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Le pays vu par nous
     
Bonne arrivée au pays des hommes intègre !!  
   

...Le Burkina c'est avant tout une chaleur humaine qui vous fait oublier la chaleur du climat. C'est l'accueil, la politesse, l'humilité, la générosité, la simplicité, ...

Ce sont des journées rythmées par des poignées de mains reçues et distribuées, accompagnées par des " ça va? et la santé? -ça va - et la famille? -ça va - et le séjour? - ça va -" , des journées passées à discuter tranquillement à l'ombre.

...Les Burkinabés ne se plaignent pas de leur sort - "Ainsi va la vie" - vous dirons-t-ils et sont assez ouvert alors que leur pays est enclavé à l'Ouest du continent.

C'est aussi la discrétion ... des femmes et des enfants ... des enfants qui se risquerons quelque fois à demander à un rare touriste "Le blanche donnes-moi le cadeau - ou - donnes-moi de l'arzen - ou encore - donnes moi le bic", et ceci sans jamais aucune insistance ou agressivité ... un pays encore préservé du tourisme ...Si lo'on sort un peu des sentiers battus

 

                                     
  Les parents à plaisanterie
     

C'est une relation typique des plus étonnante qui existe entre différentes ethnies du Burkina faso, et qui leur permet d'entretenir une fraternité ancestrale. Un lien très particulier où tout ce que peuvent se p ermettre de dire ou de faire 2 ethnies entre elles ne pourraient être toléré par aucune autre ethnie. Toute la magie de cette relation est basée sur l'humour, la boutade, la moquerie ou la plaisanterie.

Drôle de relation « esclave-maître »

Dans cette relation, chaque membre d'une ethnie se considère comme « maître » et traite les membres de l'autre ethnie comme ses « esclaves ».

Cela donne lieu à des situations plutôt cocasses où chacun donne des ordres à l'autre. Les gens se prêtent au jeu (car cela semble vraiment en être un) prenant successivement le rôle de l'opprimé puis celui de l'oppresseur, dans des échanges parfois violent et sans ménagement qui cachent en fait une franche partie de rigolade.

Chacun connaît les limites à ne pas dépasser en fonction de son interlocuteur, son âge, sa fonction, son degré d'intimité, sa situation sociale et bien sûr son sens de l'humour, et tout se passe toujours très bien et dans le respect de l'autre.

Une drôle de relation maître-esclave interchangeable assez déconcertante quand on assiste à l'une de ces scènes : « Lave ma voiture », « va chercher machin », « donne-moi 1000 FCFA » . le tout dans une ambiance plus ou moins détendue.

Une très vieille tradition

A l'échelle du pays c'est une véritable institution, et chacune des 72 ethnies du pays possède une ou 2 ethnies de parents à plaisanterie ( Samo/Mossi, Gourounsi/Bissa, Samo/Bissa, Peul/Bobo, etc...) . Cette tradition est un véritable exutoire et les burkinabés peuvent ainsi exprimer leur mécontentement, leur agressivité, leur reproche, . à travers l'humour. La plupart des burkinabés qui nous en ont parlé, nous ont affirmé que cette tradition ancestrale avait évité de nombreuses guerres ethniques ou civiles, car cette pratique touche toutes les couches sociales du pays, même les plus hautes. Le gouvernement ayant même lancer une campagne de promotion de cet usage.

Les histoires qui tournent mal sont bien rares et dans certains cas de conflit entre 2 personnes qui ne sont pas parents à plaisanter, il est possible de faire venir un médiateur qui lui est parent à plaisanter d'un ou des deux protagonistes, il pourra ainsi calmer le jeu et dire les choses franchement sans craindre de représailles, le médiateur est alors choisi avec soin et dénoue souvent le problème.

Des histoires de parents à plaisanter

Nous avons eu droit à différentes anecdotes dont celle qui suit comptée par un jeune burkinabé « . pour l'enterrement de mon grand-père, toute la famille était là et c'était la fête car il avait bien vécu [ au Burkina, le décès d'une personne âgée est une fête ] . Les parents à plaisanter sont venus et ont commencé à faire la foire, ils ont volé le corps de mon grand-père pendant la procession et se sont mis à se le jeter les uns aux autres par-dessus la tête, le corps passait de mains en mains par-dessus le cortège et les enfants du défunt disaient, le sourire aux lèvres « papa vole, papa vole », . attends attends c'est pas fini . ensuite ils se sont tous mis dans le caveau et ont empêché la famille de faire entrer le corps, ils réclamaient de l'argent pour sortir, ils était au moins 15 là-dedans et ne voulaient pas sortir tant que l'on ne leur aurait pas donné 300 000 FCFA en liquide [environ 3000 francs français], alors le marchandage a commencé et il a quand même fallu payer 150 000 FCFA, ils sont sortis et on a enfin pu enterrer mon grand-père »

Des histoires comme celle-ci, il en existe à la pelle, toutes plus étonnantes les unes que les autres. Les traditions sont très variables d'une ethnie à une autre et retracent des faits historiques. Les Bissa sont considérés par leurs parents à plaisanterie comme des mangeurs d'arachides, les Gourounsi comme des voleurs, les Samo comme des mangeurs de chien, etc....

Nous n'avons eu qu'un bref aperçu mais lorsque vous demandez à un burkinabé qui est son parent à plaisanteries son visage s'illumine.

  L'école et l'accès à l'éducation
     

Une école pas vraiment obligatoire

Il n'est pas systématique de voir les enfants à l'école. La raison première est qu'elle présente un certain coût que beaucoup de familles ne peuvent assumer. A la campagne, les écoles sont souvent très loin et les enfants doivent parcourir des kilomètres, parfois jusqu'à 15 km pour se rendre sur leur lieu d'enseignement, les plus chanceux les font en vélo, les autres auront 2 heures de marche. L'école c'est aussi au bon vouloir des parents qui « permettent » aux enfants de ne pas y aller tous les jours pensant que ce n'est peut être pas si important que ça. Toutes les occasions sont bonnes pour ne pas y aller, nous avons plusieurs exemples, comme la semaine de la fin du ramadan, qui n'est pas fériée, mais qui est quand même une fête pour tout le monde (musulmans, catholiques, animistes, .), et parents comme enfants restent à cette occasion à la maison pour prendre le temps et partager les repas en famille ou entre amis. Et même si les enfants partent avec l'intention d'aller à l'école, il est parfois vite fait de se retrouver sur le chemin de l'école buissonnière. C'est le cas du jour du meeting électoral à Gorom-Gorom, le président devait arriver en fin de matinée et en se baladant dans la ville, combien d'enfants avons-nous vu, cartable sur le dos, gambader en bande sur la place du village hurlant le nom du président sortant. encore une journée sans école pour ceux-là mais peut être que les instit' avaient choisi de faire l'école buissonnière pour pouvoir supporter le président sortant .

Le manque de moyens

Les écoles n'ont que très peu de moyens d'où la nécessité de faire payer une grande partie des fournitures aux parents d'élève. Ainsi chacun doit s'acquitter des frais d'inscription, des cahiers, des stylos, etc.. Aujourd'hui moins de 40% des enfants sont scolarisés en primaire. Quand on sait qu'à partir de 7 ans (peut être même moins !) un enfant peut aider aux différentes tâches ménagères ou peut travailler à la « ferme » et rapporter de l'argent, le calcul pour les parents est vite fait même si les mentalités tendent à changer.

L' Etat ne fourni pratiquement rien mais s'était engagé avant (et pendant !) la campagne électorale et les élections de novembre 2005, à fournir des manuels scolaires aux écoles pour la rentrée de septembre 2005. En novembre, au moment où nous étions au Burkina, il n'y avait toujours pas de bouquins alors comment bien enseigner sans livres?!

Cela fonctionne tant bien que mal

Les écoles fonctionnent différemment selon les moyens du village, je parle ici principalement des écoles rurales car c'est de celles-ci que nous connaissons le mieux le fonctionnement. Certaines ont 6 salles de classes (CP1,CP2,CE1,CE2,CM1,CM2) et peuvent donc accueillir tous les élèves et toutes les années, les autres (et les plus fréquentes) n'ont que 3 classes et fonctionnent en roulement, c'est à dire qu'une année les cours sont délivrés pour les 3 niveaux CP1,CE1,CM1 et l'année suivante aux 3 autres niveaux CP2, CE2,CM2.

 

Une classe comme beaucoup d'autres au burkina, celle-ci se situe à Semaga en pleine brousse, les locaux viennent d'être reconstruit grâce au généreux dons d'une associations françaises suite à l'effondrement du toi
   

 

L'effectif est plus que surchargé. Les classes de CP peuvent parfois accueillir jusqu'à 120 élèves. Les élèves se trouvent alors à 3 ou 4 par banc avec souvent un seul bouquin par table pour étudier. Le nombre d'élèves par classe est dégressif au fur et mesure que le niveau augmente, et dans les classes de CM2 on ne trouve plus « que » 40 enfants. Sur ces 40 enfants bien peu atteindront le collège soit parce qu'ils n'ont pas le niveau, soit parce que la ville est trop loin ou parce que c'est trop cher. Ainsi moins de 10 % des enfants atteignent le second cycle.

Des instits parfois peu concernés

Comme en France, les instituteurs ne choisissent pas leur première affectation, et là-bas l'éloignement est souvent synonyme d'isolement, car si les ZEP (zones d'éducation prioritaire) sont les premiers postes « offerts » aux nouveaux instituteurs français, les écoles de brousse le sont pour les instituteurs Burkinabés. Il n'y a sur place souvent aucun moyen de communication vers les villes et les retours au pays sont très rares, pas d'électricité, des logements qui parfois tombent en ruine (faute de moyen), ajoutez à cela des différences importantes de cultures et pas toujours la même langue parlée. Vous avez ainsi un petit aperçu du désouvrement dans lequel peuvent être certains instit', qui sont totalement livrés à eux-mêmes. La plupart d'entre eux attendent impatiemment de pouvoir repartir. Difficile donc de construire une éducation saine avec des professeurs qui changent tous les ans ou les deux ans. D'autant plus qu'ils partent souvent avec livres et supports pédagogiques sous le bras, laissant l'école dans le dénuement le plus total.

 

Les donations de fournitures scolaires de l'association "Echange et Partage" à l'école de Sémaga

 

Des écoles grâce au ONG

L'état n'accordant que très peu de crédits à son éducation, se sont souvent les ONG ou les associations de bienfaisance des pays du Nord qui permettent aux écoles d'avoir un minimum de matériels. Il y a un réel manque de volonté de la part de l'Etat et un désengagement total. Comment expliquer que l'organisation et le financement des examens de passage en année supérieure soit à la charge des écoles qui n'ont déjà que très peu de moyens? Mais les « blancs » sont là et de nombreuses associations amènent de l'argent dans le pays pour construire ou reconstruire écoles et dispensaires. Le pays semble être sous la perfusion de l'aide internationale, pendant que le président fait sa campagne électorale à travers tout le pays en hélicoptère, distribuant des millions de T-shirt, casquettes et boubous à son effigie..

La culture Gourounsi - Culture Kassena
   
 

La culture Gourounsi :

L'ethnie Gourounsi est l'une des plus ancienne ethnie installée sur le territoire burkinabé. Elle englobe plusieurs tribus dont celle des Kassena.

C'est notre passage à Tiébélé, et plus précisément la visite de la cour royale [ concession où vit les membres du chef du village ], qui nous a permis de découvrir cette culture Gourounsi et Kassena.

La grande particularité de la culture Gourounsi vient de ses maisons peintes et des gravures murales réalisées selon la tradition, par les femmes. Ces décorations murales sont typiques de tout le pays "Gourounsi" et représentent leur vie quotidienne, leur histoire ou la vie de la famille vivant dans la maison. Un concours est organisé chaque année à Tiébélé pour permettre aux femmes des différents villages de venir montrer et partager leur talent.

 

 

La tribu Kassena de Tiébélé :

Les Kassena sont animistes... et à Tiébélé, comme dans tout bon village animiste, on a pu voir des symboles ou représentations nous le rappelant : baobab sacré, autels à sacrifices devant les cases, talus sacré appelé "pourrou " que l'on retrouve devant la cour royale et où sont enterrés les placentas des enfants nés dans la cour du chef [ pour porter bonheur au nouveau-né ] Les familles Kassena habitent dans des concessions qui sont des ensembles de cases avec des toits terrasses ou des toits de chaume. La concession Kassena comporte trois types de cases qui se distinguent par des formes différentes.

Exemple d'une maison en 8

- les maisons rondes sont réservées aux célibataires

- les maisons rectangulaires abritent les jeunes couples

- et dans les maisons en 8 vivent les personnes âgées et les enfants 

 

Les décorations murales :

Ces maisons en banco (terre crue recouverte d'un enduit de paille + terre + bouse) sont embellies et décorées par les femmes. 3 couleurs composent les murs : le rouge (latérite), le noir (graphite ou charbon de bois) et le blanc (talc). Div ers éléments importants représentant la vie quotidienne ou l'histoire des Kassena comme :

la calebasse ( et le macramé)  : marqués d'une croix, ce qui signifie d'une part qu'il ne faut pas les casser et d'autre part que ces objets sont réservés à la femme. La calebasse est sans doute le signe le plus employé car le plus représentatif de leur vie quotidienne

la patte de poule  : la poule est un animal important : c'est l'animal qui est le plus souvent donné en sacrifice.

les ailes de l'épervier : il faut protéger sa maison de ces prédateurs de volailles le filet de pêche pour ne pas oublier que c'est la pêche qui a sauvé les Kassena, dans leur passé, de la famine

les scarifications : ces marques faites sur le visage sont le plus souvent effectuées à la naissance. Elles peuvent également être faites plus tard comme moyen de guérison pour faire sortir le mal

les ailes de chauves-souris : la chauve-souris dans une maison est un bon signe, et montre qu'elle est accueillante . en plus elle peut servir de ventilateurs .

et beaucoup d'autres motifs tel que la tortue , les serpents , la pipe et le sac (qui contient les nombreux gris-gris et accompagne toujours le vieil homme).

 

Symbôles et dessins sont dessinés par les femmes sur les murs des maisons

 

Des maisons « forteresses »  

L'entrée des maisons Kassena est très basse (environ 50 cm) et de forme semi-circulaire. Il n'y a pas de porte mais un petit muret à l'intérieur se situant de suite après l'ouverture. Ce système remonte au temps des envahisseurs et pilleurs ghanéens ou autres. Pour se défendre de ces envahisseurs, ils ont eu l'ingénieuse idée de monter ce petit muret, qui obligeait l'ennemi à entrer dans la case s'il voulait voir ce qui s'y passait, la faible hauteur de la porte le forçait à s'accroupir. Lorsqu'il passait la tête à l'intérieur de la case, le chef de famille, caché par le petit muret n'avait plus qu'à lui trancher tête... Encore aujourd'hui, alors que les guerres tribales appartiennent au passé, les Kassena ont conservés ces traits caractéristiques de leur habitat. Ces constructions ont su montrer leur efficacité avec le temps. Et c es murets beaucoup moins haut que dans le passé peuvent servir aujourd'hui à se protéger des animaux sauvages.

L'entrée basse de la maison avec à doite l'autel à sacrifice

L'intérieur d'une case Kassena  

Elle comporte généralement 2 pièces : une pièce à vivre et une cuisine (foyer). La maison en 8 que nous avons visité, présente une pièce supplémentaire correspondant à une salle de séjour. On passe d'une pièce à l'autre par de petites ouvertures étroites et très basses qui vous oblige à vous agenouiller. L'intérieur de la case est sombre et obscur et les murs noircis par la suie.

Le macramé contenant les calebasses

 

Dans la pièce servant de chambre et de cuisine, un rayon de soleil vient éclairer une meule qui permet à la femme de moudre et de piler les céréales. Des macramés contenant des demi-calebasses empilées sont suspendus au plafond. On trouve également, suspendus au plafond, sur des « poutres », des nattes roulées qui seront dépliées sur le sol de la pièce le soir même, transformant la pièce en chambre commune. Il y a plusieurs nattes car elles sont personnelles et suivent leur propriétaire jusque dans la tombe, servant de linceul pour l'enterrement.

Une meule eclairée par un petit rayon de lumière

Dans la dernière pièce, une ouverture dans le plafond laisse passer un filet de lumière faisant apparaître le foyer. Cette ouverture sert de cheminée et permet l'évacuation de la fumée, mais une bonne partie de la celle-ci part tout de même dans les autres pièces, d'où le dépôt de suie sur les murs qui donne un joli aspect noir et luisant aux parois et donnant l'impression que le mur a été peint. Derrière le foyer se trouve un empilement de poteries servant de marmites, de récipient à eau ou à vivres que seules les femmes peuvent toucher. Ces mini-réserves à céréales sont un peu comme le mini-grenier des femmes, elles seules y ont accès - une fois que les hommes ont sortis les céréales du grenier extérieur, ils n'ont plus le droit d'y toucher - car c'est la femme qui gère tout ce qui concerne la cuisine.

Le foyer de la cuisine

Grenier à mil avec en dessous le poulailler

A l'extérieur , des escaliers permettent d'accéder aux toits terrasses où les femmes font sécher les épis de maïs ou les tiges de mil. Avant, à l'entrée, on pouvait voir une pointe plantée dans le mur : son ombre indiquait l'heure mais de nos jours, presque tout le monde possède une montre et ce système n'a plus lieu d'exister. Devant les cases, des autels à sacrifices et à côté, le grenier à mil surélevé. Contrairement aux petits greniers intérieurs, seuls les hommes ont le droit d'accès (échelle); ces greniers font également office d'abri pour les poules qui vivent dessous.

 

Quelques anecdotes ...

Pour trouver l'emplacement "idéal" de la maison , une boule de beurre de karité est placée après le coucher du soleil au centre de la future maison. Au retour le lendemain, si le beurre de karité est fondu c'est que c'est le bon emplacement

Une fois la maison à demi construite , le passage d'un lézard dans les 48h sur la maison est un bon présage. Si le lézard ne passe pas il faut tout refaire car la maison ne sera pas solide.

Une fois par an, s'organise un jeu de puissance , organisé par le chef du village et au cours duquel les hommes voulant montrer et prouver leur puissance peuvent s'affronter. Un jeu simple... un face à face, une balle, 1 bâton pour chacun et c'est parti, taper, taper et retaper le plus fort possible, chacun son tour sur l'autre, tous les coups et les endroits sont permis, à la fin il ne reste que le plus fort, le gagnant du face à face repart avec la balle... qui n'avait pas été touchée jusque là !!

L'excision est interdite de nos jours sous peine d'amende et de quelques mois de prison mais elle est encore très pratiquée.. Les jeunes de Tiébélé ont cherché à savoir auprès des anciens le pourquoi de cette tradition et la nécessité de continuer cette pratique de nos jours. Il s'avère qu'ils n'ont pas trop su trop répondre . cette pratique était selon eux justifiée dans le passé. Elle remonte au temps où les hommes du village partaient plusieurs jours au Ghana pour travailler et ramener à manger. Pour ne pas que les femmes soient « excitées » par d'autres hommes, ils ont eu recours à cette pratique. Mais de nos jours, comme nous expliquait notre guide, une relation est basée sur la confiance et cette pratique « ancestrale » et « barbare » n'a plus lieu d'être.

La communication par les toits : lorsque le chef du village à un message à faire passer ou une personne à convoquer, alors il fait monter quelqu'un sur son toit qui crie le message à la ronde, celui qui l'entend à le devoir de monter à son tour sur son propre toit pour faire passer le message au voisin, et ainsi de suite jusqu'à ce que le message arrive aux oreilles du destinataire. qui doit répondre.

L' Association pour le Développement de Tiébélé a su mobiliser la population de Tiébélé et oeuvrer ensemble pour la préservation de ce patrimoine vivant qui chaque année est rénové, réhabilité et même enrichi. C'est elle qui gère et organise les visites de la cour royale. Une somme de 1500 FCFA est demandée par visiteur, ce qui permet de financer l'entretien du site et de fournir diverses aides sociales aux habitants

Association pour le Développement de Tiébélé, BP 02 PO - Province du Nahouri, Tél : (226) 40 32 84/93 - 63 99 54, adt126@yahoo.fr

                                         
La santé
   
 

Difficile de se soigner

Il est difficile pour le citoyen burkinabé de se faire soigner. Ceci est essentiellement dû au coût des médicaments et des soins en général. Les consultations chez les médecins sont gratuites. A la suite d'une consultation le médecin délivre une ordonnance de médicaments ou de soins (souvent très chargée et pas forcément très adaptée). Le malade doit alors, à ses frais, se procurer ces médicaments ou soins, à la pharmacie ou au dispensaire . la sécurité sociale n'existe pas et les médicaments sont très chers. Pour un nettoyage de plaie, il faudra environ 2000 f CFA (soit 20 francs français) ce qui est énorme si l'on compare à un plat de riz à en gargote à 100 f CFA. Beaucoup ne peuvent pas se payer ces soins, d'où l'émergence depuis quelques années (environ 2 ans) de médicaments d'origine douteuse et inconnue sur les marchés.

Malgré de bonnes initiatives

On a pu rencontrer une initiative de sensibilisation et d'aide à l'accès aux soins dans le Sahel. Ainsi Ousseini a mis en place dans son village d'Oursi, un système de mutuelle où les adhérents après avoir donné 500 FCFA vont cotiser chaque mois environ 100 FCFA. Une somme raisonnable sur une année (environ 1500 FCFA) qui leur permettra de faire l'avance en cas de besoin. Chacun peut en bénéficier . une bonne initiative qui semble pourtant assez isolée.

Pas de pharmacie familiale dans les cases, les gens n'ont d'autres choix que de supporter les migraines, les maux de ventre et autre « petites » tracasseries de tous les jours. Pour ce qui est des affections graves c'est encore plus difficile...

L'Etat, soutenu par l'aide internationale et plusieurs ONG, lance des campagnes de « vaccinations » contre la polio ou la fièvre jaune ; « vaccinations » qui ne sont le plus souvent qu'une simple distribution de cachets. Tout le monde peut bénéficier de ces campagnes, il suffit juste de se présenter à la date prévue au village et c'est gratuit. Des agents (infirmiers ou bénévoles) font également du porte à porte tout au long de l'année mais impossible de savoir le pourcentage réel de personnes « vaccinées », même si le dispositif en place semble bien fonctionner au dire des gens que nous avons rencontré.

Le SIDA fait beaucoup de ravage et reste encore en grand tabou, ce qui ne facilite pas la prévention et la lutte contre ce fléau. Des familles entières disparaissent du fait du virus sans que personne ne prononce son nom. Nous n'avons vu aucune communication sur la transmission du VIH et de toute façon les capotes sont hors de prix ou périmées.

Pas assez de médecins

Les médecins et infirmiers sont formés par l'état. C'est par concours qu'ils accèdent à leur fonction. Le ministère chargé de la santé décide du nombre de postes qu'il peut financer et désigne ainsi le nombre de lauréats du concours annuel. Sur le même principe que les instituteurs, les nouveaux infirmiers ou médecins ne choisissent jamais (sauf piston ou corruption) les régions d'affectation et se retrouvent souvent très loin de leur famille.

Un tiers des postes sont financés par les ONG. L'accès se fait alors par candidature libre, et les postulants ne sont pas forcés de suivre le cursus normal. Très peu de postes sont disponibles à travers le pays et bon nombre de jeunes infirmiers ne trouvent pas d'emploi alors que les malades « courent » les rues.

 
     
L'énergie
     
 

L 'accès à l'énergie pose un réel problème au Burkina. Bien que possédant quelques ressources fossiles, le pays ne possède pas les technologies et les financements nécessaires pour extraire et exploiter ces ressources.

Un pays dans le noir

La principale conséquence de ce manque d'énergie est une très faible électrification. Dès la nuit tombée et dans la majeure partie du pays, aucune installation ne prend le relais du soleil pour l'éclairage. C'est très déroutant pour des occidentaux comme nous de se retrouver dans le noir où l'on perd tous nos repères. Hors des centres des 2 grandes villes du pays (Ouagadougou ou Bobo), il n'y pas de lumière dans les rues ou très peu, pas non plus dans les habitations et notons que quand il y a de l'électricité, il n'est pas surprenant d'avoir quelques petites pannes ou coupures. Difficile dans cette situation pour les enfants d'étudier, pour les adultes de travailler, et pour nous de se déplacer. Les solutions de remplacement à la lumière électrique ne sont que très peu utilisées : le bois étant réservé à la cuisson, le pétrole étant beaucoup trop cher pour être utilisé autrement que pour alimenter les véhicules et les bougies sont très rares.

La source d'énergie la plus utilisée par les burkinabés est le bois dont ils se servent pour faire cuire leurs aliments. La plupart du temps c'est sur de très rudimentaires foyers, se résumant à trois gros cailloux disposés en triangle à même le sol qu'ils posent leur marmite. Ils possèdent également de petits foyers métalliques transportables servant souvent à faire le thé.

Les 3 caillous, le foyer le plus rependu dans le pays, très gros consammateur de bois.
Le "réchaud" portatif burkinabé très pratique pour faire le thé en voyage
Les foyers améliorés sont loin d'être dans toutes les cours et sont très peu utilisés. Le manque d'information et de sensibilisation en sont les principales causes, mais également le fait qu'un foyer amélioré en fer est très cher (environ 3000 FCFA)... autant de facteurs qui empêchent sa vulgarisation. Il est possible de fabriquer des foyers améliorés beaucoup moins cher en banco (terre crue) mais peu de gens savent le faire.
Foyer améliorré en fer, cher et rare
Foyer amelioré en banco, pas tout à fait fini
Quand ils sont là, ces foyers sont plutôt bien acceptés par la population et les usagers les adoptent vite car ils leur évitent les nombreuses corvées de bois. Nous avons l'exemple d'une des nombreuses initiatives d'Ousseini (encore lui) qui fait « tourner » un foyer amélioré dans son village afin que les habitants s'habituent à son utilisation. Quelques foyers en banco ont également vu le jour dans son village d'Oursi car des formations de fabrication sont données. Et pour en avoir vu quelques-uns uns, les foyers améliorés pourraient encore l'être!

Le pétrole

Pour ce qui est du pétrole, le bilan ne semble pas vraiment meilleur. L'essence et le diesel sont hors de prix pour un burkinabé, le litre est à 750 FCFA, ce qui équivaut à peu près au prix français. Sachant que les salaires moyens sont 20 fois moins élevés que les nôtres, on comprend vite pourquoi ils ne peuvent pas mettre plus d'un ½ litre à la fois dans leur mobylette. Autres soucis, les routes sont en piteux état et les camions de ravitaillement n'atteignent jamais certains villages de campagne d'où les stations essence qui sont du coup quasi inexistantes en dehors de villes. On voit alors apparaître des mini-stations essence, où les pompistes stockent le précieux liquide dans des bouteilles de pastis recyclées et rangées en ligne sur de petits étalages roulants. Souvent moins cher que dans une station normale, l'essence est bien souvent de piètre qualité, mais les véhicules habitués la supportent tant bien que mal.

Station essence de brousse, principaux clients les mobylettes
Cuves à fioul

Vers des énergies douces ou une énergie plus sobre pour un développement durable

Comme il est très difficile d'accéder à l'énergie, c'est à chacun de se débrouiller et cette difficulté présente toutefois de bons côtés. Ainsi, les grandes industries très énergivores se retrouvent contraintes de produire leur consommation. Pour exemple, l'usine de traitement de la canne à sucre, la SOSUCO, une des rares grosses industries du pays. Son imposante usine de l'Est du pays (Bérégadougou) tourne en autonomie quasi complète. Les résidus de la canne à sucre sont utilisés comme combustible pour alimenter une gigantesque chaudière. La chaleur produite avec ces déchets sert d'une part aux différentes étapes de chauffage nécessaire à la transformation en sucre, mais également à produire la totalité de l'électricité nécessaire à l'usine via des turbines à vapeur reliées à des alternateurs. A noter que le tourteau est également récupéré pour enrichir le sol des exploitations.

Un des foyers de la chaudière où sont brulés les residus de canne à sucre
Le tourteau recupéré servira d'engrais dans les champs de cannes à sucre

Ce manque d'électricité est un véritable frein au développement (éducation, santé, .). Nous avons souvent vu que la solution alternative à ce problème d'accès à l'énergie était les énergies renouvelables. Nous avons pu visiter dispensaire, bibliothèque ou écoles équipés ou en cours d'équipement d'installations photovoltaïques, mais cela reste encore rare car cher. Nous avons eu l'occasion de rencontrer M. KABGUEBEGA, directeur de ZENITH CONCEPTION, qui nous a montré ses résultats de l'année 2005.une vingtaine d'installations toujours pour des dispensaires ou des écoles et toujours prises en charge et financées par des ONG.

Les énergies renouvelables pourraient être la solution à leur développement, car la faisabilité technique n'est plus à prouver. Le problème : il faut de l'argent !!

Quelques exemples de villages équipés en panneaux photovoltaïques : village de Didyr (lumière bibliothèque), village de Tengrela (dispensaire), village de Sémaga ( en cours )(lumière pour étudier le soir à l'école+ordinateur), village voisin (ordinateurs et Internet à l'école)
Une installation photovoltaïque en piteuse etats, mais qui fonctionne bien dans le dispensaire de Tengréla

Dans les villages, quelque fois on pouvait voir des lampadaires autonomes, servant souvent de lampes de chevet pour les enfants du quartier la nuit tombée ou de loisir pour une partie de baby-foot.

 

                                         
Le travail
   
 

Le travail au Burkina est loin d'être une institution et les standards sont bien loin de nos exigences de productivisme occidental. Environ 80% des burkinabés sont ruraux. Ils possèdent le plus souvent seulement quelques centaines voir dizaines de mètres carrés de terrain et sont considérés comme riches lorsqu'ils possèdent quelques têtes de bétail. La plupart des habitants sont donc leur propre patron et le profit à tout prix ou l'expansion est loin d'être leur préoccupation ou objectif. Ils se contentent bien souvent de ce qu'ils ont et ne crachent pas sur une petite pause discussion autour d'un thé. On ne peut pas dire qu'ils sont fainéants, mais on ne peut pas non plus dire que ce sont des acharnés du travail. Malgré tout, les journées dans les champs sont longues et le travail est rude. Il faut arroser des jours entiers et travailler la terre sans relâche à la main le dos courbé sous une chaleur accablante qui devient l'été, même pour eux, pourtant habitué au soleil, insupportable. Les jours de marché qui ont lieu 2 à 3 fois par semaine sont les bienvenus. Aller vendre quelques produits ou faire quelques achats est une bonne occasion pour se reposer un peu, mais surtout pour profiter du dolo à l'ombre, et venir discuter et prendre des nouvelles.

Un système de formation assez particulier

Pour ceux qui ne sont pas paysans c'est une autre histoire, les artisans n'ont pas non plus un rythme de travail effréné, mais le système de formation en place au Burkina est pour le moins particulier. En effet, à l'instar d'un système français, les cordonniers, couturiers, ferronniers, menuisiers, réparateur en tout genre (électronique, mécanique, etc...) sont formés par le biais de l'apprentissage, mais à la grande différence du système français se sont les apprentis qui payent leurs patrons. Ils doivent payer pour être formés, et l'apprentissage est bien souvent long, et les heures à faire nombreuses. C'est un peu comme si les stagiaires français, devait en plus de travailler pour rien (sans salaire je veux dire), payer leur employeur, et faire des heures supplémentaires sous peine de se voir renvoyer illico presto sans finir la période de formation. Les abus sont nombreux et bon nombre de patrons s'assurent un revenu substantiel en faisant travailler des gens qualifiés en tant qu'apprentis, ce qui leur permet d'être productifs sans payer personne.mais il existe aussi les bons exemples où l'apprenti à la fin de sa formation a payé ses outils et peut devenir à son tour artisan soit en tant qu'associé soit à son compte et il pourra alors lui aussi « employer » des apprentis.

Pour ce qui est des commerçants, c'est encore un peu différent, mais je connais pas vraiment le fonctionnement. Les magasins sont souvent des possessions familiales et les générations se passe la main, ils sont souvent ouverts et les tenanciers passent leurs journées assis derrière leur comptoir ou devant le magasin dans la rue à regarder passer les gens et à discuter avec ceux qui on le temps de faire la conversation (et ils sont nombreux), prenant parfois le temps de finir la discussion engagée avant de venir vous servir.

Les exploités de la terre

Il y a aussi les employés agricoles, que l'on pourrait aussi appeler les exploités agricoles, les coupeurs de canne à sucre de l'Ouest du pays en font parti et nous avons pu discuter avec l'un d'entre eux (en fait un ex) qui nous a raconté la pénibilité de la tâche. Chacun son rang et 750 m de canne à sucre à couper à la machette en une journée de travail. Avec en prime les risques de morsures de serpents, le soleil, l'humidité, les insectes, les insultes du surveillant et une paye dérisoire qu'ils ne connaîtront qu'au bout de quinze jour une fois le travail terminé. A titre d'exemple, son salaire était de 1450 FCFA les 1000 mètres de canne à sucre coupés, il fallait faire 750 mètres au minimum par jour sous peine d'être viré, mais personne ne pouvait vraiment faire plus, sa paye journalière affleurait à peine les 1100 FCFA soit à peine plus 1.5 € par jour.

 
                                         
La nourriture
   
 

Le régime alimentaire Burkinabé est quasi exclusivement basé sur les céréales. Un régime alimentaire loin d'être équilibré, car pour une grande majorité, il n'y a qu'un seul repas par jour et toujours le même . le tô. C'est le plat national, une sorte de bouillie préparée à base de farine de céréales (sorgho, mil ou maïs), quelque fois agrémenté de sauce aux légumes voire de sauce à la viande mais cette dernière est souvent réservée aux grandes occasions.

Cet unique repas est généralement pris le soir car il est plus facile de jeûner la journée, « on trouve toujours quelqu'un à qui parler pendant la journée pour nous faire oublier notre faim, et puis il n'y a rien de plus terrible de se retrouver seul la nuit avec sa faim, donc nous mangeons le soir ». S'il y a des restes, alors ils feront office de petit déjeuner le lendemain matin sinon il faudra attendre le lendemain soir.

Le riz est également consommé, il est cultivé en grande quantité mais la production locale se voit concurrencée par des importations asiatiques. Il devient moins cher pour un burkinabé de manger du riz importé ayant parcouru une bonne partie du globe que de manger celui qui a été produit sur ses propres terres. Les producteurs locaux ont de plus en plus de difficulté à vendre leur riz, les prix du riz importé cassant le marché local.

La colonisation française a laissé quelques traces . le pain est devenu une des grandes fiertés de la cuisine du pays, on trouve même dans les villes des boulangeries qui proposent croissants, pains au chocolat (hors de prix) et autres « friandises ».
 
 

De grandes disparités

On observe une grande disparité entre les différentes régions du pays. Ainsi dans le Sahel et plus généralement dans le Nord du pays, il est très difficile de trouver des fruits ou des légumes, et si l'on peut en trouver, ils sont souvent hors de prix pour les Burkinabés. Difficile même de trouver de la nourriture en général, le climat et la pauvreté du sol ne permettent quasi aucune culture. A Gorom-gorom où nous avons eu la chance de rester une semaine chez l'habitant, aux menus des gargotes, riz gras, riz blanc ou spaghettis. Attention, ne surtout jamais dire que l'on veut manger des pâtes car ils vous servent des pattes de cochons ou de chèvres.
 
Un repas copieux dans une gorgote de Koudouguou : riz gras, pain sauce et un coca. L'enorme assiette est en fait un plat pour deux
Nous avons été voir le jardin des femmes de Gorom, mais quelle déception, nous qui pensions enfin trouver un peu de verdure et fraîcheur et surtout quelle tristesse de voir les femmes passer leur journée à arroser sous une chaleur accablante pour au final avoir une production à peine assez suffisante pour nourrir la famille . Les jardins se situent généralement autour d'un point d'eau, ici, c'est le marigot artificiel situé au centre du jardin, qui permet aux femmes d'alimenter en eau leurs quelques légumes sans avoir a puiser en profondeur. Dans le Sahel, vaste zone désolée de l'Afrique, la terre n'est pas cultivable mais ses habitants ne s'en plaignent jamais, ils l'acceptent . ainsi va la vie !
Jardin des femmes de Gorom-gorom, malgré un sol très sec, l'arrossage journalier qui prend des heures permet de faire pousser quelques legumes... aux portes du dessert
A l'instar de Nord, l'Ouest du pays est une terre d'abondance où fruits et légumes sont cultivés facilement : salades, tomates, aubergines, bananes, ananas, papayes, pastèques, . et sont relativement peu cher (du moins pour nous même après avoir payé le prix touriste). Après une semaine passée dans le Sahel, c'est à Bobo-Dioulasso, que nous avons pu retrouver les joies d'une simple assiette de verdure. Puis, nous avons fait une halte à Oradara, appelée le « verger du Burkina ». Une appellation qui pourrait être donnée à toute cette région Ouest du Burkina qui offre des cultures aussi diverses que variées.

2005 . une année de famine et d'élection présidentielle

L'année 2005 a été terrible pour le Burkina qui a essuyé une grande famine. Pour survivre, certains villages se sont nourris de feuilles. Cette période de misère est encore très vive dans les esprits des gens que nous avons rencontrés. La famine a durée prés de 6 mois de janvier à juin, à l'origine, une terrible sécheresse qui s'est suivie d'une invasion de crickets pèlerins qui ont fini de ravager le peu de cultures qu'il restait. A quelques mois des élections présidentielles, on comprend mieux pourquoi l'Etat n'a pas fait appel à l'aide internationale et pourquoi il n'a pas souhaité annoncer officiellement la famine dans le pays. Une volonté ou une stratégie politique afin de donner l'image d'un pays fort et en bonne santé avant les élections présidentielle de novembre.

Si l'Etat a caché cette famine au reste du monde, pendant ce temps, dans les campagnes, c'est la solidarité qui a primée. Les réserves des greniers à céréales s'amenuisant pour tout le monde. Et certains des greniers étaient désespérément vide, pour leurs propriétaires l'accablement était grand, mais les voisins plus chanceux qui possédaient encore quelques grains n'hésitaient pas à ouvrir leurs greniers pour venir en aides au plus démuni : « parce que si un jour ça devait m'arriver, je serai bien content d'avoir quelqu'un pour m'aider ».

Les conséquences sont qu'aujourd'hui les réserves sont vides et que beaucoup se sont endentés pour pouvoir survivre, vendant la récolte de l'année suivante pour acheter mil et riz pendant la famine. Beaucoup de villages ne supporteraient pas une saison de médiocre ou de moyenne récolte. En novembre, à l'Ouest du pays, les prévisions étaient plutôt optimistes.pour le Sahel c'est une autre histoire.

Les enfants de la famine

Beaucoup d'enfants sont nés suite à cette période. Les femmes pour pouvoir manger n'avaient d'autres choix que de « donner leur corps » . la contraception étant quasi inexistante, sont nés . les enfants de la famine.

Les enfants mendiants

Dans les villes ont voit des enfants mendiants, une boîte de conserve vide en bandoulière ; ils quémandent de la nourriture. Pas d'écoles pour ces enfants là, souvent en bandes ils traînent dans les rues à la recherche de nourriture mais sans jamais d'agressivité ou d'insistance envers les locaux ni même les rares touristes. On les voit souvent aux abords des gargotes attendant que le patron donne son feu vert pour qu'ils puissent venir récupérer les reste. Ils sont relativement bien tolérés par les burkinabés qui laissent souvent un peu de leurs assiettes . peut être parce que beaucoup sont passés par-là et donc comprennent. Leur vie de mendicité est acceptée jusqu'à un certain âge, ensuite ils devront travailler pour subvenir à leur besoin.

Du côté des boissons

Il y a des boissons artisanales comme le « dolo » (ou bière de mil) qui est la boisson nationale. Il se boit tiède dans des calebasses . on dirait du cidre tiède c'est assez particulier et en boire plusieurs gorgées en pleine journée sous une température de 30 à 40°C peut vite monter à la tête ! C'est à partir du gros mil ou du sorgho (rouge ou blanc) qu'est préparée cette boisson. Après avoir récolté la céréale, il faudra 3 jours (brassage, filtrage et fermentation) avant de pouvoir boire cette boisson conviviale qui fait le bonheur de tous.

Au chapitre des boissons artisanales nous avons également eu le plaisir de goûter le bissap qui est une boisson très rafraîchissante faite à partir de fleurs d'hibiscus séchées.

La bière est une autre boisson très répandue. On pourrait presque dire que c'est la boisson nationale mais pas artisanale . car elle est bue sans modération à tout moment de la journée . du p'tit dej' jusqu'à des heures les plus avancées de la nuit.

Il y a 3 grandes marques de bière dont 2 locales : la SO-B-BRA (prononcée sobébra) et la BRAKINA, toutes les 2 brassées sur le territoire, peu alcoolisées et au format 65cl, (il faut bien ça pour oublier la chaleur !) se sont les moins chers et les plus disponibles, même loin de tout il y a toujours une gargote pour vendre de la bière. Elles ne sont pas toujours servies fraîches, car sans électricité, pas de frigo . et oui nous ne nous rendons plus compte, nous occidentaux, que l'énergie est un luxe !! Mais bon, même tiède ça désaltère. un peu !!!

La 3 ème marque, la FLAG vient du Sénégal et est un peu moins bon marché. On peut trouver également de la GUINESS en bouteille, mais elle est plutôt réservée aux gens aisés ou à ceux qui, le temps d'une soirée, veulent se donner un genre.

L'eau

Dans un pays où pendant 6 à 8 mois, il ne pleut pas, l'eau manque souvent. Elle ne coule pas au robinet (sauf en ville mais pas de partout), il faut aller la chercher au puits, et l'apporter à la maison. Un travail, qui le plus souvent est assurée par les filles et les femmes. De l'eau prélevée, pas toujours assainie qu'il faut quand même payer (à Gorom-gorom, 5 FCFA / seau lorsqu'elle est ramenée à la surface par une pompe motorisée). Les puits sont pourtant nombreux mais l'accès n'est pas forcément simple pour autant, ils sont parfois très éloignés de la maison, et certain vont jusqu'à 12 mètres de profondeur, si le puits n'est pas équipé et s'il faut remonter des litres par jour à la force des bras avec comme seul outil un sceau et une corde, la corvée devient vraiment très pénible.

Différentes façons de puiser l'eau de la plus moderne (avec robinets), à la plus rudimentaire (sans aucun équipement, en en bas)

Dans la famille où nous étions, 1 ½ à 2 gros bidons de 200L était utilisé pour toute la famille (au moins une quinzaine de personne) en une journée, l'utilisation se répartissait entre la toilette, la cuisine et la vaisselle (d'après Hassan, les femmes en gaspillaient pas mal !). A titre de comparaison en France on consomme en moyenne 120L d'eau potable par jour et par personne(sans compter tout les usages dit administratif : nettoyage des rues, etc qui sont aussi fait à l'eau potable).

L'eau peut également être conditionnée en bouteille et elle est très chère (600 à 750 f CFA soit environ 7 francs français la bouteille !!) mais normal puisque ce sont les touristes qui vont la consommer.

Les boissons vendues par les gargotes et les épiceries (bissap, sodas, eau, etc.) sont les plus souvent conditionnées dans des sachets plastiques, des sachets qui une fois vide finiront comme déchets dans les rues faute de poubelles !