Rencontre avec EIP

Expérimentation tout azimut et valorisation de la jacinthe d'eau

Quand nous nous rendons au siège de EIP pour y retrouver son président, Mr Salifou Assane Seyni, c'est l'heure de la descente c'est-à-dire la fin de journée de travail et nous croisons donc le personnel administratif qui quitte les bureaux laissant l'accueil « vide ». Mr Seyni n'est pas encore arrivé. Ca doit être quelqu'un de très actif, qui court un peu de partout et dont le temps doit lui manquer d'où, sans doute, le choix de cette heure de rendez-vous. Nous ne nous étions pas trompé sur le personnage qui nous apprendra par la suite qu'il passe la plupart de ses soirées (23h – minuit) et week-end à travailler à l'ONG.

Nous profitons de l'attente pour lire les nombreuses affiches et panneaux d'affichage qui couvrent les murs de l'accueil. Nous sommes impatients de le rencontrer car les activités sont nombreuses et nous découvrons qu'ils oeuvrent dans beaucoup de domaines qui nous intéressent. Un panneau est entièrement « dédicacé » de petits mots d'anciens stagiaires ayant séjournés quelques temps chez eux. Beaucoup de dynamisme et de sympathie se dégage de cette équipe de EIP.

Puis Salif arrive et nous fait entrer dans son bureau où une multitude de dossiers sont empilés. Après quelques échanges sur notre voyage avec 2 autres membres de l'équipe, nous entrons dans le vif du sujet tout en buvant un café. Le coucher du soleil n'est pas très loin, et nous pourrions encore passer de nombreuses heures à échanger autours de leurs activités tellement les projets réalisés ou en cours sont nombreux. Il nous faudrait plus de temps pour pouvoir tout aborder. Nous regrettons presque que la villa qu'ils mettent à disposition des stagiaires soit occupée en ce moment. Si nous avions pu séjourner ici, nous aurions été au cœur des activités et aurions eu plus de temps pour tout aborder.

Tant pis, nous ne pouvons pas tout aborder ce soir mais nous sommes encore sur Niamey pour 10 jours, nous les reverrons. Ils nous font quand même visiter leur « villa ». Une vaste habitation dont le salon a été transformé en secrétariat, les chambres en bureau et le jardin en mini centre d'expérimentation. La piscine accueillait jusqu'à il y a peu de temps une petite « exploitation » de jacinthe d'eau, le cheval de bataille de l'ONG, elle a du être « rebouchée » à la demande du propriétaire.

Tous les projets de l'ONG sont centrés sur le fleuve et ils ont commencé à travailler sur le problème de prolifération de jacinthe d'eau il y a 10 ans. L'ONG aide les villages proches du fleuve a tirer profit de cette plante envahissante en la transformant en compost. Depuis, ils diversifient leur activités en développement des projets annexes et complémentaires à cette activité qui reste leur priorité. L'ONG a fait ses preuve et jouie d'une certaine réputation et légitimité auprès de la société civile, du gouvernement et des autres ONG. Pourtant le Président Mr Salif est ce qu'on pourrait appeler un révolutionnaire pacifique et les nombreux portraits et citations du « Che », suspendus au mur de la maison en témoignent.

L'ONG démontre la faisabilité des choses en expérimentant différents systèmes dans les villages avec qui ils coopèrent depuis le début du projet « jacinthe d'eau ». Puis en retire des expériences et édite guides d'utilisation ou de mise en œuvre qu'elle diffuse avant de tenter une nouvelle expérience.

Ils essaient… et au moment de visiter leur « cour expérimentale », Salif et Moustapha, s'emthousiasment à nous montrer leurs essais qui envahissent le moindre recoin de la cour. Ils mettent en application et adaptent à leur contexte des idées pouvant venir d'Europe par exemple « parce que toutes les idées peuvent être reproduites à l'Afrique, il faur essayer et adapter ». C'est le cas du vermi-compost. Une terre qui s'enrichie grâce à l'action de ver de terre qui dégradent les déchets en compost naturel, une idée rencontrée dans le Sud de la France par Salif lors d'un voyage d'étude à Agropolis, à Montpellier. Fours solaires, foyers améliorés, valorisation de différentes espèces en biocarburant comme le Neem cet arbre qui constitue la principale verdure de la ville ou la plante pourghère, compost, valorisation de la jacinthe d'eau en papier, etc … Les expériences sont multiples et souvent concluantes. L'ONG passe le reste du temps à tenter avec plus ou moins de succès de convaincre les décideurs du bien fondé de leurs actions et poussent d'autres à reproduire leurs projets. Même si le travail est difficile, ils ont réussi grâce à leur « acharnement » à faire accepter un vrai programme d'éducation à l'environnement dans le cursus scolaire de l'éducation nationale, fournissant support et manuel d'éducation aux instituteurs du pays.

EIP est une ONG très ouverte sur le monde et très centrer sur les problèmes locaux de terrain, une ONG qui avance et qui "recrute" bons nombres de stagiaires pour les aider à cela.