Rencontre avec Monsieur Fadhel Ba

Un précurseur en matière d'énergie

C'est au siège de son bureau d'étude à Nouakchott que Mr Fadhel Ba nous reçoit. Perdu au sein du quartier assez pauvre du cinquième, où les rues n'ont pas de noms et ne sont pas toutes goudronnées. C'est après avoir indiqué au chauffeur de taxi, via téléphone, le chemin pour nous y rendre que nous nous présentons, devant une porte en fer rouillé simplement agrémentée d'un panneau de bois où l'on peut lire « Ouvert ».

Un homme nous invite à le suivre dans le bureau du patron. En fait, une toute petite pièce d'environ 6m² avec un bureau rempli par un enchevêtrement de fils électriques reliant son PC portable et autres appareils de la pièce.

Il nous reçoit avec le sourire et nous explique dès le départ qu'il est un commerçant du solaire et qu'en tant que tel, il n'a pas les mêmes contraintes que les ONG. Ceci dit, il a vraiment la volonté de faire avancer les choses dans le bon sens. Il semble gérer ses affaires d'une main bien solide et attache une attention particulière aux facilités qu'il peut apporter aux populations dans le financements de leur installations.

Nous le rencontrerons un eseconde fois chez lui, pour visiter ses projets.

Plantes arrosées au goutte à goutte, l'eau provient du pompage solaire-éolien

Le contraste est saisissant entre le Monsieur Fadhel Ba de la ville et celui de la campagne. Lors de notre deuxième rencontre, il nous est apparu comme un homme de brousse, plus décontracté qu'à Nouakchott, sur un terrain qui semble mieux lui convenir, celui de l'expérimentation et de l'application. Chez lui au PK42 à partir de Rosso, un peu isolé du village au milieu des dunes, il a construit sur ces fonds personnels un véritable centre de recherche et des énergies alternatives. Testant à l'échelle 1 un modèle qu'il veut proposer aux coopératives de femmes bordant le parc du Diawling dans le sud mauritanien. Pompage d'eau hybride (solaire + éolien mécanique) pour alimenter habitation et jardin, jardin dans lequel pousse pourghère (pour faire du biocarburant), bananiers, citronniers, le tout les pieds dans le sable, avec goutte à goutte maison, foyers améliorés en tout genre, séchoir solaire, charbon de typha, … tout y est, y compris le système de recharge et de batterie destiné à assurer quelques revenus aux coopératives. Il suit tout cela de très prêt afin d'être sûr que cela fonctionne.

Il nous accueille chaleureusement chez lui et nous raconte après un bon repas et autour d'un thé, ses débuts il y a plus de 20 ans dans le solaire. Les premiers régulateurs élaborés dan son atelier, les premières installations sur le sol mauritanien, après des études en Allemagne. Il est réellement passionné et est un pionnier en son domaine. Il est aujourd'hui convaincu que les dons de matériels n'ont plus de sens. Les utilisateurs ont besoin de micro-crédits pour accéder à l'énergie. Ils doivent payer les installations dans leur totalité, l'argent des bailleurs de fond doit servir au développement communautaire (école, dispensaire) et à la formation.

Il nous a fait faire le tour de sa propriété détaillant la fonction de chaque pièce, de chaque installation. Nous découvrons au fur et à mesure de la visite expérimentations et prototypes fonctionnant toujours suivi de près par sa fille d'à peine 4 ans qui touche à tout et qui après quelques minutes de fausse timidité demande carrément à ce qu'on la prenne en photo.

Son habitation s'apparente finalement plus à un centre de recherche et la diversité des application nous impressionne vraiment, malgré la modestie et la simplicité avec laquelle son initiateur nous les présente.

 

La "cuisinière" améliorée

Système économe, venant d'Afrique du Sud, fonctionnant au charbon de bois. Il peut également fonctionner au charbon de typha dont il a développé le procédé, économisant dans ce cas là 100% du couvert végétal et valorisant ainsi une plante envahissant le fleuve Sénégal.

 

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Le biocarburant

La pourghère, aussi appelée Jatropha, est une plante qui peut produire, grâce à ses fruits, de l'huile, qui pourra être utilisée dans les moteurs de voiture, de motopompe, ...

En plus de réduction de la pollution atmosphérique, ce procédé est une source d'économie pour les popoulations.