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On passe la frontière Zambie - Malawi facilement et en marchant sur quelques dizaines de mètres. Les gens de l'immigration sont sympas des 2 côtés et c'est cool de ne pas avoir à payer de visa !

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Mise à jour du lundi 14 mars 2008

Ecrit le Mardi 25 mars 2008, 23h40, Sous la tente Mabuya camp, Lilongwe

Dimanche 23 mars 2008 (suite) : La ville est très tranquille, c'est dimanche et en plus c'est le week-end de Pâques. On s'installe à St Peter resthouse, un hotel local très calme et très ombragé dans un parc près d'une petite paroisse. Ca change des backpackers. On profite de la tranquillité des rues pour déambuler dans la ville. C'est ombragé, il y a quand même quelques magasins d'ouverts. On finit par trouver à manger pas très loin des centres commerciaux au milieu du marché : 2 bonnes portions de frites pour 100 KM (0,5€). Derrière les stands de fruits et de légumes très bien rangés, on se faufile pour rejoindre les différents étalages des vendeurs de frites. Reste à choisir celui qui nous inspire le plus sur le moment et on s'assoit sur un petit banc en bois juste derrière le « cuisinier ». C'est marrant car juste à côté du stand il y a quelques gars qui épluchent, coupent puis lavent les pommes de terre. C'est très bon même si la fumée des voisins vient nous « harceler » et en plus pour ce prix y'a même des tomates et du chou.

Lundi 24 mars 2008 (LILONGWE) : On change d'endroit et on retourne dans un backpacker. C'est un peu loin du centre ville et cela nous coûte 2 fois moins cher car on peut y camper.

 

Les jeunes qui mènent la baraque nous prêtent une tente « for free » (gratuitement). Du coup, c'est le retour à l'ambiance touristes. Cela nous permet de rencontrer des français. Ils sont rares dans le coin et ce soir c'est l'occas. de discuter un peu la langue du pays. C'est même un festival de français car il y a un couple de voyageurs (Yan et Géraldine) et Vincent, un gars qui travaille au Mozambique dans une production d'algues à Nacala (qui sera sur notre route, on passera sans doute le voir). Ils sont autant étonnés que nous de voir d'autres compatriotes français car dans cette partie de l'Afrique (et à cette période de l'année) on peut passer des mois sans en croiser un.

Ecrit le Mercredi 26 mars 2008, 23h02, Sous la tente Mabuya camp, Lilongwe

Lundi 24 mars 2008 (suite) : Nous allons en fin de journée en centre ville, à 1/2 h de marche à pied, juste pour trouver un distributeur d'argent qui nous permettra de retirer plus de 8000KM (40€). On en trouve un qui peut délivrer 20000 (70€), à ce rythme là, il va falloir revenir souvent au guichet car une fois sorti de la capitale, il sera difficile de trouver du liquide. Comme hier, il n'y a pas beaucoup d'animation en ville.

Mardi 25 mars 2008 (LILONGWE) : Après avoir passé nos coups de fil, nous décrochons nos premiers RV. Depuis que nous sommes en Afrique australe, nous improvisons les rencontres. Nous avons pris l'habitude de présenter brièvement le projet au téléphone avant de solliciter un RV. Cela fonctionne plutôt pas mal. Nous avons déjà 4 rencontres de programmées pour les 2 prochains jours. C'est pas mal d'autant plus que nous ne connaissons pas encore la ville et qu'il nous faut encore apprendre à nous déplacer. C'est toujours aussi sympa de découvrir des quartiers un peu à l'écart du circuit touristique. C'est un peu comme un jeu de piste. Les malawiens sont vraiment sympas et prennent souvent le temps de nous montrer le chemin ou nous accompagner.

Aujourd'hui, la capitale à complètement changée de visage. Il y a beaucoup de monde dans les rues. Les gens bougent beaucoup et ils sont nombreux à se déplacer à pied, en vélo, en minibus, ou en taxi. Les rues grouillent de monde. Devant les guichets des banques, les files d'attente s'allongent au fur et à mesure que la journée avance. C'est pas gagné pour nous pour retirer de l'argent, on verra plus tard pour ça ! On passe une bonne soirée avec Yan et Géraldine, les 2 français. Ils voyagent un peu dans le même état d'esprit que nous. Ils sont partis pour un an à travers l'Afrique, ils n'aiment pas trop l'avion et accordent beaucoup d'importance aux échanges. On passe une bonne partie de la soirée à discuter et en bons français à manger un bout. Ils terminent aussi leur voyage à Mada, on y sera normalement en même temps.

Ecrit le Jeudi 27 mars 2008, 21h12, Sous la tente Mabuya camp, Lilongwe

Mercredi 26 et jeudi 27 mars 2008 (LILONGWE) : La vie suit son cours à Lilongwe, une petite capitale très tranquille. Nous faisons quelques rencontres et prenons quelques infos pour organiser notre séjour au Nord du pays autour du lac. Il y a toujours autant de monde devant les guichets automatiques, il nous faut plusieurs retraits avec 2 cartes bleues pour retirer assez d'argent pour la suite du voyage. Si tout se passe bien, on devrait pouvoir combiner tourisme et visite pour le projet dans notre périple au nord du pays. L'autre soir, nous avons rencontré Vincent, le français qui travail au Mozambique, il nous a dit qu'il y a peut être des bateaux qui peuvent partir du port de Nacala mais sans grande certitude. Nous aurons sans doute plus de chance depuis Dar El Salam en Tanzanie. Nous voulions privilégier le nord du Mozambique (plus sauvage et moins de touristes) et rejoindre Dar El Salam serait peut être plus pratique que Maputo ou Durban. Bref notre enquête pour la traversée jusqu'à Mada continue et c'est encore très flou.

Au Malawi nous mangeons plutôt bien et assez varié. Sur les marchés et dans les « take away » on trouve à peu près de tout. Poisson, poulet, frites, samoussas,. et c'est souvent bien préparés. Demain nous quittons la capitale à la découverte de Nord du Malawi. Direction les berges du lac pour attraper l'Ilala, le ferry qui est le seul transport public qui emmène passagers et marchandises sur le lac. Il n'y a qu'un seul passage par semaine alors il ne faut pas le rater. Chose bizarre, il n'a pas encore plu depuis que nous sommes au Malawi. Heureusement car la petite tente gentiment prêtée par le gérant du backpacker ne l'aurait pas trop supportée. Malgré ça, à Lilongwe les soirées et les nuits sont fraîches.

Ecrit le Vendredi 28 mars 2008, env. 08h30, Bus Lilongwe - Nkotakota

« Assise sur le siège le plus à gauche d'une rangée de 3 personnes, il faut que je raconte où nous sommes. Derrière moi les voisines discutent, enfin parlent en criant , et beaucoup mieux quand elles chantent car c'est plus doux. A ma gauche, c'est le couloir du bus qui est rempli et c'est le cas de le dire !. Non pas de bagages mais de personnes assises sur leur bagages ou debout pour la plupart. Au niveau de ma cuisse, une jeune femme enceinte s'est assise. Au niveau de mon coude une femme plus âgée s'agrippe à ce qu'elle peut pour ne pas tomber. Son gilet aux grosses mailles vertes n'est pas agréable au toucher et son frottement contre mon bras ne va pas tarder à m'irriter la peau. Fab est debout dans la rangée. Une femme avec un bébé s'est assise devant lui. La vue sur le paysages est bouchée par toutes ces personnes. Nous devons être plus de 100 dans ce bus où seulement 65 places assises sont disponibles. Je peux soupçonner à travers les petits carrés de fenêtre le paysage. Il fait beau, et quel dommage de ne pas pouvoir profiter de la vue où des étendues de maïs semblent composer le paysage avec comme fond des montagnes. Des petites maisons en argile rondes ou carrées se parsèment au milieu de cette verdure. Une langue qui m'est inconnue raisonne dans mes oreilles. Nous sommes au Malawi. Nous prenons la direction du lac, et plus précisément Nkotakota, pour prendre le ferry et rejoindre le nord. C'est plus sauvage et moins touristique. Le passage du ferry est prévu pour 2 heures cette nuit mais il paraît qu'il a toujours du retard et que de toute façon de nuit l'embarcadère est difficile. Il n'arrivera sans doute qu'à 5h du matin. Ca serait mieux pour nous, on pourra plus dormir et dans un vrai lit. Nous venons de faire quelques jours de rencontres à Lilongwe. Nous retrouvons le système de l'Afrique de l'ouest où des projets sont là, menés par des ONG ou des organismes internationaux, et où, tout est donné aux populations. Panneaux solaires, solar cooker, . et vraiment, je suis curieuse de voir si sur le terrain ça fonctionne bien. Je ne pense pas ! Nous sommes loin de la démarche business plan de la Namibie ou de la Zambie. Je ressens moins d'enthousiasme de la part des meneurs. Reste à voir sur le terrain si ça permet d'améliorer ou non les conditions de vie des populations . J'en doute !!

Je suis impatiente de découvrir le lac et ses environs. Il paraît que c'est magnifique, que ses eaux sont bleues et ses berges dignes de l'océan indien. Inimaginable pour moi, un lac c'est un grand étang aux eaux marrons ».

NAT

Ecrit le Vendredi 28 mars 2008, 17h44, Nkotakota

Vendredi 28 mars 2008 (LILONGWE - NKOTAKOTA) : Nous sommes dans une resthouse sans nom tout près du lac. Nous attendons le ferry qui est programmé pour 2h. D'après les renseignements que nous avons pris, c'est à 3h près. Nous sommes arrivés à 14h et nous nous sommes installés près de la jetée qui accueille le ferry situé à 2,5 kms du centre. Il n'y a rien ici.La resthouse est spartiate et locale. La « chambre » n'est en fait qu'un carré de 2m² avec une natte par terre et c'est tout.

La jetée est en ruine si bien qu'il nous faudra passer par un petit bateau pour accéder au ferry. Nous sommes arrivés ici après une descente en vélo assez rigolote, installés chacun, sur le siège « passager » de vélo taxi. Il nous en a fallu 4 : un chacun + un pour chacun de nos sacs. Ce soir, malgré la nuit qui tombe déjà, il y a beaucoup d'animation. Un marché s'est improvisé près de la plage mais les gens commence à ranger. Et puis il y a les autres passagers qui attendent l'arrivée du ferry. Nous sommes les seuls blancs, la plupart des autres passagers attendent sur la plage. Assis dans la cour de la resthouse, nous suscitons la curiosité des enfants. Nous avons commandé un plat de riz-beef au propriétaire de la maison qui ne parle pas un mot d'anglais, mais le propriétaire de l'épicerie voisine, est venu à notre secours .

Ecrit le Samedi 29 mars 2008, 20h17, Arrêt Likoma Island, Ferry

Vendredi 28 mars 2008 ( suite ) : Un peu plus tôt dans la journée, on va faire un tour à la découverte de la ville et de la plage. Un faux guide ne tarde pas à s'accrocher à nous. Il est plutôt sympa mais bon on n'aime pas trop les faux guide surtout quand il n'y a rien à visiter. La ville s'étire entre la plage et le centre ville situé en bord de route. Les maisons sont un peu éparpillées au milieu des cultures, des rizières ou des petits champs de maïs. On réussit à trouver un petit resto à un km. Le seul plat du jour c'est frites - oufs frits. Sur le chemin du retour, il y a beaucoup plus de monde, les gens descendent vers la plage. Il doit être 15h, on se dit que c'est le retour à la maison après le travail. Quelques enfants pêchent de tout petits poissons dans une retenue d'eau au milieu des rizières.

Quelle surprise quand nous arrivons vers notre resthouse. Là où il n'y avait personne tout à l'heure, c'est une « invasion » de personne. Avec l'arrivée du ferry, c'est toute la ville qui est en activité. Sur la plage, les pêcheurs ont étendu un filet de 200m de long aux mailles très fines. La surpêche oblige aujourd'hui les pêcheurs à utiliser de toutes petites mailles pour ramasser la friture. Les poissons pris de plus en plus jeunes empêchent la reproduction. On nous confirme l'histoire selon laquelle les moustiquaires données par des ONG « bienfaitrices » finissent parfois en filet de pêche. Ce soir, nous dînons dans la salle à manger vieillissante du proprio, un riz bouf en sauce. A part les rognons qui ne nous inspire pas c'était très bon. Nous ne traînons pas trop, il fait nuit, et nous bouclons les sacs prêts à partir quand on viendra nous réveiller cette nuit pour prendre le ferry. On se couche sur notre natte un peu trop dure pour Nat.

Samedi 29 mars 2008 (ILALA, FERRY LAC MALAWI ) : A 2h30, notre hôte vient nous réveiller.

Même s'il ne parle toujours pas anglais, on comprend que le ferry est là. Nous sommes étonné du silence de la nuit. On nous avait annoncé beaucoup d'animation à partir de 23h30. Finalement, c'était très calme. Une centaine de mètres nous séparent de la plage et lorsque nous arrivons vers l'embarcadère, nous sommes étonnés de voir tous ces gens attendre dans le silence de la nuit. Le bateau du ferry arrive et c'est la cohue pour monter dedans. C'est chacun pour soi. Il faut rentrer dans l'eau environ jusqu'aux cuisses, faire passer les sacs par dessus le haut bord de la barque et enfin grimper à son tour. Le bateau est complet, il se remplit en quelques secondes. Le gars qui est derrière la barre du bateau, crie en notre direction qu'il nous faut attendre, un autre bateau va arriver. Pendant que nous attendons, 2 gars un peu éméchés nous proposent de nous aider à monter les sacs à bord. Fab accepte et cela aura vraiment le mérite de nous aider. En effet, le bord du bateau est vraiment haut et c'est un peu la bousculade lors de la montée. Nat perdra pendant quelques instant son sac photo. Coup de panique, on le retrouve au bout d'une bonne minute de recherche enfoui sous les énormes baluchons. La petite embarcation part rapidement en direction du ferry qui a jeté l'ancre un peu plus loin. C'est un peu étrange de se retrouver là. Il fait nuit, il ne nous a fallu que quelques secondes pour quitter la terre ferme et nous nous dirigeons vers ce ferry tout illuminé. Il faut encore monter une échelle avant d'être à bord. Personne n'est là pour nous accueillir. Nous grimpons d'un étage et regardons les débarquements suivants des autres passagers et des bagages. Une fois l'activité passée, nous nous retrouvons seuls sur le pont dans la pénombre de la nuit. Un jeune homme, torse nu, sans doute sort-il d'une douche, et qui semble faire parti de l'équipage, nous indique qu'il faut monter sur le pont supérieur de la première classe. Il n'y a personne. Le tour est vite fait. C'est petit et rien est vraiment couvert ou adapter pour dormir. Nous nous installons face au bar sur le seul « banc » capitonné du pont et ne tardons pas à nous endormir. Même si nous partageons le même banc, nous sommes bien installés pour commencer notre deuxième nuit. Il ne doit pas être loin de 3h du mat. Nous nous réveillons vers 5h30 pour assister seuls au début du lever de soleil. La journée sur le bateau suit le rythme des escales.

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Nous avons traversé le lac pour suivre les rives du Mozambique. Les escales durent plus ou moins longtemps A chaque fois c'est le même manège. Des gens plus ou moins nombreux avec plus ou moins de bagages, parfois avec des énormes bagages (matelas, sacs de farine, .) s'agglutinent sur la plage à l'arrivée du ferry. Il n'y a pas de port et le ferry, après avoir jeté l'ancre, envoie des bateaux pour récupérer personnes, bagages et marchandises.

Cela prend entre 1 et 4h. Les villages se résument souvent à une rangée de maisons posées face à la plage ou au lac. On distingue presque toujours des grands filets bleus ou vert des pêcheurs étalés sur le sable. En mer, non loin des villages, quelques « coques de noix » qui servent de pirogues aux pêcheurs, sont à l'affût du poisson.

Il y a deux « classes » sur le ferry. La deuxième classe, la moins chère, se situe sur le pont du bas. Les locaux s'y entassent avec bagages et marchandises. La première classe où nous sommes marque une tout autre ambiance. On dort quant même sur le pont mais il y a de l'espace, de l'air frais, un bar et la vue est somptueuse. L'option « grand luxe » consiste à prendre des cabines. Dans les 2 derniers cas, naviguer sur le lac reste très cher mais ça en vaut vraiment la peine surtout quand la fréquentation n'est pas très forte.

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Nous sommes à Likoma Island depuis presque 4h. L'escale est plus longue que d'habitude et nous venons d'embarquer un 4x4. Si pendant toute cette journée le flot de passagers était constant, ce soir beaucoup de gens sont montés et c'est l'invasion du pont supérieur. Le bar est plein et notre banc-lit de la nuit dernière est occupé. Nous sommes sur l'une des 2 îles touristiques au milieu du lac. Du coup, une bonne vingtaine de touristes est montée. Et comme le ferry est le seul moyen pour les gens des îles de rejoindre les rives du lac où ils vont y faire du commerce ou se ravitailler, c'est beaucoup de monde qui grimpe à bord ce soir. Le pont de 1 ère classe se rempli très rapidement. Nous étions à peine 10, nous voilà une bonne cinquantaine. Les 1ers touristes qui grimpent se ruent sur le seul bon banc du pont, adieu notre bon lit, les locaux se ruent au bar, sans doute que sur l'île les boissons sont très chères. Nous faisons une croix sur notre lit confortable et notre nuit tranquille. On s'installe quand même très confortablement sur un radeau de sauvetage.

Malgré l'écriteau « 20 personnes », nous tenons tout juste nous 2 et nos 2 sacs. Un poncho et un paréo en couche inférieure pour éviter de percer les matelas qui viennent par dessus, draps de soie et duvets et nous voilà bien paré pour passer une bonne nuit à à peine 4 mètres du bar très bruyants où certains sont déjà saouls. On ne tarde pas à s'endormir profondément mais vers 1h du mat, quelques gouttes réveillent Nat. La bâche qui couvre le pont supérieure et sous laquelle notre « radeau-lit » est installé, n'est pas imperméable. Juste le temps de plier notre bordel et l'averse éclate. C'est un peu la panique à bord. Plus de la moitié du pont supérieur n'est pas couverte et la seule partie étanche est au dessus du bar. Nous voilà agglutinés contre les poivrots qui n'ont pas quitté leur place, la tête presque autant enfarinée qu'eux mais pas pour les même raisons. Nous trouvons finalement une microplace tout près du bar, coincés entre l'accès à la cabine de pilotage et le bord du pont, et retrouvons le sommeil malgré les piliers de bar qui semblent avoir l'attention de passer la nuit juste à côté de nous à boire, crier et fumer. Aussi étrange que cela puisse paraître on s'endort.

Encore une nuit de navigation et nous arriverons demain matin à destination finale, Nkata bay.

Ecrit le dimanche 30 mars 2008, 16h38, Nkata bay, Kapunja lodge

Dimanche 30 mars 2008 (FERRY - NKATA BAY) : A 5h du mat nous sommes réveillés du bout du pied par un membre d'équipage complètement saoul qui tente de nous expliquer que nous lui dérangeons le passage entre le bar et la cabine de pilotage. Pas contrariants, nous nous déplaçons d'un mètre un peu plus en avant. Il fait encore nuit, juste le temps de se rendre compte qu'il fait mauvais temps et nous nous rendormons. Notre dernier réveil se fait moins de 30 minutes plus tard par le braillement du haut parleur qui annonce l'arrivée à Nkata bay. Il fait jour, le ciel est très chargé en nuages, le pont supérieur est presque vide (il reste encore 3 personnes accoudées au bar qui boivent des bière, 2 membres de l'équipage sans doute et une vieille dame. Nous devions être les 2 derniers à dormir. On se rend compte que presque tout le pont supérieur est mouillé sauf le petit coin où nous nous étions installés. Nous rangeons tout notre bazar, un peu dans la précipitation, sous l'oil amusé des derniers passagers du pont. Malgré l'espace ouvert, règne une odeur de bière et de cigarettes froides. Il nous reste à faire la queue pour descendre. Presque tout le monde « accostent » ici alors que le ferry poursuit son chemin au nord du lac. A la différence des autres villages, il y a un ponton et un quai. Nous sommes rassurés à l'idée de ne pas monter dans une de ces petites embarcations et de ne pas avoir à mettre les pieds dans l'eau en ce matin pluvieux.

Nous sommes à Nkata bay et avons décidé de rester du côté de la ville plutôt que du côté de la plage. Nous avons vu sur internet que le Kapunja lodge qui est un « hôtel », travaillait aussi avec la communauté locale sur un projet de séchage solaire. Nous nous y rendons. Les chambres sont spartiates mais le site est sympa. La terrasse donne sur le lac et ce n'est pas cher. Nous sommes à 3 minutes du « centre ville » alors que beaucoup de lodges, de l'autre côté de la baie, sont isolés. Petite ballade en ville où nous sommes interpellés par la menu d'une petite gargote locale, qui annonce tout un choix de pizzas.

Nous tentons le coup sans trop y croire. Ce n'est pas possible qu'il y ait des pizzas et des pizzas à 130K (0,50€) !. Nous rentrons. Y'a pas de doute, c'est un resto local. Pas de déco, les nappes ne sont pas très nettes et les murs tombent en ruine. Le vieux Mr qui nous reçoit nous dit que «  oui il n'y a pas de problème, il y a des pizzas  ». C'est un comble ! Nous sommes au bord du lac Malawi, où l'on peut trouver des pizzas mais où il est très difficile de trouver du poisson !. Nous commandons une pizza aux légumes et une pizza au beef, impatients et curieux de voir ce qui va arriver. Fab, trop curieux, tente une entrée dans la cuisine pour savoir s'il y a un four et comment il fait. Le vieux Mr se prépare à les faire sur un vieux foyer amélioré au charbon. Fab se fait gentiment renvoyé « en salle ». «  Stay there, I know what I'm doing  » ( « Restes là-bas, je sais ce que je fais »  ). Juste le temps de boire une bière et tadam. les pizzas arrivent. Ca ressemble à une pizza.

Y'a une pâte, une garniture mais pas de fromage (faut pas abuser non plus !). c'est vraiment une pizza locale, très huileuse, les légumes sont les légumes de saison, épinards et un peu de tomates, et c'est très bon. On a trouvé notre cantine !

Nkata bay est une petite bourgade assez plaisante. Même s'il y a quelques faux guides, touristes et locaux se mélangent gentiment. Et ce soir nous pourrons descendre manger en ville. Depuis notre arrivée en Afrique australe, c'est la première fois qu'on nous annonce que l'on peut circuler sereinement en ville la nuit.

Ecrit le Vendredi 04 avril 2008, 16h28, Chitimba Beach Camp

Dimanche 30 mars 2008 ( suite ) : Notre descente en ville se fait dans le noir. L'électricité n'est toujours pas revenu. Nous croisons sur la route l'espagnol qui loge au même endroit que nous et nous indique un petit resto pas cher et très bon. C'est un peu à l'extérieur de la route principale du centre ville mais quelle chance, le courant revient à ce moment là. On nous apprend que le dimanche, le mercredi et le vendredi c'est toujours coupure de courant. Nous nous installons au Princess resto et commandons. Effectivement, c'est très bon. Pas mal de faux guides nous accostent et comme ce le fût tout au long de cette journée, c'est un même refrain de questions qui se répète : «  comment vous vous appelez ?  » «  d'où venez-vous   ?  » «  depuis quand voyagez-vous ?  » ... Toujours les mêmes questions qui finissent souvent par «  je suis un artiste, tu veux voir mes ouvres ».

Lundi 31 mars 2008 ( NKATA BAY ) : Nous avons RV ce matin à 10h avec la représentante de la communauté locale qui utilise un séchoir solaire. Finalement, elle nous rejoint à 11h ce qui nous laisse le temps d'acheter des balles de jonglage triangulaire dans le non-profit shop dans lequel les communautés locales vendent leur artisanat. Nous la suivons dans une montée assez raide à la sortie du village. Nous sommes dans les « quartiers périphériques » très typiques. Les huttes en briques sont posées sur des terrasses à flanc de pente avec vue sur le lac au milieu des petites cultures de maïs ou de kassava (manioc). Il a plu cette nuit, la petite montée est glissante surtout pour Nat qui est en flip flop (tatane). Une fois arrivés chez la présidente du groupe « séchoir solaire » de la communauté, nous profitons de la vue pendant que les autres membres sont convoquées par quelques appels dans le voisinage. Quelques membres se joignent à nous. Elles sont plutôt jeunes. L'échange qui dure une grosse heure est traduit par Martha notre accompagnatrice. Une averse nous fait tous entrer sous le petit préau de la petite maison en briques. Nous attendons que la pluie finisse. Les filles aimeraient pouvoir avoir un séchoir solaire un peu plus grand car le système marche bien. Cette nouvelle « technologie » à permis à ce petit groupe d'une dizaine de femmes d'accéder à de nouveaux revenus. Elles revendent les fruits séchés dans le magasin communautaire mais aussi aux lodges du coin. Quand elles nous disent que certains lodges ne payent pas ou que certains se sont de gros bénéfices en les revendant aux touristes, nous sommes sidérés.

Ecrit le Vendredi 04 avril 2008, 19h59, Chitimba Beach Camp

Lundi 31 mars 2008 ( suite ) : La pluie cesse, nous redescendons sur Nkata bay et finissons la matinée vers 13h30 avec une bonne pizza locale chez le vieux Monsieur de la veille. Pour l'anniv. de Fab, on teste la chicken et on reprend une aux légumes. Il y a un an déjà, à Rabat au Maroc, pour l'anniversaire de Fab, nous mangions une pizza. C'est décidé chaque 31 mars désormais nous testerons une pizza dans un pays ou une ville différent. Aujourd'hui nous avons le droit d'assister à la préparation de la pizza, nous en profitons pour prendre 1 ou 2 photos. Le vieux Mr est content et nous aussi. Il nous dit qu'il a appris à faire ça à Cape Town en Afrique du Sud et que c'est le seul qui propose des pizzas locales à Nkata bay. Nous lui demandons si les locaux en mangent. Il nous répond que certains ont goûtés et qu'ils ont trouvé ça bon mais que c'est trop cher. C'est vrai que c'est le même prix que les nsimas mais ça cale moins. Ensuite, nous faisons une traversée du marché qui s'est installé dans les rues de la ville avec l'arrivée du ferry. Il y a beaucoup d'animation. On y trouve de tout, des flip-flop, des sacs, du poisson, des fruits et légumes, pas mal de vêtements et beaucoup de bananes. Tout est posé par terre sur des bâches. Demain, nous partons pour Chitimba plus au nord. José, l'espagnol que nous avons rencontré, nous a donné RV à 7h. Nous allons faire le voyage jusqu'à Livingstonia ensemble. L'idée est de rejoindre Chitimba en bus puis de marcher sur le chemin qui monte jusqu'à Livingstonia pendant 15 kms.

Mardi 01 avril 2008 ( NKATA BAY - CHITIMBA ) : Réveil matinal à 5h30, à peu près en même temps que le lever du soleil.

Ce matin quelle chance nous avons de l'eau chaude. Un feu brûle sous un bidon en métal qui fait office de chauffe-eau. C'est appréciable car dans la région il fait assez froid. José nous rejoint sur la terrasse du Kapunja camp. Nous partons tous les 3 à la gare routière pour trouver un bus. La gare routière est en fait 3 minibus garés en bord de la route. Celui qui nous emmène jusqu'à Mzuzu, la ville carrefour, se remplit assez vite (à peine ½ heure). Nous quittons Nkata Bay avant 8h. A Mzuzu, nous trouvons un minibus rapidement qui part, comme annoncé par le chauffeur, 15 minutes plus tard, à notre grande surprise. La route jusqu'à Chitimba est magnifique. Nous sommes installés à l'avant. Nous passons à travers des petits villages perdus au milieu des plantations de maïs ou de tabac. Tout est très vert et coloré. Il y a de la vie sur la route

et on se dit que vraiment c'est l'opposé de la Namibie et on adore.

La route grimpe sur les hauteurs. Les flancs des reliefs sont découpés en petites parcelles et les nuances de vert se succèdent parfois entrecoupées de longs hangars aux toits de paille sous lesquels les fermiers sèchent le tabac. C'est vraiment très beau. Quand nous entamons la descente, c'est une splendide vue sur le lac qui s'offre à nous. Nous arrivons à Chitimba vers midi, la ville est minuscule et le « centre » se résume en fait à quelques maisons et boutiques (au plus 10) autour du carrefour. Le minibus nous dépose à quelques centaines de mètres de l'entrée du Chitimba beach camp, à 1km au nord du centre. Il nous reste 300m à faire à pied au milieu des cultures de maïs et de kassavas. Les enfants nous interpellent et nous accompagnent et toujours les mêmes questions « Hello, what is your name ? » « where do you come from ? » « what is yout profession? » ("comment tu t'appelles?" "d'où tu viens?" quelle est ta profession ? ») . Le coin est bien aménagé et face à nous c'est une plage au sable fin et à l'eau bleue claire qui nous accueille. Il fait beau, on se croirait quelque part au bord de l'océan et pourtant nous sommes toujours sur les rives du fleuve Malawi. Cette aprem. c'est plage et relaxation. L'endroit sent vraiment les vacances et on en profite.

Il y a quand même les corvées de lessive (avec l'eau du lac) et la préparation des sacs pour la rando des jours suivants.

Mercredi 02, Jeudi 03 et Vendredi 04 avril 2008 ( Aller Retour à LIVINGSTONIA ) : Nous prenons 3 jours pour faire l'aller retour entre Chitimba et Livinstonia. On a laissé pas mal de notre bazar au camp et tentons de partir légers. Nous avons prévu de couper l'ascension en 2 étapes et de passer 1 nuit à la mushroom farm après 10kms de marche.

Départ à 7h mercredi après avoir acheté quelques brioches locales et du Super supa, une boisson nutritive, à base de lait maïs et fruit que nous testons pendant les premiers cent mètres de la montée en guise de petit dèj. C'est pas très frais, c'est pâteux mais au moins ça le mérite de tenir au ventre. Fab trouve même ça bon !. Le chemin ne fait que monter pendant 10kms et est assez raide.

 

 

Au fur et à mesure que nous montons, la vue sur le lac s'élargie pour finir à la Mushroom farm

où la vue depuis notre chambre à l'étage est saisissante.

Nous partageons la chambre avec José, c'est la seule sur les 2 qui offre une si belle vue. Elle est plus chère mais à 3 ça va. Le camp de la mushroom est agréable, c'est tout petit, en pleine foret, plutôt bien aménagé, la nourriture est bonne, la salade est sortie du jardin, les toilettes fabriquent du compost, les douches sont au milieu des bananiers et il y a un panneau solaire pour alimenter les 4 ampoules du site. L'endroit invite à la détente mais il est encore tôt et nous allons visiter les chutes de Manchewe à quelques kms de là. La balade est sympa, de nouveau les enfants nous accompagnent,

les habitants des villages nous saluent, la vue sur les chutes est belle mais il est temps de rentrer car le soleil tombe déjà.

Ecrit le Lundi 07 avril 2008, 07h47, Gare routière de Mzuzu

Mercredi 02, Jeudi 03 et Vendredi 04 avril 2008 ( suite ) : On profite des derniers instants du jour sur la terrasse panoramique de notre petite chambre. La vue sur la plaine, puis sur le lac se prolonge jusqu'aux montagnes de la Tanzanie et du Mozambique. Le lendemain nous partons dans le brouillard en direction de Livingstonia.

Il ne nous reste que 5 kms à faire, ça monte toujours mais ça va. Nous sommes dans les nuages qui se dissipent au fur et à mesure que nous montons. Arrivés à Livingstonia, le ciel est clair et la campagne environnante est verte. Après 15kms de paysages presque sans vie, nous traversons Livingstonia, une petite ville « étrange » tout en haut du plateau. On a l'impression d'être dans l'Angleterre du passé, et on s'attend à croiser un Sherlock Holmes ou un Phileas Fog à tout moment.

Une grande avenue très ombragée et quelques maisons clairsemées mais alignées en briques rouges constituent le décor. Il y a ici un hôpital et une université et pourtant, pratiquement aucun transport n'arrive jusqu'ici et surtout pas en saison des pluies. Il se dégage de l'endroit beaucoup de sérénité et de tranquillité. Les gens parcourent la ville à pied ou à vélo. La ville semble vraiment hors du temps comme préservée de la cohue qui règne dans les autres villes. On passe la journée à se promener dans les rues et à profiter de l'ambiance apaisante.

On s'est installés à la stone house, une vieille maison de pierre qui date de 1907 où vécu le Docteur Laws. La tenancière est un peu bourrue, et très expéditive. Ses questions ressemblent plus à des ordres mais finalement elle est très marrante «  You will have dinner this evening ?!  » («  Vous prendrez un dîner ce soir !?  »). La maison est vieille, on se croirait un peu dans une pension. Quand arrive 17h, on ne peut s'empêcher de se laisser tenter par un thé à l'anglaise sur la terrasse qui offre encore une jolie vue sur le lac et la campagne environnante. Le froid et le ciel gris nous projette vraiment dans une ambiance anglaise. Après une soirée passée dans le salon rose à la déco un peu kitch

et une bonne nuit sous les couvertures, c'est le moment de redescendre sur Chitimba. En ce vendredi matin, il fait encore très gris et il pleut un peu. On attend la fin de l'averse pour partir. Le ciel se dégage au fur et à mesure que nous descendons. La piste est boueuse et très glissante.

Un camion plein de cailloux nous propose de nous avancer un peu.

On profite encore des belles vues sur le lac pendant la descente

et nous atteignons la plage après 4h de marche. Nous nous affalons sur les canapés du bar, heureux d'être arrivés, il est déjà 14h. Cette aprem, c'est récupération et rangement des sacs pour préparer le départ de demain, direction Mzuzu où nous espérons visiter une installation de biogaz. Le soir nous quittons le camp quelques heures pour aller manger dans un petit resto en « ville ». Le resto est tenu par un rasta bien sympa et éclairé à l'énergie solaire car l'électricité n'arrive pas encore à Chitimba.

Samedi 05 et Dimanche 06 avril 2008 ( MZUZU ) : Un minibus en piteux état nous emmène jusqu'à Mzuzu. Le trajet qui ne dure pourtant que 2h est assez pénible car nous sommes très mal installés. Après un rapide p'tit dèj à Mzuzu, José nous quitte pour prendre la direction de Nkata Bay afin de prendre le ferry. Nous échangeons mail et numéro de téléphone. Nous nous retrouverons peut être au Sud du pays ou au Mozambique. Juste le temps de nous installer dans une resthouse de paroisse et de trouver quelque chose à manger que la personne qui doit nous faire visiter l'installation de biogaz nous attend déjà. Il nous emmène à quelques kms de la ville chez Mr et Mme Théo. Le petite cuisine familiale a été alimentée pendant quelques années par un biodigesteur en substitution au bois de chauffe. Aujourd'hui, faute de vaches et de suivi, le système ne fonctionne plus. Le spécialiste qui a monté l'installation est bien passionné et nous détaille tout le fonctionnement. Il s'est arrangé pour confectionner un brûleur artisanal et local. Comme souvent quand un projet se retire, c'est tout qui s'arrête. L'entreprise de Mr Tembo continue de faire des installations et nous avons bon espoir pour l'avenir du biogaz dans la région et l'accès a une énergie plus durable pour les populations.

Nous passons le reste du samedi et du dimanche a rattraper les 3 mois de E-mails en retard qu nous avons. Nous mangeons les 2 soirs dans le resto de la paroisse attablés à la même grande table que les quelques étudiants qui logent ici occasionnellement quand les profs ne veulent pas monter donner les cours à Livingstonia. C'est bon et c'est pas cher. Nous nous sommes habitués à manger le nsima à la locale c'est-à-dire sans couverts et avec les mains. On trouve même que c'est plus facile. Le nsima c'est un peu comme le tô de l'Afrique de l'Ouest sauf q'ici on le trouve bien meilleur. Il est accompagné de chou très bien cuisiné. C'est un régal. On en redemande. Nous n'arrivons décidément pas à maintenir un travail constant sur le site de RISEAL qui est pourtant important.

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Il faut se résoudre à garder cela pour le retour en France mais on a peur d'avoir d'autres choses « plus quotidiennes » à faire et d'ailleurs on commence vraiment à appréhender ce retour. On s'en inquiète à peu près tous les jours.

Lundi 07 avril 2008 ( MZUZU - LILONGWE ) : Ce matin, c'est le retour à la capitale,

nous sommes dans un bus bien plein qui pue les fumées d'échappement. C'est écoeurant et ça donne la nausée. Malgré le temps un peu couvert, les paysages sont beaux. Nous passons à travers les plantations de pin, coupées pour le bois de construction et au milieu des petites collines de roches.

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La route monte et descend, les paysages défilent doucement.

Mise à jour du lundi 19 avril 2008

Ecrit Jeudi 17 avril 2008, 06h54, Bus Station de Blantyre

Lundi 07 et Mardi 08 avril 2008 (LILONGWE) : Retour à la capitale. Nous retrouvons vite nos marques au Mabuya Camp et dans la petite ville. Nous sommes juste de passage pour un ou deux jours avant de repartir vers le Sud et prendre la direction du Mozambique. Nous prenons juste un rendez-vous avec un technicien de l'ARET. Il est en vacances mais prend pour nous quelques heures pour venir nous chercher au backpacker et nous emmener à son bureau. L'ARET est un centre expérimental et de recherche financé par des producteurs de tabac afin d'améliorer la filière. La production du tabac au Malawi est la principale exportation du pays (60%). Au cours de notre voyage dans le nord nous avons vu un bon nombre de parcelles, de champs ou de « séchoirs » à tabac. Aussi la personne rencontrée au PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) nous avait parlé très très succinctement d'un projet concernant le développement d'un séchoir solaire à tabac afin d'économiser le bois très utilisé dans le process de séchage et de production. Nous sommes donc vraiment contents de pouvoir rencontrer John KAIPA qui est, en plus d'être très intéressant, très sympathique. L'échange est très instructif. Il nous en apprend beaucoup sur cette filière. Il y a 3 qualités de tabac. L'une d'entre elle est séchée dans des hangars chauffés au bois, c'est le flue cured . ARET a tenté, à l'aide du PNUD, d'améliorer la combustion à l'aide d'un ventilo alimenté à l'énergie solaire afin de réduire la consommation de bois qui est très importante (20m 3 pour 1 tonne de feuilles). Le pays en produit 28 000 tonnes /an. Le projet a consisté à développer cette nouvelle technologie et de la distribuer. 50 séchoirs solaires ont été donné. Les 50 autres prévu par le projet devaient être acheté par les producteurs mais dès lors que les subventions sont parties, le projet s'est arrêté, les installations ont cessés. Aujourd'hui côté PNUD et ARET, personne ne semble savoir si les séchoirs équipés fonctionnent encore. Donner sans adapter et sans prendre en compte les besoins des bénéficiaires, c'est ça l'aide au développement ?! Nous sommes arrivé au point où nous sommes vraiment désabusé face à ces gros systèmes d'aide du Nord vers le Sud. Après le bon exemple de la Namibie et de la Zambie, nous retrouvons les travers du développement que nous avons pu voir en Afrique de l'ouest ou en Afrique centrale. Les bailleurs de fonds n'accordent vraiment que peu d'importance à la réussite ou non des projets qu'ils financent. L'important est de décaisser pour pouvoir faire une jolie addition des sommes distribuées et ensuite annoncer fièrement les chiffres de l'aide au développement lors des sommets internationaux. La plupart des « signataires » de chèques ne sont jamais venu sur le terrain et n'ont jamais rencontré les bénéficiaires.

Côté voyage, nous nous apprêtons à quitter cette petite capitale au rythme tranquille.

Du Mercredi 09 au Dimanche 13 avril 2008 (Escales touristiques à Liwonde et Zomba, Sud Malawi) : Nous n'avons pas trop de problèmes avec les transports. Y'en a pleins ! Il suffit juste d'être un peu patient et d'avoir la chance de ne pas grimper dans un minibus trop « pourri ». Le matin du départ de Lilongwe, nous avons de la chance, le bus est en assez bon état, récent et propre. Il y a beaucoup d'animation à la gare routière. Nous attendons sur notre siège à l'arrière 1 heure avant que le bus ne parte. Les vendeurs défilent à la queue leu-leu derrière les fenêtres. C'est un vrai supermarché sur pattes. On peut tout acheter à l'unité tout en restant assis. Cravate, housse de téléphone portable, dvd, épingle à linge, sous-vêtement, sodas, beignets, gâteaux, friandises, CD de musique, un petit cheval de Barbie, des sacs en plastique, des calculatrices, des montres, des lunettes de soleil, des serviettes, du savon, des stylos-calendrier, des chaussures, des casquettes « I love Jesus », des chargeurs de téléphone, des porte clé, des brosses à dents seules ou avec dentifrice, des tondeuses électriques, du vernis à ongles, des miroirs, des cigarettes, . à peu près tout ce qu'un voyageur peut avoir besoin et d'autres truc. Bref ça nous occupe pas mal de voir les gens vendre mais aussi acheter des pinces à linge, quelques encas pour la route. Personne n'a voulu du petit cheval blanc de Barbie ! Il y a une règle ici comme en Afrique en général : ne jamais prêter attention, ni même jeter un simple regard à un produit si l'on ne veut pas acheter car les marchandages peuvent commencer sans que vous ne soyez au courant «  Bon prix  » «  C'est pas cher  » «  Tu le veux à combien ?  ». Et même si l'on répond «  On ne veut rien acheter  » «  On en n'a pas de besoin  », les marchandages continuent «  Oui mais bon prix  ».

Le minibus est plein. Ici, ils ne surchargent pas trop. 3 par siège de 3 (à part pour nous qui sommes 4 à l'arrière avec 2 mémés). La route entre Lilongwe et Liwonde est très belle. Il y a beaucoup de marchés dans les petites villes que nous traversons. Ils sont souvent étendus et posés de part et d'autre de la route. Comme d'habitude, il y a beaucoup de gens qui circulent sur le goudron à pieds ou en vélos. Des tas ou des sacs de patates et de tomates jonchent le sol des bas-côtés de la route et la route nous offre une vue splendide sur les vallées ou les montagnes alentours. On fait escale à Liwonde car nous espérons faire une visite dans le parc naturel et voir les hippopotames et peut être même les éléphants. Un faux guide nous emmène jusqu'à une resthouse pas chère qui vient d'ouvrir. Au passage il tente de récupérer 500K (2€) en nous annonçant un prix 2 fois plus élevé que ce que vaut la chambre. On ne s'en aperçoit pas tout de suite, on paye donc les 1000K avant de se rendre compte que la chambre ne coûtait que 500K. Le gars a du réclamer 500K de commission et le petit réceptionniste qui nous a accueilli, un peu simplet, lui les a donné (sans doute le faux guide lui a dis qu'il comme il lui a ramené des clients, qu'il faut payer pour ça). On s'arrangera un peu plus tard dans la journée avec le proprio qui ne nous fera pas payer la deuxième nuit. Si vous croisez un Alfred à Liwonde, méfiez vous en. Le proprio a perdu 500K dans l'histoire.

Liwonde est une petite ville tranquille et étrange, perdue au milieu des arbres. Les maisons sont assez éparpillées, nous avons plutôt l'impression de nous balader dans un grand village. La ville est coupée en deux par la Shire River le long de laquelle sont installés les lodges à touristes. Pour les hippos, nous choisissons de faire un safari-boat et de découvrir le parc par le fleuve. On voit pleins d'hippos et c'est tout.

La balade de 3h sur le fleuve est sympa mais loin de mériter les 30$/personne.

Vendredi matin, nous quittons la ville pour rejoindre à quelques km plus au sud Zomba, qui fût il y a longtemps, la capitale du Malawi. On fait une étape ici car il y a quelques randos à faire sur le plateau et surtout nous avons vu sur le Lonely qu'il y a le patatoes path (le sentier de la patate !!!). On s'est dit que « ça c'est pour nous !  ». On adore les patates ! Et depuis que nous sommes au Malawi, nous en mangeons presque tous les jours des patates! Arrivés à Zomba, on trouve refuge dans une petite resthouse dans le centre ville. Les chambres sont rudimentaires mais propres et vraiment pas chères, par contre les toilettes communes sont odorantes et nauséabondes, ce n'est pas vraiment sales mais ça pu. Il faut vraiment être motivés pour aller se brosser les dents et se laver.

Samedi c'est le week-end et un peu comme si nous étions en France, on part pour une petite rando. Quelques tomates, du pain et un gros avocat dans le sac à dos et c'est parti. Nous grimpons avec enthousiasme le sentier de la patate depuis Zomba jusqu'au plateau.

5kms bien raides que nous mettons 1h30 à gravir. Le chemin est vraiment très étroit. Il est délimité par de très hautes herbes et monte quasiment tout droit sur les hauteurs du plateau. Pour la petite histoire, il est utilisé par les villageois de la vallée de l'autre côté qui viennent vendre leur produit (notamment des patates) sur le marché de Zomba. Arrivés sur le plateau et suite aux diverses sollicitations, on part en ballade avec un guide pour un tour de 3h qui en durera finalement 4. Nous rejoignons différents points de vue qu'offrent le plateau sur les environs. Fraizer, notre guide, est en fait un agent forestier, il travaille pour le département de la forêt et connaît très bien le plateau. Il est sympa et il nous en apprend beaucoup sur la gestion de la forêt ici. Nous en profitons pour lui poser plein de questions. Là encore, nous n'avons pas l'impression d'être en Afrique mais plutôt dans une forêt de pins dans les Alpes. Le plateau est recouvert de pins jeunes et vieux. Il y a une gestion de la forêt et des programmes de plantation. On redescend en fin de journée bien fatigués après 9h de marche. Notre resthouse est située à côté de la station de bus. Autour il y a pleins de petites gargotes et de bars. On test un bottle store (vente de boissons) sans tables avec des chaises en bambou sans fond et pas très confortables. L'ambiance ici n'est pas à l'esthétisme ni au confort, c'est plutôt juste fonctionnel. Un bar assez large composé d'une pièce carrée sans meubles et sans déco, juste quelques chaises en bois et des casiers vides pour s'asseoir. Il y a un seul point lumineux mais la pièce reste sombre ce qui lui donne un ton un peu glauque. Certains boivent seuls, d'autres sont par petits groupes de 2 ou 3. Il n'y a que des hommes. Certains semblent être là juste pour partager une discussion, d'autres pour se saouler. A l'extérieur, une petite terrasse d'1,5m de large accueille 6 chaises (toujours sans fond). Nous nous installons là dans la pénombre de la nuit. Un voisin de chaise nous dit que les gens peuvent se retrouver là tous les soirs à boire des bières. Certains d'entres eux sont bien saouls et nous interpellent. On décide de ne pas trop rester. Ce genre d'endroits n'est pas très convivial. On trouve une gargote bien sympa juste à côté de la resthouse . On se régale de nsima au poulet et au bouf. On a trouvé notre cantine pour le séjour. Le lendemain, on test un bar à l'allure boîte de nuit (y'a une piste de danse et il fait sombre). Il est 17h, la nuit est en train de tomber lorsque nous y rentrons pour boire quelques Kuche Kuche (la bière locale). Il n'y a presque personne et les chaises sans fond sont toujours si peu confortables.

Ecrit Jeudi 17 avril 2008, 17h29, Mulanje motel bar

Du Mercredi 09 au Dimanche 13 avril 2008 (Suite) : Il y a juste quelques jeunes qui jouent au billard. Nous nous installons au comptoir Le serveur derrière les grilles nous sert gentiment 2 Kuche kuche. Là encore, la déco. n'est pas le soucis majeur, mais l'ambiance est plus sympa même si l'endroit un peu glauque.

Ce petit séjour à Zomba au pied du plateau nous a bien plu.

Fab en a profité pour acheter des tongs «  Made in Malawi  ». Les chinoises du Congo étaient trouées !. Et de 3 paires ! Il a fait également un petit tour chez le barbier. Comme souvent, c'est un jeune armé d'une simple tondeuse électrique dans une simple cabane en bois qui s'occupe délicatement de la barbe de Fab.

On se laisse un peu vivre et puis c'est le moment de repartir.

Du Lundi 14 au Mercredi 16 avril 2008 (Le choc sera brutal ! BLANTYRE) : Lundi matin nous prenons un minibus direction Blantyre, capitale économique du pays. Après 30 minutes d'attente, nous partons. Il nous en faut à peine 5 sur la route pour comprendre que le trajet va être un peu douloureux. Nous ne sommes pas très chargés. Environ 15 personnes et des bagages mais les amortisseurs du minibus sont très fatigués et notre position tout à l'arrière n'arrange rien. Nous « rebondissons » à l'intérieur du bus à chaque déformation de la route. Il y a beaucoup de nids de poule sur la route et le bus roule super vite si bien que ça « rebondit » tout le temps. Il faut s'accrocher, ça fait mal aux fesses, au dos et prendre une (belle) photo devient une vraie loterie ou quelque chose d'assez sportif. On arrive à Limbe, la ville jumelle de Blantyre. C'est une vraie ville. Rien à voir avec Lilongwe et ses rues tranquilles. Ici il y a des bouchons. On sent la pollution, il y a beaucoup de monde dans la rue et beaucoup d'immeubles. On prend un des nombreux minibus qui fait la liaison Limbe - Blantyre et pour une fois, le convoyeur ne tente pas de nous surtaxer. Ici c'est une habitude de tenter de « gratter » quelques kwachas. Le convoyeur nous annonçant toujours un prix plus élevé que ce qu'il est vraiment pensant qu'en tant qu'étranger nous ne pouvons pas connaître les prix (ce qui logiquement est vrai). 900 au lieu de 800, 60 au lieu de 50, 120 au lieu de 90. Bref, rien de bien méchant et c'est presque systématique. Au final c'est comme un jeu pour nous. On se renseigne avant de prendre un transport et on attend de voir le comportement de celui qui annonce les prix du ticket. Lorsqu'on lui dit que «  non, de ici jusqu'à là c'est tant  », ils sont assez surpris. Certains nous répondent «  ouais c'est vrai t'as raison  », d'autres plus finauds nous disent en prenant l'air étonnés «  ah mais tu vas jusque là !!  ». Bref, nous n'avons pas fait les comptes du nombre de fois où l'on s'est fait avoir ou du nombre de fois où l'on a senti le petit abus, mais cela reste toujours de bonne guerre et ça finit toujours dans un sourire. Les gens au Malawi sont dans l'ensemble très honnête.

Les villes reflètent la taille du pays. Elles sont petites. Blantyre ne déroge pas à la règle, on peut faire le tour du centre ville à pieds en ½ heure. Côté logement, pas beaucoup de choix à part le traditionnel backpacker pour les touristes. Celui-ci a la particularité d'avoir un grand bar convivial qui accueille, en plus des touristes, les expats et les locaux. Sinon, c'est à peu près le même principe que d'habitude au backpacker  : les repas ou l'accès au web sont 2 à 3 fois plus chers qu'en ville, il y a une piscine et c'est complètement déconnecté de la vie locale. Nous ne sommes pourtant qu'à 100m de la station de bus, de ses gargotes, de ses vendeurs ambulants et de ses mendiants. Malgré tout, être installés dans un cadre chouette c'est sympa aussi même si le prix d'un lit en dortoir nous coûte le prix d'une chambre double ailleurs dans le pays. Malgré tout nous arrivons à « intégrer » la vie locale et tous les soirs, on se réjouit à l'idée d'aller manger un nsima chicken dans le resto local à quelques 50m à côté.

Les 3 jours à Blantyre sont partagés entre rencontres, pas mal de temps passé au cyber, l'obtention des visas du Mozambique et une aprem au CCF (Centre Culturel Français) à se replonger dans le tourbillon de l'actualité internationale, française et environnementale. Cela faisait très longtemps que nous n'avions pas eu l'occas. de lire quoi que ce soit en français ou de simplement nous informer un peu. En 2h, nous nous sommes gavés d'infos survolant des articles du « Jeune Afrique », du « Courrier international », du « Magazine de l'environnement » ou de « Microhebdo ». Quel décalage avec ce que nous vivons au Malawi ou en Afrique !. Que c'est étrange de se sentir projeté dans « notre univers » et de savoir qu'à quelques pas, la réalité tellement elle est différente. Dans le hall d'entrée du CCF, un écran plasma est branché sur le câble. La chaîne Première diffuse une présentation d'émission sur les coulisses d'un film. Les images et les paroles défilent vite, des paysages familiers nous paraissent étrangers, nous sommes vite absorbés sans le vouloir par ce tourbillon d'infos inutiles. Et là, la première chose qui nous vient à l'esprit c'est pour Nat «  Non je ne veux pas rentrer pour retrouver ça !  », pour Fab «  Qu'est-ce que c'est que ça ?  ». Et là, tous les deux au fond de nous, on sait que le retour sera difficile car on ne pourra pas échapper à ça ou que très très difficilement.

Après ce micro-évènement, déclic ou pas déclic, mais alors que nous venons d'envoyer tous les papiers de réservation du bateau pour le retour, Fab remet tout en question. Cela lui vaut une bonne nuit d'insomnie mais la question «  Cela en vaut t-il la peine ?  » rebondit dans sa tête. Nous nous apprêtons à payer un billet de bateau Cape Town - Lisbonne à 3500€ pour le retour sans compter le vol à 1000€ Tana - Cape town, alors qu'un vol Tana - Paris vaut 800€. Même si le bilan carbone du trajet est largement en faveur du bateau (environ 150 moins d'émissions de GES que l'avion), la différence de prix nous permettrait de financer la compensation et surtout d'être plus à l'aise financièrement pour la fin du projet. Nous venons de passer plus d'un an sur les routes pour rejoindre Mada, ça serait trop dommage de se restreindre sur la grande île si nous n'avons plus d'argent et ne pas pouvoir réaliser le chantier énergétique prévu. Depuis l'avant départ, l'essence du projet résidait presque dans ce retour en bateau. N'était-ce peut-être pas un défi personnel plutôt qu'une vrai cause ? A la vue des comptes, on se demandait toujours comment nous allions pouvoir finir le voyage. Nous n'avons jamais remis en question ce retour en bateau au prix hallucinant. Au petit matin, quand Fab annonce son déclic de la nuit à Nat, cela devient une évidence, nous avons beau retourner la question dans tous les sens mais sur le plan financier le plus sage est de prendre l'avion, sur le point de vue environnemental l'argent économisé nous permettra de compenser grâce à des organismes existants, pour le défi bilan carbone, on se fera une raison !. Nous voulions justement montrer que nous avions tous le choix dans nos actes et que l'important c'est de se laisser des choix. Dans notre obstination, nous avons oublié l'essentiel, avoir les pieds sur terre ! Avec quelques heures de recul maintenant, on se dit que c'est le bon choix. C'était aussi peut-être un leurre de penser que les 15 jours sur le bateau et l'arrivée à Lisbonne nous aurait permis de faire la transition entre l'Afrique et la France, mais une chose est sûre aujourd'hui, c'est qu'il va falloir se préparer à être parachuté en quelques heures du continent Africain à Paris. Le choc à l'atterrissage sera brutal.

Ecrit vendredi 18 avril 2008, 17h39, Mulanje motel bar

Du Lundi 14 au Mercredi 16 avril 2008 (Suite) : Après le petit déj de remise en question, notre première action est d'appeler la maman de Fab pour qu'elle ne fasse pas partir le chèque d'acompte. Mission accomplie (appeler à l'international n'est pas toujours facile !), nous allons visiter un centre de papier recyclé. Le process consiste à mélanger les déchets des papiers des entreprises alentours et les mixer avec des feuilles de bananiers pour obtenir du papier blanc ou des crottes d'éléphant pour obtenir du papier brun. Le papier qui est produit est vraiment beau. Le « centre » forme également 24 écoles de la région de Blantyre à la fabrication de papier recyclé à partir des vieux cahiers d'école. Côté rencontre, le RDV de l'aprem est annulé car le gars est encore au Mozambique, et cela nous permet de rencontrer le directeur du département de recherche et développement en agriculture du gouvernement. Nous rejoignons John Toula dans son bureau situé à l'étage d'un vieil immeuble en ville. Lorsque nous arrivons devant la grille entrebâillée, en bas des escaliers, nous passons en silence devant le gardien qui est en train de piquer un somme sur sa chaise. Les bureaux sont vieux et en désordre, les dossiers sont posés par terre, la moquette est tachée et les sièges troués, le tout sent le vieux grenier, mais bon il y a un peu de vie et le directeur nous accueillent cordialement. Il nous en apprend beaucoup sur l'énergie au Malawi. Les programmes sans financement, la non gestion du charbon sous prétexte qu'il est illégal (ce qui bloque un peu le travail des ONGs et ne facilite pas la recherche), et d'autres trucs. Nous passons le reste de l'aprem. plongés dans le fabuleux tourbillon d'information disponible au CCF et rentrons pour une dernière nuit à Blantyre. Demain le bus doit partir à 6h en direction de Mulanje dernière étape Malawienne.

Jeudi 17 avril 2008 (Tout doucement à travers les montagnes de thé, BLANTYRE - MULANJE) : 5h30 le réveil sonne. Le jour se lève à peine. 5h50, nous partons à la gare routière située à 100m, 6h10 le gars nous annonce que finalement le bus ne sera là que vers 7h30-8h. On se fait une raison et nous nous installons sur un banc pendant un moment. Il y a quelqu'un qui fait brûler des déchets pas loin de la station de bus et la fumée envahie toute la coure. Nous confions nos sacs au service courrier et partons en quête d'un café dans un coin avec un air plus respirable. Difficile de trouver ce coin et impossible de trouver un café. Il fait un peu frisquet ce matin et nous nous réchauffons avec un thé au lait brûlant pris dans une gargote à côté. Nous ne connaissions pas et c'est plutôt pas mal. La maman qui tient la gargote propose aussi du pain de mie un peu rassis à la margarine chaude. Non merci pour nous ! Et sachant que l'on peut trouver un peu partout autour de la station de bus les délicieux pains locaux de Blantyre, on préfère attendre. Le bus n'arrive finalement qu'à 9h, il est très vieux. Nous ne sommes pas nombreux. A peine une dizaine à bord. Le contrôleur est d'époque, non pas par son âge mais par sa machine à ticket qui doit être aussi vieille que le bus.

Nous nous attendons au pire sur la durée du trajet après avoir franchi difficilement la première côte à 20km/h. Nous faisons un arrêt à la gare de Limbe où une bonne trentaine de personnes montent et bizarrement le bus va un peu plus vie après. Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la capitale économique, nous nous enfonçons au milieu des plantations de thé. Les paysages sont magnifiques, ça nous ramène quelques mois en arrière au Cameroun sauf qu'ici les plants sont plus petits. Les champs de thé vert fluo et tout lisse sont entrecoupés de petites forêts. Il y a des cueilleurs un peu de partout. On ne distingue parfois que leur hotte. Ca ressemble un peu aux vendanges.

Les feuilles sont mises dans des hottes, puis dans des sacs, puis les sacs dans une remorque tirée par un tracteur qui les emmène jusqu'à une usine de transformation.

Sur les bords des routes il y toujours autant d'animation. Des gens qui circulent et comme partout au Malawi du bois à vendre sur le bord de la route, du bois accroché derrière les bicyclette, du bois sur la tête des femmes, et pareil pour le charbon de bois. dont la production est illégale.

Mulanje est touristique, non pas pour ces plantations de thé mais pour son mont. Quand nous arrivons dans la ville, nous comprenons pourquoi. La montagne est vraiment belle et attractive. Mulanje est au pied de la montagne, entouré de champ de thé et le centre ville se résume à une cinquantaine de maisons autour d'une petite place accueillant « station » de minibus, petit marché, poste de police et 4 stands de chips (frites). L'atmosphère est très tranquille. Nous nous y plaisons dès les premiers instants. Nous sommes ici pour rencontrer l'équipe du programme ProBEC (Program for Biomass Energy Conservation) - GTZ (coopération allemande) qui travaille sur les foyers améliorés et dont nous entendons parler depuis notre arrivée au Malawi. Nous sommes jeudi et resterons jusqu'à dimanche ou lundi prochain, de quoi bien en profiter. En début d'aprem., ce qui devait être juste une petite rencontre de présentation pour les visites du lendemain, se transforme en longue discussion. On reste au moins 2h dans le bureau de Vincent (coordinateur du ProBEC) qui nous reçoit gentiment. Il nous explique le pourquoi et le comment du programme qui a débuté en 1999 et comment en 2003 ils ont décidé d'inclure une approche commerciale. Les foyers ne sont plus donnés mais produits localement et vendus par les communautés locales. Depuis lors, tout semble bien marcher. Plus de 25000 foyers ont déjà été diffusé, chacun économisant 60% de bois. Il nous fait visiter le centre de formation. C'est assez impressionnant, même si c'est au fond d'un garage et l'on peut y trouver des prototypes et différents modèles de foyers améliorés. Il y a du travail de fait et les bureaux semblent bien actifs. Vincent préfère reporter au lendemain la description des bénéfices des foyers et veut laisser cela à son équipe technique ou plutôt aux utilisateurs qui s'en servent au quotidien et que nous devons visiter. Nous finissons la journée par une petite ballade dans les environs. Vers 17h, le soleil se couche déjà, la lumière orange sur les flancs du Mt Mulanje transcende les paysages. Nous faisons quelques 100 de mètre sur le chemin qui part derrière l'hôtel et qui mène vers l'extérieur de la ville. Les enfants du coin sont souriants et se font une joie de réclamer des photos pour faire les guignols lors de la pose.

Et puis comme presque tout les soirs au Malawi, c'est KucheKuche la bière locale et Nsima le plat local, entre 18h et 19h. Pour la première fois le nsima n'est pas très bon. Vers 20h lorsque nous rentrons, la ville est déjà toute endormie.

Vendredi 18 avril 2008 (En visite énergétique - MULANJE) : Ce matin nous avons un peu du mal à sortir du lit. On avale un café et un pain de Blantyre et à 8h nous sommes comme convenu au RDV. Vincent nous présente et nous laisse à son équipe technique qui nous fait un très bon briefing du programme ProBEC en salle de réunion. Ils sont plusieurs à prendre la parole et semblent tous très impliqués, motivés et sont pour le coup très intéressants. Nous partons ensuite avec Vincent et quelques membres de l'équipe pour visiter la cantine de « Esperanza Estate », une exploitation de thé. L'entreprise nourrie environ 300 personnes par jour et a bénéficié d'une formation (car elle en a fait la demande) pour fabriquer des foyers améliorés de grandes tailles, cela leur fait économiser environ 90% de bois. Il est presque 10h et quand nous rentrons dans la cuisine, le travail des cuisiniers est bien avancé. Nous sommes vraiment étonnés de la propreté des lieux. Plusieurs feux brûlent dans la cuisine pourtant il n'y a pas de fumée. On s'attendait à quelque chose de beaucoup moins clean. Les marmites et les foyers sont énormes, un petit mètre de diamètre pour les marmites dans lesquelles cuisent le nsima . Il y a 5 ou 6 poubelle pleines de galettes de nsima déjà prêtes.

La suite de la visite se poursuit vers les maisons des travailleurs dans lesquelles il y a des foyers améliorés à usage domestique. Nous voyons à l'oeuvre un petit groupement communautaire en train de fabriquer des foyers améliorés portable en argile. Trois femmes se sont installées à l'ombre d'un arbre. L'une d'entre elles piétine l'argile, une autre l'agglomère en boule et la troisième apporte les finition à un foyer amélioré fraîchement modelé. La visite est très intéressante et le cadre vraiment magnifique au milieu des plantations de thé avec le Mt Mulanje en fond. Il est presque midi quand nous revenons au bureau, Vincent nous propose de terminer la visite après le déjeuner. Nous allons voir un fabriquant de Rocket stove version collective et c'est impressionnant de voir autant de grands modèles en fabrication prêts à être livrés. De ce que nous avons vu, le projet semble vraiment bien fonctionner, ils ont pensé à tout et réfléchissent déjà à la gestion de l'après projet qui n'est pourtant que dans 3 ans. Nous avons l'aprem. pour aller faire un tour à l'office du tourisme et marcher un peu le long de la route qui borde les champs de thé. Le soir nous testons une nouvelle gargote, la seule autre option qui nous reste en resto local. C'est dans une cabane en bois, la gérante ne parle pas anglais mais nous accueille avec le sourire et à bras ouverts. Le repas est meilleur que la veille, même s'il n'y pas beaucoup de sauce, que le poulet a les cuisses trop musclées, et qu'il n'y a qu'un seul plat de disponible au menu, le nsima poulet.

Ecrit le Lundi 21 avril 2008, 19h58, Fatiguèche à Gurué, MOZAMBIQUE

Du Samedi 19 au Dimanche 20 avril 2008 (Ballades vertes, MULANJE) : On a décidé de passer le week-end à Mulanje, la ville nous plaît vraiment. Nous avons un peu de temps devant nous et les champs de thé et le mont Mulanje nous séduisent. On passe 2 jours avec un rythme tranquille à se promener sur les flancs de la montagne à travers les plantations de thé, à visiter un marché hebdomadaire dans un village voisin, à regarder les gens passer et la fin d'une rencontre de foot au pied du Mont. On retourne les 2 soirs dans le petit resto de bois. Toujours un seul plat au menu. Même si la proprio ne parle toujours pas anglais, l'accueil est toujours aussi chaleureux, souriant et accueillant pour que nous cherchions à aller ailleurs. Et puis de toute façon il n'y a guère d'autres choix. On ne regrette pas de ne pas avoir tenter d'avoir grimper le mont et d'avoir parcouru l'un des nombreux chemins de rando. Rester en « ville » nous a permis de nous imprégner de la vie locale et de sympathiser un peu avec quelques locaux (l'épicier instit., le jeune vendeur de frites, quelques gamins).