Rencontre avec EPAD

Un peu plus qu'une simple rencontre

Avec le recul, si l'on devait résumer en un seul mot notre séjour à Niamey et surtout nos relations avec les membres de l'ONG EPAD ( Ecole Parrainage et Actions de Développement de base), cela serait « Wooooosh », un peu comme le bruit que fait le flash d'un appareil photo qui tente de figer en un instant une vingtaine de jours qui sont passés trop vite. 20 jours pendant lesquels les liens qui ses sont noués dès les 1ers instants et se sont resserrés jusqu'à notre départ. Le moins que l'on puisse dire c'est que nous nous sommes sentis très bien au siège de EPAD, un peu comme si nous avions trouvé une petite famille au Niger, avec le patriarche, les tontons, les tatans, les frères et sœurs. Les membres de la jeune ONG tout aussi sympas les uns que les autres (à croire que c'est la marque de fabrique) nous ont vraiment intégrés et étions considérés un peu comme des membres à part entière de l'équipe.

Petite revue d'effectifs. Il y a : Bakissa, la charmante comptable, toujours souriante et de bonne humeur malgré les nombreuses heures de présence et des journées interminables, Azumi le gardien à la voix étrange qui prend soin de la maison, Daouda le jeune informaticien, avec qui nous avons eu les premiers échanges mails, très bavard et débordant d'enthousiasme, Moustapha le responsable des parrainages et « chauffeur », plus discret, toujours très classe et prêt à vous rendre service (il aura dormi sur le canapé du secrétariat pour nous emmener à 3h du matin à la gare routière le jour de notre départ), et puis Moussah SIDIKOU, « Monsieur le coordinateur » (tout le monde l'appelle coordinateur et nous en ferons de même), qui donne à toute l'équipe une dynamique effrénée et un rythme soutenu. Personnage atypique qui n'a pas la langue dans sa poche, de haute stature et toujours impeccablement vêtu. Les 1ères impressions sont parfois trompeuses et sous ses airs de businessman impitoyable, c'est en fait un homme d'une incroyable humanité que nous avons découvert au fil des jours. Faisant preuve d'une très grande abnégation, il possède un sens aigu du devoir, de l'écoute et une volonté inébranlable à faire le bien pour son prochain. Toujours dans une énergie débordante qui semble inépuisable. Les journées sont longues pour le coordinateur et il n'y pas souvent de week-end et de jours fériés. Il tire toute l'équipe vers le haut allant toujours plus en avant malgré la fatigue parfois générale. Le plus impressionnant est sans doute sa connaissance des dossiers et du pays en général, allant de la structure organisationnelle des programmes ministériels, nationaux et internationaux, aux aspirations des gens les plus humbles avec qui il a la conversation facile. Il se sent aussi à l'aise dans les hautes sphères de la société du Niger qu'en pleine brousse au milieu des pépiniéristes ou des orpailleurs, engageant la conversation d'égal à égal avec n'importe lequel d'entre eux. . . .

EPAD est une jeune ONG, à peine plus d'un an d'existence (elle a été crée le même jour que Au Rythme de l'Afrique). Mais comme on aime à le rappeler ici « la qualité et la maturité n'attendent pas le nombre d'années ». Et EPAD a déjà quelques projets exemplaires à son actif dans la lutte contre l'exploitation et le trafic des enfants. Des sujets souvent difficiles mais qui ne semblent pas entamer la bonne humeur des membres mais plutôt transcender la volonté de l'équipe.

Ils ont déjà mis en place un centre de transit pour enfant « trafiqués » et des centres de formation/réinsertion. Travaillant également sur le reboisement et la récupération du sol, la lutte contre le VIH/SIDA, le renforcement des capacités locales, on comprend que les journées soient longues. Partis d'un petit bureau de quelques mètres carrés, l'ONG est aujourd'hui un centre de formation et sous peu une plate forme de communication.

Il est vrai qu'aujourd'hui, toute cette réussite repose presque entièrement sur les épaules d'un seul homme, mais la volonté de bien faire et surtout d'apprendre des jeunes recrues est encourageante. Et même si le rythme de EPAD est imprimé par le coordinateur et que selon lui « les jeunes ne sont pas assez motivés », ils étaient presque tous sur le pont lors des week-ends de travail que nous avons partagé avec eux.
 

Les membres de EPAD nous ont offert une rencontre comme nous n'en n'avions pas eu depuis notre départ . Une rencontre assez forte pour être sûre que les adieux ne sont en fait que des aux revoirs, pour que, comme Bakissa, nous puissions dire avec certitude « … de toute façon, on se reverra !!! ».