Le Bilan Carbone de notre action après 107 jours et 10698 kms parcourus (en kg éq C) : |
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C'est avec un policier et une estafette de gendarmerie française que nous ferons nos premières découvertes en territoire malien ... |
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Dimanche 10 juin, chutes de Felou, 12h53 Déjà 3jours que nous sommes à Kayes, on a profité d'avoir comme prétexte l'anniversaire de Nat pour faire notre première sortie touristique. Nous sommes donc aux chutes de Felou, à 18km de Kayes au bout d'une piste de terre. Nous profitons de la fraîcheur de l'eau et de l'ombre d'un manguier. Nous avons passer les 2 précédents jours a nous acclimater au pays et à faire les première formalités quand on arrive dans un pays (change, achat de puce téléphonique, cyber pour donner des nouvelles).
La ville est très animée.
Nous avons changer d'hébergement pour nous rapprocher du centre et nous sommes maintenant en plein milieu du marché qui grouille d'activité de 7h du mat à 18h. Des fruits (mangues, bananes,...), quelques légumes, du poisson séché, des bassines de toutes les couleurs, des noix de coco à la tranche s'alignent dans un fabuleux désordre dans toutes les rues.
A 18h tous s'arrête presque brusquement, les boutiques ferment et les étalages sont recouverts de bâches. En quelques minutes, il n'y a plus personnes dans les rues. Après notre arrivée rocambolesque à Kayes, Idrissa nous a rejoins comme promis le lendemain et c'est en trafic de gendarmerie que nous parcourons la ville. Il fait très chaud et c'est à son deuxième QG que nous terminons pour boire quelques bières bien fraîches : les premières depuis que nous sommes partis et fraîches en plus !! Il nous a même amené avec son estafette sur l'ancien bon qui reliait les 2 rives de Kayes et qui sert aujourd'hui de laverie. Mardi 12 juin, Bus Kayes-Bamako, 10h47
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Après 3 jours passés à Kayes, nous savons ce que signifie avoir chaud. Avec une température d'au moins 40°C en permanence le jour comme la nuit, il ne nous a été impossible d'avoir un moment rafraîchissant. Même l'eau du robinet et de la douche est chaude voir très chaude. Le ventilo qui brasse de l'air chaud et le vent chaud (quand il y en a) n'y change rien, c’est même presque pire et, comme il disent ici, « c'est du feu qui tombe ». On pensait repartir par le train de mercredi pour Bamako, finalement nous avons fuit ce matin cette chaleur. Il parait que Bamako est beaucoup plus frais et qu'il pleut. Nous ne savions pas qu'il était possible de ruisseler de transpiration 24h sans s'arrêter et même la nuit ! Du coup on boit de l'eau et même si elle est chaude, ce n’est pas grave. |
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Malgré tout, Kayes est une ville agréable .................................................... et les gens très sympa, nous avons rencontré un 2ème policier, Balla, à notre retour des chutes dimanche. Il finissait son service de 24h et nous a invité à manger chez lui. En fait, à notre retour des chutes, le taxi est tombé en panne juste devant lui (trop chauffé), l'hôtel n'étant pas loin nous proposons au chauffeur de finir à pieds. Balla nous confira ensuite qu'il avait été étonné par notre comportement et par notre sagesse « comme vous avait été sage » ( quand on paye un taxi, il doit vous emmener jusqu'au bout) du coup nous avons passé les 2 dernières soirées avec lui à parler de tout et de rien. Son parler « d'intellectuel » à l'accent français rendait le personnage fort sympathique.
Hier nous avons fait notre première visite de terrain au Mali à Ségala à 65km de Kayes. Nous avons été voir un bio-digesteur et avons rencontré 2 passionnés et convaincus du biogaz. Le système fonctionne très bien et nous avons eu droit à une démonstration grandeur nature et une dégustation d'une bonne omelette cuite au biogaz. Retour dans le bus. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Bamako, il y a plus de végétation mais les traces de déforestation son manifestement plus visibles (brûlis et arbres coupés) créant une atmosphère de désolation.
Nous espérons bien passer de meilleures nuits que les précédentes, soient interrompues par des douches d'eau chaude à 30°C (mais rafraîchissantes le temps de se rendormir) soit interrompues par des odeurs de poissons séché du marché soit comme la nuit dernière, par une tempête de sable qui nous oblige à rentrer les matelas que nous avions sorti sur la terrasse (pour profiter du degré de moins par rapport à l'intérieur) et pour les ressortir 10 min plus tard (ça compte un degré !). Mercredi 13 juin, environ 22h, Auberge Djamilla
Installation à Bamako à l'auberge Djamilla. Il fait vraiment moins chaud qu'à Kayes aussi surnommée « la cocotte minute ». Et oui, nous avons appris que c'était l'endroit le plus chaud du Mali. |
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Lundi 18 juin, environ 21h15h, Auberge Djamilla
Après un petit week-end « forcé » qui nous a fait du bien, nous voilà d'attaque pour recommencer la semaine en force. 4 rendez-vous enchaînés aujourd'hui alors que seulement 2 de programmés ... et le reste de la semaine s'annonce au même rythme! Est-ce ça le rythme de l'Afrique!! On va essayé de trouver le temps pour faire la fête de la musique, faire un vrai repas bien de chez nous (gratin dauphinois / rouge) et faire une mise à jour.
Samedi 23 juin, 16h30, Auberge Djamilla Une semaine bien remplie. Beaucoup de rencontres dont pas mal de privés travaillant dans le secteur de l’énergie. Le pays semble beaucoup plus structuré que la Mauritanie. On a pu faire tout ce que nous avions prévu même le gratin dauphinois qui a plu à tout le monde. Nous nous étions autorisé à cette occas' notre première bouteille de vin rouge, un listel rouge ... histoire de nous rappeler aussi le sud. Mais pas le temps de devenir nostalgique, la viande de bœuf prévue pour accompagnée le gratin et cramée par Ibrahim aura amusé tout le monde et le pauvre Ibrahim passera sa soirée à se faire chambrer.
Nous nous rendons vraiment compte de notre dépendance à l'électricité. La ville de Bamako est alimentée par 3 barrages hydroélectriques. La pluie aurait due arriver fin mai, le niveau d'eau des barrages sont bas et la ville subit depuis 4-5 jours des coupures d'électricité. Quartier par quartier, chacun subit des délestages de 6h au plus. Le gouvernement fait passer des messages TV, radio, ... pour que chacun fasse attention à sa consommation, ne gaspille pas pour que tout le monde puisse avoir un peu d'électricité. Tout semble s'arrêter : les feux tricolores ne fonctionnent plus, dans les bureaux le travail s'arrête (on a assisté à plusieurs coupures lors des différentes rencontres), frigos – ventilos et climatiseurs s'arrêtent (difficile quand il fait chaud), la plupart des ateliers de fabrication de la ville s'arrêtent aussi (lors de nos visites d'ateliers de fabrication de foyers améliorés ou de briquettes de combustibles, les coupures empêchent invariablement le travail). Nous prenons conscience aussi du désordre indescriptible et de la « panique » qu'engendreraient de telles coupures en France. Nous qui voulons sensibiliser aux économie d'énergie et son importance dans notre vie quotidienne, nous avons vraiment pris la mesure de notre dépendance et notre besoin d'énergie dans tout. Pour réussir à sensibiliser, il faudrait peut-être qu'une ville et que chacun soit privé d'électricité pendant 1 jour. Nous essaierons d'organiser cela à notre retour en France, après la journée sans voiture, « la journée sans énergie». Lundi 25 juin, environ 22h30, Auberge Djamilla Un nouveau départ s'annonce, nous prévoyons de quitter Bamako jeudi prochain pour Teriya Bugu. Il n'y a pas de transport en commun, ça sera un peu la galère, et c'est vrai que ce soir après avoir discuté et vu les photos de Bruno (parti de France il y a 7 mois environ avec son propre véhicule, et qui voyageait comme nous avant), je me dis, et c'est la première fois depuis les quelques année que l'on voyage, que l'on est bien loin d'être libre lorsque l'on utilise les transports en commun, que cette façon de voyager va vite me saouler et que j'aimerai avoir mon propre véhicule pour aller ou je veux et m'arrêter ou je veux quand je veux pour faire les photos que je veux. Week-end ponctué de fête de la musique et du ciné. Fête de la musique fort sympathique. Concert très soft au Centre Culturel Français où il n’y avait pratiquement que des blancs, des expat. sans doute, et 3 africains sur scène (un malien, un marocain, un malgache – Rahjery, c’est surtout pour lui que l’on est venu). La veille, ambiance tout autre au Palais de la culture près du fleuve pas très loin de l'auberge. Après avoir partagé 1L de pastis avec les 2 tunisiens, nous descendons à pieds au concert géant et gratuit qui se déroule près du fleuve, l'ambiance est à la fête, le son est saturé et les spectateurs sont venus nombreux applaudir les stars nationales. Nous finirons la soirée à l'Auberge avec Lass de garde ce soir là, et les autres clients revenants les uns après les autres du concert. Lendemain difficile que l'on passera au CCF pour la fête du ciné, entre visionnage, travail, et comatage dans le resto du centre.
... mais au bout de 3 heures, Nat qui a déjà choper la crève entame son dernier et 3ème paquet de mouchoir. Retour à l'auberge vers 13h où nous passons le reste de la journée à « attendre » le retour de l'électricité qui ne reviendra que vers 18h. Dimanche 1er juillet, environ 23h, Chez Aly à Mopti Nous sommes à Mopti chez Ali un guide du pays Dogon (entre autre). C'est à notre descente du bus que nous le rencontrons, il fait nuit, c'est boueux et il nous propose sympathiquement du nous guider jusqu'à la mission catholique (l'hébergement le moins cher de la ville) et de porter nos sacs enfin les 24 kg de Fab. Finalement et après voir vu notre réaction face au prix des chambres pratiqué ici, il nous propose de dormir chez lui. Nous avions l'intention de rejoindre Djenné ce soir pour pouvoir assister à l'installation du marché réputé de la ville qui à lieu demain matin. La voiture de Teriya Bugu qui partait pour Bamako nous a déposé au goudron cet aprèm. L'objectif est d'arriver avant 18h au carrefour de Djenné, heure à laquelle le bac qui traverse la rivière (le Bani) ferme. Au final c'est la pluie qui compromettra nos plans. Après avoir pris la route dans un bus à moitié vide (on était 6, attention au bilan carbone) en location pour un transport scolaire le lendemain sur Mopti, nous voyons arriver à l'horizon une grosse masse noire et nous essuyons quelques minutes plus tard une très grosse averse.
Il pleut très fort et la brousse environnante se remplie d'eau. La terre ne semble rien vouloir absorber et les villages au bord des routes sont tout d'un coup les pieds dans l'eau comme s'ils étaient installés au milieu du lit d'une rivière. En quelques minutes tout est mouillé (le bois, les denrées, les gens). On réalise la vulnérabilité des maison et de leurs habitants. Le ciel est sombre, il n'y a pas de lumière dans les villages, les habitations sans portes ni fenêtres ne doivent que peu protéger les personnes se trouvant à l'intérieur. L'ambiance est particulière. Nous n'avons jamais vu comment se déroulait l'hivernage en brousse et cela va durer 3 mois. Ici c'est la bonne saison qui commence, le travail va pouvoir recommencer dans les champs. Même si pendant les averses il est difficile de faire quoi que ce soit, le travail de semis commence dès la fin des averses. Les paysans attendaient la pluie (elle a 1 mois de retard quand même!), les champs sont prêts, labourés, nettoyés et les tas de fumier répartis uniformément prêts à être étendus. Après plus de 2h de pluie, nous voilà au carrefour de Djenné où des taxi-brousse attendent normalement pour faire la navette via le bac jusqu'au centre de la ville (37 kms de piste). Il pleut encore, il est 18h passé et rien ne bouge, nous décidons de continuer jusqu'à Mopti 100kms plus loin. Tant pis, nous ferons l'aller-retour demain. Flash-back sur notre dernière journée à Bamako ... |
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Nous arrivons au croisement de Terya Bugu vers 14h30. Comme prévu, on attend le 4x4 (pas de taxi-brousse dans cette direction), nous nous installons à l'ombre d'un manguier au bord du goudron où en quelques secondes une horde d'enfants nous encercle. Les filles s'éclatent avec les cheveux de Nat, elles touchent, elles veulent la coiffer et lui prélèvent quelques cheveux de temps en temps. Nous arrivons à Terya Bugu vers 15h. Le site est verdoyant, il y a des animaux en cages, on a l’impression d’être dans un parc en France. Il y a 30 ans, ici il n'y avait rien. C'est le père Vesperien qui a initié le projet de développer ce site en impliquant les population locales. C'est une réussite!
Le président est parti visiter des parcelles de pourghère, nous l'attendrons chez lui, nous sommes plutôt mal à l'aise, la maison est plutôt kitch, et nous ne savons pas si nous logerons chez lui ou dans les chambres devant accueillir les touristes qui sont plutôt chères pour notre budget. Nous attendrons plusieurs heures mais chaleur, fatigue et coup de blues ne font pas bon ménage. Nous prenons le décision d'aller prendre une chambre dans un dortoir pour pouvoir se changer et prendre une douche et être « frais » pour aller faire un petit tour dans le parc. Il doit être 19h, nous rencontrons enfin le président et son équipe : 3 jeunes volontaires du progrès!
Mardi 3 juillet, environ 16h30, Chez Aly à Mopti Nous relâchons la pression depuis quelques jours, depuis Terya Bugu, pour entamer une petite semaine touristique intense. Nous avons fait la visite de Djenné hier, et qui est selon les guides, la plus belle ville du Mali. Un peu déçu même si le détour en vaut la peine! C'est finalement le trajet jusqu'à Djenné qui fut le plus mémorable. Nous voulions partir très tôt pour assister à l'arrivée haute en couleur des vendeurs du marché. Levés à 6h pétante pour prendre le 1er bâché à 7h, nous espérons arriver à 9h. Encore une fois, c'est peine perdue! Le taxi se rempli vite. Juste le temps de prendre un nescafé - pain - margarine dans un boui-boui de la gare routière que nous devons nous serrer à bord. Et c'est parti ... enfin presque ! Le taxi n'a pas de démarreur. Après 30 mètres fait à la poussée des rabatteurs de la gare routière, nous sommes déjà immobilisés, le capot ouvert. C'est pas gagné! Finalement on repart, on fait un arrêt essence, un arrêt mécano pour régler les problèmes de démarreur, de carburateur et de boîte de vitesse et nous prenons enfin la route sauf que c'est pas la bonne ... Mardi 3 juillet, environ 21h06, Chez Aly à Bandiagara Au bout d'1 km, la route se transforme en piste et nous nous retrouvons au milieu des marigots et des troupeaux à 22 dans le 403 bâché. Il a plu la veille, la piste est mauvaise. On espérait mettre 2h pour rejoindre Djenné, nous sommes plutôt parti pour en mettre 4 ou 5. Avec la pluie, la piste est impraticable, nous coupons à travers champ évitant troupeaux et trous d'eau. Bref l'inévitable fini par arriver et nous nous embourbons. Rien de bien méchant, 8 minutes de marche arrière-avant, 3 personnes qui poussent et ça repart. Nous pensions avoir pris la route directe pour Djenné. Nous apprenons en arrivant au goudron que le chauffeur, qui n'a pas ses papiers en règle, a voulu éviter le barrage de la ville de Mopti où les personnes ne se corrompent pas ! Une fois le goudron atteint, il nous reste 2 bonnes heures pour rejoindre Djenné par la même route que la veille, c'est long ... A l'arrivée au bac, un guide nous trouve et nous décidons de faire la visite en sa compagnie, ce qui nous permet de bénéficier de quelques belles prises de vue à partir de terrasses. Visite non stop de 11h à 15h. Le marché plein de couleur et de personnes rend la marche à pied quelques peu difficile. La mosquée est impressionnante, c'est la plus grande mosquée en banco du monde!
On nous a sans doute trop parlé de la beauté de cette ville ce qui fait que nous en sommes un peu déçu !. On repart le soir tout rouge, digne de bons touristes dans un taxi-brousse beaucoup plus rapide qu'à l'aller.
Et bon organisateur qu'il est, une voiture nous attend à la sortie du marché aux femmes pour nous amener à notre rendez-vous de 10h avec le service de la Conservation de la Nature à Sévaré, à 12kms de là. RV très intéressant, nous quittons Sévaré vers 13h et rentrons à Mopti par nos propres moyens. L'aprem. passe vite (cybercafé, coup de téléphone à fréquence Terre, grignotage de quelques fruits, achat de tong pour Fab, établissement de notre contrat de juillettistes en pays Dogon sur une feuille déchiré du cahier, ...).
Il faut faire vite, nous devons être à Bandiagara en soirée et prendre le taxi-brousse de 17h. Finalement, c'est à bord d'une Mercedes 200D d'un ami de Aly que nous partons pressés par le temps. Nous n'avons passé que très peu de temps chez Aly et ses coloc. mais nous nous y sentions bien et y serions bien resté plus longtemps. Le trajet de 70 kms jusqu'à Bandiagara nous amène au pays Dogon. Les paysages sont changeants et vraiment beaux. Mercredi 4 juillet, 18h58, Begnimato Nous avons passé la nuit du mercredi soir à Bandiagara dans la famille de Aly et plus précisément dans la cour de sa mère. Nous avons dormi dehors dans la cour avec les nombreux membres de la famille, femmes, enfants, il y avait beaucoup de filles. La rosée du matin nous a empêché de bien finir notre nuit et une cour remplie de femmes ça fait du bruit dès 5h30 du mat. A peine debout que ça papote déjà !. Levés à 6h30, tout le monde est déjà au travail. Deux femmes balayent la cour, notre voisine de terrasse trie les arachides avec quelques enfants, d'autres encore sont déjà à la cuisine, et les petits enfants jouent et se chamaillent. Dès nos premiers mouvements de cils, nous sentons tous les regards se poser sur nous. Le blanc est une bête curieuse. Aly passe en coup de vent, puis vient nous chercher après la « douche compliquée » (ici pour se doucher, il ne faut pas simplement tourner le robinet, il faut remplir un seau, l'emmener dans la douche et trouver un gobelet). Nous allons prendre le petit dèj. dans une autre cour, celle où il dort et où il y a son père et sa femme. Puis nous partons pour le pays Dogon dans un petit minibus. Les paysages sont encore nouveaux, très rocailleux. Ça ressemble un peu à l'arrière pays montpelliérain, sauf que l'on croise des femmes noires portant des bassines sur la tête, qu'il n'y a pas de goudron et que les champs sont très organisés. Des petits murets de 30 cm de haut délimitent des micro-parcelles qui s'étendent le long de la rivière. Les murets servent à retenir la terre qui accueillera bientôt oignons, aubergines, patates, etc... Nous sommes sur le plateau, le pays Dogon s'étend autour d'une falaise de 250km de long. Le minibus nous dépose dans un village du plateau Konsogou où nous allons prendre notre repas. Nous passons commande avant de partir visiter un village 500m plus loin au bord de la falaise. La paysage est saisissant, le haut de la falaise offre une vue très étendue sur la plaine et les villages du bas. Il fait chaud. Aly connaît vraiment bien son sujet et nous détaille l'historique, les traditions … de ce village et de la culture Dogon plus généralement.
Devant la maison du chef spirituel où nous sommes attentifs aux explications de Aly, une femme lui demande si l'on ne peut pas s'écarter du passage, nous faisons peur a son enfant qui pleure. Retour au campement pour un repas copieux (riz+poulet), et petite sieste d'1h30 environ. A notre réveil, nous voyons arriver au loin un nuage de sable orange qui annonce la pluie. Nat a hâte qu'il pleuve pour rafraîchir l'air. Le nuage est là, il vente, nous sentons l'air se rafraîchir, mais la pluie n'arrive pas. Aly vient nous chercher, il pense qu'il ne pleuvra que dans quelques heures, ce qui nous laisse le temps de faire les 4 kms nous séparant de Begnimato notre prochaine étape. Nous prenons donc le chemin à travers le sol rocailleux de la falaise parsemé de pieds de vigne sauvage et de parcelle en attente de plantation. Nos porteurs sont des porteuses, les hommes coûtaient trop cher. Nous n’en croyons pas nos oreilles, elles doivent porter sur la tête les 22 et 25 kg de nos sacs. D'après Aly ce n'est rien pour elles, elles peuvent porter jusqu'à 50kg. Nous nous en rendons compte lorsqu'elle nous rattrapent après quelques minutes de marche. Ce ne sont pas les seules à nous rattraper. Un orage assez violent nous rejoint sur le dernier kilomètre, nous arrivons complètement trempé les chaussures pleine d'eau. Mais les couleur et l'ambiance particulière en valait la peine, c'est comme si la nuit était tombé d'un coup... Le ciel a adopté des couleurs d'un autre monde, nous accélérons notre marche et nos yeux ont du mal a s'habituer aux couleurs et à la lumière changeante.
Après s'être changé et malgré quelques petites gouttes, nous repartons pour une petite balade dans le village avec Aly qui remet ses vêtements tout mouillé. Du haut de la falaise nous assistons à la crue d'une rivière asséchée. Les eaux de crues dévalant la pente jusqu'a former un petit torrent. Captivés par le spectacle, nous attendons que l'eau arrive jusqu'à la plaine, malgré la pluie qui se remet à tomber plus forte. Cette fois-ci nous avons nos imperméables. Le village est constitué de 3 quartiers : animiste, chrétien et musulman.Le retour au campement se fait en passant par le quartier chrétien. Aly nous fait rentrer dans une cour, sur les façades des greniers de nombreux trophées de chasse : crânes et peau de singes, squelettes de porcs-épics, peaux d'iguanes.... l'endroit est un peu glauque.
Nous rentrons et dînons avec Aly à la lumière de la lampe à pétrole. Il nous raconte un conte pendant qu'un de ses amis guides lui demande pour la nième fois comment il va : « le picolage c'est pas bon » - nous dit Aly. Nous espérons qu'il ne pleuvra pas demain et espérons voir les gens travailler au champ, on se lèvera tôt pour profiter du village et du cadre, magnifiques ici. Vendredi 6 juillet, environ 19h, Bankass C'est la fin de nos 3 jours de vacances qui furent bien remplies et même en vacances finalement il faut que l'on coure après le temps. Hier, il nous a fallu faire l'étape d'une journée en une demi journée. Nous voulions faire un bogolan sur mesure à Endé l'étape du soir. Aly nous a conseillé d'arriver à midi pour pouvoir récupérer la commande le lendemain matin. Nous nous sommes levés tôt hier matin (6h15) pour profiter de l'ambiance et de l'activité du village au petit jour. Femmes et filles qui vont chercher l'eau au puit du village, hommes et garçons qui partent au champ, heureux de pouvoir aller travailler la terre prête à recevoir les semis grâce à la pluie de la veille. C'est le début de l'hivernage, la grosse saison de travail de la terre et de semis. Nous sommes sur le plateau en haut de la falaise, le sol est très rocailleux et les oblige à travailler à la main. Après un copieux petit dej', nous prenons la direction du bas de la falaise. Les paysages sont magnifiques, Ali connaît très bien le pays et nous raconte l'origine des villages traversés aussi bien que la vie d'aujourd'hui.
Le paysage change radicalement. La plaine est plus hospitalière et l'activité se fait changeante aussi. Les gens labourent avec des charrues tirées par des ânes, des bœufs ou plus rarement des chevaux (nous verrons sur la route jusqu’à Bankass des charrues tirées par des dromadaires). Femmes et/ou enfants ramassent les raisins de la vigne sauvage et il n'est pas rare de voir dans les arbres ces derniers récoltant les feuilles de baobabs. Une fois séchées, elles serviront à agrémenter les sauces. Nous faisons une courte étape rafraîchissement au premier village du bas. Aly a trouvé une charrette qui prendra en charge nos sacs jusqu'à Endé. Jusqu'à présent, c'était des porteurs ou porteuses qui s'en chargeait (cette fois-ci Aly a choisit des hommes pour ne pas vexer Nat). Arrivés à Endé, nous prenons commande pour un repas de spaghettis parmi les 4 plats proposés depuis le début de la marche (spaghettis, macaronis, riz ou couscous) puis direction l'atelier de bogolans pour valider le dessin que nous voulons (le logo de l'assoc.). Le pauvre dessinateur tente tant bien que mal de répondre à nos attentes sous les yeux et les invectives de 4 ou 5 personnes. Aly s'endort, Nat a très faim et nous nous inquiétons pour la voiture du logo. Les instructions semblent être comprises, nous allons manger. Il est 15h. A peine le temps de faire une sieste que nous repartons visiter l'ancien village accroché à la falaise.
Tous fatigués de la journée, nous apprécions la beauté du site et de la vue. La nuit tombe et bizarrement pour un site touristique il n'y a aucune lumière et aucun groupe électrogène ni dans les campements, ni dans la ville. Aly a un feuilleton favori qu'il ne veut pas manquer ce soir « Au cœur du pêché », un truc brésilien à l'eau de rose qui dure 15 minutes et qui passe tous les soirs sur les coups de 19h30. Equipés d'une lampe torche, nous prenons la direction de la seule télé de Endé. Dans une cour, une télé de 25 cm posée sur la selle d'une moto et branchée sur la batterie de celle-ci fait office de salle de ciné. Nous arrivons un peu en avance, Aly ne veut pas manquer une miette de l'épisode. Très vite la cour se remplie et nous sommes une bonne quarantaine, surtout des enfants, à attendre que le projectionniste capte l'image. Le feuilleton commence, style Santa Barbara, tout le monde est scotché. C'est le seul programme que cette télé diffusera, la batterie de la moto ne pouvant pas en faire beaucoup plus. Nous rentrons dans le noir, Aly imaginant la suite des évènements pour Paco, Barbara, Dodo et les autres, les héros de « Au cœur du pêché ». De retour au campement, à la lumière de la lampe à pétrole nous dégustons un couscous. « Au cœur du pêché », 6 ans que ça dure, on aura bien rigolé et charié Aly. Pas rancunier, nous terminons la soirée par 2 contes Dogons. Nat s'endormira sur le dernier. Nous dormirons à la belle étoile, il fait trop chaud à l'intérieur. Le ciel est clair et étoilé et nous nous endormons bercés par les bruits de la nature (crapauds, oiseaux, ...). C'est bon d'être en vacances !! La fraîcheur du matin interrompt notre nuit et dès 6h du mat., nous entendons le bruit sourd et rythmé des femmes pilant le mil. Après le p'tit dej'., nous partons chercher le bogolan. Impatients, nous découvrons un bogolan tout blanc. Les consignes de dessin ont été comprises mais celles de la couleur pas du tout (il aurait fallu repasser la veille !). Il n'est pas encore trop tard, nous partirons plus tard que prévu ... tout le monde s'y met pour faire le remplissage de la couleur.
Nous attendons que cela sèche en faisant une partie de belote à l'africaine. Les blancs contre les noirs, les français contre les maliens. Aly n'est pas là pour déconner, son collègue de jeu se fait houspiller, ça nous fait rire, d'ailleurs même son partenaire de jeu! Les cartes (des femmes en bikinis) ayant perturbé le jeu des blancs, nous perdons en beauté. Nous récupérons les bogolans, il est 9h, il fait déjà très chaud, et c'est assis sur la charrette que nous repartons pour 8 kms. La vache est beaucoup moins maigre que celle de la veille mais ne galope pas si vite. Si la période de rupture (moment entre la fin des stocks et le début de la prochaine récolte) est difficile pour les hommes, elle l'est également pour les animaux, notamment les vaches. Aly a perdu 4 vaches en quelques jours car elles étaient trop fatiguées d'après sa famille (cette histoire l'aura beaucoup préoccupée). Le matin même nous avons assisté à une scène assez déstabilisante. Une petite vache trop faible pour se mettre sur ses 4 pattes ne pouvait plus se lever. 2 personnes se sont acharnées à la relever mais en vain. Ils durent la prendre par les cornes et par la queue ... et hop ... elle est repartie. Nous ferons la quasi totalité du voyage sur la charrette alors qu'Aly passera une bonne partie du voyage à courir . Peut-être pour donner le rythme, peut-être pour évacuer ses pensées pour ses vaches. Les paysages sont beaux, la vie est active dans les champs.
Nous arrivons à notre destination finale vers midi. Fab est brassé et un peu malade. Sans doute les beignets du matin ! Alors que la commande pour un plat de macaronis est déjà partie, nous sommes précipité par Aly qui nous dit qu'il faut qu'on parte. La voiture de police qui nous emmènera à Bankass « décale » immédiatement. Nous grimpons à l'arrière du pick-up et partons illico presto. Nous partageons un dernier repas avec Aly qui passe une bonne partie de l'aprem. à chercher une voiture pour rentrer sur Bandiagara et à savoir s'il pourra rejoindre sa famille et en repartir facilement (à cause de la pluie d’il y a 2 jours, un pont s'est cassé coupant Bandiagara du reste du monde). Fab passe la sienne allongée dans le lit et Nat assiste à un débat politique improvisé. Aly trouvera une voiture. Les aux revoirs sont précipités. Aly était quelqu'un de bien, un très bon guide qui nous aura bien aidé tout notre temps de rencontre. Ses « carrément » ou ses « oh merde » en ne retrouvant pas le nom d’un roi, ou d’autre chose nous manqueront. Dimanche 8 juillet, environ 20h, Bar le caiman, Ouahigouya – Burkina faso Nous voilà au Burkina, en territoire connu. Le passage de la frontière s'est passé sans encombres. 4h pour faire 100 kms ! Malgré une piste plutôt en bon état, les 30km/h de moyenne du minibus ne nous ont pas vraiment aidé, pas plus que les multiples arrêts pour les contrôles de papier, de gendarmerie, police, et douane de chaque côté. Dès la frontière passée, on sent bien le changement de pays. Plus de verdure de ce côté ci, plus d'arbres, et des champs moins travaillés. Le passage de frontière a été vraiment facile, le plus pénible aura été le départ de Bankass où tout le monde a essayé de prendre sa commission sur notre départ pour Koro en se servant du nom de Ali. « Ali c'est mon ami ... » « Ali m'a dit que ... » « Ali m'a demandé de faire pour vous ... », ça nous a vraiment saoulé ! surtout le fait d’utiliser son nom ! Et puis ne jamais savoir le véritable prix des choses et de vouloir profiter du blanc !! On nous a carrément demandé plus du double du prix réel du trajet. Fab aurait cédé tout de suite mais la bienveillance de Nat a sauvé le coup. Par nous même, nous tenterons de connaître le coût réel, une dame nous a très gentiment répondu et vraiment aidé à la fois, nous avons donc directement négocié avec un chauffeur qui pour 500 F CFA (5FF) devait nous chercher directement au campement (à 1km env. de la gare routière, nous estimons donc que ça les vaut). Le lendemain le harcèlement continuera jusqu'à ce que, comme prévu, un minibus vienne nous chercher devant le campement à notre tarif. Nous garderons une mauvaise image de Bankass à cause de ce type de personnes malhonnêtes, quel dommage, cette petite bourgade est plutôt sympa !. Nous continuons donc notre chemin vers Koro où les 4h d'attente avant le départ du minibus, nous permettront de découvrir le marché très vivant et coloré de cette ville. Nous nous rendons bien compte que c'est la période de rupture car il n'y a pratiquement aucun fruits et légumes sur les étalages des femmes du marché, quelques mini poivrons ou piments, quelques épices dans des mini sachets, des feuilles de baobabs séchées et quelques raisins sauvage, des mangues surtout et des zabans.
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