Le Bilan Carbone de notre action après 540 jours et 56581 kms parcourus (en kg éq C) : |
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Atterissage sur le tarmac de Tana, les douaniers sont sympas, on fait les papiers facilememt avant de partir a l'assault des routes de la capitale à bord d'une 4l flambant neuve de 1982 |
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Ecrit le Vendredi 23 mai 2008, 20h25, Moonlight, Antananarivo, Madagascar Samedi 15 mai au Vendredi 23 mai 2008 (suite) : En cours de route, nous tentons d'en savoir davantage sur la situation réelle. Les quelques blancs à qui nous en parlons sont assez surpris de ce qu'on leur annonce comme déconnectés et en ressortent un peu inquiets suite à nos nouvelles. Un policier à la frontière nou Vendredi matin, 6h30, nous prenons la direction de l'aéroport en compagnie d'un jeune américain qui prend le même vol que nous pour Tana. Il est sympa. Il va faire de la recherche botanique pendant 3 mois pour ses études. Le trajet n'est pas long mais nous attendons près d'une heure avant de décoller car un passager a vu un liquide non identifié fuyant d'un des réacteurs. Finalement ce n'était que de l'eau restée du nettoyage de la veille. Quelques heures plus tard, nous atterrissons à Tana un peu étonnés d'être à la dernière étape de notre voyage. Contrairement au choc que nous avions reçu lors de notre premier atterrissage ici il y a 7 ans, tout se fait en douceur. Il n'y pas trop de monde à l'aéroport, il ne fait pas trop chaud. Nous aidons un peu Patrick (l'Américain) à se dépatouiller des démarches administratives. Il nous fait bien rire avec ses « Salut » qu'il adresse tout naturellement aux douaniers ou aux agents de l'immigration qui doivent lui délivrer son visa. Il nous faut une bonne heure pour facilement trouver nos mots en français entre les Obrigado du Mozambique et les Hello anglais. On ne sait plus trop quelle langue parler et l'accent particulier et très marqué des malgaches nous déstabilisent un peu. Dès notre arrivée sur le parking, nous retrouvons les joies du marchandage. Le premier taxi nous réclame 50000Ar (20€), le deuxième 25000. Nous savons que le prix maxi à payer est 15000Ar. Aucun des taxis officiels ne veut nous emmener à ce prix là prétextant un prix du carburant élevé. Nous traversons tout le parking suivis de rabatteurs qui nous expliquent que nous n'avons rien à espérer de ce côté là. Nous finissons par trouver notre bonheur quelques mètres après la sortie du parking. Un gars nous crie « taxi moins cher ». Il nous fait la course à 15000Ar (6€) et surtout c'est dans une jolie 4L grise métallisée. Contrairement à la première fois, nous sommes beaucoup plus émerveillés que choqués par les 15km qui séparent l'aéroport de la capitale. Notre pilotes et son co-pilote, sont 2 joyeux lurons, qui après nous avoir souhaité la bienvenue à Mada, commence à nous poser des questions et nous prenons un réel plaisir à retrouver les joies du bavardage en français. On se dit que les 5 mois qui viennent vont sûrement être pleins de moments comme celui-ci. En cours de route, ils s'arrêtent à la pompe et nous expliquent que le carburant à bel et bien augmenté. Presque 3000Ar/L à la pompe soit 1,20€ ce qui est beaucoup pour ici. C'est 3 fois plus cher qu'un kg de riz. La route jusqu'à la ville surplombe les rizière qui découpe l'espace en figures géométriques. Il y a quelques travailleurs et quelques zébus sur les sentiers ou les pattes dans l'eau. Au loin se dessinent les abords de la ville et ses hautes maisons de briques rouges, l'atmosphère est paisible, les visages sont métissés et souriants. On a un peu l'impression d'être quelque part en Asie du Sud-Est. Puis notre 4L s'engouffre dans les rues pavées de la ville. Les trottoirs grouillent vraiment de monde. Il y a même des bouchons. Nous passons au milieu des marchés et près de nombreux petits dépôts de taxi-ville. Les dedeuches, 4L, 104, autres R12 et 404 s'alignent le long des trottoirs ou en milieu des carrefours. Elles sont souvent en bon état. Puis notre 4L de 1982 s'engage vigoureusement dans l'une des nombreuses côtes de la ville qu'elle gravit sans problème avant de nous déposer devant l'hôtel. Après avoir posé les sacs, nous partons pour quelques pas en ville. Les rues du quartier nous séduisent malgré quelques mendiants qui nous accostent et l'activité digne d'une fourmilière. En fin de journée, vers 18h, les derniers rayons du soleil illuminent les façades des maisons de la ville haute dans un magnifique déluge de couleurs pastelles. C'est magnifique et on prend ça comme un signe de bienvenue dans ce pays qui va nous accueillir pour 5 mois. Nous finissons la journée dans un hotely (petite gargote) dégustant une soupe chinoise et un plat de pâte au fromage, le tout pour 1000Ar (0,40€) puis achetant sur le retour quelques nems à emporter. Quelle joie de retrouver la bonne et pas chère cuisine malgache. |
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Ecrit le Samedi 24 mai 2008, 18h24, Chambre Lambert « Nous y sommes ! Madagascar !! L'avons nous tant attendue ?! Non je ne crois pas. Je ne voulais pas trop y penser pour ne pas être trop déçue. Madagascar c'était il y a 7 ans notre premier voyage, celui par qui peut-être tout a commencé. Finalement je ne me souviens plus beaucoup sauf que c'était beau et que l'on s'y était senti bien. Nous découvrions tout du voyage, de l'Afrique (même si Madagascar est j'ai envie de dire 7 ans plus tard un peu différente de l'Afrique), des taxis-brousse, des marchandages, des gargotes. Je me rappelle aussi que nous avions rencontré 2 français dans un parc national qui nous avait dit qu'ils revenaient sur la grande île pour la 5ème fois car tombés amoureux de l'endroit. Sur le moment, je n'avais par compris et me demandais pourquoi revenir dans un même pays alors qu'il y en a tellement d'autres à découvrir. Je me rappelle aussi de ce moment où l'on est monté dans l'avion pour le retour et, au fond de moi quelque chose me disait que je reviendrai, que nous reviendrons. C'était vrai, 7 ans plus tard nous voilà à nouveau sur la grande île pour ce projet qui est un peu né de ce premier voyage avec comme objectif final de revenir à Mada mais cette fois-ci pour y faire quelque chose. Pendant ces précédents 14 mois, outre le fait que nous avions la tête ailleurs, nous n'avons jamais vraiment parlé et « rêvé » de Mada, de peur sans doute de nous l'idéaliser et d'être déçu. Et ça y est ! Nous y sommes depuis hier. Je ne me souvenais plus que les gens étaient si gentils et souriants. Je ne me souvenais plus que c'était si beau. Nous n'étions même pas arrivé sur le territoire que déjà j'étais excitée par ce que je (re)-découvrais. Vus d'avion, c'était superbe, des montagnes, des cultures, des rizières offrant un dallage de couleur. Difficile d'exprimer cette beauté que je voyais de partout à part répéter à Fab qui n'avait pas la chance d'être à côté le hublot « c'est trop beau. regardes là. et là.et là, regardes comme c'est beau. ». Un peu comme une gamine découvrant tous ses paquets cadeaux le matin du 25 décembre. Puis, à l'aéroport, des douaniers, des policiers et des porteurs de bagages calmes et souriants. Et notre premier taxi, une 4L. Comme si nous étions revenu 60 ans en arrière, au temps de nos grands-parents. Un peu loin de nos problèmes de civilisations qui veulent toujours consommer plus au détriment de notre environnement, nous croisons sur la route d'autres voitures de ce temps passé et révolu, des 4L, des R12, des 404, des dedeuches en bon état, nous longeons des rizières vertes en activité, des zébus .oh les zébus que je ne me rappelais plus que par les photos et que c'était très bon dans l'assiette. des zébus longent les sentiers, et dans la 4L nos joyeux compères se font un plaisir de nous poser des questions comme nous nous faisons un plaisir de « simplement » discuter. Aujourd'hui, 7 ans plus tard je comprend pourquoi ils revenaient. Parce qu'il y a des endroits, des peuples qui vous marquent et que prétendre vouloir le connaître ou en savoir davantage il faut du temps. Et que si ce pays vous appelle c'est peut être parce qu'il a des secrets à vous dévoiler. C'est assez étrange comme sensation. Nous avons traversé 13 ou 14 pays, si chacun d'entre eux reste marqué dans ma mémoire par ses paysages, ses rencontres, ses couleurs, ses anecdotes, il y en a un, qui comme Madagascar, me pince le cour et me dit que j'y reviendrai pour quelque chose. Le Niger. Ca ne sera peut être pas l'année prochaine, ni dans 2 ans, ni dans 10 ans, peut-être dans 43 ans, quand l'heure sera venue d'y retourner. Et si c'était le pays, quelqu'un ou quelque chose qui vous appelez parce vos chemins doivent encore se croiser ?! » Nat |
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Ecrit le Mardi 27 mai 2008, 21h30, Hôtel Lambert, Antananarivo Du Samedi 24 mai au Lundi 26 mai 2008 (Prise de marque dans la capitale, TANA) : Samedi matin nous changeons d'hôtel, non pas pour un problème de goût ou de prix mais parce que les chambres sont toutes réservées à partir de ce week-end. C'est le début de la saison touristique et la plupart des hôtels indiqués dans le Lonely affichent complets. On trouve un hébergement à 300m de l'ancien situé dans les escaliers qui descendent vers l'avenue principale, l'avenue de l'indépendance. Le quartier est très animé, il y a tout ce qu'il faut à moins de 20m et la vue sur la ville est splendide.
Le gérant qui a repris l'hôtel Lambert depuis 6 mois nous explique, quand nous lui demandons une petite ristourne que ce n'est plus possible et que les temps sont durs depuis que son établissement est sorti du Routard. On se rend compte à quel point les guides touristiques orientent les choix des touristes comme de nous d'ailleurs. On s'installe là pour 10 ou 15 jours avec la ferme intention de rencontrer le plus de personnes possible et surtout d'organiser des visites dans le pays. Pour l'instant c'est le week-end, ça va nous permettre de découvrir en douceur la ville à pied. Le samedi c'est journée info et com. On passe une bonne partie de l'aprem' installés dans les fauteuils du CCF (Centre Culturel Français) à lire des magasines d'actualités, Jeune Afrique et autres. Ce qui nous marque le plus à Tana depuis que nous sommes arrivés c'est le froid. Ca caille à l'intérieur comme à l'extérieur. Nous avons délaissés les tongs pour les grosses chaussettes, les chaussures et les polaires. Ca fait sourire de parler d'hiver en Afrique mais il y en a bien un. Après la saison des pluies (novembre - mars) c'est le début de l'hiver ici. En plus Tana est situé sur les Hauts Plateaux du Centre et l'ambiance qui règne ici est un peu la même qu'en novembre - décembre chez nous. C'est gants, bonnets et gros pull. Le dimanche est le meilleur jour pour découvrir une ville à pied. Ce dimanche à Tana, les rues sont presque vides, les magasins quasi tous fermés. Le temps est un peu gris, digne d'un temps d'hiver. Nous parcourons les rues de la ville et nous avons l'impression de glisser dans un autre temps. 4L, 2CV, 403, et même 203, non ce n'est pas un « musée » des glorieuses voitures françaises, ce sont les taxis de ville garés de ci de là ou vrombissant dans les côtes de la capitale.
On adore et on ne se lasse pas de les regarder toujours un peu admiratifs devant la vitalité de ces vieilles voitures. Derrière ces carrosseries qui brillent, se cachent plusieurs dizaines d'années de loyaux services. Nous rejoignons les principaux sites touristiques de la ville. Mais ce qui fait vraiment l'intérêt de la ballade c'est de gravir les escaliers de quartier en quartier et de pouvoir admirer la ville depuis les nombreux et beaux points de vus.
Du Nord, du Sud, de l'Ouest, de l'Est, du bas, du haut, le spectacle qui s'offre à nous est toujours sensationnel. Nous passons notre journée émerveillés par les rangées de maisons de briques empilées les unes sur les autres sur les flancs des collines ou par les rizières vertes au fond des vallées de la ville (la ville s'est développé sur les zones marécageuses). Ecrit le Samedi 07 mai 2008, env. 13h30, Terrasse du Glacier, Tana « Installés sur la terrasse du glacier, l'endroit des blancs, nous profitons de la douceur du samedi après-midi. La vue donne sur la principale avenue de Tana, pas mal animée mais quand même beaucoup moins que le reste de la semaine. La musique braille sur le trottoir d'en face, ce qui est un peu inhabituel. Les Malgaches sont de tempérament plutôt calme. On s'apprête à manger une pizza, ce n'est pas très typique, mais c'est le week-end et on en a marre des hors-d'ouvre, des salades de pâtes et des my-sao pris en vite fait dans les restos locaux des escaliers à tous les repas de la semaine. Alors en ce samedi nous voulons changer et en plus nous sommes à l'un des seuls endroits où l'on peut manger en terrasse. » Du Mardi 27 mai au Samedi 07 juin 2008 (Rencontres et gastronomie, TANA) : Ces 15 jours sont consacrés aux rencontres. Nous nous déplaçons dans la ville, carte en main, de quartier en quartier, de rdv en rdv, le plus souvent à pied, parfois en taxi-be (des minibus japonais ou Mercedes), et rarement à bord des taxis villes. La ville est toujours très animée. Les trottoirs sont souvent blindés et les rues embouteillées. Nous sommes toujours aussi surpris par la tranquillité et la discrétion des malgaches. Les gens parlent en général très doucement et il nous faut souvent tendre l'oreille pour entendre ce qu'il nous disent. Dans les bouchons, sans doute par soucis d'économie, les automobilistes ou les chauffeurs de bus coupent leur contact. On ne peut s'empêcher de se rappeler les moteurs qui tournent pendant des heures en Afrique centrale avant que nous prenions réellement la route. Même les embouteillages malgaches sont calmes, pas de coup de klaxon énervé, pas d'insultes, par de cris, pas de bruits de moteur. C'est sans doute dans les bus que nous sommes le plus déconcertés. Toujours bondés, toujours le même principe du convoyeur qui doit signaler au chauffeur les arrêts demandés, sauf qu'ici les cris ou les coups de poings dans la carrosserie ont été remplacé par un discret et mélodieux sifflement. « pendant que nous écrivons ces mots une dedeuche déboule à fond la caisse sur l'avenue, et ça c'est indescriptible !! Rappelez-vous les nones dans les aventures du gendarmes de St Tropez, et ben c'est un peu pareil ici » Nat Dans le centre, nous redécouvrons la mendicité et la pauvreté, beaucoup de gens sont pieds nus malgré le froid. Beaucoup d'enfants semblent vivre dans la rue. S'ils n'y passent peut-être pas la nuit, il y passent la journée du petit jour jusqu'à la nuit tombée. Certains nous demandent de l'argent ou des bonbons, d'autres semblent juste être là, accompagnant la maman venue vendre chaussures, mandarines ou vieux magazines. Dans l'escalier à côté de l'hôtel, ils sont quelques-uns, pieds nus et crasseux, à passer la journée à jouer et à rigoler entre eux. Ils n'ont pas vraiment l'air malheureux, mais c'est sûr, ils ne sont pas riches. Lorsque que nous croisons un groupe d'écoliers, un ou une téméraire lance souvent un timide « bonjour » comme si c'était un jeu entre eux ou une sorte de défi ou peut-être tout simplement par fierté de savoir ou de pouvoir parler français. Car, m ême si le français est la langue nationale et que nous sommes dans la capitale beaucoup de gens ne le comprenne pas. Bref, cela fait bien rire les petits camarades lorsque nous répondons. Il s'en suit des échanges de sourires qui sont invariablement interrompus par le vrombissement d'une 2CV ou d'une 4L arrivant à toute allure. Ici nous trouvons des sourirs sur beaucoup de visages que ce soit les commerçants, les chauffeurs de taxi-be, les tenants de gargottes, les vendeurs de rue, les enfants croisés.. . Côté rencontre, cela s'enchaîne assez bien même s'il est difficile de contacter les gens et que l'on dépense des sommes astronomiques au téléphone. Les malgaches parlent doucement et obtenir un simple nom ou numéro de téléphone peu parfois prendre plusieurs minutes. C'est la même chose pour les entretiens. Ils nous a fallu un petit temps d'adaptation pour ne pas couper la parole à nos interlocuteurs malgré des temps de pose assez long pendant leur « discours ». Si au premier abord nous avons l'impression qu'il ne se passe pas grand chose sur le terrain en matière d'énergie, au fil des rencontres nous nous rendons compte qu'il en est tout autre, et que cette impression est sans doute due à ce comportement naturellement discret. Si prenons l'exemple de la plante Jatropha qui peut produire du biocarburant et qui est un peu à la mode dans toute l'Afrique comme les biocarburants le sont dans le monde, Madagascar semble bien avancé, même si, d'après nos interlocuteurs, ce n'est que le début. Pourtant les études économiques et les impacts environnementaux sont déjà très bien identifiés. Il existe un très bon programme de développement de production locale de biocarburant pour l'autonomie des paysans et plusieurs grosses société se lancent dans les plantations à grande échelle pour l'exportation. Et malgré l'enthousiasme de ces promoteurs privés, dans cette période de crise alimentaire et de remise en question de l'utilité de la FAO par le président sénégalais, les opinions restent prudentes quant à l'avenir des biocarburants à Madagascar. Côté structures et ONGs d'appui, il y a toujours les 2 écoles : l'ancienne qui croit bien faire en distribuant les choses et les fonds et la nouvelle qui cherche avant tout à pérenniser les actions. « Je pense que personne ne peut battre la dedeuche, elle va trop vite, elle va s'envoler !! » Nat Dans notre course aux rencontres et aux infos, nous nous aménageons des espaces détente le week-end, et par exemple après l'institutionnel apéro gratuit offert par l'hôtel Lambert le dimanche à midi (et dire qu'il est sorti du routard, y'a plus valeurs !!!), nous profitons de l'excellente gastronomie malgache dans un resto réputé de la ville. Au menu, croustillant d'espadon aux tomates confites (c'est trop bon !), foie gras malgache (hmmm !!), filet de zébu sauce au vin et ses petits légumes (miam, miam), tournedos rossini au foie gras (la spécialité malgache, un régal) le tout arrosé d'un gris de la côte malgache (Euuuh, bof). Et même si tout est local, notre estomac n'est plus vraiment habitué à un tel repas (on aura d'ailleurs pas besoin de manger le soir). On ne peut pas dire que l'on ait cassé la tirelire car un tel festin nous coûte moins de 45000Ar (18€) tout compris mais nous ne pouvons nous empêcher d'avoir mauvaise conscience en sortant, car c'est une vraie folie pour ici. Un tel resto reste inaccessible pour la plupart des malgaches qui mangent soupe ou riz pour moins d'1€ par repas lorsqu'ils vont dans les gargotes que nous côtoyons la semaine. Nous rencontrons enfin les membres de l'ONG « l'Homme et l'Environnement » (MATE) avec qui nous sommes en contact depuis presque 2 ans. Nous devons travailler en collaboration avec eux pour les appuyer sur l'efficacité de distillateurs d'huiles essentielles, mais aussi sur l'amélioration des systèmes énergétiques de leurs sites de conservation. « L'Homme et l'Environnement » est active à Madagascar depuis longtemps, ils ont une bonne renommée et développent des activités alternatives pour les populations rurales situées dans des zones de conservation. Et comme dit Jean-Solo du programme ERI, rencontré plus tôt dans la semaine « Il ne peut pas y avoir de conservation sans amélioration des conditions de vie et inversement ». Madagascar est ce que l'on appelle un « hot spot », c'est à dire un lieu présentant une très importante biodiversité endémique qui est très fragilisé par les activités humaines. Il est vrai que lorsque l'on parle de déforestation à Madagascar, c'est toujours alarmant. Nous avons rencontré Mr Christian* (ici les noms sont tellement compliqués, à rallonge et imprononçable, surtout pour un blanc, ex : le nom de Jean-solo c'est Ratzisompatrarivo, que l'on utilise des Mr ou Mme suivi du prénom) *qui travaille à la gestion forestière et qui, également intrigué par ces menaces de déforestation, a participé à une étude qui démontre un taux de déforestation pas si catastrophique que ça (- de 0,8%/an) et qui semblerait être un des plus bas d'Afrique (par exemple au Malawi c'est 2,8% /an, le plus haut de l'Afrique Australe). Mercredi prochain, nous nous apprêtons à sortir de la capitale pour découvrir l'Est de l'île et surtout 2 des sites de l'ONG MATE. Mise à jour du vendredi 26 jullet 2008 Ecrit le Vendredi 13 juin 2008, 21h30, Tamatave Du Dimanche 8 Juin au Mardi 10 juin 2008 (L'étrange alambic de Mr Josoa, TANA) : Dimanche, on prend les mêmes et on recommence. Apéro tranquilou chez Lambert puis direction le Sakamanga pour le repas festin du dimanche. Cette fois-ci, sans le vin malgache. La digestion en est que plus facile ! Par contre, trop de foie gras tue le foie gras, nous sortons presque écourés. Nous retrouvons le soir Géraldine et Yan, 2 français que nous avions rencontré 3 mois plus tôt à Lilongwe au Malawi. Ils ont passé pratiquement tout ce temps en Afrique du Sud, notamment dans une ferme bio perdue au milieu de nul part en plein bush. Si le séjour leur a bien plu, ils sont comme nous, bien contents de retrouver les étalages de rue et l'ambiance africaine. Pour eux, le voyage touche bientôt à sa fin. Après un an sur les « routes » africaines, ils seront de retour en France en juillet. On se dit juste que l'on n'aimerait pas être à leur place et que, même s'il ne nous reste que 4 mois, c'est mieux que rien ! Lundi et mardi, ce sont encore de nouvelles rencontres avec de nouvelles découvertes. Presque chaque nouvel échange nous apporte de nouveaux contacts et de nouvelles pistes à explorer. Il se passe pas mal de choses à Tana et nous n'avons malheureusement pas le temps de voir tout le monde avant le départ de mercredi qui nous emmènera sur les sites de l'ONG MATE. Mardi nous faisons la connaissance Josoa, qu'Olivier défini comme un géo-trouve-tout . Prof à polytechnique, il mène ses propres recherches appliquées et gère son propre atelier de fabrication mécanique afin d'arrondir les fins de mois de son maigre salaire de professeur. Nous parlons pendant 2 heures autour d'une table du café de l'hôtel Lambert. Jatropha, aide au développement, chaudière améliorée, sont entre autres les thème que nous abordons. Il a un discours franc et un caractère un peu fonceur. Il se décrit comme quelqu'un qui cherche simplement à améliorer les choses qui existent déjà. Les problèmes énergétiques sont pour lui des défis qu'il aime relever. Nous sursautons lorsqu'il évoque ses travaux sur les chaudières améliorées d'alambic. Le sujet nous intéresse car la consommation de bois des alambics de ONG d'Oliver est l'un de leur gros problème et Josoa fait fonctionner son alambic avec les feuilles issues de distillations précédentes. Nous n'en croyons pas nos oreilles, cela pourrait être une solution idéale et nous l'assaillons de questions. Il fini par nous répondre que le mieux est que nous le voyons de nos propres yeux et il nous propose de nous emmener sur le champ voir son système. Ni une, ni deux, nous sommes trop curieux de voir ça. Nous le suivons dans la rue jusqu'à sa voiture qu'il tarde un peu à retrouver ne sachant plus où il l'a garée. Nous grimpons dans une vieille Mazda déglinguée. Il nous emmène hors du centre ville, et, ce qui devait être un petit aller retour d'une heure, nous prend au final plus de 2h30. Nous traversons plusieurs quartiers de la ville qui ressemblent au fur et à mesure que nous progressons de plus en plus à la campagne. Les quartiers sont moins animés, nous prenons une piste de sable, nous traversons des rizières, un petit pont, nous montons sur une butte, nous empruntons un chemin à travers un champ. Mais où nous emmène t-il ? Il nous dit que c'est là et quand on s'arrête c'est un peu au milieu de nul part, dans un champ près d'un pylône haute tension. Nous faisons quelques centaines de mètres à pied au milieu des cultures de manioc et après avoir traversé un petit pont bancal, nous voilà transportés dans un décor tout droit sorti d'un film de Tim Burton. Face à nous, il y a une machine étrange et tordue faite d'un mélange de briques de terre rouge, de fer et de bois. Elle nous donne la drôle impression d'être vivante. Un peu en arrière à l'écart, il y a une maison malgache typique des hauts plateaux avec son étage et ses briques de terre rouge. La petite famille qui habite là nous regarde arriver chez eux se demandant bien ce que viennent faire les deux Vazahas par ici. L'ensemble n'a pas l'air tout à fait réel. Il sort de la machine un peu de fumée et de vapeur. L'alambic de Josoa, aussi tordu soit-il, fonctionne très bien. Et il a bel et bien la particularité d'utiliser comme combustible des feuilles. Nous nous étonnons de voir le foyer s'activer tout seul et le ventre de l'alambic se mettre à ronronner au moment où il ajoute une poignée de feuilles sèches. On reste là un petit moment sous le regard toujours un peu étonné de la petite famille et qui est là pour faire fonctionner l'alambic. Josoa nous ramène en ville, il est déjà 15h, le temps de passer vite fait à l'hôtel et de manger rapidement une salade-hors d'ouvre installés sur le banc d'un de nos habituels étales de rue en haut des escaliers, que nous devons partir au siège de l'ONG pour caler le départ du lendemain. Comme d'hab. les bureaux de MATE sont bouillonnants d'activité. On trouve un coin pour s'installer. Fab fait la mise à jour du site pendant que Nat travaille sur la charte de RISEAL installée dans le labo. Ces paillasses, erlenmeyer, la rende un peu nostalgique de son « boulot du passé » mais lui vaut le mérite d'être efficace sur le contenu de la charte. Nous nous sommes fixés la date du 15 juillet pour l'écrire et l'envoyer à tous nos partenaires d'Afrique. Le départ s'organise, nous serons une dizaine à partir le lendemain en minibus sur le site de Vohimana vers midi. Le resto du soir est encore l'occasion de passer une bonne soirée de discussion en compagnie de Yan et Dgé que l'on termine dans les couloirs de l'hôtel. Du Mercredi 11 Juin au Vendredi 13 juin 2008 (En forêt humide, TANA-VOHIMANA-TAMATAVE) : Mercredi matin, c'est shopping express. Le site de Vohimana est complètement isolé, il nous faut prévoir nos vivres pour 2 jours. Quelques boîtes de thon, des pâtes chinoises, des fruits, du miel, du café et nous sommes parés. Nat a besoin de chaussures de rando. Elle trouve son bonheur auprès d'un des nombreux vendeurs des marches d'escaliers qui font dans la chaussure d'occasion. La paire qu'elle choisie est un peu grande mais les chaussures ne sont pas des copies, elles ne sont pas trop usées et ne coûtent que 20 000Ar (8€), et puis, c'est toujours mieux que des chaussures trop petites !. Après avoir laissé un carton d'au moins 5kg de papiers à l'hôtel, nous partons, sac sur le dos, à la recherche d'un taxi-ville. Ce n'est pas difficile, il suffit de descendre les marches en bas desquelles se trouve un petit « garage » de taxis. La 4L nous dépose moins d'une demi-heure plus tard devant l'ONG. Ce n'est pas loin mais Tana est la proie des embouteillage. Ecrit le Mercredi 18 juin 2008, 18h15, Train Tamatave - Vohibola Du Mercredi 11 Juin au Vendredi 13 juin 2008 (suite) : C'est l'effervescence au siège de l'ONG. Midi approche et personne ne semble vraiment savoir qui part et à quelle heure. On a le temps de finir la mise à jour du site et de grignoter un bout. On part vers 13h, nous sommes assez nombreux, l'ONG a affrété un minibus. Il y a aussi 4 stagiaires qui vont travailler 3 mois sur le site de Vohimana situé à environ 150km dans la forêt humide. Nous prenons enfin la route malgache après 15 jours passés dans la capitale. Nous tombons immédiatement sous le charme des paysages surtout lors des 100 premiers kilomètres. Les hautes plateaux sont cultivés en terrasse. Les maisons, comme à Tana, sont de hautes maisons de briques rouges avec des balcons en bois. Souvent isolées au milieu des cultures de cresson et/ou de riz, leur couleur rouge tranche avec le vert du sol et le gris du ciel. Dans les quelques hameaux que nous traversons, les maisons s'imbriquent les unes dans les autres un peu comme des legos. Nous enfilons les kms comme emmenés dans un autre temps. Cette fois-ci ce n'est pas à cause des « anciennes » voitures mais de l'activité qu'il y a dans les champs. Des vieux (et des moins vieux !) travaillent à la main pour retourner la terre dans les parcelles. Certains utilisent des boufs. Nous quittons assez rapidement les cultures en terrasse et les rizière pour les forêts humides de l'Est. Au bout d'une heure, le paysage est « bouché » par une végétation assez dense nous rappelant un peu l'Afrique centrale. Nous nous arrêtons quelques dizaines de kms avant la destination finale, dans une ville pour faire le plein de fruits. On se prend également une THB (la bière locale) et . du saucisson. On en rêvait depuis tellement longtemps que nous n'avons pas pu résister au saucisson qui pendait devant nous au comptoir de la petite gargote où nous sommes en train de boire un café au lait concentré (une découverte à Madagascar). Sur la dernière partie de la route, nous voyons pas mal de sacs de charbon en vente mais aussi des « charbonnières » en fonctionnement, des monticules de terre au travers desquelles de la fumée blanche épaisse s'échappe. La production de charbon pour le bois énergie est le nouveau « fléau » de l'Afrique. Le secteur est un vrai business qui détruit les forêts et les sols. C'est donc encore plus « déconcertant » quand nous voyons en activité, juste en face de l'entrée du parc d'Andasibe (un des parc national les plus visités du pays), quelques personnes en train de surveiller la bonne réalisation de la carbonisation. On apprendra plus tard, que dans cette partie Est du pays, le charbon provient de forêts gérées d'eucalyptus datant de la colonisation. Au bout de 4h, le minibus s'arrête dans un petit hameau où plusieurs personnes grimpent à l'intérieur le remplissant. Le bus repart suivi de plusieurs jeunes hommes qui courent et qui semblent heureux de cette venue. Le minibus sort de la route principale et s'engage sur une petite piste à gauche. Après 2 kms, les gens suivent toujours et le bus nous arrête au bout d'une piste un peu au milieu de nul part. Une fois les bagages déchargés, on se rend compte que personne n'est jamais allé sur le site. Heureusement les gens qui sont montés ou qui ont suivi le chauffeur sont des porteurs qui travaillent avec l'ONG. Ils se chargent du matos et des meubles. C'est une femme chargée d'un sac sur le dos et d'un autre sur la tête qui mène le petit groupe jusqu'au camp. Il y a 40 minutes de marche. Le jour commence à tomber. Il faut grimper à travers les cultures jusqu'au chemin de fer puis le suivre un bon moment. Pas vraiment le temps de regarder le paysage car, en plus de la nuit qui tombe, les cailloux ne facilitent pas l'avancée. Nous arrivons enfin vers les premières habitations du site et la première chose que nous voyons sont 2 ou 3 personnes qui s'agitent autour d'une grosse cuve et d'un foyer laissant apparaître de grosses flammes rouge. C'est sans doute l'alambic ! Tout le monde prend ses quartiers dans les dortoirs ou les bungalows. Le repas du soir est l'occasion d'une discussion sympa avec Olivier comme chef d'orchestre qui nous explique les enjeux liés à ce site. Nous passons une partie de la soirée à côté de l'alambic. En plus de nous réchauffer, cela nous permet d'échanger quelques mots avec les stagiaires et surtout de constater qu'il y a pas mal de boulot à faire sur les économies de bois. Le feu brûle à l'extérieur du foyer et nous comprenons assez rapidement pourquoi la petite équipe des 2 distillateurs procède ainsi. Le bois arrive très humide (n'oublions pas que nous sommes dans une forêt humide ! et puis le bois d'eucalyptus est parfois coupé vert), et c'est le seul moyen qu'ils ont de le sécher. A la vue de cela, on se dit qu'il y a beaucoup de progrès à faire. L'air de rien, nous sommes déjà au travail à observer, comprendre et à réfléchir à ce que l'on pourrait faire. Cela nous confirme à quel point il est important d'échanger avec les locaux et d'aller voir ce qui se passe vraiment sur le terrain. Une phase qui est bien souvent négligée dans la plupart des projets et qui nous semble pourtant essentielle pour sa réussite. Il doit être 21h, la nuit est sombre. Boooouuu. Il fait vraiment froid et humide. Olivier nous montre le bain d'eau chaude artificiel alimenté par l'alambic à quelques mètres d'ici. Un petit bain chaud au milieu de cette forêt dense à ciel ouvert et étoilé pourrait être idyllique mais il fait vraiment trop froid et l'idée d'enlever une des nombreuses épaisseurs que nous avons sur nous nous gèle (surtout Nat). Nous ne nous y plongeons que le lendemain matin après une nuit très froide et très humide. La baignoire bétonnée est posée en haute d'une pente et offre un point de vue sur le reste de la vallée. Elle est pleine d'eau fumante. A cette heure matinale, malgré la pluie qui commence à tomber, quel bonheur de se retrouver ici ! Nous apprécions la chaleur de l'eau qui ne doit pas être loin des 40°C. Nous ne sommes pas vraiment stressés, nous ne sommes pas vraiment fatigués (nous venons juste de nous lever) mais l'effet de ce bain est des plus relaxant, comme si la vapeur dégagée emmenait avec elle toute la fatigue dissimulée et accumulée depuis le début du voyage. Nous assistons au réveil de la forêt sous une petite pluie fine. Au dessus de nos têtes, les feuilles larges d'un bananier nous préserve un peu de ce crachat mais peu importe, nous sommes déjà mouillés. On passe le reste de la journée à découvrir le site, observer les travailleurs pour en savoir un peu plus sur la technique de distillation et comprendre leurs gestes quotidiens. Le ciel alterne entre le gris et le bleu. La journée est ponctuée de petites averses. Nous partageons le repas de midi avec les stagiaires qui se sont installés au village des chercheurs à une vingtaine de minutes de marche. La vie là-bas est beaucoup plus rude. Ils vont devoir apprendre à vivre sans électricité, sans gaz et sans eau courante. Le site est situé à quelques centaines de mètres de la forêt primaire. Nous voyons nos premiers caméléons, du moins les guides du site car nous n'avons pas les yeux de ces naturalistes experts. Nous quittons l'endroit le lendemain. Et si la visite fût brève, elle nous a permis de découvrir ce qu'est la distillation d'huiles essentielles et ce que sont les conditions de vie dans une forêt humide. Nous n'avons pas pu partir à la recherche de lémurien mais avons pu « prendre du temps » avec Olivier dont on ne se lasse pas d'écouter parler. Pour les lémuriens ce n'est que partie remise. Un des stagiaires doit faire le suivi d'une espèce, l'Indri-Indri et nous avons bien l'intention de l'accompagner dans son travail pendant quelques jours. On repart avec Virginie et Naïm, son bébé de 10 mois qui s'adapte à toutes les situations (taxi-brousse, forêt humide, eau froide, boui-boui de bord de route) et qui garde le sourire en toutes circonstances. Nous allons à Tamatave, sur la côte Est, profitant du véhicule de déménagement de Barbara, la responsable du deuxième site de l'ONG basé à Vohibola. Après 5h passées à l'arrière de l'express rouge au milieu des bagages, nous arrivons à la tombée de la nuit dans la ville. Il pleut un petit peu. Nous avons l'impression d'être à Pointe-Noire. Les routes sont boueuses et pleines d'eau. La principale différence est qu'ici il y a des pousse-pousse. La douche chaude et les draps secs de l'hôtel sont les bienvenus. Du Samedi 14 Juin au Mercredi 18 juin 2008 (Sous la pluie, TAMATAVE - VOHIBOLA) : C'est le début de la petite saison des pluies. Il pleut tous les jours par intermittence. Entre 2 averses, nous avons le temps de faire quelques rencontres et d'organiser la descente jusqu'à Vohibola. Tout le monde nous annonce que le site, situé à 60 kms au sud de Tamatave et basé sur une bande de sable entre le canal des Pangalanes et l'océan Indien., est superbe. L'escale à Tamatave est l'occasion de voir un biodigesteur fonctionnant à la jacinthe d'eau (toujours cette plante envahissante qui encombre les fleuves d'Afrique et que nous avons découvert en Mauritanie). Ce biodigesteur mis en place par le CNRIT (Centre National de Recherche Industrielle et Technologique) a très bien fonctionné jusqu'à ce que, bêtement, une vanne casse. Personne n'est venu la remplacer depuis 3 ans et depuis, les 2 familles qui bénéficiaient de cette nouvelle énergie sont repassées à la cuisine au charbon. Tamatave est aussi l'occas. de faire (nous l'espérons) notre dernière grosse dépense (non prévue) du périple : l'achat du billet aller - retour pour la Réunion. Nous avons choisi l'option bateau pour renouveler notre visa plutôt que celle de l'avion ou du marché noir et de la corruption qui nous auraient évité de passer 15 jours en dehors du territoire et qui nous auraient permis d'économiser 300€. Mais nous ne voulons pas renouveler la mauvaise expérience du Congo, cela nous évitera une bonne dose de stress et nous donnera aussi l'occasion d'aller voir Oliv' et Céline. A Tamatave nous faisons notre premier tour de pousse-pousse. Plutôt agréable quand c'est un pousse vélo mais « dérangeant » quand le pousse est tracté par un homme à pied. Si c'est une façon pour les pousseurs de gagner leur vie et que la plupart des malgaches utilisent ce moyen de transport, ça fait bizarre de se faire « porter » par un homme. Ce soir nous sommes dans le train pour Vohibola. Il pleut et nous nous laissons bercer par le mouvement du wagon. On nous a annoncé 2 heures pour faire 60 kms et devinez- quoi ? Voilà déjà 2h que nous sommes dans le train, nous n'avons fait qu'un seul arrêt et nous devons descendre au sixième. Le wagon est plein mais nous ne sommes pas serrés. Il y a beaucoup d'enfants et nos voisins parlent et rient de nous sans que nous ne comprenions pourquoi. C'est aussi ça l'Afrique. Pas de retenu envers l'étranger qui ne comprend rien à la langue locale. On peut parler et rire de lui ouvertement. Ecrit le Lundi 23 juin 2008, 21h20, Hôtel Lambert, Tana Du Samedi 14 Juin au Mercredi 18 juin 2008 (suite) : Derrière les vitres du train, la nuit qui est tombée depuis un bon petit moment, ne nous offre pas le plaisir de découvrir les paysages. Il pleut encore et en intermittence. Que c'est rigolo de voir toutes ces petites têtes ou ces petites mains se hisser difficilement au dessus de la vitre pour tenter d'observer ce qui se passe à l'extérieur. Beaucoup de fenêtre sont occupées par ces gamins qui forment des rangées d'observateurs. Il n'y a pas de première classe ou de deuxième classe, pas de distinction ce qui a le mérite d'être équitable. Nous sommes dans le deuxième wagon, celui du milieu. Dans le troisième c'est la pagaille. Le groupe d'étudiants qui, instruments de musique en main, est passé quelques heures plus tôt, sur le quai de la gare en chantant, mène désormais la « cadence » du troisième wagon. Djembé, guitares, chants à tue-tête, cris, rigolades, résonnent jusqu'à notre wagon. On se dit que l'on est bien insouciants quand on est jeunes et étudiants et bien bêtes quand on est en groupe. Peu importe de quel pays on est ! Nous arrivons vers 22h à Vohibola. On nous avait dit que le petit village serait face à nous à notre descente du wagon. Joelson, le permanent du site, doit être à l'arrivée du train pour nous accueillir. Parmi les quelques personnes sur le quai, personne ne semble nous attendre. Barbara nous avait expliqué que les locaux du site de l'ONG étaient juste de l'autre côté de la vois ferrée. Quelqu'un nous demande où l'on va. Il nous guide dans la nuit éclairée par la lune jusqu'à Joelson et aux cases de l'ONG qui ne sont effectivement qu'à quelques pas de là. La nuit est très claire. C'est presque la pleine lune. Le site est face à la mer qui rugit dans le silence de la nuit. Nous sommes envoûtés par l'endroit. Nous faisons la connaissance de Joelson qui nous attendait en travaillant à la lumière d'une bougie dans sa case. Nous échangeons quelques mos. Il est tard. Il nous conduit jusqu'à notre nouvelle « maison » pour quelques jours. L'ONG a organisé quelques logements chez l'habitant. Nous serons dans l'un d'eux tout près du canal des Pangalanes. C'est la première fois que nous aurons une case « si pratique » : un canapé et une table en plus d'un grand lit. Difficile de trouver le sommeil. L'excitation est trop forte et nous avons vraiment hâte d'être le lendemain. Le cadre a l'air superbe et il fait beaucoup moins froid et humide que ce que nous avions imaginé. Du jeudi 19 Juin au Dimanche 22 juin 2008 (Entre l'océan et le canal, VOHIBOLA) : Jeudi il fait froid et il pleut toute la journée. Difficile de découvrir les alentours mais c'est l'occas. de travailler (sans ordi !!) et surtout de faire plus ample connaissance avec Joelson qui travaille pour l'ONG depuis octobre 2007. Il est le nouvel administrateur comptable du tout petit site mais aussi le permanent de Vohibola. Il est vraiment content de notre venue, mais tellement déçu quand nous lui annonçons que nous ne sommes que de passage. La solitude le pèse un peu mais surtout le manque et l'absence de distraction. Ici il n'y a pas d'électricité donc pas de radio, pas de télé. rien et le passage de nouvelles têtes est très rare. Pour arriver à Vohibola c'est un peu la croix et la bannière. Il n'y a que le train (toujours en retard) ou le bateau - brousse, irrégulier et inconfortable. Le site de Vohibola est un petit ensemble de cases posées sur une dune de sable face à l'océan indien très agité en ce moment. Une case pour les stagiaires, une boutique d'artisanat local et d'huiles essentielles, une case « cuisine », une case bureau et c'est à peu près tout. Mais Vohibola c'est avant tout un des site de production d'huiles essentielles de niaouli. La petite unité se trouve en contrebas. 2 alambics sont à l'abri d'un hangar et font vivre quelques villageois. Enfin pas en ce moment car la chaudière est cassée depuis un mois. Les villageois commencent d'ailleurs un peu à s'impatienter car c'est pour eux un manque à gagner. Le site est ouvert depuis 2005. L'ONG MATE accompagne ces producteurs et les appuie dans la gestion et l'administration de cette nouvelle activité qui fait vivre pas mal de monde. Collecteuse de feuilles, ramasseurs de bois, distillateurs. Vohibola c'est aussi un petit village et une forêt que l'ONG essaie de préserver et de valoriser. Vendredi nous partons d'ailleurs avec les forestiers de l'ONG pour une matinée « reboisement ». Une petite pirogue nous attend pour traverser le canal. La pépinière est de l'autre côté comme la forêt de Vohibola. Après ½ heure de douce traversée, nous arrivons sur l'autre rive. Aujourd'hui il ne pleut pas. Nous marchons jusqu'à la pépinière et découvrons en pleine nature des rangées de plants serrés les uns contre les autres qui n'attendent qu'à être mis en terre. Le programme du jour : planter 100 arbres. Les plants sont mis sur une sorte de civière de fabrication locale. Signe du destin ou simple hasard mais quelle surprise de découvrir que les jeunes plants que nous allons transférer en pleine nature ont été semé le 22 mars 2007, date de notre départ de France. Pour Fab c'est le signe que nous sommes au bon endroit au bon moment. Dire que le jour où l'équipe de l'ONG était en train de semer des graines à Vohibola, à plus de 10000 km de là, nous étions sac sur le dos en train de tout lâcher en France pour prendre le bateau à Sète en direction de Tanger. Nous retrouvons ces mêmes plans, plus d'une année après. pour les mettre en terre ici. ça ne peut être qu'un signe du destin ! Nous sommes sur la bonne route ce qui est plutôt rassurant en cette période de pleine réflexion sur les orientations à prendre pour l'avenir du projet et celle de l'association. Une façon à la vie de nous dire « allez-y, continuez, c'est la bonne voie ». Peut être aussi un p'tit signe du destin pour nous faire comprendre que nous avons des choses à faire avec cette ONG, que quelque chose nous lie un peu à eux et que le « gros » projet qui s'annonce avec les alambics et qui nous fait un peu peur n'est peut-être pas à « laisser tomber » parce que nous ne nous sentons pas la hauteur. Bref, nous suivons sereinement les 4 agents forestiers à travers les chemins de sable, tout d'abord au milieu de fougères basses et des niaoulis avant de pénétrer dans la végétation plus dense de la forêt. Nous nous arrêtons un peu après l'orée de la forêt, mais on a l'impression d'être déjà perdu au cour de celle-ci. L'endroit choisi pour le reboisement est une parcelle ravagée par les flammes il y a quelques années. Pendant que 2 des agents font des allers retours pour ramener des plants de la pépinière et que les 2 autres font des trous au milieu des fougères, nous mettons « nos » bébés arbres en terre en espérant bien venir les revoir dans quelques années. Joelson nous apprend plus tard que tous les plants sont marqués par GPS afin de connaître le taux de reprise et que l'on pourra donc voir et suivre la parcelle que nous avons reboisé sur Google earth. Nat fait la découverte d'un « fluo naturel », une racine à la sève jaune fluo « Est ce que c'est avec ça que l'on fait les fluos ?? » Nous rentrons vers midi au camp. Nous sommes vraiment contents de cette matinée et en plus il n'a pas plu. Nous retrouvons Joelson avec qui nous faisons un petit festin. Pommes de terre, légumes, et riz car n'est pas malgache celui qui ne mange pas du riz à tous les repas. Nous allons voir les plants de Jatropha de Madarail qui n'ont pas l'air très en forme, la compagnie de chemin de fer les a planté tout le long de la ligne Tamatave-Moramanga afin d'assurer son autonomie énergétique d'ici quelques années. Nous ne savons pas comment elle travaille avec les paysans c'est à dire si elle les indemnise pour leur travail ou si elle leur achète les graines à un prix ridicule comme c'est souvent la « coutume ». Nous essayerons d'en savoir davantage la prochaine fois que nous viendrons. Ces plantes à biocarburant doivent servir pour alimenter le train. Mais qu'il est frustrant de connaître et voir tout ce « potentiel » en biocarburant à côté de ce petit village qui n'a pas d'énergie et qu'il suffirait que quelqu'un les informe et leur apprenne à produire l'huile pour avoir un peu de lumière le soir. Cela pourrait être simple mais ils ne savent pas. Nous sommes un peu dans une situation inconfortable, notre mission est avant tout de diffuser l'information et de faire connaître mais la situation n'est pas si simple et il faut faire attention de ne pas mettre les pieds dans le plat. Nous passons beaucoup de temps à discuter avec Joalson et à la nuit tombé, c'est à dire vers 17h, jusqu'à tard dans la soirée à jouer au Scrabble à la lumière d'une bougie. Ce sont des moments que l'on ne pourra pas oublier. Vendredi soir, en pleine partie de scrabble, nous voyons débarquer les 4 stagiaires rencontrés à Vohimana. Ils arrivent d'environ 20h de train qui n'aurait du en durer que 8, mais ces retards semblent être habituels. Les stagiaires sont là pour 3 mois et doivent tous les 4 travailler à Vohimana. Ils sont venus visiter le 2 ème site de l'ONG. Ils sont jeunes et découvrent tous. Les bouis-bouis, les marchés, les taxi-brousses, Madagascar, l'Afrique. Nous étions dans le même minibus qu'eux lorsque nous avons quitté Tana pour Vohimana. Ils étaient arrivés la veille de France, nous étions « amusés » de voir leur yeux grand ouvert sur tout ce qu'ils voyaient par la fenêtre, émerveillés, subjugués ou surpris par ce qu'ils n'avaient pas l'habitude de côtoyer. Nous étions pareils il y a 7 ans ! Samedi c'est vraiment journée relax. Le soleil est au rendez-vous. Entre une séance discussion, une séance photo ou une séance coinche, nous prenons quelques mesures d'alambic pour l'adaptation d'un nouveau système qui permettrait de ne plus du tout utiliser de bois. Barbara arrive samedi soir par le bateau. Nat est un peu malade mais surtout fatiguée. Nos corps doivent commencer à être « usés » et deviennent plus sensibles à tout. Allongée sur le grand lit de la case, emmitouflée dans les sacs de couchage, les yeux fermés, pour oublier son mal de tête, elle se laisse « bercer » par les gazouillis des oiseaux, les chants des filles qui jouent à la corde à sauter, les « broum-broum » des petits garçons qui jouent à la voiture et le ronronnement de l'océan. Ecrit le Vendredi 20 juin 2008, 16h34, Vohibola « Nat est fatigué et se repose allongée sur le lit. Je suis posé dans le canapé de la case. Nous sommes dans le petit village d'Andranakotry, coincé entre le canal de Pangalanes et l'océan indien. Le village partage les 300m de terre avec la voie ferrée. Aujourd'hui, contrairement à hier, il fait beau. Les quelques enfants qui passent devant la porte ouverte me dise « bonjour » avec le sourire. C'est tranquille. Le soleil est en train de se coucher et chacun rentre chez soi. Les gens vont préparer le feu pour le repas du soir. » FAB Dimanche c'est le dernier jour pour nous sur le site mais nous y reviendrons car c'est là que nous devons installer le nouveau prototype de chaudière. Nous devons être mardi à Tana et prévoyons de prendre pour cela le train venant de Tamatave pour Moramanga. En ce dimanche matin, l'ambiance est à la tranquillité. Chacun fait sa petite vie. Les stagiaires sont partis en balade, Virginie peut un peu respirer car son bébé vazaha fait la joie des « mamans » malgaches. Fab et Joelson installent le nouveau réchaud à gaz pendant que Nat lit de vieux magazines laissés sur place, particulièrement un mini reportage sur l'Ethiopie un pays qui l'attire depuis un petit moment. Puis pendant que Fab se met à épandre des feuilles de Niaouli afin de les faire sécher au soleil pour que l'on puisse les ramener à Tana et faire des essais de combustions, Nat s'éclate à la macrophotographie et fait la rencontre d'une jolie sauterelle.
Donc en ce matin ensoleillé, la vie est des plus agréable, et même si nous nous mettons dans une séance de travail avec Barbara, qui s'étend de 10h à 13h, c'est dans des conditions plutôt agréable, dehors, sous la paillote qui face à la mer qui nous offre une jolie palette de couleur. Barbara nous dit que c'est le début de la saison des baleines à bosse et qu'il faut ouvrir grand les yeux car il est fort possible que l'on puisse en apercevoir une. Ce passage à Vohibola fût fort instructif même si l'alambic étant à l'arrêt, nous n'avons pas pu faire ce que nous avions prévu. Nous avons quand même rencontré un distillateur qui nous a fait part des problèmes qu'il pouvait rencontrer au cours du processus. Le bois comme l'eau sont les 2 plus gros problèmes qui font que le travail est très pénible et que personne dans le petit village ne voudrait prendre leur place. On espère vraiment pouvoir apporter des changements au système et faire qu'il n'y ait plus besoin de bois et que les 9h passées à pomper difficilement et durement les 2500L par jour à la force des bras soit facilitées. A 13h tout le monde à très faim. Joelson nous a cuisiné de délicieux poissons qui sont assez rares à trouver en ce moment. A cause de la surpêche les poissons du canal sont petits et rares et depuis 15 jours les pêcheurs en mer ne peuvent plus sortir car elle est trop agitée et dangereuse. Dans notre assiette nous avons donc des poissons du canal. Nous faisons la jalousie des stagiaires qui nous parlent d'envie de poissons depuis qu'ils sont arrivés sur le site. Compte tenu de l'isolement du village, chacun doit se débrouiller pour la nourriture. Nous avions partagé avec Joelson nos légumes, fromage, saucisson ou chocolat, si rares ici et venus de Tamatave dans nos bagages, lors de nos repas « festins » ces 3 derniers jours. Aujourd'hui il nous rend l'appareil avec ce poisson. Difficile d'inviter les stagiaires à notre table alors que nous sommes nous même invité et que le poisson en ce moment coûte cher. Nous ne reprenons pas la séance travail avec Barbara bien qu'elle ne soit pas terminée. Changement de plan de dernière minute : nous allons prendre le train avec les stagiaires pour Tamatave (à l'opposé de notre destination initiale Moramanga). C'est la direction opposée de Tana mais la façon la plus rapide d'y arriver. Ce train qui aurait du passer le matin n'arrive qu'à la nuit tombée après 18h. Nous embarquons nos 2 sacs de feuilles de Niaouli aidés des jeunes. Nous nous collons à 6 sur deux banquettes qui se font face et entamons une partie de belote. A Tamatave nous retrouvons le Tsiky hôtel et faisons découvrir l'une de nos gargotes de rue préférée aux stagiaires. Nous avons fait des aux revoirs rapides à Joelson en le rassurant que nous reviendrons et sans trop de remords car Barbara et Virginie sont restées. Il aura de la compagnie pendant plusieurs jours. Lundi 23 Juin 2008 (P = UI, TAMATAVE - TANA) : Nous partons vers 6h30 en direction de la gare routière avec Olympe l'une des stagiaires. Nous devons prendre un taxi-brousse pour Tana. Olympe doit s'arrêter à mi-chemin pour rejoindre le site de Vohimana. Notre arrivée matinale et mouillée à la gare routière nous permet de réserver les 2 places à l'avant du minibus à côté du chauffeur. Nous avons une demi heure pour aller prendre le petit dèj au comptoir du coin. On peut trouver des cafés et des beignets à tous les coins de rue, à prendre le plus souvent debout sur le trottoir. On poirote finalement une bonne demi heure de plus dans la petite cahute de la coopérative de transporteur. Le départ se fait à 8h30 sous une pluie battante. C'est parti pour 8h de route. Les 4 ou 5 premières heures avant la pause déjeuner passent très vite. Assis à côté du chauffeur, nous bénéficions d'une vue panoramique sur la route et ses environs. Nous faisons le point sur le projet alambic et comme souvent les transports sont l'occas' de prendre du recul sur notre travail et d'avoir de nouvelles idées. Nous passons 2 ou 3h à discuter, à échanger, à être d'accord ou parfois non sur de nouvelles orientations. Dans le bus, les autres passagers sont plutôt silencieux et notre chauffeur qui à un drôle d'air de Jean Réno reste concentré sur la route pendant que nous ne cessons de parler. Dehors, la forêt défile, il pleut toujours, cela nous fait penser aux routes de l'Afrique centrale à la différence que des drapeaux malgaches flottent sur la devanture de chaque maison ou de la moindre petite bicoque en bord de route. Dans 3 jours, le pays fêtera son indépendance et les malgaches semblent tenir cela très à cour. Même certains étalages de fruits ou petites épiceries ont leur drapeau. Malgré le temps gris, il y a dans l'air comme un air de fête et sur les marchés au milieu des fruits et des légumes, on trouve aussi des stands de vente de pétards ou de lampions. Puis c'est la grande découverte pour Nat. Elle qui adorait ses cours de physique, elle découvre tout leur intérêt quand Fab lui explique le dimensionnement d'une installation solaire. Et c'est parti pour un cours improvisé de 2 heures de physique avec la démonstration de l'utilité de la fameuse formule P=UI. Trop contente de cette nouvelle connaissance, c'est elle qui fera le dimensionnement du site de Vohibola. Si elle se retrouve au chômage au retour, elle pourra peut être postuler pour un poste de technicien solaire ! Le trajet passe vite. Olympe est déjà descendu et vers 13h c'est la pause déjeuner. L'occas' de manger un peu de riz et puis c'est reparti. Nous arrivons finalement vers 16h à Tana. Nous posons nos 2 sacs de feuilles de Niaouli au siège de l'ONG après avoir âprement négocié la course de taxi. Puis direction l'hôtel Lambert. Nous retrouvons avec plaisir les escaliers maintenant devenus familiers comme les gargotes du quartier. Mardi 24 Juin 2008 (Réunions, TANA) : Aujourd'hui nous devons prendre certaines décisions quant à la suite du projet alambic et les autres projets de l'ONG. Nous avons donné RV à Josoa, à Olivier et à Adana au siège de MATE. Réunir tout le monde est l'occas. de mettre les choses au clair et de mettre au point un plan d'attaque. Si avec le nouveau foyer à feuilles de Josoa nous pensions juste équiper ou remplacer les vieilles chaudières à bois des alambics de l'ONG, Olivier avec son enthousiasme et sa ferveur communicative évoque l'idée de remplacer toutes les chaudières de Mada. Sa motivation nous suffit pour vouloir nous embarquer dans l'aventure. Mercredi 25 et Jeudi 26 Juin 2008 (Fête de l'Indépendance à Tana, TANA) : Le passage à Tana ne devait être qu'une courte escale avant la tournée du Sud. Mais la fête de l'Indépendance et le projet alambic nous font rester à la capitale jusqu'à samedi. Mercredi matin nous nous posons un peu pour mettre sur le papier les idées et les réflexions évoquées ces derniers jours. Mais il y a dans l'air un air de fête. Demain Madagascar fête le 48 ème anniversaire de son indépendance. Le jour est férié et tout le monde nous annonce une grande fête populaire. Vers 17h30 alors que la nuit tombe, nous prenons la direction de l'avenue de l'indépendance plutôt que celle de nos bouis bouis habituels. En bas des escaliers nous nous arrêtons acheter quelques croissants à un vendeur de rue pour le lendemain vu que tout sera sans doute fermer. Un vieil homme nous dit, le regard un peu étonné, « vous allez donc faire la fête de l'indépendance avec les malgaches » -« on va essayer » . Nous ne réagissons pas tout de suite et réalisons plus tard qu'ils sont en train de fêter le jour où ils ont « viré » les français du pays. Dès les premiers pas dans les rues, nous sentons la différence d'activité. Il y a beaucoup plus de monde que d'habitude. L'avenue de l'indépendance fermée à la circulation des voiture est noire de monde. La foule descend ou remonte la grande avenue. Il y a beaucoup de bruit, des pétards claquent dans l'air, les stands de nourritures et de boissons emplissent les trottoirs. Au fur et à mesure que nous avançons, nous découvrons une kermesse géante avec des jeux de hasard, des manèges, de la barbe à papa, des lotos, des jeux d'adresse, des étales de feux d'artifices, des masques et des lampions et toujours ces bruits de pétards. Et puis il y a tous ces enfants les yeux grands ouverts et le regard émerveillé qui se promènent avec des lampions à la main parfois dans les bras ou perchés sur les épaules de leur parent. Nous goûtons nos premières brochettes de zébu du séjour assis sur un casier vide de bière, face à l'un des nombreux « grilladero » installé sur le trottoir. Dans ce bain de foule, chacun trouve un coin de trottoir pour boire un coup ou pour manger salé ou sucré. Vers 20h un feu d'artifice éclate. C'est la magie jusqu'au bout que ce soit pour les grands comme pour les petits. On a l'impression de participer à une vraie grande fête populaire comme il n'y en a qu'une dans l'année. Lorsque nous rejoignons la terrasse de l'hôtel un peu plus tard, l'activité est encore grande et nous sommes sous le charme de ce défilé de lumière. Beaucoup de malgaches se promènent dans la nuit avec des lampions de style chinois. Nous entendrons jusque tard dans la soirée les pétards et les feux d'artifice perturber la tranquillité habituelle des soirée de Tana. Jeudi c'est un peu la même chose. Matinée studieuse et après-midi kermesse. Nat s'essaye même au jeu de hasard et d'argent en s'attablant à un petit stand de jeu de dés.
Le principe est simple. Miser sur un chiffre entre 1 et 6. Si l'un des 3 dés joués par le « croupier » tombe sur le numéro parié tu gagnes le double de ta mise sinon tu perds. La vazaha qui joue au jeu comme eux fait un peu l'attraction et la curiosité du coin. Elle a la chance du débutant mais perdra quand même sa mise initiale de 1000 Ariary (0,40€). Nous aurions trouvé « indécent » de vouloir gagner de l'argent. Ecrit le Lundi 30 juin 2008, 17h18, Hôtel Encre d'Or, Fianarantsoa Vendredi 27 juin 2008 (Petit devis, TANA) : Aujourd'hui, nous attendons le devis et surtout les plans que Josoa doit nous fournir pour la réalisation de sa fameuse chaudière à feuilles. Après un coup de fil, il nous donne RDV au siège de MATE. Cela nous laisse la matinée pour préparer un peu le départ pour le sud le lendemain. Fab part faire quelques courses dans les rues comme toujours grouillante de centre ville sauf que ce matin c'est moins actif après la fête de la veille. Il y a quand même quelques stands de jeu qui attire encore du monde sur l'avenue de l'indépendance. Pendant qu Fab déambule dans les rues de la ville à la recherche d'une cartouche de gaz, de piles et de café, Nat complète et reprend le carnet d'adresse qui n'en finit plus de s'allonger. Dernier impératif avant le départ pour Fab, aller chez le barbier/coiffeur. Comme souvent, derrière un petit rideau, dans un tout petit salon de coiffure, un jeune s'escrime sur la tête trop chevelue de Fab. En 20 minutes et pour 1500Ar (0,70€) la coupe est finie. Le rapport qualité/prix est imbattable et pour ce prix là, on vous fait la barbe ! Le tout sans parler la même langue ! Après avoir partagé un délicieux et copieux riz porc à 1000Ar (0,30€) dans l'hotely du « petit vieux », on va attendre Josoa qui n'a qu'une heure de retard. Le plan tant attendu n'est en fait qu'un schéma de principe et Fab tique un peu sur l'idée de faire débourser 2 600 000 Ar (1040€) pour une belle chaudière mais sur la base d'un dessin bien coloré. Josoa à l'air très sûr de lui. Du Samedi 28 au Dimanche 29 juin 2008 (Etapes express, TANA - AMBOSITRA) : Levés tôt, nous traversons les rues de la capitale endormie vers 6h30 en 4L. Fab a froid à la tête (plus de cheveux). Nous quittons Tana pour un mini périple de 3 ou 4 semaines dans le sud. Objectif : Tuléar ou Toliara en malgache, à la pointe Sud Ouest de l'île à plus de 900 km. Nous ferons la descente en plusieurs étapes alternant étapes de rencontres pour RISEAL et étapes touristiques. Aujourd'hui nous n'avons « que » 250 km à parcourir pour atteindre Ambositra. Le minibus ne part qu'à 8h30. La faute à une sour qui, ayant réservé une place, arrive un peu en retard. Bien que nous soyons assis à l'arrière du bus sur une banquette qui avance car pas fixée, c'est assez confortable. Nous ne sommes que 3 par banquette car nous sommes dans un bus national. Si nous avions été dans un transport régional, nous aurions été 4. Les paysages devenus familiers des hauts plateaux ne nous lassent pas. Les hautes maisons de briques rouges défilent derrière les vitres. Tout le long de la route, nous assistons à un vrai spectacle de couleur par les habits colorés ou les lambas dont se vêtissent hommes ou femmes. Nous assistons également à un vrai défilé de chapeaux. Hommes, femmes, ados, enfants ou bébés, tout le monde porte le chapeau en paille, en tissu, en rond à bord large de toutes les formes, de toutes les couleurs, quelques casquettes, des feutres, des bobs, des couvre chef. Et il faut bien l'avouer, même le plus pauvre des paysans malgaches a la classe avec son chapeau de paille sur le coté. Plus nous allons vers le sud, plus la terre s'éclaircie, les maisons rouges laissent la place aux maison de terre jaune. Les flancs de montagne sont taillés en terrasse de rizière ou de potagers et les panoramas façonnés par la main de l'homme (un peu aidé par ses boufs) sont magnifiques. Après une brève halte restauration, et un bon riz porc, nous arrivons en début d'après-midi à Ambositra. 5h de route pur 250 km. C'est normal. 50km/h est la vitesse moyenne. On trouve l'hôtel facilement, accompagnés par 2 ou 3 jeunes guides qui nous proposent déjà de faire la visite des ateliers de la ville ou de l'un des village d'artisans. On décline les offres poliment et n'insistent pas du tout aussi poliment. Nous sommes sur la route touristique et sommes en début de la saison, nous risquons d'avoir souvent ce genre de discussions qui ne nous manquait pas du tout et que l'on connaît par cour « ça fait combien de temps à Mada ? Et vous êtes de quel coin en France ? Et vous restez longtemps ici ? Et vous êtes de quel hôtel ? Et vous faites quoi demain ? C'est pas cher hein ! ». Après avoir posé les sacs dans l'hôtel « moins cher », on part découvrir la petite ville et son marché. Au hasard d'une ruelle on tombe sur un vieux qui vend des lampes à pétrole en matériaux de récupération. 800Ar les 2 (0,30€) !!! On achète pour ramener en France et montrer comment on peut s'éclairer en Afrique. Les rues sont grouillantes en ce jour de marché hebdomadaire, c'est un défilé de pousses pousse colorés, de charrettes (des petites « voiture » en bois qui servent à charrier les marchandises et qui sont tirées ou poussées à la force des bras), et encore de chapeau sur toutes les têtes. On fait notre marché, les locaux sont tantôt amusés, tantôt étonnés de nous voir faire nos petites emplettes de fruit en essayant de bredouiller quelques mots de malgaches. Les gens sont vraiment et toujours souriants même si beaucoup d'entre eux n'ont pas de chaussures. Le lendemain nous nous levons tôt bien décidés à parcourir la campagne environnante. Nous partons vers 7h du matin, la brume est en train de tomber dans la vallée. Nous sirotons rapidement un café à un étal un peu au milieu de nul part après quelques minutes de marche. Le brouillard est vraiment épais, nous voulons monter jusqu'au « rova » (le palais) qui surplombe la ville. Nous espérons que le brouillard s'estompera dans la matinée au fur et à mesure de notre petite ascension. Nous continuons de grimper dans une vraie purée de pois, des « trous » dans la brume laisse parfois entrevoir les paysages et de petits hameaux. Nous arrivons au « Rova » et la maison de bois noir au milieu de la brume a un air un peu étrange. On décide de forcer notre chance et de monter un peu plus haut, toujours dans la brume. On rencontre en chemin Jean-Baptiste, un vieux bavard et aux pieds nus, qui nous parle un peu de sa vie, tout en nous guidant vers un caillou avec une jolie vue. Arrivés au gros rocher, comme par magie les nuages se dissipent en quelques minutes, la vue est superbe et nous pouvons revoir presque au complet le sentier que nous avons parcouru dans le brouillard. Nous profitons de la vue, échangeons quelques mots avec les gens qui passent, montant ou descendant, jeunes ou vieux, toujours souriants. C'est déjà l'heure de redescendre, nous voulons prendre un taxi brousse pour Fianarantsoa en début d'après midi. Vers 12h nous retrouvons l'hôtel, prenons les sacs et repartons aussitôt en pousse pousse vers la gare routière. Cette fois, dans le bus, nous sommes 4 par banquettes, le bus est déjà presque complet, juste le temps de prendre quelques samoussas à emporter à un des jeunes vendeurs ambulants et c'est parti. Nous arrivons un peu plus de 3h plus tard à Fianar et nous nous installons dans un petit hôtel non loin de la gare routière. Déjà 3 guides nous ont proposés leur service. Ecrit le Mercredi 02 juillet 2008, 17h, Bar du terrible, Ambalavao Lundi 30 juin au Mardi 01 juillet 2008 (Faux guides et bonnes rencontres, FIANIARANTSOA - AMBALAVAO) : Quand nous nous levons, un brouillard épais enveloppe la ville. Malgré la difficulté de quitter les draps chauds du lit, nous sortons de l'hôtel vers 8h, bien décidés à trouver les acteurs que nous avons ciblé. Nous n'avons réussi à joindre personne ni par mail, ni par téléphone depuis Tana, il va falloir improviser. Nous trouvons tout le monde, les entretiens sont intéressants que ce soit avec Mme Marie de l'ANAE (Association Nationale d'Actions Environnementale) ou Anicet du programme ERI ( Eco-Regional Initiatives program). Nous sommes accueilli cordialement, bien qu'aucun d'eux ne nous connaisse. Nous évoquons avec l'ANAE un vieux programme de foyers améliorés et avec ERI un programme plus récent et toujours en cours d'implication des paysans dans la production d'huile de jatropha comme biocarburant. Au cours de la discussion, nous retrouvons encore ce « problème » avec les bailleurs du Nord qui imposent leur projet sans tenir compte de ce qui se passe sur le terrain. Tout cela parce que c'est eux qui ont l'argent. Anicet nous donne un très bon exemple symbolique « C'est comme quand on propose à un bailleur un projet d'élevage de poule pour l'amélioration des conditions de vie des paysans. Le bailleur vous répond : Non, non, mois j'ai de l'argent seulement pour l'élevage des chiens. Mais moi je sais qu'à Madagascar personne n'en veut ou n'en mange du chien, mais j'accepte quand même le projet car c'est toujours mieux que rien ». Ceci reflète bien l'aide au développement du Nord pour le Sud. Nous ne sommes même plus étonnés d'entendre ce discours tant on nous l'a répété depuis le début du voyage. Aujourd'hui on se focalise sur notre idée de fournir à toutes ces bonnes volontés des financements appropriés. A force justement d'entendre ces discours, cela nous a donné envie d'aller plus loin avec RISEAL. Ne plus être simplement un réseau, mais aussi permettre la réalisation des projets qui viennent des africains. Les rencontres nous réconfortent et étaye nos réflexions, d'une part parce que la communication et la diffusion d'information est un réel problème et d'autre part, parce que l'on rencontre beaucoup de personnes avec qui on s'imagine bien travailler dans un futur proche. Anicet nous rassure qu'il y a quand même quelques bailleurs assez souples pour laisser une marche de manouvre sur le terrain. C'est justement le cas du programme ERI pour le jatropha, qui était au début orienté pour l'exportation de biocarburant et qui a évolué vers un programme d'appui à la transformation et à l'utilisation locale de la plante. Un très bon exemple de réorientation au bénéfice des paysans, qui au lieu de vendre le kilo de graine à 100Ar (0,04€) pourrait vendre le litre d'huile entre 3000 Ar et 10000 Ar (1,20€ à 4€) sur la marché local en plus de se servir des sous-produits (tourteau comme biopesticide, savon, pétrole). Il nous dit également qu'il y a un réel manque de communication et qu'un réseau comme le notre est le bienvenue, qu'il est difficile d'obtenir des informations fiables et techniques même sur internet, et que beaucoup de personne font de la rétention d'informations. Nous avons pu le constater par nous même il n'y a pas très longtemps quand le WWF (World Wildlife Foundation) nous a la poliment fermé les portes alors que nous voulions consulter la bibliothèque soi-disant ouverte au public. Nous sommes toujours aussi frustrés de voir la quantité de travail et de rapports accumulés dans les « bureaux » des ONGs ou structures diverses, qu'ils soient réalisés par des stagiaires ou des consultants, ils s'entassent et ne sortent jamais de ces bureaux alors qu'ils pourraient servir à plein de monde. Notre « combat » parmi tant d'autre sera aussi de faire sortir toutes ces infos. Que ce soit en Afrique, en France ou partout ailleurs, la base du développement n'est-elle pas la diffusion de l'information libre et gratuite. C'est désespérant de voir que les erreurs se reproduisent d'année en année à cause de cette rétention d'information de cette non communication. On peut se dire que les gens gardent leurs infos car cela peut faire vivre un cercle de personne à l'échelle locale (consultant, artisans, membre d'ONG) mais, si l'on pousse plus loin, n'est-il pas politiquement incorrect de penser que tout cette rétention d'informations donne une raison d'exister à des structures du Nord ?! Ecrit le Jeudi 03 juillet 2008, 21h30 Lundi 30 juin 2008 au Mardi 01/07/08 (suite) : Au premier abord la ville de Fianar n'a rien d'attirant. Nous sommes installés dans la ville basse. Lundi nous découvrons une ville moyenne beaucoup plus propre et calme. Mardi nous partons à la recherche d'infos. sur les producteurs d'huiles essentielles à Madagascar que nous ne trouvons pas. Rencontres faites et bagages bouclés, nous nous pointons à la gare routière vers 13h. Nous devons rejoindre Ambalavao 60 km plus au Sud. L'arrivée à la gare routière, nous offre comme à son habitude, un attroupement de rabatteurs qui veulent nous amener vers leur compagnie. Nous avons de la chance, nous obtenons les 2 places de devant alors que certains passagers ont déjà pris place et n'attendons pas très longtemps que les dernières places s'achètent. Nous retrouvons le jeune Daniel qui nous avait guidé jusqu'à l'hôtel lors de notre arrivée à Fianar. Il tente de nous convaincre de lui laisser de l'argent pour qu'il s'occupe de nous réserver des places de bus pour la suite de notre itinéraire en étape jusqu'à Tulear. C'est le truc ici des « faux guides » qui, pour gagner un peu d'argent, nous annoncent des transports difficiles à trouver pour la suite. Il vend bien son service mais nous ne cédons pas. Pour l'instant on s'est toujours débrouiller par nous même, on veut continuer sur la même lancée. Nous poursuivons donc notre route toujours plus au sud. Les paysages sont vraiment beaux. Toujours des rizières, des cultures en terrasse, des hautes maisons de terre blanches, rouges ou jaunes, des zébus et ces montagnes en fond. Que c'est beau !!!! La route monte et descend, le minibus enfile les reliefs et les tournants au milieu de ce spectacle naturel magnifique. Nous n'arrivons pas très tard à Ambalavao. Dès notre arrivée, cette petite ville nous séduit. Nous nous posons même des questions quant à la suite de notre itinéraire et envisageons de supprimer notre arrêt au parc de l'Isalo afin de rester plus longtemps ici. Isalo à quelques 250 kms plus au sud sur la RN7 est le parc le plus touristique de Madagascar. L'accueil doit être moins chaleureux et nous nous disons que nous préférons nous attarder dans ce coin qui nous plaît et qui est un peu « hors » des circuits touristiques. Ambalavao est quand même réputé pour son fameux marché aux zébus du mercredi qui est le plus grand de Madagascar. Ecrit le Vendredi 04 juillet 2008, 13h05, minibus Ambalavaho - Isalo Mercredi 02 juillet 2008 (Maki catta et marché aux zébus, AMBALAVAO) : Ce matin nous partons à la recherche des makis catta avec Charlène, notre guide du moment, dans le petit parc de Anja à une dizaine de kilomètres de Ambalavao. Les makis catta sont une espèce de lémurien qui a la caractéristique d'avoir une grande queue annelée blanche et noire. Charlène travaille à mi-temps dans l'hôtel où nous nous sommes installés, et « s'essaie » l'autre partie de son temps au « métier » de guide. Comme elle n'en est qu'à ses débuts, elle nous propose le « tour » pour pas très cher et guère plus cher que si nous le faisions par nous même. Nous aurions donc pu nous débrouiller par nous même mais elle est sympa.
En attendant le taxi brousse, nous passons un moment à observer les gens qui arrive pour le grand marché du mercredi. Il est 7h du matin et les gens acheminent tomates et autres denrées vers les différents étalages. Dans cette région, les hommes portent souvent une fine couverture en guise de blouson par dessus leur chemise et leur short ce qui leur confèrent une allure particulière emmitouflés dans leur « couette », les jambes et les pieds nus et la tête coiffée de leur chapeau de paille. Le taxi-brousse nous prend devant l'hôtel puis nous dépose 2 kms avant l'entrée du parc. Nous finissons à pied à travers ces paysages qui nous plaisent tant. Nous voyons quelques pieds de Jatropha mahafaliensis la plante autochtone de Madagascar. Ici l'huile est traditionnellement utilisée comme soin de beauté pour les cheveux. Il est difficile de s'en procurer. Elle peut coûter jusqu'à 12 000 Ar/L (4€). Un pisteur nous rejoint quelques centaines de mètres avant l'entrée du parc. Il nous suffit de quelques minutes de marche dans la fraîcheur de la petite forêt pour voir un groupe de maki. Nous sommes aux anges (surtout Nat). Les makis ne sont qu'à quelques mètres de nous. Ils ne sont pas domestiqués mais ne sont pas effrayés par les hommes non plus. C'est la bonne heure pour les voir bouger. Ils passent la nuit dans les grottes et sortent au petit matin pour trouver chaleur et petit déjeuner. Accroupis au sol et un peu camouflés par des fougères, nous observons ces petites peluches qui s'agitent autour de nous comme si nous n'existions pas. Certains jouent, sautant de branche en branche, d'autres lézardent en plein soleil en quête de chaleur, d'autres mangent des jujubes perchés sur la cime des arbres. La forêt n'est pas très feuillue ce qui nous permet de les observer facilement. Nous aurions pu rester là toute la matinée à profiter du spectacle mais Charlene et le pisteur nous invite à poursuivre le tour. Nous trouvons aussi le long du petit chemin caillouteux un petit caméléon vert et un beaucoup plus gros noir et blanc. Tous deux dormaient bien tranquillement avant d'être repérés et secoués par le pisteur. Nous grimpons un gros rocher pour prendre un petit point de vue. Le panorama à 360° est magnifique. En bas, quelques gamins pêchent au filets des petits tilapias. Leur voix et quelques bruits du village montent jusqu'à nous. Sur la fin de la boucle, nous voyons 3 autres groupes de makis avec à chaque fois l'envie de rester plus longtemps à les observer. Il n'est pas loin de 11h. Il commence à faire chaud et ils cherchent un bon endroit pour faire la sieste. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au marché des zébus de Ambalavao qui a la réputation d'être un véritable spectacle en soi. On nous a dit que le marché ne débutait vraiment qu'à 11h. C'est à peu près l'heure à laquelle nous arrivons et quelle chance. Nous assistons à l'arrivée des troupeaux. Le marché est situé en périphérie des derniers quartiers de la ville. Il y a un grand enclos à zébus installé au sommet d'une petite colline qui donne un beau point de vue sur la vallée pleine de rizière et qui entourée de relief. Le ciel est d'un bleu azur, les zébus par troupeaux de 5, 10 ou 20 têtes et menés par les éleveurs betsileo ou baras arrivent d'un peu partout. Chacun rassemble ses bêtes dans le grand enclos attendant l'arrivée d'un éventuel acheteur. Il y a beaucoup de monde et vraiment beaucoup de zébus. L'enclos ne tarde pas à se remplir. Appuyés sur les barrières qui délimitent le « marché », nous apprécions le moment. Nous observons, nous prenons le temps de regarder malgré le soleil qui cogne fort. Nous tentons d'en savoir davantage mais les gens ne parlent pas le français. Quelques enfants nous accompagnent. Il y a d'autres vazahas qui déambulent au milieu de l'enclos. Le zébu, partout dans Madagascar, est, en plus d'être un signe de richesse, une vraie valeur symbolique. Suivant la taille il vaut de 150000 Ar (60€) pour les plus petits jusqu'à 500000 Ar (200€) pour les plus gros. Lors des différentes célébrations, le sacrifice du zébu est un élément essentiel pour les 18 ethnies de l'île. Que ce soit pour un mariage, un enterrement ou pour toutes autres célébrations. Il est par exemple indispensable pour un jeune marié d'accompagner la demande de mariage par un beau zébu pour la dot. Les grands éleveurs de zébus sont très riches et depuis un certains temps très exposés au vol que ce soit de leur troupeau ou de leur argent suite au marché. Il semblerait qu'il y ai une véritable mafia en place derrière la manne financière que représente le zébu à Madagascar. Nous revenons au centre à pied situé à environ 1 km du marché. Sur le trajet on croise beaucoup de monde. Les « couvertures » sont toujours aussi colorées, il y a toujours autant de chapeaux. C'est aussi le jour du grand marché en ville, il y a beaucoup de monde et l'ambiance est festive. Après avoir mangé une bonne assiette de crudités (ça change du riz !), nous partons faire un tour sur le grand marché. Comme d'habitude, tout est très bien organisé malgré le bazar apparent. C'est la saison de la tomate et toute une partie du marché lui est réservée. Il y a aussi le coin fruits et légumes, le coin viande, le coin du poisson, le coin du charbon, le coin des friperies, le coin des bidons, le coins des marmites, le coins de gargote. Nous cherchons le coin de l'huile de jatropha. Il paraît que c'est le seul endroit du pays où il existe une place pour cette huile. Charlene nous a pourtant dit ce matin qu'elle ne se vendait que par le porte à porte. Nous tentons quand même mais en vain. Nous ne trouvons que des bouteilles d'huiles de ricin vendues par quelques femmes sur le marché permanent et qui ne comprennent pas très bien le français. Pour bien finir cette journée, nous nous installons dans un hotely. Ce soir, avec le marché flotte comme un air de fête sur la ville et le climat étant beaucoup plus clément qu'à Tana, nous retrouvons le goût à siroter une petite THB tout en écrivant le carnet de route. Il y a derrière le bar, un gamin haut comme trois pommes, sans doute le fils de la gérante. Debout sur un grand tabouret, il domine la salle. Il nous lance des « vazaha » à travers le bar, il fait le guignol, il danse et profite que sa mère ait le dos tourner pour jeter quelques peaux de bananes par dessus le bar. Bien sûr ça fait rire Nat et du coup il rit encore plus fort et ce sont de véritables éclats de rire qui finissent par inonder tout le bar. Il recommence parce que ça le fait vraiment trop rire de voir rire la vazaha qui est sous le charme de ce petit terrible. Nous finissons notre journée en achetant 2 mini choco, des mini tablettes de 4 carrés de chocolat achetées dans un épi-bar (épicerie - bar) et rentrons vers 20h30 dans la tranquillité de la nuit qui est tombée depuis un bon petit moment sur la petite ville. Ecrit le Vendredi 04 juillet 2008, 20h07, Chez Alice, ISALO Jeudi 03 juillet 2008 (Tour de roue, AMBALAVAO) : Nous louons deux vélos pour la journée. L'idée est de partir un peu au hasard pour découvrir les environs de la ville. Nous faisons quelques kilomètres sur le goudron de la RN7 avant d'en sortir pour emprunter l'un des nombreux chemins qui traversent la campagne. Nous passons de village en village décidant de l'itinéraire au fur et à mesure que nous avançons. Il fait beau et les reliefs doux nous permettent de prévoir à peu près où nous allons. Dans les villages, les gens nous regardent avec un peu de curiosité mais répondent toujours avec des grands sourires à nos « salama » (bonjour). Nous croisons par mal de gens sur les chemins à pied ou à vélo. Nous traversons des étendues de savane, des rizières et des potagers souvent rassemblés au bord de petits cours d'eau. Les villages eux, sont souvent perchés en haut d'une petite colline et nous offrent presque toujours une vue sur le village voisin. Si bien que l'itinéraire est facile à suivre. Les village sont tous plus ou moins les mêmes avec leur maisons à étage, aux façades enduites de terre rouge et leur balcon de bois. Nous traversons également quelques vignes. Nous sommes dans la région de production du vin malgache. Nous essayons de faire une boucle. Au bout de 3 heures, nous voyons la route goudronnée. Nous voulons encore en profiter. Nous prenons un petit chemin sur la gauche qui nous ramènera, on l'espère, au début de la piste que nous avons emprunté plus tôt. Nous traversons un village accompagnés et suivis d'une meute d'enfants. Nous arrivons à les semer mais 1 kilomètre plus bas nous nous trouvons bloqués par un gros ruisseau et ses berges escarpées. Il ne faut pas longtemps pour que la petite meute nous rejoigne dans l'excitation. Il faut que l'on traverse à pied mais surtout trouver le bon endroit pour le faire. Nous hésitons, nous réfléchissons et à peine le temps de descendre de vélo et de repérer le terrain que deux gamins embarquent les vélos et attaquent la traversée. C'est vraiment l'excitation dans la petite bande de gamins et le franchissement se fait dans les cris et la rigolade. Nous récompensons de 100Ar les 2 « porteurs » qui nous ont sortis de ce mauvais pas et improvisons une petite séance photos avec tout le monde. Sur le chemin du retour, nous faisons une inévitable pause dégustation dans la cave du domaine du coin. Nous « goûtons » en moins de 10 minutes les 4 vins produits plus un apéritif et optons, le rose aux joues, pour une petite bouteille de blanc. Nous retrouvons Ambalavao en milieu d'après midi sans vraiment savoir combien de kilomètres nous avons parcourus sur « nos » vélos chinois. Fab a le temps de faire rafistoler ses chaussures chez le cordonnier du coin en préparation des prochains jours et de notre étape sur le massif de l'Isalo. Ecrit le Dimanche 06 juillet 2008, Env. 17h00, Hôtel Lala, TULEAR Vendredi 04 juillet 2008 (Surprise sur le marché, AMBALAVAO - ISALO) : Nous avons acheté nos tickets la veille pour être sûrs d'avoir les 2 places à l'avant. Le bus ne doit partir que vers 10h30 - 11h. Cela nous laisse le temps de prendre un dernier p'tit dèj. dans la petite ville et d'apprécier l'atmosphère. Vers 10h, sac sur le dos, nous nous rendons à la gare routière régionale du Sud située non loin du marché. Nous avons le temps avant de déambuler au travers les petites ruelles du marché. Nous tombons à tout hasard sur un petit stand présentant 3 ou 4 bouteilles montrant un liquide assez foncé. Pas le temps de poser la question que la dame assise sur le tabouret bas derrière la cagette qui sert de comptoir, nous dit « jatropha ». Dire que nous en avions cherché la veille et que nous n'avions trouvé que l'huile de ricin ! Le femme ne parle pas français. Sa gestuelle nous fait comprendre que les femmes se servent de cette huile pour nourrir leur cheveux. Nous voulons en acheter mais le plus difficile reste à savoir quel est le coût.Un petit attroupement s'est formé autour de nous. Que c'est étrange de voir des Vazahas acheter des produits locaux !! Nous finissons par comprendre que le demi litre est à 2000Ar (<1€). De l'autre côté et de dos, 3 femmes à même le sol vendent également de l'huile de jatropha. Elles sont au même emplacement que les femmes qui la veille nous annonçaient huile de ricin quand nous demandions ce que contenaient leur bouteille. L'huile est plus claire ici. Une vieille dame est très contente de nous montrer les graines de jatropha stockées dans un vieux sac en plastique. Nous achetons un autre demi litre et repartons très heureux du marché avec 2 échantillons d'huile de jatropha. Nat les testera sur ses cheveux et nous les ramènerons en France pour notre futur « atelier » de démonstration. Nous avions justement trouvé sur le marché de Ambositra, 2 petites lampes à pétrole très locale qui feront très bien l'affaire pour « rapporter » en France un petit peu d'Afrique. Le minibus quitte finalement la gare vers 11h30. Il fait beau. Nous sommes à l'avant et le trajet s'annonce bien et fidèle à sa « lenteur ». Nous sommes encore sur les hauts plateaux. Le minibus a du mal à dépasser les 20 km/h. Il est prudent. Les paysages sont toujours aussi très beaux. Et puis quelle belle surprise de trouver dans la descente sinueuse des dizaines de troupeaux de zébus. Ils prennent toute la largeur de la route. Plusieurs « gardiens », jeunes voire très jeunes, tentent de « maîtriser » le troupeau avec leur petit bâton. Le chauffeur nous dit que ces troupeaux peuvent faire 300 kilomètres pour arriver sur le grand marché de Ambalavao d'où nous venons et qu'il leur faut environ 15 jours pour parcourir cette distanc | ||||||