ne peux faire que dormir. J'ai cru au départ à la chaleur qui m'assommait puis les maux de tête et les courbatures nous ont fait croire à un palu. Ca doit être une grippe mais je suis toujours HS. J'espère que je ne vais pas rester comme ça toute ma vie. Je ne peux pas faire que dormir !!. J'ai le goût à rien et ce n'est pas en ce moment que ça doit m'arriver, pas au moment où l'on doit être sur le terrain pour s'auto évaluer (par rapport à RISEAL) et réussir ! Le quartier St Pierre où nous sommes est situé juste derrière le grand marché. Nous ne sommes loin de rien mais quelle misère ! La ruelle que nous empruntons pour rejoindre le goudron est une vraie poubelle à l'air libre. Les gens, par brouette, viennent vider déchets organiques, plastiques, cartons,. Ces déchets s'accumulent à la sortie du petit pont mis en place par quelques habitants du quartier. Traverser cette rue mérite d'être bien éveillé et attentif. On s'applique à exécuter chaque pas pour éviter de marcher sur quelque chose de malsain ou de mettre l'un de nos orteils dans cette eau noire. On ne peut pas s'imaginer comme c'est sale. Même si nous avons vu pas mal d'images de bidonvilles à la télévision, difficile de réaliser la noirceur du tableau sans y avoir vécu un petit peu. Quelle honte si j'étais dirigeant de ce pays de laisser la population là dedans. C'est plus qu'une pollution visuelle et cette odeur piquante de fermentation en témoigne « C'est ça l'Afrique ! » - nous dira un habitant du quartier qui vit dans cette poubelle « pendant que nos dirigeants vont dépenser leur argent dans des villas en Europe, la population est là et souffre ». Un autre habitant, vidant une brouette de déchets désespérément et parce qu'il n'a pas le choix, nous confie qu'il aurait préféré que son pays ne prenne pas l'indépendance « on a voulu notre indépendance, et voilà où nous en sommes. On aurait pas du faire partir les français il y a 50 ans ». Un discours loin de tous ceux que nous ne nous habituerons jamais à entendre et qui consistent à dire que tous les blancs sont des maîtres ou des patrons et qui sous entendent qu'ils sont responsables de tous les malheurs de l'Afrique. Un discours qui a le mérite d'être remarquable surtout lorsqu'il est échangé sur un tas d'immondices dans aucune agressivité. Comme apparemment de partout dans la cité, il n'existe aucun système de traitement des eaux usées. La rue est donc un égout à ciel ouvert. Il n'est pas rare de voir des femmes ou des enfants directement balancer dans la rue des bassines d'eau de vaisselle ou de lessive. Et quelle « misère » de voir chaque matin à notre sortie de la résidence, après une bonne petite douche et un bon brossage de dents dans notre petite salle de bain, ce jeune à l'allure d'un étudiant de fac, sortir de sa parcelle torse nu et se brosser les dents dans cette rue poubelle! La saison des pluies accentue sans doute l'insalubrité du quartier, il y a la gadoue, certaines cour sont les pieds dans l'eau et les déchets se répandent. Les gens sortent de chez eux en mettant leur pied dans 10 à 30cm dans cette eau souillée marron, voire noire, les enfants jouent là dedans pied nu parfois tout nu, les animaux de la basse cour pataugent eux aussi. Et dire que le centre ville tout propre n'est qu'à quelques centaines de mètres. »
Ecrit Dimanche 16 décembre 2007, 18h, Terrasse résidence Simanto Du samedi 01/12 au dimanche 16/12/07 : Voilà plus de 10 jours que nous sommes à Pointe-Noire. On se prépare à passer Noël dans la chaleur. La petite saison sèche semble être enfin arrivée ! Depuis une semaine nous ne sommes plus contraints de marcher dans la boue et de subir les averses quotidiennes. De l'avis de tous, la saison des pluies a été exceptionnelle. Il y a eu beaucoup trop d'eau. L'abondance de pluie transforme le rues en terre en gigantesques bourbiers et déplace beaucoup de déchets. Les rues, que ça soit à la base Agip ou dans le quartier où nous logeons, sont très insalubres et les déplacements en ville que ça soit à pied ou en taxi n'ont rien d'agréable. Depuis dimanche, le temps à changé. Le ciel s'est éclairci, les nuages sont plus hauts, la pluie a cessé, les jours sont plus longs et les flaques ont séchées ce qui rend les ballades agréables. Les températures sont clémentes en soirée et l'odeur des grillades pourrait nous faire croire que nous sommes à l'approche de l'été en France. Pourtant nous ne sommes qu'à quelques jours de Noël. Cette date représente aussi pour nous la moitié du voyage. Le 22, cela fera 9 mois jour pour jour que nous aurons quitté la France et nous devrions y être de retour dans 9 mois. Côté santé, Nat est sorti du coma. enfin, de sa chute de tension à 8.5 l'obligeant à rester inactive et sous traitement pendant plus d'une semaine. Une véritable torture pour elle. Le coude de Fab est définitivement guéri même s'il reste des séquelles, une petite déformation pas très esthétique. Mais voilà, après une semaine de défaillance physique nous sommes à nouveau dans le rythme. |
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Les enfants du quartier ne nous regardent plus avec des gros yeux et les adultes nous saluent simplement. A force de nous voir, nous ne sommes plus vraiment des étrangers, mais plutôt les 2 blancs qui vivent chez Mme Rose. Nous avons compris au bout de plusieurs jours que rares étaient les blancs qui s'aventurent ici dans le quartier, pourtant assez proche du centre ville, et encore moins pour y vivre. Nous comprenons maintenant l'étonnement des habitants du quartiers lors de notre arrivée ici et les jours qui suivirent. Les blancs de Pointe-Noire et du Congo en général se résument en grande partie aux blancs du pétrole. La guerre a fait fuir beaucoup de blancs et le Congo n'a jamais trop connu de touristes. Côté alimentation et après des « repas » poisson - manioc quasi quotidien depuis le Cameroun, nous retrouvons les joies de la cuisine Ouest Af. Nous avons trouvé notre cantine « Chez Amita » où nous allons presque tous les soirs depuis plus d'une semaine. Nous avons le choix et nous nous régalons de poissons salades, riz sauce mafé ou macaronis même si cela ne comble pas les envies de pizzas au saumon ou de fondant au chocolat tiède à la crème anglaise de Nat. Du côté de la base Agip, les gens s'habituent aussi à nous voir et la méfiance à notre égard s'est atténuée. Peut être au début, une crainte de la part des pêcheurs que nous soyons des « espions » et que l'on soit là pour leur « prendre » leur technique de pêche. Il y a quelques jours, nous nous étions installés à une terrasse de bar pour nous rafraîchir avec un jus et pour grignoter un sandwich à l'omelette. Un homme, un pêcheur à moitié éméché, s'installe à notre table et commence à nous parler. Il est assez agressif et nous demande sur un ton qui n'a rien d'engageant « ça fait plusieurs jours que je vous vois circuler dans les parages, qu'est-ce que vous faites là ? ». Nous n'avons pas trop d'autre choix que de lui répondre espérant que ça le calmera. Finalement, il nous quitte au bout de 10 minutes souriant et rassuré de connaître le but de notre présence à la base. Il pensait que nous étions là pour espionner et prendre leur technique de pêche. Sans doute, l'étranger est synonyme de pilleur. Entre les blancs de la colonisation qui prennent le pétrole et les chinois qui concurrence la pêche artisanale avec leur chalutier, on peut comprendre ce besoin de savoir et cette méfiance. Un étranger qu'il soit chinois, européen ou américain reste un blanc ou un étranger. En plusieurs fois dans le quartier, des enfants nous ont appelé « chinois chinois ». Alors là, on ne nous l'avait jamais faite celle-ci ! On nous a déjà confondu avec des espagnols, des américains, des australiens, des italiens, des anglais mais des chinois c'est bien la première fois. Comment faut-il interpréter cela ? Est-ce notre teint « jaune » ? - nous en doutons fort. Est-ce parce que les étrangers qui viennent au Congo sont surtout des chinois et que tous les blancs sont pour les enfants des chinois ? Difficile de savoir. Dans ce genre de situation, l'étonnement passé, nous disons aux enfants que nous ne sommes pas des chinois. Une fois, 2 petits garçons après nous avoir « appelé» chinois nous ont parlé le chinois « Hi han » c'était marrant ! Nous avons voulu leur expliquer que ce sont les ânes qui font Hi han mais ils ont eu peur de nous et sont parti. C'est l'occasion d'expliquer cette légende africaine du « méchant blanc ». Que ça soit en Afrique de l'ouest ou en Afrique centrale cette histoire se retrouve. Chez nous on dit aux petits enfants que s'ils ne sont pas sages, alors le grand méchant loup va venir pour les manger. Ici, on raconte aux enfants que s'ils ne sont pas sages, le blanc va les emmener. On comprend pourquoi certains enfants partent vite se cacher en nous voyant ou se mettent à pleurer à notre « apparition ». Même si cette pratique peut « choquer » aujourd'hui, il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps de cela, c'était vrai ! Notre rythme est calé sur celui de la communauté de pêcheurs de la base Agip. Nous nous levons assez tôt le matin pour être là à l'arrivée des pirogues et pouvoir peser les poissons avant que les femmes ne commencent le fumage. Nous avons déjà mené plusieurs enquêtes auprès de transformatrices pour comprendre leur activité et nous sommes présents au quotidien à la base car nous voulons nous imprégner de la vie de ces fumeuses. Nous passons chaque matin dans les parcelles de Emilienne, Cécile et Julienne, les 3 fumeuses chez qui nous effectuons les pesées de bois et de poissons. L'objectif de tout ça est de proposer un nouveau fumoir qui facilitera la vie de ces transformatrices fumeuses et qui fera économiser du bois par rapport aux fumoirs traditionnel
D'autre part, cela nous permettra d'évaluer la réactivité de RISEAL (le réseau que l'on souhaite établir entre tous les organismes rencontrés). De cette première semaine d'immersion, nous retenons que c'est une communauté qui est très dépendante de la nature. Le début des mesures a d'ailleurs été différé pour cause de manque de poissons alors que le mois de décembre est le mois le plus prolifique. La faute aux pluies trop abondantes (changement climatique ?) qui font « fuir » les bancs de poissons au fond de la mer. Cette semaine, les fumeuses ont été aussi « victimes » des aléas des transports. Une grosse partie des ventes de poissons fumés se fait par le train qui va « distribuer » le poisson à l'intérieur du pays et à Brazzaville. Pas de chance, les poisons fumés étaient prêts mais le train en provenance de Brazzaville et qui devait repartir avec le poisson n'est pas arrivé (c'est le train que nous devions prendre dimanche matin et nous sommes mercredi). Ce genre de situation peut avoir des conséquences sur les revenus des fumeuses car si le poisson reste trop longtemps en attente, il peut être définitivement perdu. Nous avons aussi rapidement compris la pénibilité du travail des fumeuses et la difficulté des conditions après avoir passés quelques heures les yeux « brûlés » par cette fumée blanche et épaisse qui envahi les parcelles, les allées et mêmes la plage. Hors de la base Agip, nous avons également fait quelques rencontres sympas. Celle avec Yéro, un sénégalais avec qui nous avons rapidement sympathisé. C'est un vendeur de matière 1 ère brute (de l'or) qui vient boire sa bière du soir chez Mme Rose à l'écart des gros buveurs et loin du bruit de la terrasse de devant. Il nous a proposé, comme si c'était un lot de DVD, de lui acheter 2kg d'or brut pensant que pour nous il serait facile de les revendre en France et de nous faire des bénéfices. On lui a dit que c'était pas trop notre truc le commerce et que, si lui brasse beaucoup d'argent, pour nous lui acheter ces 2kg d'or à 10000€ le kg c'était carrément hors budget. Il semblerait que le Congo soit la plaque tournante entre les Angolais et les Ouest Af. Les commerçant ici sont principalement originaire d'Afrique de l'ouest. Notre quartier est d'ailleurs le quartier des maliens. Nous avons aussi fait la rencontre du cousin lointain de Fab jamais rencontré en France et que voyons pour la 1 ère fois à Pointe Noire grâce à des mails interposés venant de France. Il y a aussi Rose et Sainclair, nos adorables hébergeurs, avec qui nous pouvons passer de longues soirées à parler et à découvrir les bons et les mauvais côtés de nos pays respectifs. Et puis nous avons enfin rencontré Placide, chaleureux et cordial, après plus d'un an d'échange mails. Placide est celui sans qui nous ne serions pas à Pointe Noire aujourd'hui et qui nous a mis en contact avec Jean Sylvain. Mais que le temps passe vite ! Nous n'avons pas encore quitté la ville. C'est décidé le week-end prochain nous partons visiter les alentours même si ici tout est difficile d'accès. Aujourd'hui il faut être un véritable aventurier bien équipé et avec du temps devant lui pour partir à la découverte du pays qui semble regorger de richesses aussi bien au niveau de la faune que de la flore. A environ 50km de Pointe Noire se trouve le parc national de Conkouati qui héberge chimpanzés, tortues marines, hippopotames, . et une structure travaillant à la réintroduction des chimpanzés récupérés suite au braconnage. Pour se rendre là-bas il faut soit avoir son véhicule soit prendre un camion. La route est mauvaise, il faut une journée en cette saison et sur place les infrastructures sont rares. Côté cuisine, outre la pizza au saumon, Nat a envie de tout ce qui fait la bonne cuisine française. Ce n'est pas bon de penser à tout cela surtout en cette période des fêtes qui arrive). Avec ce recul, nous nous rendons vraiment compte de la richesse et de la diversité de notre cuisine. Pensées de Nat « Ce voyage quelle chance ! En plus de découvrir de nouvelles cultures, de nous en apprendre d'avantage sur nous même, il nous apprend également à apprécier et (re)découvrir notre culture et à voir la France différemment. Si je fais un petit bilan de mi-parcourt qui aura peut être le « mérite » de rassurer nos familles, je ne pense pas que nous poserons nos bagages définitivement sur ce continent. Beaucoup de personnes de notre entourage avant notre départ nous ont dit que nous ne pourrions plus supporter de vivre en France après ce « périple ». Je ne pense pas !. Et au contraire, aurai-je envie de dire !. Ce voyage m'a ouvert les yeux sur mon pays que j'ai critiqué mais qui reste le mien. Moi qui pense toujours tout savoir sur tout, je ne pensais pas que ce voyage m'en apprendrait autant sur ma culture, mon pays et la chance que j'avais d'être née là. La base de notre voyage c'est de se mettre Au rythme de l'Afrique pour essayer d'être au plus proche de ses habitants, et de comprendre (ou du moins essayer) comment ils vivaient. Je crois que ça marche pas mal et c'est justement parce qu'il nous semble comprendre leur quotidien, leur vie, leur culture, leur pays que je me dis que je ne pourrai pas vivre ici. C'est trop dur, et il n'y a pas à dire mais nous ne pourrons jamais renier et oublier nos principes et nos valeurs de base si différentes d'ici. Fab va se moquer si je parle de notre culture culinaire en premier, mais il n'y a pas que ça, le ciné., les spectacles, les bibliothèques, les apéros entre amis, l'accès à l'information, . toutes ces choses qui peuvent manquer et que l'on ne trouve pas ici. Pourquoi tant de personnes pensent qu'après ce voyage nous ne pourrons plus réintégrer la vie occidentale ? C'est vrai que la plupart des blancs qui vivent un petit moment à l'étranger n'arrivent plus à se ré-acclimater. Mais j'ai l'impression et je me dis que ces blancs qui vivent à l'étranger ne doivent pas essayer de partager, comprendre la vie ou la culture de leur compatriotes Africains. Ils doivent vivre dans leur monde et sont là pour « profiter » du pays. Peut être que je me trompe mais si l'on regarde au Congo, la plupart des blancs vivent au centre ville dans de belles villas. oK ils subissent les coupures d'électricité comme tout le monde mais déjà ils peuvent accéder à cette énergie et peuvent se payer un groupe électrogène qu'ils ne démarrent sans doute même pas eux mêmes. Mais ce n'est pas ça le Congo !. Et vivre dans un pays au milieu d'autres blancs un peu comme dans une bulle parce que justement on veux retrouver « notre système » occidental et parce que l'on ne peux pas renier ses origines qui sont tant ancrées en nous, non je ne pourrai pas vivre ainsi. Et vivre aux conditions locales non plus, ça serait trop dur. Et puis, je crois que je ne pourrai jamais m'habituer à ce que l'on m'appelle et me voit toujours comme 'le mundélé' , le blanc, qui a l'argent et qui ne peux pas manger le manioc comme eux. Je crois que ce voyage m'aura appris à aimer et défendre mon pays. A chaque fois qu'un congolais ou un africain nous dit « c'est de votre faute les français; ou, votre président français il n'aime pas les africains, ou, il faut prendre des photos, décrire et dénoncer nos conditions de vie et de misère et faire quelque chose », ça me renforce encore plus dans l'idée que c'est aussi à chacun d'essayer de défendre ses propres intérêts et de faire avancer son pays même si nous n'avons pas tous les mêmes chances. Avec RISEAL nous y avons mis et y mettons beaucoup de temps et d'énergie. A notre retour nous ferons ce que nous pourrons et je me dis qu'il faudrait consacrer un peu plus de temps à autre chose ". Ecrit Mardi 25 décembre 2007, 21h21, Résidence Sinmanto C'est le jour de Noël. Depuis notre arrivée et le début de notre travail à la base Agip, on se rend compte que l'activité des transformatrices est très en dents de scie. Après le creux pendant la semaine de notre arrivée, il y a eu 3 ou 4 jours de grande activité car les pirogues revenaient pleines de poissons. Cela nous a permit de faire quelques pesées |
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et de nouveau cette dernière semaine a été sans poisson et un peu laborieuse car pas mal de rendez-vous manqués. Nous venons de passer les fêtes de Noël en tongs et en short dans une température ambiante de 35°C. Nous avons eu la mauvaise idée en milieu de semaine de passer au supermarché du centre ville et ce fut la téléportation dans l'abondance d'un supermarché français avec Père Noël en chocolat, foie gras , vin , bûches, saumon, .. Cela nous a rappelé que nous serions absents aux repas de famille de fin d'année. On se dit que ce n'est pas la peine de se forcer à fêter Noël alors que cela n'a pas vraiment de sens si loin de la famille (en plus il ne fait même pas froid !) mais l'inconscient et le psychologique est plus fort. Depuis quelques jours, le grand marché est inondé d'une foule de personne, les embouteillage sont encore plus gros que d'habitude. Dimanche a été le pire jour, tout le monde faisant ses achats de cadeaux, et bien sûr, c'est le moment que nous choisissons pour faire quelques achats (imaginez-vous au centre commercial une veille de fête pour acheter 3 caleçons, et bien c'était pareil ici). Nat veut se trouver un pagne et Fab doit se trouver de nouvelles tongs car les autres ont lâché. Sur le marché c'est le brouhaha et la cohue, vendeurs ambulants avec chapeaux pointus sur la tête, jouets, sapins ou guirlandes entre les mains interpellent les passants.
On essaie de connaître la raison de la présence au Congo de sapins de noël en plastiques, l'arbre de Noël comme ils disent, on nous répond « ce sont les chinois qui vendent ça !». Ce n'est pas du tout traditionnel. On trouve les tongs et le pagne assez rapidement et fuyons cette bousculade permanente. Placide nous appelle dans l'après midi du Lundi pour faire la veillée de Noël chez une française, Anne- Marie, qui passe sa retraite au Congo. Il nous fixe rendez-vous entre 21h et 22h. Nous apprenons en franchissant la porte de Anne-Marie à 22h15 qu'elle avait fixé le rdv à 20h. Rien de bien grave pour Anne-Marie qui n'est pas du genre à se prendre le tête avec ça !. L'ambiance dans la maison est conviviale et nous nous sentons tout de suite bien. Sans protocole, chacun se sert à sa guise dans les plats de salade de chou, bouillon de tête de poisson, riz, viande en sauce. Un repas digne d'un vrai petit repas de Noël surtout qu'Anne-Marie a préparé une crème au chocolat à base de vraies fèves de cacao accompagné d'une chantilly faite maison. Et ça, cela vaut bien tous les foies gras du monde !! Un véritable cadeau de la providence car nous commencions l'un comme l'autre à avoir des envies de « bonne » cuisine française et comme par magie la vieille de noël, ça nous arrive sans que nous nous y attendions !. Après le deuxième service, presque écourés, nous pensons avoir pris notre dose de chocolat pour les 9 prochains mois (y'avait même du vin). Placide veut nous emmener à la messe de minuit, on traîne un peu à partir et lorsque nous passons devant l'église à 00h45, les gens sont en train de sortir, dommage pour nous ! Aujourd'hui c'est le 25 décembre, la journée des enfants. Après 1 petite grâce mat., nous décidons de partir à la plage de Djeno à 15 kms au Sud de Pointe Noire. Nous y allons en minibus, il y a des lignes régulières. Les bus partent du grand marché et aujourd'hui encore c'est le grand défilé des vendeurs ambulants de jouets. Et même si nous sommes le jour de Noël, nombreux sont les enfants qui repartent avec un jouet acheté par un parent au marché (c'est le self service du père-noël). Poupée, ballon, et synthétiseur ont beaucoup de succès comme les vélos. La plage de Djeno est sympa, il y a une jolie lagune et quelques mangroves juste derrière. Mais quelques seringues et déchets plastiques gâchent le paysage, sans doute les déchets des plateformes pétrolières que nous voyons au loin. |
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A notre retour, nous nous installons à la terrasse de notre résidence et c'est le défilé. Pour la journée des enfants, ce sont vraiment eux les rois. La tradition veut que ce jour là, tous les enfants soient très bien habillés. Pour les filles c'est coiffure brillante et robes de princesse, pour les garçon c'est jean's dernière mode - basket ou costard cravate selon les styles. Qu'ils aient 3 ans ou 12 ans, tous défilent fièrement dans le quartier. On apprend qu'ils ne déambulent pas dans le quartier juste pour le plaisir. Mais qu'ils sont véritablement de sortie. Il y a des « mini-soirées » organisées un peu partout où les enfants viennent danser et boire des jus. Ils prennent même le taxi accompagné d'un parent pour rentrer du bal. Dans le quartier les enfants musulmans qui ont fêtés Tabaski il y a quelques jours ne sont pas de la fête. Et plus triste encore, les 5 petits voisins qui ne parlent pratiquement pas français mais qui nous saluent tous les jours avec le sourire, sont trop pauvre pour pouvoir avoir de beaux habits et avoir des cadeaux aujourd'hui. On aurait tendance à dire que pour eux c'est un jour comme un autre, habillés salement et jouant avec quelques cailloux ou objets trouvés dans la « décharge » à quelques mètres. Mais c'est peut-être pire car tous les autres enfants du quartier passent devant chez eux en belle tenue serrant fortement contre eux leur nouveau jouet encore emballé. Le soir nous voyons Yero (le sénégalais) qui nous rassure un peu sur la possibilité d'avoir un bateau Pointe Noire/Luanda Ecrit Mardi 01 Janvier 2008, 17h23, Résidence Sinmanto Du mercredi 26/12 au mardi 01/01/08 : la semaine fût assez tranquille. Il y a eu tellement de poissons à la base Agip le 25 et 26 décembre que les fumeuses ont été obligé de travailler en ces jours de fête et la communauté a décidé de ne plus travailler jusqu'à l'année prochaine (les fumoirs des femmes étant tous encore remplis). Les pirogues ne sont donc pas sorti en mer. Quand il y a beaucoup de poissons plusieurs jours d'affilés, les sorties ne sont plus rentables et le stock devient difficile à écouler. Ce qui est assez paradoxale car la semaine précédente il n'y avait pas eu de poissons et les pirogues ne rentraient qu'avec quelques kilos de poissons ce qui ne suffisait pas à couvrir les frais de carburants. Vu le manque d'activités, nous n'avons pu faire qu'une seule pesée de poissons et de bois et nous sommes plutôt concentrés sur la recherche des artisans pour la construction du fumoir que nous espérons bien avoir fini avant la 1 ère quinzaine de Janvier. Nous n'avions pas pris en compte le fait que pour certains la fête du nouvel an peut durer plusieurs jours voire plusieurs semaines. Innocent, le gardien de nuit, nous explique que certains congolais fêtent la nouvelle année pendant tout le mois de Janvier, seules les menaces de licenciement des patrons les font revenir à leur poste. Certains congolais économisent pendant toute l'année juste pour pouvoir fêter cette période. La fête consiste grosso modo à boire des bières depuis le matin du 31 (pour les plus motivés) jusqu'à l'aube du 1 er où en principe les rescapés se retrouvent en famille pour partager un repas. et cette aprem' le bar de Rose est plein de buveurs de bières. Nous avons renouvelé notre garde-robe (surtout Nat quand même !). Après avoir acheté quelques pagnes (tissus vendu par 6m constituant l'habit principal des femmes), direction l'un des couturiers du quartier accueillant et disponible. Il confectionne 1 pantalon à Fab, 3 pagnes, 1 jupe et un pantalon compliqué pour Nat le tout en une journée. Nous sommes très satisfaits, les vêtements sont très bien taillés. Fab se fait rafistoler ses chaussures de marche pour moins d'un 1€. Y'a pas à dire tous ces petits commerces de proximité nous manqueront : cordonniers, couturiers, coiffeurs, barbiers, épiceries où l'on trouve de tout (de la lame de rasoir à la boîte de petits pois en passant par les allumettes, le pain, les bonbons ou la lessive). Tout est dans la rue ouvert à toute heure de la journée. Lundi 30 décembre 2007 : Ce matin nous partons tôt, non pas pour aller à la base Agip, mais pour retrouver Rose au quartier Tié Tié qui nous a proposé de la rejoindre ce matin à l'endroit où elle vend les beignets comme chaque matin juste devant sa maison. Elle tient une petite « boutique » dans la rue. Quelques tôles constituent un abri au dessous duquel, assise sur un petit tabouret, elle gère sa « cuisine ». Sur une petite table de bois, protégé des mouches par un torchon, elle prélève des pâte à chou qu'elle a confectionné pendant la nuit, et les fait revenir dans de l'huile. Dans une poubelle bleue, qui lui sert de récipient géant, elle prend la pâte à beignets « les jetés » comme elle les appelle car il faut jeter des boules de pâte dans l'huile. A côté de cela, disposées par terre, se trouvent 2 marmites contenant riz au lait et bouillie (à base de farine de maïs).
Tout le temps de notre présence (de 7h30 à 10h environ), c'est à un véritable défilé d'enfants du quartier venant prendre leur petit déjeuner auquel nous assistons. Les enfants et les plus grands défilent acheter pour 25 ou 50F (8 centimes d'€) de beignets, pâte à chou, bouillie ou riz au lait. Que c'est marrant de voir ces petits bouts d'chou passer commande chacun à leur tour comme des grands. La table qui fait office de comptoir leur arrive juste en dessous du menton. Rose est très bavarde et la matinée passe vite. En attendant qu'elle finisse sa bouillie, Fab tente 1 ou 2 parties de jeu vidéo dans le kiosque voisin. La salle de jeu se résume à quelques planches de bois, une télé et une PSII. On peut trouver ce genre de salle un peu de partout en ville. La partie coûte 100F (0,15€) pour 2 personnes et bien sûr, c'est toujours des jeux de foot !. Fab encaisse 2 défaites (2-1 et 6-0) contre un gamin de 15 ou 16 ans. Puis Rose nous emmène chez elle. Un tout petit studio d'à peine 20m². Elle nous montre quelques photos et nous parlons beaucoup des coutumes compliquées des congolais et surtout des incroyables pressions familiales lors des mariages et des décès. Il est 11h environ quand nous prenons le chemin de la base Agip. Mais en cette veille de fête, c'est calme et les fumeuses sont toutes parties vendre leurs poissons fumés au marché ou à la gare pour l'expédition. Il est bientôt midi et il va bien falloir que l'on arrête un programme pour ce soir. On a déjà exclu l'option locale qui consiste à boire des bières toute la nuit et de divaguer de bar en boîte en hôtel jusqu'à l'aube. Un peu saturé de boire des bières, on craint également les réactions des congolais pleins d'alcool à la vue des Mundélés (les blancs) dans les quartiers populaires. Il nous reste l'option grande classe cocktail - soirée dansante dans un resto « haut standing » du centre-ville ou l'option comme à la maison qui consiste à faire des courses au supermarché et à se préparer un petit repas de réveillon sur la terrasse de la résidence. Nous choisissons cette dernière option bien décidé de partager notre soirée avec Rose, Sinclair et Innocent. Après la base Agip nous filons donc au Score (supermarché) et en sortons accompagné de 2 bouteilles de vin, du foie gras et de fromage. Pas très local tout ça mais on a décidé de se faire plaisir. A l'approche de la nuit nous récupérons nos nouvelles tenues chez le couturier. La soirée passe tranquillement. Il y a peu de clients au bar de la résidence. Yéro, le sénégalais, nous rejoint pendant une bonne partie de la soirée. Nous faisons goûté le vin et nos « plats » français à un peu tout le monde et les « réactions » sont mitigées. La soirée se termine tranquillement à 1h du mat. La chance nous a sourit car Sinclair n'a pas eu à mettre en route le groupe électrogène. Nous avions prévu les bougies. Mardi 01 janvier 2008 : Bonne année !
Aujourd'hui c'est le 1 er jour de l'année 2008. Les premiers à nous avoir souhaités la bonne année sont les petits voisins du quartier. Il fait toujours aussi chaud. Nous appréhendions un peu le passage de ces fêtes sans doute parce que nous savions que cela nous renverrait directement en France et que ça nous rappellerait l'éloignement des familles et des amis. Pendant les 9 mois précédents, le voyage et les rencontres ont été un bon « prétexte » pour ne pas trop y penser. Finalement ça s'est bien passé même si on regrette un peu de ne pas avoir assez profité de leur façon à eux de passer ces fêtes en ayant peut être trop pensé à ce qu'il pouvait se passer en France ! |
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| Mise à jour du 03 février 2008 | |||||||||
Ecrit Samedi 05 janvier 2007, 17h37, Terrasse résidence Simanto Mercredi 02/01/08 : nous allons faire un tour à la base Agip. C'est l'occasion de souhaiter la « bon ana » aux fumeuses et à Jean Sylvain, et de retrouver Patrick, l'artisan menuisier maçon qui doit nous construire le fumoir et avec qui nous devons aller faire les courses au grand marché. La base Agip est déserte ce matin, l'activité est nulle, il est 9 ou 10h et tout le monde semble récupérer de la fête de la nouvelle année qui s'est prolongée jusque tard dans l'après midi d'hier. Emilienne, la fumeuse chez qui nous devons installer le prototype, nous dit qu'elle a vu Patrick hier et qu'il était vraiment saoul. On s'attend à ce qu'il nous pose un lapin car il nous a déjà fait faux bond la veille de Noël, plongé dans un profond sommeil après avoir bu trop de godets (nom désignant l'alcool local). Nous restons un moment sur la base et passons un peu de temps avec Julienne, une des fumeuses chez qui nous effectuons des pesées, à la terrasse de son nganda (bar) face à la mer. La soirée a du être très arrosée car il n'y a personne aux terrasses des bars. Ceux qui ne dorment pas ont bien souvent des restes d'alcool. Patrick nous ayant posé un lapin, nous décidons d'aller voir les briquetiers chargés d'avoir récupéré l'argile avant les fêtes. Bonne surprise! L'argile est là. Il a trouvé un transporteur le jour de l'an. Il nous explique que le transporteur avait sans doute besoin d'argent pour pouvoir boire des bières et faire la fête. Jeudi 03/01/08 : Grosse journée. Aujourd'hui c'est le briquetier qui nous pose un lapin. Il devait être à l'atelier à 8h pour commencer la fabrication des briques. Il est 9h lorsque nous nous y pointons. Personne n'est là. Dady (Jean Sylvain) nous appelle pour nous dire que Patrick est là pour aller faire les courses. Nous étions à 2 doigts de changer de maçon suite aux lapin répétés de Patrick mais après les mises en garde de Dady puis de Fab et enfin de Nat, Patrick nous dit qu'il veut garder le marché. C'est ainsi que nous partons tous les 4 à pieds sous le soleil qui tape fort. Il nous faut des briques de ciment (pour l'aménagement de la parcelle), du bois, du grillage, des clous et du ciment. On laisse Dady se charger des négociations. Les pourparlers pour le bois et le koroman sont épiques et Dady se débrouille bien. A la fin de la journée, on s'en sort pour une facture identique à celle que nous avions prévu (à quelques 300F.CFA près soit 0.5 €). Ici le matériel est livré par des pousseurs.
Nous suivons le notre jusqu'à la parcelle d'Emilienne à 2kms de là environ. Nat s'inquiétait de la charge et malgré les 60 moellons de 10, 14 lattes de 6m, le sac de ciment et le grillage, et avec l'aide de Patrick (qui veut sans doute se rattraper !), nous n'arrivons pas à les rattraper. Fab sera même obligé de courir pour faire quelques images. Une fois la livraison chez Emilienne faite, on partage un jus (bière ou soda) avec le pousseur, Patrick et Dady. Le pousseur redoute le retour car il doit traverser le marché de la base Agip et malgré sa corpulence musclée, il a vraiment peur des militaire. Un militaire saoul et assez âgé a tenté de lui prendre sa casquette quelques minutes plus tôt alors qu'il avait pris un peu d'avance au moment où nous rejoignons le bar. Dady est intervenu « laisses papa » et le militaire sans mot dire a passé son chemin. Dady est influent, respecté et connu de tous à la base. Le militaire n'aurait pas été si docile si quelqu'un d'autre était intervenu. Dady nous confie modestement qu'il a déjà fait mettre plusieurs militaires au trou car il connaît la hiérarchie. On nous a souvent raconté que les militaires abusent de leur pouvoir pour «voler » les gens et Dady nous dit que les marins (militaires) de la base Agip sont des bandits et des voyons. Yéro, le sénégalais avec qui nous discutons beaucoup chez Rose, nous raconte souvent des anecdotes de racket auquel il a pu être confronté au cours de ses voyages ou au Congo. C'est souvent lié à des gens en uniforme. C'est bien écourant de le voir en vrai. Il est 15h lorsque nous regardons l'heure. Vite il faut repasser à l'atelier du briquetier ! Mais déception ! nous ne trouvons personne. Il y a juste une brique d'argile moulée. Au téléphone Fabrice, le chef briquetier, nous explique qu'il a fait un essai mais que l'argile est trop humide. Il va retenter demain. Le soir, direction chez Aminata, notre resto cantine. D'habitude on y trouve de tout, riz en sauce de toute sorte, macaronis, poisson-salade, viande et poulet. Mais ce soir à 19h30 le resto et les gamelles de la cuisine sont déjà vides. On achète de la salade à emporter à notre 2 ème restauratrice favorite qui vend des plats à emporter conditionnés dans des sachets en plastique dans la rue. En ce lendemain de 1 er de l'an, c'est un peu la dèche de partout et même les boulangerie n'ont pas fait de pain aujourd'hui. Ecrit Vendredi 11 janvier 2007, Env. 16h, Chambre résidencePensées de Nat.« Fab est dehors avec un « agent » de l'immigration et moi je suis toute seule ici et j'en ai vraiment marre . J'aurai envie de dire à Fab de prendre nos affaires, nos sacs à dos et basta, de partir de ce pays. Aller en Namibie et profiter. Penser à nous même, faire du tourisme à la bonne franquette, aller voir des animaux, des parcs naturels, visiter, photographier et oublier cette culture de mendicité ou de racket permanente. Aujourd'hui ça fait pile poil 2 mois que nous sommes au Congo et voilà qu'aujourd'hui un mec de l'immigration (DST) débarque à la résidence, pose des questions, essaie de nous faire croire que nous ne sommes pas en règle. 2h de perdu, enfin une aprèm car là je n'ai vraiment pas le goût de me mettre à bosser, et demain convocation à la police administrative. Il aura fallu 2 mois à ces uniformes pour nous trouver. Maintenant ils vont sans doute tout faire pour nous prendre de l'argent. Ce qui m'énerve le plus c'est le temps qu'ils nous font perdre. Et une chose est sûre, c'est que pour que la situation ne s'envenime pas, il faut « prendre le temps » de répondre à leur questions absurdes (voir bêtes parfois) et ça c'est un truc que je ne sais pas très bien gérer. C'est pour cela que c'est Fab qui est chargé de répondre aux questions. Après l'interrogatoire informellement officiel à l'intérieur de la résidence avec quelques personnes autour de nous, l' « agent » à demander à parler à Fab. en ce moment, ils sont derrière la résidence, ils doivent boivent une bière, je n'ai pas été conviée et heureusement mais ça m'énerve encore plus car, je me dis qu'il va « harceler » Fab et tenter de le mettre dans une mauvaise position. Il m'arrive de regretter l'Afrique de l'ouest, l'hospitalité et le naturel des gens. Ici c'est toujours l'argent, l'argent et l'argent. On se dit que c'est la misère et la pauvreté qui génère tout ça. » Sinon pour reprendre cette journée du vendredi, on s'est levé tôt pour aller à la base Agip mais aujourd'hui pas de poissons. C'était la fête des béninois hier et étant donnée que 75% de la communauté est béninoise et que les pirogues partent en mer en fin de journée, hier personne n'est sorti et aujourd'hui l'activité était réduite. On a attendu pendant 1h que Julienne finisse de retourner son poisson pour pouvoir faire le cahier de comptabilité. Ces moments d'attente sont finalement une bonne chose car nous permettent de mieux comprendre la vie des fumeuses (je ne suis pas très patiente, attendre une fumeuse ne me dérange pas trop mais là où je suis beaucoup moins tolérante et impatiente c'est quand il faut attendre un RV ou poiroter dans une salle d'attente de police). Après Julienne nous avons attendu chez Emilienne une bonne 1/2h Dady avec qui nous devons aller chercher notre colis de France à la poste.nous sommes impatients d'avoir des nouvelles surtout que nous savons qu'il y aura des photos et ça nous réchauffe déjà le cour ! En l'attendant, il s'est mis à pleuvoir très fort, nous avons pu bien discuter avec Emilienne et la famille c'est vraiment très compliqué ici et nous n'arriverons jamais à comprendre ! Elle a comme beaucoup de « grands mères » des petits enfants à sa charge qu'elle doit nourrir et paye l'école (3500F d'inscription + 5000F/mois, c'est une école privée !) à ses 2 petites filles pas de la même mère. Les belles fille sont parties et lui ont laissé les enfants. C'est trop souvent comme ça ici ! Certains enfants confiés à leur « grands mère » ou à leur tante n'ont pas la chance d'aller à l'école, car, qu'ils soient neveux, nièces, cousins, cousines ou petits enfants, ils sont en fait de la main d'ouvre gratuite et ils restent souvent à la maison pour travailler, faire le fumage ou s'occuper des bébés pendant que les enfants de la famille apprennent à lire et à écrire. Bref, nous avons attendu chez Emilienne. Il a plu longtemps et fort, ça faisait longtemps ! Et nous avons retrouvé les joies de la gadoue. Je ne sais pas comment ils font pour accepter ces conditions mais ils n'ont pas vraiment le choix ! Dans le taxi qui nous emmène à la poste, une personne, pelle en main, pieds dans la boue, tente de reboucher un nid de poule aussi grand que la largeur de la route obligeant les voitures à ralentir. Il en profite pour réclamer quelques pièces à l'approche du taxi. De retour vers 12h30 à la résidence, on déballe vite fait notre colis à peine le temps de les regarder, Sinclair nous apprend vers 13h que ce matin un « agent » de l'administration policière est passé. Il a dit qu'il savait qu'il y avait des blancs ici et que nous étions tous convoqués le lendemain à 9h. Au passage, il a demandé 6000F (9€) à Sinclair. On paye 7000F la nuit et 6000F c'est énorme pour un back chich ! Ca m'énerve !! Ils sont très forts pour trouver des combines pour trouver l'argent facile, qu'ils cherchent plutôt le moyen de rendre meilleur leur pays ! Ecrit Mardi 15 janvier 2007, Env. 18h, Terrasse Guiness Du vendredi 04 au mardi 15 janvier 2008 en 3 histoires. On a un peu du mal sur l'écriture du carnet de route sans doute parce que nous avons pas mal la tête dans le « projet fumoir » et que nous nous sommes installés dans une petite routine. Pourtant, ces derniers temps pas mal de choses se sont passées. .. L'HISTOIRE DES BRIQUES Pour construire ce fumoir amélioré, il nous faut des briques d'argile. Nous étions contents d'avoir trouvé l'argile car tout le monde nous disait qu'il n'y en avait pas à Pointe Noire. Et finalement le plus gros problème est de transformer l'argile en briques. Pourtant les 2 artisans y ont mis pas mal de bonne volonté. Ils ont essayé plusieurs dosage avec la terre rouge pour former les briques à la machine avant de nous expliquer que vraiment « cette argile est trop argileuse » ce qui rend le démoulage difficile et nous voyons bien que les briques qu'ils ont fait à la machine sont toutes tordues . La solution est de faire comme au village, les mouler à la main dans des cadres en bois. Le 1er problème c'est que la manière du village c'est plus lent, le 2 ème problème c'est que l'argile est trop mouillée, donc il faut la faire sécher après avoir fait le mélange et après avoir formé les briques. Enfin le 3 ème problème c'est que les travailleurs congolais même s'ils sont plein de bonne volonté et qu'une avance leur a déjà été versé (un bon 2/3 du devis total), si on ne leur paye pas une bière de temps en temps, le travail n'avance pas très vite. Il nous a fallu plus d'une semaine pour admettre et accepter ça ce qui fait qu'aujourd'hui nous sommes le 15, le fumoir aurait du être construit il y a une semaine et les briques sont toujours en train de sécher.
L'HISTOIRE DES FLICS En quelques jours l'administration policière congolaise s'est beaucoup intéressée à nous. Vendredi dernier, Sinclair le gérant, a reçu la visite de la police administrative qui a demandé à voir les 2 blancs qui étaient ici. Nous n'étions pas là, une convocation a été laissée pou le lendemain samedi à 9h. Au passage il demande 6000F (9€) pour un motif que l'on n'arrive pas à connaître. L'après-midi, un agent de la DST (service immigration) arrive chez Sinclair et cette fois-ci nous sommes là. Il improvise un interrogatoire sur le coin d'une table du bar et nous fait remplir une fiche d'immigration. Nous n'avons pas le reflex et la présence d'esprit de lui demander la raison de sa présence et son nom. Nous répondons à ses questions. Il examine nos passeports de très près à la recherche de la « faille », il tourne les pages, il regarde les nombreux visas et ne trouve pas celui du Congo. Après lui avoir indiqué, il cherche à trouver l'erreur. Nous sommes en règle mais d'après lui notre visa délivré par le consulat du Congo à Libreville n'est pas bon car c'est un visa d'entrée et qu'il s'annule dès que l'on rentre sur le territoire. Etonnés de son analyse, on lui montre qu'il est valable 90 jours et valide jusqu'au 10 février 2008 mais il n'en démord pas, selon lui, le visa s'annule à l'entrée du pays et d'ailleurs cela nous posera sans doute des problèmes pour sortir du pays et là, presque sur de lui, il nous dit qu'il nous faut un visa de séjour. Photo ... « c'est pour les gens qui travaillent ou qui restent dans le pays » on dit tout en essayant de garder profil bas. Puis, il trouve étrange que nous n'ayons pas de tampon de l'immigration sur nos passeports alors que nous sommes passés à l'aéroport à Brazzaville et de Pointe Noire. Comment ne pas sourire à de tels propos ou comment ne pas s'énerver à ces stupides questions ou « réflexions ». L'interrogatoire dure longtemps, Sinclair et Yéro nous avaient prévenu que ce gars espérait repartir avec quelques billets. Et même si les locaux ont pris l'habitude de donner de l'argent pour se libérer de fausses accusations, nous sommes en règle, nous n'en démordons pas et ne lâchons rien. Cela va durer plus d'une heure. Fab répond calmement aux questions pendant que Nat ronge son frein et se retient de ne pas exploser. Ici, le meilleur moyen de sortir « indemne » de ce genre de situation est surtout de ne pas s'énerver et de répondre point par point. Il nous rend nos passeports et nous libère sans rien demander. Dans la chambre, Nat exprime et libère un peu sa colère et quelques minutes plus tard l'agent fait appeler Fab pour discuter un peu. L'interrogatoire continue de manière plus informelle. Il a pris une bière et Sinclair est aussi à la table. Les questions tournent toujours autour de nous « où est-ce que vous mangé ? » « ça doit coûter très cher un voyage comme ça ? ». Il insiste sur les visas qui ne lui semble pas être en règle, et propose de passer au « bureau » le lendemain pour régler cette affaire. Fab lui demande le motif de cette convocation informelle. Un peu déstabilisé, il répond « je ne sais pas trop, si ça vous emmerde, vous faites comme vous voulez, de toute façon vous aurez sans doute des problèmes quand il faudra sortir du pays ». Suite Dimanche 20/01/08 Env 14h24 Malgré ses menaces à peine déguisées, nous décidons que la convocation à la police administrative suffira bien pour l'instant et nous décidons d'appeler le consulat pour savoir ce qu'ils en pensent. Le gars du consulat très compréhensif nous donne rendez-vous pour le lendemain matin. Nat est énervée à l'idée de perdre encore ½ journée pour des raisons sans motif valable (on va encore nous dire que c'est pour notre sécurité, tu parles ! c'est pour notre argent !). En plus, nous avions un programme de pesée chez Cécile à la base Agip que nous attendons depuis longtemps. Nous apprendrons plus tard, qu'en ce samedi matin Cécile a eu beaucoup de poissons frais. Sinclair est également convoqué samedi matin à la police administrative. Le fonctionnaire qui nous reçoit nous prend un peu de haut, nous demande la raison de notre présence ici et cherche à trouver une faille. Nous nous présentons comme des touristes et cela lui ouvre une voie et nous demande si nous avons un ordre de mission « un ordre de mission de quoi ? » « un ordre de mission de touriste ». Fab qui est en charge des pourparlers se trouve dans une impasse car le commissaire a du répondant. « comment sait-on si vous n'allez pas visiter des sites secrets ? » « vous êtes peut être même des journalistes »
« et vous êtes allé où ? » . La situation commence à se diriger vers une impasse, Nat tranche et dit que nous travaillons de façon bénévole pour une association locale et que l'on préfère faire du tourisme en donnant de notre temps plutôt que de passer des journées entières sur la plage. Une nouvelle ouverture pour lui « quelle ONG ? » (ils se renseigneront sans doute pour savoir s'il y a de l'argent à prendre là-bas), il nous parle de l'Arche de Zoé, .Nat sait garder sa colère, Fab répond méthodiquement aux questions. Finalement nous avons réponse à tout. Il prend toujours plusieurs minutes de réflexion avant de poser une nouvelle question. Sinclair est toujours là impassible. L'officier s'absente 2 fois pour faire son rapport au grand responsable. Les attentes sont longues mais il revient toujours avec de nouvelles idées, sans doute soufflées par le responsable. Vraiment à court d'idée, il ira même à nous demander « comment se fait-il que le consulat ne vous héberge pas chez lui ? » ou « comment faites vous pour ne pas vous perdre ? » - « on demande aux gens ». Nous lui donnons l'adresse de Aminata (notre cantine) où on peut manger un bon plat de macaroni pour 500F (0,75€). Au moins ça aura le mérite de le faire sourire. C'est là où se dit que ça prend des allures hallucinantes. Nous sommes face à des hauts gradés de l'armée simplement parce que nous sommes 2 blancs qui vivons dans un quartier populaire. Bref, il finit par nous libérer mais garde Sinclair. Il nous dit que c'est pour notre sécurité. On se doute qu'il cherchait à nous soutirer quelques F.CFA. Il joue de sa fonction et n'hésite pas à dire devant nous que Sinclair a peur de la police. Nous nous sentons un peu mal à l'aise de laisser Sinclair dans ce bureau pendant que nous irons nous « plaindre » à notre consulat, car nous savons très bien qu'il sera beaucoup plus difficile pour Sinclair de sortir de ce « piège ». Nous filons au consulat où nous sommes reçus très cordialement par le vice consul malgré la fermeture habituelle des bureaux le week-end et alors qu'il n'y a pas vraiment d'urgence. Ici l'accueil change des accueils expéditifs et pas très agréables des ambassades de France d'Afrique de l'ouest (Burkina, Niger). Le vice consul prend le temps de temps de nous écouter, appelle et fait venir un commissaire de police français qui forme les polices congolaises. Au final, ils nous rassurent, nous sommes en règle, et pour eux, tout ça est normal, ce sont des restes de la « coopération » russe qui les rend tatillons. Cela n'ira sans doute pas bien loin. Ils sont d'ailleurs étonnés que nos rencontres avec les uniformes congolais (frontière, aéroport et ici) ne nous ait pas coûté plus d'argent. Nous avions trouvé que le back-chich de 5000F/ personne à la frontière (env. 8€) était abusée, ils nous annoncent que habituellement c'est 35000F.CFA (55€). En nous, nous nous disons que l'on a eu du bol et que l'on se débrouille pas mal. On repart du consulat avec les adresses et n° de tel. de nos 2 « protecteurs » (au cas où, ça peut nous être très utile), la demande du vice consul de repasser pour l'informer de la suite de notre parcourt et plus précisément de notre départ et passage de l'Angola. Le chef de la police nous dit qu'il est toujours admiratif devant des jeunes qui voyagent de cette façon et nous demande si l'on va écrire un livre et qu'on lui en envoie un. Il est plus de midi quand nous arrivons à l'hôtel. Nous trouvons Sinclair et Rose dépités qui nous annoncent que la convocation a valu 60 000F.CFA à Sinclair (90€), 2 aller-retour à l'hôtel pour Sinclair et 1 aller retour à Rose à sa maison pour prendre l'argent. Nous sommes sidérés. Nous pensions bien que le commissaire lui demanderait un peu d'argent mais cette somme est énorme. Nous nous rendons compte que même si nous sommes étrangers c'est plus facile pour nous ici. Les congolais sont prisonniers d'un système pourri. Ou est-ce que nous avons un peu la chance ?! Car nous avons appris il y a 3 jours que le belge qui a rejoint la résidence de Mme Rose pour une dizaine de jours, s'est fait « taxé » de 100 000F.CFA (150€) à son entrée sur le territoire à l'aéroport « Bienvenue au Congo » surtout qu'il a en plus, attendu 8h dans une salle d'attende sans chaise ni eau. 25 autres voyageurs blancs ont subit le même sort. Motif de cette « amende » : leur réservation d'hôtel n'était pas certifiée par la commune. Chère la certification. D'ailleurs cette certification INFO ou INTOX ? car un visa n'est t-il normalement pas la porte d'entrée ouverte d'un pays !! Toutes ces magouilles ou ces histoires nous fatiguent
d'autant plus que nous avons eu le droit à une nouvelle convocation (officielle cette fois-ci) 3 jours plus tard au service d'immigration. Le grand chef veut nous voir mais il ne faut pas que l'on s'inquiète nous a t-on laissé comme message. En fait c'est l'agent zélé qui nous a déjà fait perdre ½ journée vendredi aprem qui, resté persuadé que nos visas n'étaient pas valides, a du informer sa hiérarchie. Le rendez-vous fixé à 9h (sans notre avis bien sûr) nous fait à nouveau rater la pesée que l'on attend tant chez Cécile (et à ce jour, toujours pas de résultats chez elle, nous n'avons pas réussi à rattraper ce temps perdu avec ces uniformes). En bons français que nous sommes, nous sommes ponctuels et arrivons même avec 5 minutes d'avance. Dans le hall d'accueil, l'agent zélé nous demande nos passeports, il les feuillette encore et encore. Il montre rapidement à son supérieur assis à côté de lui, nos passeports et nos visas d'entrée soient disant pas valides mais celui-ci ne réagit pas. Puis ils finissent par passer dans les mains de tous les agents présents. Aucun n'a d'uniformes. Nous ne sommes pas contents d'être là et répondons très brièvement aux quelques questions habituelles. Encore une nouvelle fois, c'est Fab qui s'en charge, Nat est trop énervée. C'est encore un nouvel interrogatoire alors que, et d'une, nous ne sommes pas certains que ce soient des flics, et de deux, que si eux n'ont rien a faire que de parler, nous, nous avons des trucs à faire. Aucun d'eux ne s'est présenté mais nous ne demandons pas non plus. Après 10 minutes d'attente, on nous annonce que le colonel est arrivé. Nous suivons le zélé. Il nous fait grimper quelques étages dans un vieux bâtiment colonial. Les murs repeints il y a peu de temps cache à peine la vétusté des locaux. Les bureaux sont pratiquement tous vides ou fermés. L'immobilier est succinct, quelques tables, quelques chaises et parfois une personne qui gratte un dossier assise dans l'une de ces trop nombreuses pièces. C'est un peu glauque. Aucun ordinateur, aucunes machines à écrire, tout est gris et le silence règne à peine perturbé par le ronron de quelques ventilo. Nous marchons dans un couloir puis descendons par un escalier de service. A ce moment Nat s'imagine le pire (descente dans une pièce à l'abri des regard vers quelque chose de malsain) et se rend compte que personne ne sait que nous sommes là (sans doute l'effet de la situation glauque car Sinclair, Dady et Cécile sont au courant, mais pas de blancs). Nous arrivons dans un tout petit bureau. Il y a déjà 2 personnes, le responsable du zélé et une femme qui règle une affaire. Encore une fois on nous demande de patienter. On a l'impression de faire que ça à Pointe Noire ! Pendant que le responsable commandant du zélé traite le dossier de 2 personnes, le zélé n'a vraisemblablement rien d'autre à faire que d'ouvrir et refermer son cahier et de tracer une colonne de temps en temps. Pour passer le temps, Fab prend le guide touristique et Nat tente de travailler sur le projet. Au bout de 35 minutes nous sommes reçus dans le bureau du « grand chef ». Le bureau est cossu et le grand chef nous reçoit cordialement. Il nous dit que nous sommes en règle mais veut en savoir un peu plus sur notre voyage. Le zélé revient à la charge avec nos visas d'entrée « non valides ». Le grand chef d'un ton paternel explique que non, nos visas sont bien valides et envoie le zélé faire des copies de nos passeports. Il en profite pour nous dire que « celui là ne comprend pas bien », qu'il ne faut pas que nous nous inquiétons, que nous sommes ici chez nous et qu'en cas de problème nous pouvons l'appeler. Il s'excuse même pour le déplacement et nous encourage dans notre travail avec les fumeuses. Nous sommes rassurés mais donne quand même des instructions au zélé pour qu'il vérifie nos propos et appelle Dady. D'un côté c'est le service de l'immigration et il est vrai que c'est de leur devoir de vérifier que nous ne sommes pas des pilleurs ou des journalistes, . enfin de vérifier qui nous sommes. Il nous remet sa carte (sur le coup ça nous a plutôt rassuré mais Yéro nous dira que si un jour tu as des problèmes tu en aura encore plus en appelant le grand chef). Dady reçoit un coup de téléphone l'après midi même de la DST puis une convocation suivra avec 2 h d'interrogatoire avec le zélé pour finir avec un « il faut nous prévenir quand il y a 2 blancs qui viennent travailler ». Dady leur répond « pourquoi je devrai vous appeler s'il n'y a rien d'inquiétant ». Que de temps perdu pour rien ! On arrive beaucoup mieux à comprendre pourquoi les bailleurs de fonds ou les ONGs sont si frileux à l'idée de revenir ou de venir ici. L'HISTOIRE DE LA BASE AGIP A la base Agip, dimanche dernier, jour d'ouverture de la CAN 2008 (Coupe d'Afrique des Nations), c'était aussi le jour de la construction du fumoir Au Rythme de l'Afrique.
Patrick et Laroque se sont mis en route rapidement même s'ils n'ont commencé qu'à 10h (la faute à une coupure d'eau dans la parcelle). Emilienne et Patrick ont baptisés le chantier. La tradition veut que lorsque l'on creuse la terre, il faut « arroser » un peu cela (avec de la bière de préférence) et dire toutes les bonnes choses que l'on espère. L'ambiance est au travail toute la matinée. Nous donnons quelques coups de main pour remuer l'argile trop argileuse
jusqu'à ce que Herbert, le « 3ème de la bande d'artisans » arrive, et comme de par hasard, juste avant le repas que nous offrons. Herbert dans l'après midi ne travaillera pas beaucoup mais parlera énormément. Du coup l'ambiance est très décontractée et le temps semble avancer plus vite. Il explique à tous les « passants » ce que l'on est en train de faire avant même que ceux-ci ne posent de questions. C'est bon, nous avons notre chargé de com. ! Il est rejoint par 2 amis, 1 vieux qui ne parle pas et 404 bâché qui interroge sa serviette verte fluo comme un pendule pour connaître le résultat du match d'ouverture de la CAN 2008 « Ghana-Guinée ». La fin du chantier approche, Herbert dégotte une bouteille d'alcool de palme et sert un godet à tout le monde. Ca ressemble à une bonne gnaule de par chez nous ! Le chantier se termine et le résultat est plutôt pas mal. Nat est rassurée car elle imaginait le fumoir trop grand, Fab part commander une tournée et nous sommes contents de voir Patrick et Laroque bien satisfaits de leur travail. Tous nous rassurent sur le succès assuré de ce nouveau fumoir moderne. Les « gars » posent pour la photo souvenir
et on se sépare avant le début de la compétition. On espère pouvoir faire nos premiers tests le plus tôt possible mas le Bénin joue le lendemain. C'est sûr, les pirogues béninoises qui fournissent la majorité du poisson de la base Agip ne sortiront pas. On nous dit que si mais ce matin pas l'ombre d'un poisson et les béninois ont perdus contre le Mali. Suite Samedi 19/01/08 Env 10h, Base Agip. En attendant |
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L'HISTOIRE DU TRIP Après avoir été contraint de prendre l'avion entre Brazza et Pointe Noire, l'idée de prendre à nouveau un vol entre Pointe Noire et Luanda ne nous enchante pas. La fin de notre séjour au Congo approche et nous devons préparer la suite du voyage. Si nous envisageons le trajet par la route, entre nous et la Namibie, il y a le Cabinda, une petite enclave angolaise coincée entre le Congo, la RDC et l'océan. Située à l'embouchure du Congo, cette région réclamait son indépendance il y a peu de temps et serait encore aujourd'hui instable (les eaux territoriales au large du Cabinda sont riches en pétrole). Ensuite il y a le fleuve Congo à traverser mais il n'y a pas de pont, puis une bande de terre qui appartient à la RDC et enfin plus que 2500 Km de route angolaise défoncées. L'option tout par la route depuis Pointe Noire jusqu'à la Namibie n'est simplement pas possible. Les alternatives seraient de retourner à Brazza par avion, traverser le fleuve Congo et rejoindre la fameuse et grouillante Kinshasa par le bac, cette capitale qui fait peur à tant de monde, puis prendre la route à travers la RDC et l'Angola. En plus de reprendre l'avion, des prix des visas de la RDC, de la situation un peu flou de l'ex Zaïre et du Nord Angola, nous n'optons pas pour cette « solution ». Il nous faut envisager autre chose en prenant en compte le fait qu'il est impossible d'obtenir un visa angolais au consulat de Pointe Noire sans un billet d'avion aller retour (le visa angolais est l'un des plus difficile à obtenir, on nous dira même qu'il est plus difficile à obtenir que le visa français pour un africain). 3 options nous restent. Soit prendre un vol direct jusqu'à Windhoek, la capitale Namibienne (qui nous coûtera financièrement et qui fera du mal à notre bilan carbone), soit limiter les dégâts de notre bilan carbone en atterrissant à Luanda, la capitale Angolaise, soit trouver et partir à bord d'un bateau de marchandises qui veut bien prendre des passagers. Nous mettons tout en ouvre pour trouver un bateau et après avoir fait le tour des nombreuses compagnies maritimes, nous déchantons. Les bateaux qui desservent Luanda ne sont pas très nombreux et ne prennent pas de passagers, même en insistant et en leur proposant de faire de la bonne cuisine française à bord. Le temps des voyages en cargos gratuits contre du travail est bel et bien révolu et étaient valables il y a 30 ans ! La solution viendra de Yéro qui nous en relation avec un « agent » qui nous propose un bateau de marchandises qui peut prendre des passagers à bord. Après une brève rencontre, le gars nous affirme que ce n'est pas un bateau de clandestins, il nous propose même un package « Visa + Transport » pour 500$/personne. Même si le dollar est beaucoup plus faible que l'euro, cette somme est quand même énorme, et les négociations ne sont pas très avenantes. Nous allons tenter d'obtenir les visas par nous mêmes. Nous faisons une lettre au vice consul pour lui soumettre notre demande un peu particulière et nous renseignons auprès des compagnies aérienne. Mais vraiment c'est compliqué car sans un billet d'avion aller retour nous ne pouvons pas avoir de visa et sans visa nous ne pouvons pas avoir de billet d'avion. La lettre adressée au vice consul n'y change rien, on se demande même s'il l'a eu entre les mains. Les angolais sont très protectionnistes, aucun visa de tourisme n'est accordé et aucune entrée sans justification de sortie. Ils veulent sans doute protéger leur si nombreuses ressources (pétrole, diamant, .) des étrangers qu'ils soient européens, chinois ou Ouest Af. Renseignements pris, on se rend compte que le trajet aller retour en avion coûte beaucoup moins cher que l'aller simple en bateau. On trouve ça bizarre et on se dit que, soit le bateau que l'on nous propose est un bateau de trafiquants, soit l'agent se prend une com. de fou. Un bon argument pour pouvoir négocier, à la rencontre suivante avec l'agent, le package bateau-visa au prix de l'avion. Ca passe. Nous prendrons donc le bateau jusqu'à Luanda et aurons 15 jours de visa pour faire la route jusqu'à la frontière namibienne. Nous voulons tracer et ne pas nous arrêter en Angola . Nous avions « commandé » un visa de transit de 5 jours, pensant que celui-ci nous suffirait, mais le soir même, nous recevons le mail d'un français rencontré sur internet en cherchant des infos sur l'Angola. Il nous met en garde sur l'état médiocre des routes et sa crainte que 15 jours ne suffiront peut être pas pour rejoindre la Namibie. Les infos concernant l'Angola sont très rares ou très vieilles sur le web, il n'y a pas de touristes, mais coup de bol, nous avons trouvé le blog de ce français qui voyage actuellement en solo et en moto à travers l'Angola, la Namibie, la Zambie et la RDC et qui a un mois d'avance sur nous. On espère vraiment pouvoir faire la traversée en 5 jours car il faudrait que l'on rejoigne un couple de français pour partager un véhicule de location en Namibie car c'est le moyen le plus économique de visiter le pays et rares sont les occasions en cette période, d'autant plus qu'ils sont français et ont l'air d'être sur la même longueur d'onde que nous. il nous met en garde sur l'état médiocre des routes et qu'il craint que 15 jours pour traverser l'Angola ne soient pas suffisants Nous commençons donc à préparer la suite du voyage. En France, lors de notre préparation, nous n'avions rien fixé de précis après le Congo par manque de temps. L'objectif est de traverser la Namibie, la Zambie, le Malawi, le Mozambique et d'être à Mada au 1 er mai. A notre grand étonnement, la Namibie est pleine de sites touristiques où s'y côtoie le désert de Namib (le plus vieux désert du monde) et des réserves de faunes comme le parc national d'Ethosha. Après deux mois de travail non stop au Congo, pas mal de frustration pour ne pas avoir pu visiter le pays et cette ambiance congolaise un peu pesante où nous donnons beaucoup de nous sans être forcément très aidé (sans doute l'individualisme culturel de l'Afrique centrale !), nous nous auto récompensons en prévoyant 15 jours de tourisme en Namibie. Nous préférons passer quelques heures à attendre de voir un lion en pleine réserve namibienne que attendre un rendez-vous qui ne vient pas sur un trottoir congolais. Ecrit Jeudi 24/01/08 - Env. 21h44 Aujourd'hui nous sommes contents. Nous avons fait notre premier essai du fumoir et il s'est avéré plutôt réussi.
A la fin de la journée, après avoir retourné le poisson, quel soulagement d'entendre Emilienne nous dire « c'est fantastique !! le poisson est très beau, ça fait moins de fumée ». C'est vrai qu'Emilienne avait bu 4 bières cette aprem ce qui l'a rendait beaucoup plus expressive que d'habitude et même le muana posé, généralement si bougon, avait le sourire et a dit que c'était bon. Même si ce soir nous avons les yeux qui brûlent et sommes bien fatigués, cette journée restera un très bon souvenir. Levés tôt ce matin comme d'habitude, la journée ne commence pas sous les meilleurs hospices car la pluie nous retient à l'hôtel. Et qui dit pluie, dit pêche difficile. Nous ne sommes donc pas sûr d'avoir du poisson. Nous sortons tout de suite après la grosse averse et faisons le grand tour car le raccourci est impraticable. Nous traversons le grand marché et l'état des routes est vraiment pitoyable. Les égouts obstrués par les déchets refoulent sur la route. De vraies rivières et d'énormes flaques envahissent les rues et c'est le parcourt du combattant pour trouver un chemin sans avoir de l'eau jusqu'aux chevilles. Arrivés à la base Agip, on file chez Emilienne. Nous constatons avec bonheur que l'enduit en ciment fait en urgence la veille a sauvé le fumoir de l'effondrement. L'enduit destiné à éviter les fuites de fumées et de chaleur à travers les joints en argile qui se fissuraient, a finalement protégé le fumoir d'une grosse infiltration d'eau. Emilienne a également très envie d'essayer le fumoir et même s'il n'y a pas beaucoup de poissons ce matin, elle va quand même en acheter mais attend les pirogues qui arriveront plus tard et vendront le poisson moins cher. En attendant nous partons voir Cécile et Julienne, les béninoises avec qui nous travaillons et qui, depuis 2 jours nous boudent et « font la jalousie » car le prototype est chez Emilienne, une congolaise. On réfléchit à un moyen de les amadouer car elles sont nos seules portes d'entrée sur la communauté béninoise très active dans le fumage de poissons. Cécile ce matin n'a pas envie de nous parler, et Julienne nous fuit. Nous décidons de remettre ce problème à plus tard et de nous concentrer sur l'essai. Nat est un peu anxieuse à l'idée que ça ne fonctionne pas car il y a beaucoup d'incertitudes. C'est la première fois que l'on construit un truc de ce genre. On attend le poisson dans la cour d'Emilienne. Il y a encore quelques averses et nous passons des moments sympas avec les petites filles d'Emilienne qui ne sont pas allé à l'école ce matin à cause de la pluie. Pendant plus d'une heure, nous les initions à la poterie avec les restes d'argile du fumoir et faisons une partie de baby foot. Le poisson arrive en même temps qu'Emilienne. Nous devons laisser la « poterie ». Les deux petites continuent de jouer mais Emilienne les rappelle rapidement à l'ordre « il faut ranger le bazar et laver les assiettes ». Elles ont 6 et 8 ans. On se rend compte que ces moments de détente ou de jeu sont assez rares pour elles. Cela nous fait presque de la peine pour elles et on se sent un peu fautif de leur avoir montré ça.
Et c'est parti ! Le muana posé installe les poissons sur la première claie. Le travail est beaucoup plus rapide qu'avec le fumoir traditionnel donc il est content et c'est bien la première fois que nous ne l'entendons pas râler ou marmonner. On reste toute la journée dans la parcelle guettant le feu et la cuisson du poisson avec Emilienne. On apprend tous au fur et à mesure : comment bien répartir la chaleur, combien de bois mettre, . Ca fonctionne plutôt pas mal et nous sommes surpris du peu de fumée qu'il dégage par rapport au traditionnel qui fonctionne à côté et qui dégage une fumée blanchâtre difficilement supportable. On ne s'attendait pas à ce que cela soit si flagrant. Emilienne reçoit la visite d'une copine et enchaîne quelques bières. Du coup, quand arrive le moment du retournement (moment où la technique change vraiment ), c'est le bazar, chacun veut faire à sa façon. Ils ne nous laisse pas le temps de leur expliquer la méthode à laquelle nous avions réfléchie, et sont tous à vouloir faire autrement sans vraiment savoir quoi. Nous les laissons faire à leur manière, de toute façon, ils ne nous écoutent pas et c'est une belle pagaille !. Bref, 1/2h plus tard, le poisson est retourné et tout le monde est bien content car le fumoir marche bien (c'est sûr y'aura des jaloux, on imagine que c'est plutôt bon signe, ça signifie que le fumoir suscite l'envie). Il est 16h, la journée se termine pour nous. Le poisson est vraiment appétissant et Nat ne peut s'empêcher d'en prendre un (avec l'accord d'Emilienne) pour le déguster à la congolaise sur le chemin du retour. Nous nous étions habitué aux « Oh, mundélé » (oh !! le blanc) dans la rue, et là ce soir, les gens sont encore plus étonnés de nous voir manger le poisson fumé, et ce sont des « oh !! mundélé ils mangent le makuala » que nous entendons à peu près tous les 20m. On a vraiment l'impression d'être des animaux étranges pour eux. !! On garde quand même le sourire car ce soir, nous sommes rassurés sur le fait que ce nouveau fumoir peut vraiment changer les choses. Reste maintenant à trouver les financements pour vulgariser cela à grande échelle et le plus rapidement possible à renouer le dialogue et convaincre les béninoises. Nat qui en avait marre du pays il y a quelques jours est maintenant triste à l'idée de quitter la communauté.
Ecrit Lundi 28 janvier 2008, Env. 8h Quelle erreur de notre part d'avoir crié victoire si vite !! Nous avons pêché par orgueil ! Nous étions si contents jeudi mais avons très vite déchanté vendredi quand Emilienne nous a dit que le poisson n'était pas cuit. C'est vrai que nous lui en avons un peu voulu de nous avoir fait croire que c'était bon et de ne pas avoir pris cette journée d'essai au sérieux en buvant plein de bière mais nous avons réalisé que nous aurions du rester après le retournement pour surveiller le 2 ème feu. Depuis 3 jours, nous remettons tout en cause et nous nous en voulons tant. Nous avons reproduit des erreurs que nous avions vu dans les pays précédents. A travers ce projet, ne voulions essayer de ne pas les reproduire. Nous avons oublié un point très important qui est celui de l'appropriation et du changement d'habitude. Emilienne et les quelques personnes qui ont vu le fumoir sont persuadées qu'il manque un foyer car sur celui du fumoir traditionnel il y en a 3 alors que celui-ci n'en comporte que deux. Emilienne et son muana posé ont du mal à admettre qu'en changeant leur façon de faire le feu, cela peut fonctionner. Si tous disent que c'est un bon fumoir que nous avons fait là, tous s'étonnent et disent qu'il faut un 3 ème foyer. Par contre s'il y a trois ouvertures comme le traditionnel, nous sommes presque sûr que les habitudes de mettre beaucoup de bois ne changeront pas et si ce nouveau fumoir consomme autant de bois que l'ancien, c'est sûr que nous n'irons pas plus loin même si au final le poisson est beaucoup plus joli. Il est plus facile d'ajouter un trou que de changer les habitudes. A ce jour, le fumoir n'est pas encore prêt, il ne nous reste plus qu'une semaine alors nous n'y croyons plus trop. Fab est parti à la base Agip tout seul ce matin. Il doit voir Patrick le maçon pour qu'il fasse un 3 ème foyer qui devrait permettre au poisson de mieux cuire. Nous avions fait tout un article dans une newsletter sur la difficulté de faire changer les habitudes et les comportements. Notre plus grosse erreur est sans doute que nous avons oublier d'insister très largement là dessus. Cela nous paraît difficile de faire accepter une nouvelle méthode d'entretien du feu en moins d'une semaine d'autant plus que nous devons avant tout la trouver. Nous espérions également participer au moins au début du suivi, point important trop souvent négligé dans les projets, mais là encore nous n'aurons pas le temps et comptons sur Jean Sylvain pour prendre la suite. Pour bien faire, il nous aurait fallu au moins un mois de plus. Nous ferons donc un 3 ème foyer car on ne veut pas faire perdre du poisson à Emilienne. Je crois que nous avons baissé les bras mais nous ferons quand même des essais cette semaine en espérant que même avec ces modifications, le fumoir fera économiser du bois. Nous avons fait l'erreur de croire que ça aller marcher du premier coup mais c'est à ça que serve les essais !. Ajouter à cela, nous n'avons toujours pas nos visas ni nos billets de bateau. L'agent est parti à Luanda hier soir, et j'ai bien peur aussi que l'on ait commis l'erreur d'avoir avancer tout l'argent sans rien savoir sur cette agent surtout que nous ne sommes pas passé par une voie officielle ! Pour oublier un peu la base Agip, vendredi soir nous nous offrons un p'tit resto "Chez Gaspard" sans doute le meilleur rapport qualité prix de la ville qui est à quelques pas de chez nous. 12€ à 2 vin compris c'est une petite folie mais ça fait du bien de faire une "bonne" table. Hier dimanche nous allons faire un tour à la plage, et en bons touristes, nous prenons des coups de soleil. La mer est toujours agitée, quelques surfeurs, sans doute des enfants d'expatriés, profitent des jolis rouleaux pour sortir leur planches. La baignade est dangereuse, d'ailleurs le consul nous l'a très vivement déconseillé, de toute façon la couleur de l'eau et la vue sur les bateaux de marchises à l'horizon ne sont pas très engageantes. On se prend à rêver des eaux turquoise de l'océan indien. Même si la séparation avec les gens que nous avons cotoyé ici pendant deux mois risque d'être un peu difficile, nous sommes heureux à l'idée de reprendre la route, d'être à nouveau en voyage, de découvrir de nouvelles choses. L'itinérance nous manque.
Ecrit Mercredi 13 février 2007, 17h34, Aéroport Pointe Noire, CONGO Semaine du lundi 28 janvier au lundi 04 février 2008 (POINTE-NOIRE) Ecrit Mercredi 13 février 2007, 22h30, Aéroport Luanda, Angola
nous n’arrivons pas à joindre "Alpha Blondy" et on se dit que le plan visas et bateau n’était pas bon, il n’y a pas de poissons et nous ne pouvons pas faire nos essais de fumoirs, et finalement le camion de ravitaillement qui doit parti jeudi n’est parti que le samedi aprem’. Nous comptions sur ce dernier pour nous sortir la tête de tout le reste et finalement nous avons attendu jusqu'au samedi matin avant de savoir si nous pourrions monter au sanctuaire et ce n'est que samedi vers 15h que nous sortons enfin de Pointe-Noire après 2 mois de sédentarisation. Ouf ! Peut-être que la poisse va nous lâcher ! Le sanctuaire des chimpanzés n’est qu’à 140 kms mais la piste est très mauvaise. Azer, le chauffeur du gros camion 4x4 nous annonce 5 à 6h de route. Nous sommes bien installés dans la cabine qui est haute et qui offre une vue lointaine.
Après 2h de route, nous sommes sur une piste bien défoncée et Azer force un peu l’allure « il y a un bac devant…à la nuit c’est fini, on ne peut plus passer ». Il est déjà 17h et le bac est encore bien loin. Fausse joie, nous sommes encore dans notre période poisse ! Nous arrivons trop tard, il fait nuit depuis 30 minutes. Le passeur nous dit que c’est trop dangereux et on se rend vite compte que de toute façon son acolyte qui pilote le bac est complètement saoul. Nous sommes bons pour passer une nuit en brousse, au pied du camion, sur une natte (et en plus on a oublié nos boîtes de sardines dans la voiture de la directrice qui doit déjà être arrivée au camp). Nous n’arrivons donc à Conkouati que le dimanche matin vers 8h et pas très frais. Nous sommes censés repartir avec le camion l’après midi même. Mais nous avons décidé la veille de partir lundi matin avec le taxi-brousse (le seul du coin !) qui est resté bloqué avec nous au bac et qui fait le trajet frontière gabonaise – Pointe-Noire lundi matin. Le patron du taxi brousse nous réserve les 2 places à l’avant. A Conkouati, nous faisons la connaissance des chimpanzés « relâchés » sur des îles d’adaptation avant le retour « définitif » à la vie sauvage.
Nous discutons avec les bénévoles qui s’occupent de gérer les camps et les singes. L’ambiance est « un peu » tendue car Mme Jamard n’est pas contente mais le site est bien magique. Au programme visite sur les îles des singes et remontée de la rivière. Le soir nous faisons une tentative pour voir les tortues marines mais comme on a la poisse on ne verra qu’une seule trace énorme qui date un peu et Nat se fait une petite mais bien douloureuse entorse qu’elle supportera sur les 14kms de marche à pied dans le sable à la recherche d’évantuelle tortues marines. Ecrit Jeudi 14 février 2008, 06h06, Aéroport Luanda, Angola (suite) : Lundi matin après une courte nuit nous nous levons au petit jour dans la tranquillité de la forêt de Conkouati.
Mathieu, l’un des bénévoles, doit nous accompagner au village voisin en pirogue pour prendre le taxi-brousse vers 9h. Juste le temps pour Fab de jeter un œil à l’installation PV défaillante du site, prendre un rapide p’tit dèj’ et hop nous sommes dans la pirogue. Mathieu patiente avec nous. Une piste de sable traverse le village après un énorme bac. Quelques maisons en bois sont posées de chaque côté de la piste, quelques personnes sont installées à l’ombre et quelques enfants jouent. « ils ne vont pas l’école car l’école n’a plus de toit depuis plus d’un an ». On s’installe dans un N’ganda avec Mathieu qui s’enquillera plusieurs bières en guise de petit dèj’. C’est un peu relâche pour lui car il sort de plusieurs mois en pleine forêt vierge pour un suivi quotidien des singes qui ont été relâchés. Le temps passe. 10h, 11h, midi… on se décide à appeler le chauffeur et à commander à manger. La chauffeur nous répond « j’arrive » et la cuisinière nous prépare paresseusement de délicieuses carpes en sauce. Vers 15h Mathieu finit par partir, car le nourrissage des chimpanzé ne doit pas attendre. Cela nous aura au moins permis de discuter pas mal avec lui. A 16h nous nous inquiétons sérieusement car nous craignons « le coup du bac ». Le véhicule arrive finalement vers 17h. Il est très chargé et il faut encore ajouter quelques poissons frais (au moins 150 kg et la glace) et quelques personnes. Nous sommes contents car le chauffeur a tenu sa parole. Il nous a réservé les 2 places en cabine. Même si nous les payons le prix fort (10 000F.CFA (15€) /personne au lieu de 7 000 (11€)), nous sommes contents de pouvoir repartir. On apprend que certains passagers peuvent payer jusqu’à 100 000F.CFA (150€). Le chauffeur nous explique que ça dépend de la nationalité. Un Mauritanien peut payer ce prix fort.
Les autres passagers finiront la nuit à l’arrière sous une bâche avec les moustiques. Le gros orage ne s’arrêtera que vers 13h et pendant ce temps, nous aurons le temps de rejoindre Pointe-Noire avec un minibus qui vient nous chercher vers 7h. Ecrit Jeudi 14 février 2008, 09h46, Avion à l’arrêt à l’aéroport de Lubango, Angola Semaine du mardi 05 février au mercredi 13 février 2008 (POINTE-NOIRE) : Malgré la mauvaise nuit dans le pick-up et la pluie, nous arrivons à Pointe Noire vers 7h30. Nous retrouvons notre petite chambre chez Rose et Sinclair et après une bonne petite douche, nous nous équipons de nos imperméables et partons à la recherche de Yéro sur le marché qui doit nous confirmer si oui ou non on doit faire une croix définitive sur le bateau. On ne le trouve pas et ce n’est que le soir à la résidence qu’il nous annonce qu’il n’a pas pu voir son contact. Le lendemain on décide de reprendre en main notre voyage. Fini les intermédiaires ! On sait pourtant que l’on ne peut compter que sur nous même et que à chaque fois que l’on attend d’une tierce personne il y a des problème. On a fait confiance, peut-être par flemme ou par facilité. Nous avons perdu tout contrôle de la situation ce qui nous a vraiment usé et fait perdre toute motivation sur tout. Fini tout ça, il faut reprendre le dessus ! En même temps que nous acceptons cet « échec », nous nous sentons plus fort et prêt à affronter la suite. Cela nous servira de leçon. On est donc bien décidé à reprendre notre voyage en main. Comme il n’y a toujours pas de poissons à la base Agip,
mercredi nous partons en quête d’un billet d’avion. Bon, nous sommes toujours en période de poisse donc, pas de chance, la TAAG, la seule compagnie qui dessert Windhoek, est en déménagement et n’a, provisoirement, plus de bureaux. Nous devons donc passer par une agence de voyage. Encore du stress quand on nous annonce qu’il n’y a pas de vol avant le 10 (date de fin de visa). Le prochain vol est pour le 13 et nécessitera une escale de 3 jours à Luanda et un visa angolais que nous ne sommes même pas sûr d’obtenir. Vraiment le Congo a décidé de nous garder ! Nous avons alors une petite semaine pour faire prolonger nos visas congolais et présenter nos dossiers de demande de visas de transit au consulat de l’Angola. Du coup on décide de remonter à Conkouati le week-end. Mme Jamard est d’accord pour nous prendre en charge si Fabien arrange l’installation solaire. Vendredi, après s’être vu refusé notre dépôt de dossier au consulat angolais, nous partons à la base Agip où le poisson est au rendez-vous pour des essais fumoirs dont les résultats nous remotivent pour la suite. Nous partons un peu plus sereinement en week-end à Conkouati même si nous ne sommes toujours pas sûr de partir mercredi prochain du Congo. Le transport jusqu’au sanctuaire des chimpanzés est beaucoup plus facile que la dernière fois. Pas de panne, pas de nuit en brousse. Notre dernière chance pour obtenir notre visa angolais reste lundi matin. On se présente à 7h30 malgré une « convocation » à 8h30. Le consul ne traite que 5 dossiers/jour et 3 jours/semaine et le dépôt se fait « normalement » entre 8h30 et 11h. Quand on arrive lundi matin devant le consulat de l’Angola, le gardien nous dis que c’est beaucoup trop tôt mais nous ne voulons pas nous faire « prendre » notre place et voulons mettre toute les chances de notre côté. Voyant qu’il ne veut pas trop que l’on reste devant à attendre, nous allons prendre un p’tit dej. Nous trouvons des croissant et pains au chocolat pas très loin. A 8h nous revenons, il y a déjà 2 personnes qui attendent, et mince ! Le « secrétaire » arrive. Il doit commencer à en avoir marre de nous voir. Quand il nous a refusé notre dossier vendredi dernier, sur le ton de la plaisanterie et en souriant, nous lui avons dit que s’il ne voulait plus nous voir qu’il faudra bien qu'il finisse par prendre nos 2 dossiers. On ne sait pas si ça changera quelque chose mais, ouf, en ce lundi matin, nous parvenons à faire passer nos dossiers. Un premier obstacle de franchit. Mais le secrétaire nous tiendra en haleine pendant plus d’une heure et nous fera refaire en 2 fois nos lettres de demande de visa de transit (en format informatique). La première fois parce que nous n’avions fait qu’une seule lettre pour nous deux et la seconde fois parce que Nathalie LANIER et LANIER Nathalie ne sont pas les mêmes personnes et la même chose pour Fabien PERROT et PERROT Fabien. Fab ira à la recherche d’un cyber qui fonctionne pour faire plaisir à Monsieur le secrétaire pendant que Nat attendra devant le « kiosque » en espérant que le « secrétaire » lunatique et un peu francophobe ne change pas d’avis pour faire suivre les dossiers à l’intérieur. Au final, on réussit à déposer nos dossiers et passer ce fameux portail bleu. On nous dit que cela devrait être bon mais que nous ne devrions pas avoir la réponse avant mardi ou mercredi, jour où nous devons décoller. Ce n’est qu’à 12h30, 2 jours plus tard, le mercredi que nous avons nos visa. L’avion décolle le même jour à 16h00. Nous sommes enfin soulagés et pouvons relâcher enfin la pression accumulée depuis 15 jours. On regrette cette fin de séjour pleine d’incertitudes et de stress et avons le sentiment de ne pas en avoir très bien profité. On a pris un peu de temps de dire aux revoir aux fumeuses de la base Agip, puis juste un peu de temps à Yéro mais pas à Rose et Sinclair, et nous nous sommes retrouvés dans l’aéroport un peu désorientés. L’aéroport est tout petit. Deux grandes files d’attente de blancs se présentent devant nous quand nous entrons. Nous allons «liquider» nos derniers F.CFA qui nous suivent depuis plusieurs mois maintenant et allons acheter quelques bricoles à manger. Pas de file d’attente pour nous, les blancs, sans doute des expats du pétrole, prennent le vol de Air France pour Brazza ou Paris. Nous sommes les seuls à attendre pour le vol de Luanda. Deux personnes qui attendent devant le comptoir d'embarquement ne semblent pas perturber les stewarts qui ne nous disent rien. Nous attendons bien 15 minutes, delai plutôt normal ici et de toute façon nous ne sommes pas pressés. Puis un gars réagit enfin "vous voulez embarquez?" "ben oui, on vous attend". Il fallait s'adresser à la personne à gauche, à quelques 40 cms de lui. Pas de problème, pas de back-chich, nous sommes dans la salle d'embarquement. Nous allons boire notre derrière Primus. Derrière les vitres d’un salon climatisé et feutré au milieu des expat. blancs, le Congo nous paraît déjà bien loin. Et malgré toutes les contrariétés et poisses de fin de séjour, nous sommes nostalgiques…Puis une voix nous appelle à l’embarquement, nous finissons cul sec notre primus, ça en est fini des 2 mois de sédentarisation à Pointe-Noire. Le voyage reprend avec ses aventures. Dans l’avion nous révisons quelques mots de Portugais et nous nous préparons à passer une nuit à l’aéroport de Luanda. Notre vol pour Windhoek n’est que dimanche mais nous voulons tenter de prendre le vol de demain matin sur lequel nous sommes en attente. Après une heure de vol, nous atterrissons à Luanda. La nuit est tombée, il doit être environ 19h. Au sol, une membre du staff de la TAAG nous interpelle. Elle regarde nos billets, nous ne disons rien sur le fait que nous n’avons notre vol pour Windoek que 4 jours plus tard. Si elle peut nous aider à transiter tant mieux ! Elle nous fait esquiver l’immigration et nous amène directement dans la salle pour récupérer nos bagages que nous attendons longtemps, peut être bien ¾ d’heure. Quand nous mettons nos sacs sur notre dos, la salle s’est bien vidée et la dame de la TAAG a disparue et nous ne l’a reverrons plus. Nous ne sommes pas passé par l’immigration et ne pouvons plus retourner en arrière. On se retrouve assis en face du tapis à bagages avec un visa non tamponné que l’on a galéré à obtenir et sans trop savoir où l’on va dormir. On attend, on cherche un membre de la TAAG mais les gens ne sont pas là pour nous aider. Ce n’est qu’à 22h que nous trouvons un gars très sympa qui parle anglais. Il nous explique que la TAAG va nous prendre en charge sur la durée de l’escale. Yéro avait raison alors ! On s’imagine déjà passer 3 jours dans le complexe de la compagnie aérienne juste à côté de l’aéroport. Nous sommes rassuré quand nous savons que le coût de la vie à Luanda est prohibitif, que les premiers hôtels sont à 80$US et que le taxi de l’aéroport en ville à 15$US. Nous déambulons dans les couloirs vides maintenant de l’aéroport derrière notre gentil Mr TAAG. Il dérange l’immigration pour nous faire tamponner nos visas et nous annonce qu’il n’y a plus de place dans le complexe de la compagnie, qu’il nous faudra dormir ici (mince alors ! on s’imaginait déjà dans un bon lit !) mais qu’il nous a trouvé deux places sur le vol du lendemain matin. Finalement c’est mieux que l’on dorme à l’aéroport. Il viendra nous chercher à 5h du mat’. Après une nuit dans la chaleur et en compagnie des moustiques, un agent TAAG vient effectivement nous chercher vers 5h30 pour nous faire parcourir à travers les couloirs de service (vides encore) le chemin inverse jusqu’au guichet d’enregistrement. Comme la veille, nous avons la chance d’être accompagnés par un agent de la TAAG et passons à l’aise tous les « barrages » de police ou de contrôle. Il paraît que si on ne donne pas des pièces ou des billets, les policiers peuvent vite poser des problèmes. Quand nous arrivons en salle d’embarquement, une bonne petite file de personnes se dessine devant le guichet pour la Namibie et encore une chance, nous passons devant tout le monde alors que nous ne devrions même pas prendre ce vol. Nous espérons ne pas avoir « grillé » 2 personnes. Dans tous les cas, ça y est, nous sommes enregistrés et sommes bien contents à l’idée de pouvoir arriver à Windhoek aujourd’hui. Cela nous permettra de prendre nos marques à la capitale en attendant Erwan et Nadège qui viennent d’Afrique du Sud et qui doivent arriver le 16 ou 17 février, avant de partir avec eux pour 15 jours de tourisme sur les routes namibiennes. Nous avons été tellement surpris par notre découverte de l’Afrique centrale ! Nous ne nous étions jamais vraiment posé la question de savoir comment cela pouvait être. Cette fois ci nous nous interrogeons sur ce que sera l'Afrique australe. Nous ne savons pas trop ce que nous allons découvrir et pensons que cela doit être un peu l'intermédiaire entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. On va voir...
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