Le Bilan Carbone de notre action après 148 jours et 13404 kms parcourus (en kg éq C) : |
||||||||||||||
C'est en minibus japonais que nous passerons sans encombre les différents barrages de police, gendarmerie et douane du côté malien et burkinabé. Tout ça en 4h pour 92 kms !! |
||||||||
| A notre arrivée à Ouahigouya, nous sommes accueilli par Aly Ouadegro qui organisa notre déplacement jusqu'à l'hôtel à 1km de la gare routière. Ici, il n'y a pas de taxis, donc ça sera en charrettes pour les sacs à dos et en mob pour nous. Il appellera d'ailleurs un membre de l'assoc. pour la 2ème mob. Le personnage est cordial, bavard et fort sympathique. Nous fixons un rendez-vous pour le lendemain matin, dimanche, pour une réunion avec les autres membres de l'assoc. A peine débarqués dans la chambre nous repartons direction le cybercafé malgré la grosse masse orange qui pointe à l'horizon. A mi-chemin, nous sommes pris par la tempête de sable qui précède l'averse en période d'hivernage. Nous rebroussons chemin jusqu'à l'hôtel. | ||||||||
Samedi 14 juillet, 18h40, Hotel le Samiritain, Ouagadouguou La semaine que l'on vient de passer au Burkina s'est déroulée à une vitesse grand V. 3 jours à Ouahigouya, riches de rencontres, pas en nombre, mais en qualité. Aly, le président de l'APDDS nous a accueilli avec toute la gentillesse et la convivialité dont savent faire preuve les habitants du pays. Nous avons également rencontré un paysan au milieu de son champ de petit mil, qui nous a fait profiter de son expérience et de son savoir en matière de techniques ancestrales qu'il pratique depuis les années 80 et grâce auxquelles, aujourd'hui, lui permettent de nourrir sa famille, ses bêtes et ainsi d'être en autonomie alimentaire.
Nous avons été pris en charge dès notre arrivée par Yssouf le « grand frère» de Ibrahim que nous avons rencontré à l'auberge Djamilla à Bamako. Nous nous étions promis de ne pas faire de 2 roues dans la ville. Et pourtant Yssouf, qui nous a gentiment proposé de nous héberger, vient nous chercher à moto. Avec les gros sacs à dos et près de 8kms à parcourir à Ouaga, à l'heure de pointe, on était servi! Bref cela s'est passé sans encombre, Yssouf était prudent et le chauffeur de Nat aussi. A peine arrivé chez lui, la pluie se met à tomber violemment accompagnée d'inévitables coupures d'électricités. Yssouf m'a annoncé en cours de route le mariage de sa petite sour pour demain. La cour est pleine de femmes s'affairant sur de grosses marmites. Impossible de connaître le nombre d'invités pour demain, toute la grande famille doit venir. Sur la proposition de Sarah (la copine de Yssouf), on part chez elle, elle nous hébergera le temps du mariage. La fin de semaine passe vite, on cale les 1ers RDV, et faisons le tour des ambassades (Niger et France) pour connaître les conditions de notre arrivée au Cameroun (Nigeria ou Tchad ?). Résultats : côté français, ils sont très très très alarmistes « n'y aller pas, vous cherchez les ennuis, on peut rien vous dire sur ce qui se passe là-bas. », et côté Niger plus pragmatique « évitez l'extrême Nord, beaucoup de gens passent sans aucun problème, vous êtes moins exposé en bus qu'en 4x4 », réponse du service immigration du Burkina « y'a pas de problème... »). Il nous reste à allez voir l'ambassade du Nigeria et à récolter les infos des voyageurs qui ont pris cette route. Aujourd'hui c'est le WE du 14 juillet, Nat est malade, besoin de repos, donc cure de sommeil pour ce soir et demain.
Nous n'irons pas à la réception qu'offre Monsieur l'ambassadeur aux ressortissants Français, pas de champagne pour nous, de toute façon nos passeports sont restés au service immigration pour faire prolonger nos visas du Burkina. On a changé d'endroit pour ne pas abuser de l'hospitalité de Sarah, on est posé dans un hôtel sympa plus proche du centre ville. Hier on était invité à un anniv. chez un pote à Yssouf. Il y avait 2 filles suisses et infirmières qui nous ont raconté le choc et les trucs « sordides » de leur stage à l'hôpital. Mercredi 18 juillet, 18h40, Hotel le Samiritain, Ouagadouguou En ce moment c'est la guerre avec les moustiques (pour le moment victoire écrasante des petites bêtes). Avec l'arrivée des pluies c'est la fraîcheur qui revient mais également les méchantes petites bêtes piquantes. Nat a fait un record avec 13 ou 14 piqûres par ½ mollet en 1 seule nuit!!! Pas grand chose à faire contre cela car en cette saison il y en a tellement qu'ils déjouent tous les pièges (moustiquaire, anti-moustiques, ventilo). |
||||||||
| « trop c'est trop » « les députés corrompus en prison » « les policiers corrompus en prison » « les ministres corrompus en prison » « les douaniers corrompus en prison » |
![]() |
|||||||
De nombreuses rencontres ont été faites « à l'improviste » et c'est ainsi que nous avons rencontré le directeur national des EnR et des Energies traditionnelles grâce à Robert SOME qui nous avait auparavant fait découvrir les foyers améliorés pour dolotière. Le dolo c'est la bière nationale très prisée des burkinabé. Les dolotières sont les plus gros consommateur de bois du secteur commercial (70% du bois utilisé pour ce secteur). Le dolo, une bière à boire tiède très peu piquante et assez douce.
On commence a bien connaître la ville. On a notre « resto » fétiche, 1 gargotte sénégalaise établie dans la cour d'une famille, où l'on mange très bien. C'est un peu comme un snack ou chez « flunch », mais en plus convivial. Derrière un comptoir en bois grillagé, se tient la matronne devant d'énorme casseroles remplies de denrées. Le menu accroché au mur ne sert pas à grand chose, il suffit de regarder sous les couvercles qu'elles soulève à notre arrivée. A la troisième visite on connaît déjà tous les plats dispos... Poulet Yassa, riz sauce, riz gras, tiboudjienne, ragoût de patates, pâtes, tô et sauces en tout genre. C'est très bon, c'est copieux, c'est pas chèr. Certes ça manque de légumes mais pour moins de 1000 FCFA (10 FF = 1,5€) on mange très copieusement pour 2 dans le même plat. C'est souvent tiède, car on arrive en fin de service (21h) mais ça passe tout seul. Pour les déplacements, on commence à comprendre les lignes de taxis et nous nous débrouillons presque à chaque fois pour ne pas payer les courses en taxis lorsque l'on ne prend pas les taxis au bon endroit. Après son petit coup de fatigue, Nat va mieux malgré les moustiques qui continuent de la croquer. Samedi 21 juillet, env 19h, Hotel le Samiritain, Ouagadouguou Un nouveau bébé a intégré la famille Perrot en ce samedi 21 juillet, un petit Martin, info pratiquement en direct. Depuis que la maman de Fabien sait qu'il est possible de nous joindre facilement sur notre portable, nous sommes informés pratiquement en direct de tout ce qui se passe au village. C'est rassurant pour tout le monde. Vive les nouvelles technologies! En parlant de nouvelles technologies, nous avons rencontré un savant fou à l'africaine. Rien à voir avec le savant fou de l'imaginaire collectif. Pas de blouse blanche, pas de lunettes rondes ni de cheveux blancs hirsute. Il a plutôt l'apparence d'un musicien ou d'un rappeur. Short, tong et débardeur, assez fort de corpulence et rastas courts sur la tête, on lui donne à peine 35 ans. Il nous accueille dans un éclat de rire, nous expliquant qu'il dormait (il doit être 14h) et qu'il « finissait sa nuit » interrompue à 4h du mat' par des insomnies qui l'amèneront très tôt au travail. Son idée : convertir le rayonnement solaire en vapeur d'eau pour faire tourner des moteurs à vapeur nouvelle génération et produire de l'électricité. On n'en dira pas plus sur le concept, seulement que l'on a compris pourquoi lors de la prise de rendez-vous, il nous a dit « de toute façon, demandez dans le quartier, tout le monde connaît où est l'atelier solaire ». En effet, 2 paraboles de 16m² concentratrices de soleil trônent devant l'atelier et dans la cour. Avec 5m de haut chacune, c'est impressionnant ! Au delà des apparences et des considérations techniques, William nous a offert un discours très cohérent sur sa conception des nouvelles technologies et du développement. Il a l'entre-partenariat social, la volonté d'aider les villageois en apportant de nouvelles technologies mais pour qu'elles soient acceptées, elles ne doivent pas être apportées directement dans les familles, elles doivent être introduites par les secteurs générateurs de revenus et par les groupements, les coopératives, ... (dans le travail les gens sont beaucoup plus ouverts). Il veut rester discret sur ce qu'il fait et ce en quoi il croit, il est convaincu qu'il faudra du temps mais que ça marchera, qu'il faut être patient, montrer que ça marche et que ce sont les financeurs qui viendront à lui ensuite. Pour cela, il faut faire des « sacrifices ». Il s'est coupé de toute vie sociale ... mais voilà, il sait ce qu'il veut et il fait ce qu'il veut « je m'habille comme je veux, je me coiffe comme je veux, je suis libre ... ». Une rencontre qui nous marquera et qui nous en apprendra encore un peu plus sur le fonctionnement de la vie africaine.
Dans la rubrique affaire courante, nous avons enfin récupéré notre carte bleue et redécouvert les joies et la magie du distributeur automatique d'argent. Un code (le bon!!) et de l'argent !! Ce soir, le ciel est menaçant et des éclairs viennent l'illuminer, ce n'est pas de très bonne augure pour notre voyage de demain où nous devons partir pour quelques jours dans le Sahel, au nord du pays. On nous annonce une très mauvaise piste en fin de trajet par temps d'hivernage parfois impraticable. On ne s'inquiète pas trop, nous avons des contacts sur place et de toute façon en Afrique il n'y a jamais de problèmes! Sinon, on se fait bien à la vie à Ouaga, notre position au centre ville nous permet de faire pas mal de choses à pied et on s'habitue presque à tous ces « gens » de la rue qui nous accostent, qui sont tous nos amis pour au final nous harceler afin de nous vendre quelque chose. Suivant les jours, l'humeur et le temps disponible, nous les renvoyons brutalement ou échangeons quelques mots ne stoppant jamais quoi qu'il arrive notre marche. Il arrive aux plus acharnés de nous suivre sur plus de 800m. Malgré tout, on a désormais notre vendeur de journaux attitrés qui nous fournit en Jeune Afrique et Courrier International. Le projet RISEAL avance vraiment, nous avons vraiment le sentiment qu'il se construit petit à petit malgré les idées qui fusent plus vite que les réalisations. Nous arrivons malgré notre itinérance à garder le contact avec les associations rencontrées précédemment. Les gens accueillent très bien notre initiative. Nous nous rendons compte que des réseaux tels que nous voulons mettre en place existent ou ont déjà tenté d'être mis en place, mais notre démarche de venir sur le terrain et de vouloir faire à notre petite échelle est un peu différente et « touche », peu font le déplacement !! Les choses deviennent de plus en plus réelles et les gens qui nous suivent au travers la lettre de nouvelles en prennent conscience. Dimanche 22 juillet, env 22h, Auberge Fofo, Bani Retour à la brousse bien que nous ne soyons qu'à quelques mètres de la route goudronnée qui rejoint Ouaga à Dori. Pas d'électricité dans ce village de 4000 habitants, pas de groupe électrogène ni de circulation à cette heure ci. Seul le bruit des gens qui parlent dans le noir, la musique, le chant des cigales et des crapauds animent la soirée. Modification d'itinéraire de dernière minute après avoir appris que la compagnie SOGEBAF ne partait qu'à 13h au lieu des 8h30 annoncé. L'état des routes ne permettra pas au bus de circuler entre Dori et Gorom-Gorom. Donc quitte à partir tard, autant changer de compagnie qui propose pour le même prix une valeur plus sûre du voyage. Nos souvenirs du denier voyage en 2005 avec la SOGEBAF (pour Dori d'ailleurs!) avec ses 3 pannes successives est encore bien présent dans nos esprits. Et puis la vue des bus en piteux état (pare-brise troué, carrosserie rouillée, sièges déchirés, ...) ne nous dit rien qui vaille. Nous sommes donc à Bani, la ville aux 7 mosquées positionnées de façon à représenter un homme faisant la prière face à la mecque : 1 mosquée représente la tête, 2 autres les épaules, 2 autres les bras, 1 autre une jambe courte et la dernière une jambe longue. Nous sommes arrivé un peu tard pour profiter de la ville mais nous avons passé une soirée sympa avec Cissé, gérant de l'auberge qui nous a d'ailleurs accompagné dans notre ballade jusqu'à la colline où nous avons assisté au coucher de soleil sur l'un des quartier du village et de la « campagne » alentour. Dans la descente et dans la pénombre, il a tué un serpent, dont nous n'aurions jamais soupçonné la présence, à coups de cailloux. La ville de Bani est vraiment paisible, l'ambiance invite à la flânerie et les grandes idées et projets de Cissé invite également à rester pour l'aider et en savoir un peu plus sur le personnage.
Nous sommes donc de retour au Sahel après un dernier voyage touristique en octobre 2005 et découvrons de nouveaux paysages où l'eau et les prairies ont remplacées les terres jaunes et sèches.
Au menu ce soir ... spaghettis ... c'est parti pour une cure de pâte et de riz ... ici dans le Sahel, légumes et fruits se font rares surtout en cette saison. Nous allons essayé de rejoindre demain Gorom à quelques 80 kms d'ici dont 50kms de piste. Elle est là la difficulté. Dans le cadre de RISEAL nous rencontrons beaucoup de bonnes volontés qui agissent avec les moyens qu'ils ont, beaucoup de gens motivés et convaincus que l'on a vraiment envie d'aider et que l'on essayera d'aider à notre petit niveau aussi. Mais à côté, il y a toutes ces autres bonnes volontés qui oeuvrent dans d'autres secteurs comme Cissé qui agit comme il peut, à son échelle, à Bani au niveau principalement de la santé et de l'éducation pour sensibiliser et faire changer les choses. Mais comme dirait Fab « il y aura toujours des projets intéressants et des personnes que l'on voudra aider, mais on ne peux pas aider tout le monde » ... c'est vrai et c'est difficile de résister à la « tentation » de ne pas s'engager et de ne pas dire qu'on va les aider. Mais pour Cissé comme pour d'autres, on peut peut être les aider juste en faisant parler d'eux et de leur projet ... peut être qu'en France d'autres personnes auront le temps et les moyens de vraiment les accompagner. Jeudi 26 juillet, env 20h, Resto de l'auberge populaire, Dori Depuis Bani, nous prenons la route pour Gorom et quelle route ! Notre trajet Bani-Dori se passe sans problème. On passe vite fait sur l'épisode à la gare de Dori où nous avons tout entendu sur les moyens et l'état de la route pour aller à Gorom. A notre descente du bus, 1 gars nous explique que la pluie du matin rend impossible le franchissement des radiers et qu'il faudra traverser en pirogue pour rejoindre un autre 4x4 de l'autre côté. Vu le nombre de bagages et la très faible animation autour du véhicule nous estimons à 1 bonne heure le temps avant notre départ. Finalement 1h plus tard au moment où nous arrivons à la gare, notre sac est entrain de descendre du véhicule. C'est un camion qui doit partir, beaucoup plus long à remplir. Le départ ne se fera que ce soir tard ou demain matin. Un rabatteur a pris l'initiative de nous mettre dans un 4x4 d'un ami soi-disant qui doit partir pour Gorom mais vu qu'il travaille pour le ministère et qu'il n'a pas le droit de prendre des gens à bord le prix sera fort. Les spéculations vont bon train... chacun négocie son % sur notre trajet, ils parlent entre eux en Moré ou en langue locale, impossible de discuter directement avec les chauffeurs ou les personnes concernées. Ils sont 3 ou 4 à vouloir prendre leur commission. On reste une bonne quinzaine de minutes au milieu de 5 ou 10 personnes qui nous disent tout et n'importe quoi : « C'est trop dangereux là-bas pendant l'hivernage » « Y'a eu des blessés » « c'est mieux pour les blancs le 4x4, c'est la sécurité et le confort » ... On commence à saturer, Sadou nous avait prévenu par téléphone que les guides de Dori tenteraient de nous faire rester là pour nous vendre un tour. On décide de récupérer notre sac à dos et notre argent, histoire de reprendre un peu la situation en main. Nous quittons la gare routière, Sidi, 1 jeune rencontré lors de notre passage il y a 2 ans, nous rassure et nous aide à trouver un véhicule qui part pour Gorom en se postant dans 1 maquis près de la route. On se pose tranquillement en terrasse, beaucoup plus serein maintenant que l'on a repris les choses en mains. On mange. Sidi a présenté à Fab un chauffeur de 4x4 qui doit partir sur Gorom vers 15h, le prix n'est pas fixé, mais il doit aller là-bas de toute façon, on pense pouvoir négocier facilement et directement avec lui. Finalement à 14h, c'est un 4x4 de l'état trouvé par un rabatteur de la gare (celui là même qui voulait nous vendre le trajet à 10 000 FCFA, 2x sont prix normal) qui vient nous prendre. Il fait un peu la gueule, nous n'avons pas lâché notre « plus value blanche ». On se rend compte qu'il est vite fait de perdre le contrôle d'une situation et qu'en tant que blancs beaucoup d'affaires se montent autour de nous. En moins de 2h, 6 ou 7 personnes nous ont demandé de l'argent pour nous rendre un service ou même parfois pour rien (sans compter les enfants).
Vendredi 27 juillet, 6h48, Bus SOGEBAF, Dori-Ouaga Bien contents, c'est à l'arrière d'un 4x4 en bon état que nous partons, le ciel est clair, il a plu dans la nuit, c'est confortable, nous sommes contents d'aller voir Sadou. On prend la route dans notre 4x4 bleu suivi par 1 deuxième 4x4 blanc (avec 5 blancs à l'intérieur) pour qui nous ouvrons la route (nous appendrons plus tard que le chauffeur du 4x4 blanc n'a jamais pris cette route). Le Sahel nous offre un visage complètement différent de ce que nous avions vu lors de notre dernière visite. Tout est très vert, les troupeaux de moutons, chèvres, et vaches pâturent, on se croirait dans les plaines du Forez. Il y a de l'eau partout. C'est impressionnant de voir toutes ces quantités d'eau et cette verdure, car on imagine toujours le Sahel sec et désertique.
La route se passe sans encombre, nous arrivons au 1er franchissement de marigot, sur un passage de radier (une sorte de passage à gué). Il y a presque 1 m d'eau sur 50 m de long. On se demande vraiment si le 4x4 va passer, le véhicule s'engage sans problème. Nous voyons sur le 4x4 de derrière qu'il y a de l'eau jusqu'à la calandre.
C'est rigolo. Nous sommes bien contents de ne pas avoir pris le taxi brousse ou le camion au départ de Dori. Il y a encore 2 passages comme celui-ci, on espère vraiment qu'il n'y aura pas plus d'eau. Nous profitons toujours des paysages jusqu'au 2ème radier. Notre chauffeur descend pour donner les consignes au chauffeur qui nous suit. Ce passage n'est pas marqué. On ne voit pas du tout la voie. La seule indication est qu'il faut arriver de l'autre côté, là où le béton sort. Il lui dit de le suivre de près. On s'engage, appareils photos en main, et là tout va très vite, 1 roue dans l'eau, 2 roues dans l'eau et hop, le 4x4 blanc est dans l'eau bloqué sur le radier au milieu du courant, posé sur le châssis. Vu l'agitation à bord, l'eau rentre dans la cabine, nous sommes de l'autre côté du passage et notre chauffeur crie à celui du 4x4 blanc qu'il ne faut surtout pas éteindre le moteur. Quelques Africains rentrent dans l'eau (qui leur arrive jusqu'à la taille) pour tenter de sortir le 4x4 mais en vain. Le 4x4 fini par caler, les 5 toubabs passagers mettent les pieds (les genoux, les cuisses et même un peu de ventre) dans l'eau et rejoignent la berge. Personne ne sait trop quoi faire.
La solution viendra d'un camion de transport de marchandises venant dans l'autre sens et qui a déjà traversé le gué suivant se situant à seulement quelques mètres. Il veut passer. Après avoir envoyé ses éclaireurs qui lui indiquent qu'il n'y a pas la place, le jeune équipage et surtout l'un de ses membres, encourage tout le monde à s'y mettre : « on est 40 ici, on va bien le sortir ce véhicule ». C'est finalement une bonne trentaine de personnes, toubabs et locaux mélangés, qui partent en procession en direction de la voiture échouée. Le jeune convoyeur avait raison, après quelques « Ho hisse », la voiture est remise sur le béton et est sortie de l'eau. Le 4x4 redémarre facilement pendant que le camion traverse avec une facilité déconcertante l'étendue d'eau. On repart et serrons les dents à chaque passage à gué. On arrive à Gorom sain et sauf. Nous trouvons une chambre aidé de Mr Sambaré de l'assoc. A2N puis on retrouve Sadou avec plaisir dans la soirée. On passera une bonne partie de notre séjour avec lui, à parler de ce qu'il est devenu depuis notre dernière visite et de ses futurs projets. Ça fait vraiment plaisir de le revoir. On décide de passer la dernière soirée sur la dune de Menouguou à 12 kms de Gorom. En quelques sorte l'endroit ou nous avions scellé notre amitié il y a 2 ans. Cette fois-ci, on ira à pied, Nat ayant 1 très mauvais souvenir du chameau, mais aussi pour limiter les frais et surtout pour défendre sa fierté de femme suite à la réflexion de Sadou concernant sa moindre force par rapport à eux deux. Partir ainsi à pied et avec Sadou comme ami et non comme guide surprend tout le monde. Les gens qui l'interpellent sur la route trouvent que ce n'est pas normal de faire marcher les touristes (est-ce parce qu'il faut bien traiter le touriste ou parce que le touriste est 1 fainéant incapable de marcher ? Nous ne saurons jamais !!). Ça énerve pas mal Sadou qui tente tant bien que mal d'expliquer que c'est comme ça et qu'il y a des toubabs qui aiment marcher. Et puis il y a tout ses « collègues » guides qui ne peuvent pas croire qu'il n'y a pas de marché entre nous et qu'il n'est pas possible d'avoir des amis blancs. 1 blanc c'est toujours un touriste à qui il faut soustraire de l'argent !!!! Malgré le pressentiment de Nat qu'il ne fallait pas partir parce qu'il allait pleuvoir et que nous aurons quelques galères pour repartir de Gorom et être au rendez-vous de vendredi, nous prenons quand même le chemin de la dune. Nat prépare le sac pendant que Fab et Sadou vont faire les courses. Nous partons en fin d'aprèm. Les couleurs sont très belles, on marche à un bon rythme. On s'était dit qu'au bout d'une heure, si le temps se faisait menaçant nous ferions demi-tour. Bien partis et parce que tous autant que nous sommes nous n'aimons pas faire marche arrière, nous décidons d'avancer malgré les nuages qui semblent se former à l'horizon.
Nous accélérons le pas les 2 derniers kilomètres car l'orage se fait de plus en plus menaçant et sommes bien contents d'être partis léger (l'eau, les vivres, quelques fringues et un sac de couchage). Fab et Sadou faisant la trace, Nat traîne derrière sourire aux lèvres profitant des couleurs combinées par le coucher du soleil et l'orage qui approche (contraste du ciel bleu menaçant, du vert de la nature et du rouge de la terre).
On arrive au village en même temps que le soleil se passe derrière l'horizon et recevons sur le visage les premières gouttes de pluie juste avant de passer la porte de la maison du chef du village. Sadou nous présente et le chef dit qu'il nous reconnaît. La pluie tombe maintenant fortement. Nous avons vraiment eu de la chance. Bien à l'abri, nous partageons 1 bon moment avec la famille du chef de village. L'endroit est sombre et chaud. La nuit est tombée et seule une lampe à pétrole bricolée avec un boîte de nescafé éclaire la pièce. Le sol de terre, simplement recouvert d'une natte en bambou, fait office de canapé et de fauteuil pour tout le monde. Nous sommes une bonne dizaine dans la pièce. Nous discutons beaucoup avec l'un des fils du chef. Parti en 2003 en Côte d'Ivoire en tant que boucher, il nous explique son travail, les containers de viande pas chers et congelés venant par avion d'Europe parce que là-bas elle est périmée. Et quand on lui demande s'il y a une différence de goût, il nous répond que « .bien cuisinée avec plein de sauce, personne ne voit la différence ». Il nous raconte aussi l'arrivée de la guerre, les gens qui se cachent, les gens qui meurent et son travail qui le sauve en fournissant le viande aux militaires et aux milices. « .tant que je donne à manger, y'a pas de problème. Tu veux de la viande, je te donne de la viande qui est bonne. Si tu veux m'ennuyer, y'aura plus de viande ». C'est tranquillement, sans agressivité, sans rancour qu'il nous raconte ça « .c'était difficile, y'avait beaucoup de morts. C'est trop dur la guerre ». Débardeur jaune, petit bouc et bob vissé sur la tête, il doit à peine être âgé de 25 ans, le visage doux, on aurait dit un étudiant à la vie tranquille et sereine. En attendant de retourner travailler en Côte d'Ivoire ou d'aller en France, c'est au champ qu'il repartira dès 7h du mat' le lendemain matin, sous la chaleur humide et accablante. Nous profitons d'une accalmie pour monter sur la dune, prendre un peu de fraîcheur et voir si nous pourrons passer la nuit là-haut. Il fait nuit noire, il goutte encore. Tout est bien mouillé. Les éclairs venant de toute part tracent notre chemin jusqu'à la dune. Uns fois arrivés, nous passons un moment à regarder les éclairs tombés tout autour de nous. Nous sommes vraiment au cour de l'orage, le ciel s'illumine dans toutes les directions, tout est très noir pourtant là où nous sommes il pleut très peu. L'atmosphère est vraiment bizarre, les grondements du ciel, la foudre tombant un peu partout, le vent frais rendent le moment vraiment particulier. Nous restons tous les 3 pendant 1 bon quart d'heure debout sur la dune sans parler à admirer le spectacle. Nous retournons dans la maison du chef, nous déciderons plus tard de l'endroit où nous dormirons. Sadou prépare les spaghettis que nous partagerons avec la famille du chef de village. Ici c'est une denrée difficilement accessible et rare car chère et à l'inverse du petit mil ou du maïs, impossible à trouver dans les champs. La fatigue commence à se faire sentir. Nous discutons un peu, les enfants dorment déjà allongés près de « notre » natte, chacun prend place et trouve le sommeil au fur et à mesure que la nuit avance. Il est près de 23h. Il pleut toujours dehors, chose assez rare d'habitude où il pleut rarement plus de 2h. Les gens ici sont contents, c'est bon pour les champs. Nous allons dormir dans l'école. Il fait plus frais que dans la maison et nous serons à l'abri de la pluie malgré les nombreuses fuites. Il a plu une bonne partie de la nuit, et lorsque nous nous réveillons vers 6h du mat le ciel est encore gris. On visite le jardin du chef du village, prenons un café rapide en haut de la dune et allons voir l'endroit où Sadou voudrait faire son campement. Nous partageons un petit dèj (tô sauce baobab) dans la maison du chef avec ses fils se préparant à partir au champ pour la journée. Nous prenons le même chemin qu'eux sauf que nous allons jusqu'à Gorom-gorom. C'est le jour du marché et beaucoup de gens prennent la même direction que nous, à cheval, à pied, en charrette, à dromadaire ou à vélo.
Tous vont faire leurs petites ou grosses affaires. Certains demandent à Sadou pourquoi il fait marcher les blancs, d'autres demandent combien il reste de jours avant août (le mois très attendu des grandes pluies), d'autres encore tentent de lui taxer des cigarettes. Bref nous échangeons salutations ou quelques mots avec chaque personne que l'on croise ou qui nous dépasse. La pluie a fait changer le paysage. Le petit cours d'eau que nous avions traversé d'une enjambée la veille s'est transformée en une rivière ou 1 marigot de presque 100 m de large. Au plus profond, il y a un bon mètre d'eau et le courant est assez fort. Sur la berge, il y a un regroupement de personnes. Certains prennent leur courage à 2 mains, quittent chaussures et pantalons et traversent vélos et bagages au-dessus de la tête. D'autres s'interrogent sur la possibilité de faire traverser leurs animaux et jugent l'état de forme de leur bête. Chaussures bien serrées, sacs bien remontés, nous nous glissons dans l'eau fraîche et marron sous le regard un peu ahuri des locaux, suivant la file l'indienne qui s'est formée. Nous avons de l'eau jusqu'au ventre (enfin pour Fab), le courant est un peu fort mais la traversée se passe encombre.
Vendredi 27 juillet, 18h, Auberge le Samaritain, Ouagadouguou Nous venons de passer la 1ère grosse difficulté, nous continuons le chemin tranquillement. Fab et Sadou laissant chacun tour à tour une tong dans le sol argileux et collant du Sahel et chacun réussi à récupérer son du. Nous marchons au même rythme que les gens qui vont au marché. Mais tout le monde ne va pas au marché, et dans les champs la vie s'active également. Suite à la pluie de la veille, les travailleurs profitent de la facilité de la terre pour enlever les mauvaises herbes. Nous profitons des derniers moments tranquilles avec Sadou. Il sera repris par ses activités, et nous, nous devrons trouver une occasion pour repartir à Dori et profiter du grand marché de Gorom. Après 2h30 de marche dans le Sahel, nous arrivons à l'entrée de Gorom. Nous sommes séparés de la ville par le marigot bien rempli lui aussi par la pluie de la veille et distinguons déjà au loin une grosse activité autour du passage.
De notre côté du marigot, les marchandises attendent de trouver un porteur, plus près de l'eau, des gens négocient le prix du passage de leur bien ou entament la traversée, pantalons sur l'épaule et fourniture sur la tête. Nous nous engageons également, ce passage est moins profond que le premier et nous sommes accompagnés d'une bonne petite troupe de gamins qui crient, chahutent ou se jettent dans l'eau excités par l'effervescence du marché, par la pluie, par la vue des blanc et par la grande animation autour de ce petit passage. Arrivés au bout du passage, c'est vraiment la cohue, entre les bergers qui comptent leurs bêtes, les personnes qui déchargent les porteurs et ceux qui partent dans l'autre sens, ça fait vraiment beaucoup de monde. Nous parcourons les derniers 200m qui nous séparent d'une boisson fraîche et d'une chaise, sous un soleil accablant. Nous sommes tous les 3 bien fatigués et nous nous effondrons à l'ombre d'un maquis. Il nous faudra bien 15 minutes pour récupérer. Sadou nous aide à trouver une occasion pour partir, un camion, le seul transport pour Dori de la journée. Il doit partir dans une heure. A peine le temps pour nous, de récupérer notre sac à l'autre bout de la ville (à 20 minutes de marche), prendre une douche à l'Africaine et se changer. Les aux revoirs avec Sadou sont furtifs et rapides, chacun sait qu'un jour ou l'autre on se reverra. Nous laissons quelques magazines à Ibrahim, le gardien de l'association où nous logeons. Il nous remercie chaleureusement, heureux de trouver un peu de lecture. Les magazines ici sont très rares et chers. Nous nous activons sur le chemin de la gare routière pour prendre le camion qui ne partira finalement que deux heures plus tard. On aurait dû s'y attendre, depuis le temps !. Ce n'est pas tant le fait d'attendre qui est agaçant, c'est surtout le fait que les convoyeurs nous affirment qu'il partira à 13h et que nous n'avons pas le temps d'allez manger en ville et profiter du marché. Nous mangerons donc nos 6 oeufs durs achetés à une petite vendeuse de la gare assis sur un bout de béton en attendant le départ. Le début d'aprèm. passe et personne ne semble se formaliser du fait que nous partons avec 2 heures de retard sur l'horaire annoncée. Après un démarrage difficile et au moment où nous montons dans la caisse du camion, nous nous disons juste que nous arriverons tard à Ouaga. Finalement un camion même en piteux état passe plus facilement les marigots qu'un 4x4 tout neuf. Il fait moins dans le détail et poser 2 roues à côté du passage à gué se résout par une grande accélération et une bonne maîtrise de la route.
Nous arrivons à Dori sans encombre même si c'est loin d'être confortable. La surprise nous attend à la gare de la SOGEBAF. La correspondance jusqu'à Ouagadouguou ne se fera pas ce soir et le bus ne partira que demain. Un peu énervé au départ, on fini par se dire que c'est mieux ainsi, cela nous permettra de passer une soirée avec Sidi dont son assoc. organise une soirée traditionnelle et HipHop le soir même. On se pose dans un maquis avec Sidi et Moussa, un ami Sadou venu à notre rencontre à la gare et également guide à Bobo (LE guide du Petit Futé) qui nous propose de dormir chez lui dans le confort Africain (un matelas par terre et un seau pour la douche). On assiste dans la soirée à un concours de Hip hop où s'affrontent les groupes « Vision fatale » « Apocalypse » et « Hors la loi ». Ce sont des groupes de jeunes, la moyenne d'âge doit être à 15ans. Nous passons là une bonne partie de la soirée à voir la jeunesse de Dori s'éclater pendant leur vacance dans une ambiance bon enfant. Retour chez Moussa. Il est 23h, on sort le matelas et Fab installe la moustiquaire, on peut enfin se coucher crevés de cette journée. Après quelques heures de sommeil, nous ne levons vers 5h30 pour prendre la direction de Ouagadouguou. Nous faisons nos aux revoir à ce Sahel vert et méditons sur les quantités d'eau que la région a reçu ces derniers jours et à la grande difficulté à exploiter cette ressource. Quel paradoxe entre ce Sahel sec et incultivable que nous avions découvert la dernière fois et ce Sahel vert plein d'eau et de pâturage que nous voyons.
Nous retrouvons le brouhaha et la population de Ouagadouguou, pas le temps de se poser, que nous repartons en rdv à l'université à la rencontre du professeur Makido Ouedraogo, un pionnier du biocarburant à base de Jatropha dont les graines sont aujourd'hui très convoitées. |
||||||||
Mardi 31 juillet, 11h, Bus Koudougou - Bobo Fab est à quelques sièges derrière moi. Le bus est plus que plein ... quelques personnes sont debout, les bagages entravent le passage et les enfants, faute de sièges, trouvent un peu de place entre 2 bagages ou sur les genoux de leur mère. Nous venons de faire 5 minutes d'arrêt à Boromo, connu touristiquement pour sa mare aux crocodiles sacrés. Les gens sont descendus pour se dégourdir les jambes et pour manger. J'aurai bien dégourdi mes jambes aussi mais j'étais bloqué par les sacs où j'ai bien failli perdre une tatanne dans la bataille, je n’insiste pas trop, de toute façon dehors c'est trop la cohue et le nombre de vendeurs à la volée est impressionnant. Comme à chaque arrêt, c'est vite la précipitation et le brouhaha autour des véhicules qui se font « envahir » de vendeurs ambulants. Ici, ces vendeurs particulièrement nombreux et « agressifs » offrent du pain, quelques bananes, des beignets, sucreries, yaourts, … Il y a beaucoup d'étalages de viande ... méchoui ou poulet. Je vois Fab dehors, entouré et pris au piège par de petites vendeuses qui doivent vouloir lui vendre absolument kleenex ou bananes et je n'ai vraiment pas envie de ça !
C'est la remontée et chacun vient grignoter ce qu'il vient d'acheter. C'est ainsi qu'à côté de moi, le petit garçon, un petit Cédric, tout mignon dans sa petite chemise à carreaux, dévore goulûment le cou d'un poulet, sa grande sœur, âgée d'un ou de 2 ans de plus, toute mignonne aussi dans sa petite robe blanche, croque dans son morceau de pain rempli de cœur de poulet alternant grignotage de sa patte de poulet, pendant que 2 sièges plus loin, une femme s'attaque à une tête de poulet. C’est ainsi que nous avons quitté hier matin tôt Ouaga sans vraiment savoir où était la gare routière, ni connaître les horaires, ni vraiment savoir pour combien de temps nous partions. Nous savions juste que nous devions rejoindre kisito à Réo, à quelques centaine de kms à l’ouest, qui nous attend pour une visite de son atelier de foyers améliorés. Ca nous fait faire un détour, mais R. SOME avait arrangé le rendez-vous, nous ne pouvions pas ne pas ne pas y aller... et puis c'est intéressant d'aller en brousse, ça change de la ville et les sorties en milieu rural reflète bien plus la réalité de terrain. C'est là où l'on apprend le mieux et où l'on se sent le mieux même si l'on se laisse vite prendre au piège par le « confort » des villes.
Les évènements et quelques personnes rencontrés font que n’étions pas encore parti à la recherche d’un hébergement, et c'est tant mieux car, nous nous sommes bien senti à Réo et y sommes resté pour dormir. A notre arrivée à la gare routière, nous sommes accueilli par Kisito. Son atelier n'est qu'à quelques pas. D'allure svelte et très calme au parler et dans ses gestes, nous échangeons sur nos activités respectives. Ses foyers nous impressionnent. C'est déstabilisant de voir à quel point son ingéniosité et ses équipements méconnus !. Nous avons vraiment hésité à venir le voir compte tenu du détour, et finalement, il propose un système beaucoup plus efficace que ce que nous avons vu jusqu'à maintenant. Il nous propose de faire une démo. de préparation de tô (le plat traditionnel du Burkina). Moment fort sympathique. Nous échangeons avec les cuisinières et je participerai même (un tout petit peu) à la préparation du tô. La préparation est longue, elle débute à midi et nous ne mangerons que vers 15h mais l'attente, si elle fût difficile pour Fab malade, valait la peine. Ce repas nous réconcilie avec le tô et nous permet d'en savoir davantage sur Kisito.
Difficile de décrire ce moment… une grande gargote vide, des chaises métalliques où les planches de bois ont remplacées les tissus confortables, des gamins à moitié nu ou aux tee-shirt crasseux qui passent tenant haut au dessus de leur tête des verres de bière vides et n'hésitant pas à laper les dernières gouttes de breuvage frais, les ronrons des ventilos, les échanges brefs et joyeux avec Kisito et son frère, puisatier, qui nous a rejoint et qui s'endort entre 2 conversations et les marmites qui arrivent enfin nous offrant un succulent repas que nous mangerons sans couverts comme eux. Kisito nous aura accompagné toute la journée. Il nous aura fait redécouvrir le tô et nous permettra de visiter une dolotière, endroit où le dolo - bière locale et boisson traditionnelle qui se boit tiède, préparée dans la cour d'une famille. Le dolo se fait dans des grandes jarres qui trônent au fond de la cour. La patronne du lieu nous apprend qu'elle en prépare une fois par semaine à hauteur de 400 litres. Ces mêmes 400 litres se vendrons tous en une seule journée. Nous sommes ahuris! Mais il est vrai que dans les cabarets, endroits où le dolo est vendu et est bu, les calebasses bien pleines qui servent de verre, se vident passant de mains en mains tout au long de la journée. En y repensant, au cours de cette journée, les cabarets constitués bien souvent par de simples bancs posés dehors sous un arbre, ne désemplissent pas et les clients ne semblent pas beaucoup changer au cours de la journée. La calebasse est toujours là, remplie puis vidée plusieurs fois dans la journée, par les mêmes personnes bien souvent, du matin au soir, assis sur le même banc. Seule leur attitude chancelante indique que beaucoup de dolo a été consommé.
C'est le mois d'août, l'hivernage est plus avancé, il ne se passe rarement plus de 2 ou 3 jours sans que nous voyons la pluie. Elle amène plus de fraîcheur mais aussi plus de moustiques. Si la pluie arrive avec 1 mois de retard, l'eau tombe en grande quantité. Les infos nationales font état d'inondations devant lesquelles les maisons de banco ne font pas le poids. Résultats : 2000 sans abris à Bama, une petite ville au nord de Bobo. Sur le chemin du retour entre Bobo et Ouaga, nous essuierons 2 grosses et longues averses. C'est toujours impressionnant de voir les rues et les campagnes se transformer en quelques minutes en rivières ou en marigots, obligeant les habitants à se déplacer les pieds dans 20 ou 40 cm d'eau couleur terre. |
||||||||