LE DOUAR DE BELLOTA : UNE DEMARCHE PARTICIPATIVE Situé au pied des montagnes du Rif, le douar Bellota (le seul où il n'y a pas de Kif) est un petit village d'une centaine de foyers (env. 500 personnes) très étendu. A peine descendu du taxi collectif (à 7 dedans), nous sommes accueillis à la Coopérative Agricole de Bellota par 5 des 7 membres composant l'association qui existe depuis 2001. Le président de l'association, Abdelghani est plus que motivé. Il donne l'impression de porter à bout de bras des projets qui, pour la plupart, devraient être mis en place par les institutionnels de la commune ou de l'état. Chaque membre de l'assoc. fait preuve d'une très grande abnégation, passant de longues heures en plus de leur temps de travail, à défendre et monter les projets de développement pour le douar. L'assoc. met un point d'honneur à inclure les villageois aux projets, d'une part car les financeurs obligent souvent à avoir une optique participative et d'autre part car ce sont tous des enfants du douar, et programmer une intervention sur le village sans trouver un consensus satisfaisant tout le monde est tout simplement hors de propos. Ils organisent nombre de réunions consultatives afin de recueillir les avis et les sentiments de leur voisins. Ainsi pour le projet d'adduction d'eau potable comme celui de réhabilitation de la piste, ils laissent le choix aux habitants qui ont le temps et peu d'argent, de payer leur contribution en main d'oeuvre...
LES PROJETS ADDUCTION D'EAU POTABLE 60 foyers du douars sont alimentés en eau grâce à l'association. Une participation de 600 DH (10DH~1€) a été demandée à la population et le projet a été réparti en 3 tranches : ouverture de la tranchée, installation des canalisation et branchement individuel avec compteurs au bout. Un réseau de canalisation de 6 kms a été mis en place en suivant le chemin suivant Source --->Chateau d'eau ---> Branchement individuel. Le tout en gravitationnel (cad à dire sans pompe donc sans besoin en énergie). Au préalable, une petite étude a été réalisée afin de connaître la consommation moyenne en eau d'un foyer rural. Il en résulte une moyenne de 8 à 12 tonnes d'eau / mois (par comparaison, en France moyenne 18 tonnes / foyer de 3 personnes / mois, sans bête à nourir)). La distribution de l'eau est limitée à 3 heures / jour. Chaque foyer doit payer sa consommation. Là encore, des tranches sont mises en place en fonction de la quantité : 0 à 3 t = 2 DH / t , 15 à 25 t = 5 DH / t et au delà de 25 t = 5,50 DH / t [10 DH env. = 1€]. Deux techniciens formés par l'association et originaires du Douar travaillent aux différents travaux d'entretien (fuite, adduction, branchement, ...) ou de relevé des compteurs en contre partie de 500 DH /mois pour quelques heures travailler en fonction de besoins.
AMENAGEMENT DE PISTE Nous avons pu constater par nous même en empreintant une des piste du douar (la principale, c'est-à-dire celle qui dessert l'école et la mosquée depuis le goudron (la route)) que par temps de pluie elle est très difficilement pratiquable voire impratiquable. Pour nous, visiteurs de 2 jours, ce n'était pas trop dérangeant juste un peu beaucoup salissant, par contre pour les villageois qui l'empreinte toust les jours cela devient très vite handicapant. - les maîtresses venant de Ouezzane, la ville d'à côté, à env. 20 kms, ne viennent pas enseigner : le taxi les arrêtent au goudron, ensuite il faut qu'elle empreinte la piste pour l'école qui se trouve vraiment tout en haut du douar à env. 1,5 kms de la route - les animaux peuvent rester bloquer par la boue et il est arrivé que certains meurt dans un effondrement (pour un fermier qui possède 2 ou 3 vaches en perde une est un véritable drame) - les aliments concentrés destiné aux animaux et conditionnés en sac de 100kg restent en bas du douar car ils ne peuvent pas être acheminés jusqu'aux animaux Un aménagement de piste était donc nécessaire. 3,5 kms sont en cours d'aménagement. Une convention a été signée avec le syndic. de la communedont le Douar dépend pour que l'association puisse utiliser son matériel (tractopelle, camion, etc...) mais les financements manquent...
REBOISEMENT ET SENSIBILISATION A L'ENVIRONNEMENT Autour de Bellota, se trouve une grande forêt de 11 000 ha, territoire de plusieurs villages et servant de ressources aux populations (bois de chauffe), aux éleveurs (débranchage pour les troupeaux ou aux cultivateurs de kif (brulis pour libérer de la place pour le cannabis). Depuis quelques années, la dégradation de la forêt se fait sentir, et si avant les femmes mettaient 1h30 pour faire l'aller-retour pour aller chercher le bois de chauffe, il leur faut aujourd'hui 4 heures. En réponse à cela, l'association propose plusieurs choses : - reboisement avec deux espèces "locales" : l'olivier (13 000 plants fournis par une pépinière de Chefchaouen, 2007) et le caroubier (fourni par l'ONF) - motivation à conserver le douar sans culture de kif - sensibilisation à l'environnement ( 4 séances de quelues heures dans les écoles)
Les plaines défrichées puis replantées dans les alentours du Douar
.....Nous quittons le Douar avec la certitude que l'associationr va continuer à le faire progreser tant ils ont des idées et des projets plein la tête : un distillateur pour exploiter les nombreuses plantes aromatiques de la campagne environnante, un gardien pour que les troupeaux ne broutent pas les nouvelles plantations d'oliviers, de caroubiers, ..., un circuit touristique pour faire découvrir les produits locaux et surtout un siège social bien à eux. Au final, une association très dynamique qui nous aura appris guère de choses au niveau de la maîtrise énergétique mais qui montre bien la très grande motivation de vouloir faire et surtout de vouloir bien faire pour un développement durable du douar; et nous aura apporté un point de vue très clair et sans cachoterie du qoutidien des "Ruraux" du Nord du Maroc.
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