Rencontre avec le Prof. Thomsom Sinkala, THOMRO Biofuels Sécurité alimentaire + sécurité énergétique De sa voix grave, le Prof. Thomsom Sinkala nous donne rendez- vous à la sortie de la ville. Nous avons trouvé son contact sur internet et l'appellation « jatropha farm » a piqué notre curiosité. Nous descendons du « half bus » bien plein à un barrage de police à la sortie de Lusaka. Après quelques minutes d'attente, Thomson arrive et nous emmène à travers champ jusqu'à sa ferme. Nous traversons son exploitation, du moins quelques parcelles de mais et atteignons une battisse grande, blanche et bien entretenue. Installés dans son salon, il nous explique comment à l'approche de sa retraite d'enseignant il a réfléchit à son avenir et surtout à celui de ses enfants. Comment il a décidé de devenir fermier et comment il a investi l'argent familial dans cette ferme. Pour lui, le bien être des siens passe par la sécurité alimentaire, d'où la nécessité de la ferme, en plus cela lui permet de s'occuper et d'avoir de l'air frais à volonté à l ‘écart de la ville. Il a décidé de planter du maïs, la nourriture de base en Zambie. De quoi nourrir sa famille et revendre un peu de surplus. Ses travailleurs reçoivent tous, en plus de leur paye, 25kg de mais par mois toujours dans le soucis d'assurer leur sécurité alimentaire. La ferme grandissant, la sécurité alimentaire assurée, se pose le problème de l'énergie. Aujourd'hui il applique à la plantation de Jatropha les mêmes principes que pour ses cultures de maïs. Etre autonome avant de vendre et viser la sécurité énergétique. Les premières plantations ont maintenant 4 ans. L'essentiel de la production de graine est encore destinée à la plantation. Il étend les surfaces d'exploitation jusqu'au jour ou la production d'huile sera suffisante pour ses besoins énergétique et ceux des travailleurs. Il nous propose des bottes pour aller voir les champs. A quelques mètres de la maison, nous traversons les premières plantations, les arbres sont déjà grand. Il les a plantés sur des espaces impropres à la culture du maïs. Nous faisons le tour des parcelles plus ou moins récentes, plus ou moins clairsemées, bouturées ou plantées. C'est impressionnant de parcourir ces champs. Il fait des essais de variétés, a un mini conservatoire, a transformé la plante en savon, en fertilisant et bien sûr en huile (qui pour info, peut servir de carburant !). De retour à la ferme il nous explique qu'il fait depuis longtemps du lobbying auprès de son gouvernement. Il a réalisé une étude sur le potentiel de cette plante à l'échelle national, il est l'un des fondateurs de l'association BAZ (Biofuel Association of zambia) avec laquelle il tente d'élaborer des textes de lois pour les proposer aux politiques pour l'encadrement de ce genre d'exploitation, avec à chaque fois en fil conducteur la sécurité énergétique du pays et de ses habitants.
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