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L'énergie |
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En terme d’énergie les paradoxes sont nombreux et s’entrechoquent lorsque l’on regarde de près. Le pays à l’indice de développement humain le plus bas de la planète et le manque d’énergie en est sans doute l’une des raisons. Il existe très peu d’alternatives au bois dans ce pays désertique (la biomasse répond à 90% aux besoins énergétiques domestiques). Sinon, le pétrole et le gaz sont importés en très grande partie, ce qui fait que le Niger est très loin de l’indépendance énergétique malgré un potentiel en énergies renouvelables et fossiles (charbon et uranium) très fort.........................
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Vente de bois en bord de route |
Foyer amélioré à bois de très faible efficacité |
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Quelques chiffres .
Taux d'électrification rurale = 7% ( 80% de la population est rurale)
..Répartition de la consommation énergétique :
.. Biomasse (bois) = 87%
.. Produits pétroliers = 11%
.. Electricité = 2%
.. Energie renouvelables = insignifiant |
.Classement des grands secteurs d'utilisation de l'énergie au Niger (2004) :
* Ménages = 89,3%
* Transport = 8,4%
* Industries = 2%
* Agriculture = 0,02% |
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Le bois |
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C’est le 1er paradoxe dans ce pays ou le désert avance, plus de 90% de l’énergie utilisée dans les ménages est issue de la biomasse et c’est presque toujours du bois. Issu de la brousse, ce bois est géré à travers des marchés ruraux : « lieux » de stockage où les stères de bois qui sortent ne doivent pas dépasser les quotas d’exploitation de la zone. Des structures sont là pour contrôler le bon état de fonctionnement de ces marchés mais les moyens manquent et les fraudes sont faciles. De plus, ces marchés ne couvrent que 13% la demande nationale qui augmente chaque année à cause d’une démographie galopante (entre 8 et 10 enfants par femme en moyenne !!!). Pour le reste c’est le secteur informel qui se charge de l’approvisionnement, très difficile à structurer, il engendre une pression sur le couvert végétal très importante et les arbres sont prélevés sans aucun discernement. Traditionnellement, couper un arbre sur pied pour en faire du bois de chauffe est très mal vu, surtout lorsque ce n’est pas votre « territoire ». Les exploitants les plus belliqueux blessent les arbres (quelques pointes de charpentiers autour du tronc, quelques entailles bien placées) puis viennent « ramasser » l’arbre mort quelques mois plus tard en toute «légitimité»…
Ainsi malgré une grande campagne de reboisement ou de fixation des dunes et des sols par la plantation d’arbres, le désert gagne chaque années 100 000 ha pendant que les Nigériens n’en récupèrent que 25 000ha , et les camions pleins de bois continuent d’entrer en ville par dizaine chaque jour. Car comme bien souvent ce sont les consommations des centres urbains qui engendrent la déforestation des "campagnes". |
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Marché ruraux : aire de stockage contrôlé
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Approvisionnement en bois de la ville de Niamey |
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Electricité |
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C’est le 2ème paradoxe, et celui qui met le plus mal à l’aise lorsque l’on est français. Le Niger exporte de l’uranium, beaucoup d’uranium, à destination de la France. Pourtant personne ne semble avoir envisagé un quelconque transfert de technologie. Pas de nucléaire au Niger alors que le pays fourni la matière première à d’autres (nous en l’occurrence et en exclusivité pour quelques années ). Le comble, 60% de la consommation nationale vient pour l’essentiel de centrales thermiques (à pétrole) du Nigeria. Plus étonnant la ville de Niamey dépend également de cette interconnexion. Le jour où le Nigeria « ferme les vannes », la capitale du pays sera dans le noir. Difficile à admettre lorsque l’on connaît la valeur de l’uranium pour la France.
C’est d’ailleurs cette histoire d’uranium qui nous empêchera de voir le Nord du pays. Sans rentrer dans les détails, les montagnes de l’Arlit (dans le Nord) accueillent les mines d’uranium et sont en proie aux explorations et exploitations de grandes compagnies étrangères à cause ou grâce à leur sous-sol très riche. La zone a depuis toujours été plus ou moins revendiquée par quelques nomades touaregs qui vivent sur ces terres. L’exploitation des gisements engendrent des bénéfices colossaux pour les multinationales qui exportent les ressources (Areva en 1ere ligne), mais les retombées locales et nationales sont très peu nombreuses. Il n’en faut pas plus pour créer l’instabilité et quelques gouttes d’eau font largement déborder une coupe pleine et basculer les revendications Touaregs du côté de la lutte armée. Ainsi tout a basculer, début d’année 2007, pour des raisons plus ou moins troubles auxquelles Areva ne semble pas tout a fait étrangère (je vous laisse le soin d’éplucher la presse) et aujourd’hui la rébellion fait des victimes civiles et militaires dans le Nord.
Les sources d'électricité au Niger
60% de l'électricité est importé du Nigéria
40% produit au Niger réparti en centrales thermiques à pétrole et au charbon minéral |
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Alternatives |
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L’une des alternatives les plus pertinentes au problème du Niger se trouve dans le sous sol et elle n’est pas renouvelable, mais permettrait une transition et surtout une réponse quasi immédiate au problème de bois énergie de disparition du couvert végétal.

Charbon minéral Le charbon minéral produit déjà de l’électricité dans le Nord du pays, mais il pourrait aussi et surtout être une alternative au bois de chauffe. Utiliser dans des foyers adaptés, il permet de cuire les repas, pourtant son utilisation n’est que très peu répandue. La cause est que ces foyers adaptés qui existent bel et bien ne sont pas encore assez connu et sont très peu répandus. Le seul atelier qui les fabrique n’arrive pas à suivre les commandes, hors de question pour eux de faire de la publicité auprès des particuliers, le simple bouche à oreille suffit. Le principal problème aujourd’hui est de perfectionner cet atelier afin d’augmenter sa capacité de production et sans un soutien fort de l’état, les investissements restent quasi insurmontables pour la petite entreprise. |
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Foyer TECH à charbon minéral (RAESSE-Niamey) |
Atelier artisanal de RAESSE-Niamey |
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Côté EnR, le potentiel solaire est considérable, mais les technologies sont encore trop coûteuses et peu connues. Pourtant, le Niger a été un des pionniers du solaire avec le professeur Abdou Mouni Dioffo (décédé il y a quelques années) et le professeur Wright. 
Au premier plan, un four solaire dans lequel se reflète le travail du professeur Abdou Mouni Dioffo : un moteur thermique à énergie solaire élaboré dans les années 80.
Les biocarburants entament leur percée comme dans toute l’Afrique de l’Ouest, et un programme présidentiel débute avec les premières plantations expérimentales à grande échelles. Plusieurs ONG travaillent de leur côté à la fabrication de biocarburant. Pour la première fois au Niger, des graines autres que celles de la plante Jatropha curcas sont testées (Neems).. .. |
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Séchage de graines de neems (EIP-Niamey) |
Stockage avant transformation (Agry Système Hygiène-Niamey) |
La graine de neem sur son arbre que l'on trouve de partout au Niger |
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