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L'énergie |
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Le Cameroun est plein de ressources. Que ça soit au niveau de ses forêts, de ses cours d’eau, de ses quelques ressources pétrolières, on ne peut pas vraiment dire que le pays manque d’énergie pourtant de nombreux villages sont encore dans le noir. Le bois ou le charbon de bois constitue la principale source d’énergie des ménages et des commerçants que ça soit en milieu rural ou urbain.
 Les sources d'électricité au Cameroun .
80% hydraulique
20% thermique
..Répartition de la consommation énergétique :
.. Biomasse (bois et charbon de bois) = 65%
.. Produits pétroliers = 21%
.. Electricité = 14%
. Energie renouvelables = insignifiant |
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Electricité |
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Le secteur reste caractérisé par un faible taux d'accès des ménages à l'électricité dans l'ensemble du pays, et plus spécifiquement dans les zones rurales.

.................................Taux d'électrifiaction totale = 25 à 30%
.................................Taux d'électrifiaction rurale = 10%
.................................Taux d'électrifiaction urbaine = 70 à 80%
L'hydroélectricité est de loin la principale source d'alimentation en énergie au Cameroun. Elle est secondée par l'exploitation des centrales thermiques à fuel lourd. Les nombreux fleuves ont permis de construire des barrages de grande capacité. Le Cameroun compte trois centrales hydroélectriques (Song Lou Lou, Edéa et Lagdo), trois barrages de retenu (Bamendjing, Mapé et Mbakao), une dizaine de centrales thermiques et 31 petite centrales diesel isolées pour certains centres ruraux. La puissance installée ne permet pas de satisfaire la demande nationale en électricité, l'entretien des barrages ne semble pas régulier et la gestion de la distribution de l'électricité pas très claire.
Ainsi, dans l'est du pays, la ville de Abong Mbang fût privée d'électricité par intermittence pendant plus de 2 mois aux alentours de juillet 2007. Les coupures allant de quelques heures à la journée entière. La grogne chez les habitants et les étudiants a commencé à monter, l'économie à ralentir, les autorités restant sourdes aux appels des usagers. Puis pendant 3 semaines, la coupure fût totale. Les gens descendent dans la rue pour réclamer des réponses, la police réplique par les armes. Résultats 2 morts et une remise en route du réseau 3 jours plus tard sans véritable explication sur la raison de ces coupures. Difficile de connaître vraiment les tenants et les aboutissants de cette filière dans cette atmosphère tendue.
Les consommations d'électricité ne cessent d'augmenter. L'AES-SONEL, société nationale récemment privatisée, est chargée de la production, distribution et de l'entretien du réseau. Elle a le devoir d'augmenter sa couverture de distribution, et alors que l'électrification rurale à du mal à atteindre les 10%, elle se contente de raccorder de nouveaux clients sur le réseau existant en zone urbaine. Et compte tenu d'une demande très forte, elle a du mal à suivre le rythme, tant au niveau des raccordements que de la capacité de production.
Les quelques centrales thermiques qui voient le jour sont des solutions qui ne peuvent être que temporaires vu les coûts liés au prix du pétrole qui ne cesse d'augmenter.
Depuis les années 1990, le Cameroun traverse une crise énergétique qui se manifeste par l'instauration du système de délestage. Dans son plan de développement du secteur de l'électricité horizon 2030, le Cameroun envisage de construire plusieurs barrages et centrales hydroélectriques sur le cours d'eau Sanaga en vue de renforcer la production nationale d'électricité. Dans cette perspective, plusieurs projets sont en étude.
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Beaucoup de bois brûlé .
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Pour la population, trouver du bois pour la cuisson n'est pas vraiment un problème, du bois il y en a de partout. ¾ du pays est en zone forestière. En milieu rural, il suffit de se baisser pour ramasser les nombreux bois morts, pourtant si aller derrière la maison suffisait il y a quelques années, il faut aujourd'hui marcher plus loin et parfois même acheter le bois. Malgré cette diminution de la ressource bois-énergie, les agriculteurs continent à défricher en brûlis, brûlant sur les futures parcelles le bois sans aucune valorisation. En milieu urbain, c'est un autre problème mais finalement cela revient au même. Les gens se fournissent auprès des usines de transformation (déroulage = 1 ère coupe des grumes et menuiseries) ou des petits revendeurs en chutes de bois ou en sciure. Tout cela se fait de manière informelle sans aucune organisation spécifique si bien que là aussi, la filière est sous exploitée et de nombreuses usines brûlent leur déchet in situ toujours sans valorisation. Côté consommation, l'apparente abondance de la ressource fait que les « opérations » foyers améliorés sont peu nombreuses et bien que souvent très pertinentes passent un peu inaperçues et semblent inintéressantes aux yeux du grand public. |
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Cogénération : il semblerait qu'il n'y ait pas seulement la population qui se préoccupe de récupérer les déchets pour réduire leur coût de facture énergétique. Les usines sembleraient vouloir s'orienter vers la cogénération (production d'électricité et de chaleur) à partir des déchets de la transformation ou au moins valoriser de ces résidus pour au moins le séchage du bois qui fait parti de la transformation. |
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Petite enquête au marché de Mokolo ...

Ayant du mal à cerner la filière, nous partons sur le plus grand marché de Yaoundé, le marché de Mokolo, pour voir ce qui se fait vraiment en manière de foyers améliorés dont tout le monde nous parle, connaître les prix du bois et du charbon, rencontrer les artisans et les acteurs de cette filière, pour ainsi se faire notre propre opinion sur cette filière bois-énergie.
Après 3 heures de déambulation dans le marché, il en ressort que
le bois disponible sur le marché est issu soit des menuiseries du marché soit des usines de transformation des environs de Yaoundé et qu'un réseau de distributeurs et revendeurs s'est mis en place.

le prix du bois et du charbon a augmenté depuis quelques années (4 à 5 ans)
les foyers améliorés n'en sont pas vraiment. Chaque atelier fait ce qu'il peut en fonction de l'approvisionnement en matériel. La qualité et les performance sont très aléatoires et les prix varient de 1000 à 15000 F.CFA.

la demande en charbon de bois est significative depuis une dizaine d'années à Yaoundé. Il n'y a pas de filière carbonisation. Le charbon est obtenu principalement à partir des chutes de bois proches des usines de transformation et la carbonisation se fait de façon artisanale sans aucune méthode appropriée.

Cette petite visite de terrain de quelques heures nous aura plus éclairée que notre semaine à Yaoundé dans les différents ministère où cette filière n'a pas l'air très clair.
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Les alternatives |
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C'est presque le calme plat. Quelques expériences ingénieuses et pertinentes sont menées de ci de là mais elles restent à l'état de prototype et ne sont que rarement vulgarisées (éolien, solaire thermique). Seul le solaire photovoltaïque et les foyers améliorés semblent vouloir percer mais le premier est cher et le second pas assez vulgarisé.
 Les biocarburants sont également dans l'ère du temps. Beaucoup de projets et d'orientations sont annoncés mais dans les faits pas grand chose. La société civile travaille à faire passer un décret pour encadrer cette nouvelle filière. Dans ce pays traditionnellement de grandes plantations, les tentations de créer une filière essentiellement à l'exportation sur financements MDP, sont grandes. Ces cultures habituellement consacrées à l'alimentaire (huile de palme, canne à sucre) pourraient dangereusement glisser vers la production de biocarburant pour le marché occidental sans tenir compte de la concurrence avec l'alimentaire local.
 La micro-hydroélectricité semblerait être la solution magique aux problèmes d'électrification rurale. La Cameroun maîtrise très bien les grands barrages hydrauliques. A ce jour + de 80% de l'électricité du pays provient de ces barrages.
 Le potentiel énorme en petit cours d'eau du pays pourrait être valorisés grâce à la microhydraulique et permettrait de sortir les gens du noir et d'apporter une nette amélioration des conditions de vie. Peu de personnes au Cameroun connaisse cette technique. Pourtant, le savoir-faire et les compétences existent sur le territoire. Nous avons rencontré à Baffoussan (dans l'ouest), l'ONG ADEID qui a déjà électrifié plusieurs villages ou maisons à l'aide de cette énergie hydraulique. Un professeur d'université, le professeur Tangka à Dschang travaille sur de la pico-hydraulique qui demande encore moins d'investissement et surtout une hauteur d'eau faible (1,50m). Nous avons également rencontré un jeune camerounais « bricolo » qui, à l'âge de 17 ans, a expérimenté un petit barrage. Les compétences sont là, le potentiel est là, et malgré tout, le pays souffre d'un manque d'électricité.
Quelques personnes, certes un peu isolées, travaillent dans leur coin sur ces problématique mais jusqu'à aujourd'hui, l'accès à l'énergie n'a pas été une priorité de l'état ou des bailleurs de fond. Il semblerait que les choses tendent à évoluer et que l'énergie devienne une préoccupation majeure dans les années qui viennent dans le développement. Un effet secondaire du protocole de Kyoto ?! |
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L'alimentation |
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Le pays nous aura offert des « menus » beaucoup plus variés et divers que ce que nous avons connus en Afrique le l'Ouest. Même si le poisson braisé / bâton est resté notre principal repas (parce que c'est bon), nous avions le choix. Les tubercules sont nombreuses (igname, manioc, pomme de terre, patates douces, taro, etc…), les légumes produits localement sont exportés mais on en trouve quand même sur les marchés (tomates, salades vertes, avocats, etc…), la viande est toujours disponible et le cochon a fait sont retour dans notre alimentation. Le piment et le « maggi » sont la base de l'assaisonnement. Et surtout nous découvrons les joies de la banane plantain et des produits forestiers : safou, noisettes, chenilles (glups !)
Igname blanc et viande sauce arachide
Les « barbecues » de rues ...
 De la fumée blanche s'élève dans les airs. C'est sûr que c'est la direction à suivre si l'on veut manger. Les étalages sont constitués la plupart du temps, soit d'un simple fût de 200L ouvert sur lequel est posé une grille, soit d'une « cuisinière » bricolée de bois et de ferraille souvent bancale. Dans chacun des cas, ces « barbecues » accueillent de gros morceaux de bois se consumant toute la journée à petit feu. Mouton, porc, poulet y cuisent ou y sont tenu au chaud. Abats, brochettes, ailes, jarret, gros morceaux à découper, chacun choisi ce qu'il veut et la quantité. Ces « grillades » de viande constituent les principaux « restos » à emporter du pays. Il y a aussi le poisson braisé. S'il est facile de les repérer à la fumée, l'odeur de celle ci à tendance le goût des aliments. En journée, c'est la viande qui prime et ce sont les hommes qui s'occupent de ça. A la tombée de la nuit, vers 18h30-19h, d'autres « barbecues » s'allument, ceux des femmes, qui préparent le charbon pour faire le poisson braisé. Du bar ou du maquereau, que l'on choisi et que l'on commande pour 500F, 700F, ….en fonction de la quantité que l'on veut. Servi quelque fois avec des condiments (une sauce verte préparée à base d'huile et de diverses plantes dont ce qu'ils appellent le poireau) et bien sûr le piment qui accompagne tous les plats.
 Origine des aliments
Si le bar est un poisson d'ici, le maquereau est importé de nos mers du nord. Et comme le poulet, le maquereau est importé congelé. Les produits locaux comme le bar ou le « poulet fermier made in Cameroun » sont bien meilleurs mais au moins 2 fois plus cher. Du coup, les produits importés sont beaucoup plus consommés. Par exemple, les poulets importés appelés aussi « les 18 jours » coûtent 1500F.CFA/kg alors que le prix d'un poulet local est de 7500 à 8000F.CFA/kg. Pour les populations, le choix est vite fait. Un peu comme chez nous, c'est la même musique qui se répète. les « moins riches » n'ont-ils pas le droit de bien manger ?!! |
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Sur les marchés
Le truc bizarre au Cameroun, c'est que les marchés sont victimes du succès des produits cultivés sur le territoire. Le Cameroun exporte une bonne partie de ces fruits et légumes dans les pays voisins d'Afrique centrale, moins bons producteurs et très bon payeurs. C'est ainsi que des camions entiers de tomates prennent la direction de la Guinée équatoriale ou du Gabon où elles se vendent 5 fois plus chères. Le Gabon est le principal importateur.
Sur les marchés locaux, on trouve du coup difficilement de produits locaux.
Autre particularité, rien ne se vend au poids. Les achats se font au tas. Chaque étalages présentant différents type de tas en fonction de la taille et e la qualité des produits. 3 petites tomates à 200F, 5 grosses tomates à 700F, pareil pour les patates, les oignons, le poisson séché,. C'est un vrai spectacle de voir les femmes préparer minutieusement les différents tas de manière esthétique.
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Le poisson fumé
Fumer le poisson est une tradition mais c'est parce que les camerounais n'ont pas le choix s'ils veulent conserver le poisson pêché. Faute de congélateur, ils ont trouvé comme alternative le fumage du poisson qui consiste à sécher et déshydrater celui-ci. Ce dernier peut ensuite être vendu ou être conservé plusieurs mois à température ambiante. C'est un peu la base de l'alimentation. On nous racontera que les camerounais « expatriés » et de visite au pays remportent bien souvent dans leur bagage du poisson fumé.
 Nous avons pu assister au fumage de poissons lors de notre passage à Ebodjé, petit village de pêcheurs le long du littoral à 50kms au Sud de Kribi. Une centaine de famille vit ici et chacune possède une pirogue. Dans ce petit village, la pêche se fait depuis toujours en pirogue à la rame. La seule évolution depuis 30 ans est le passage des filets de pêche en coton à ceux en nylon, beaucoup plus efficaces mais beaucoup plus fragiles. En ce vendredi d'octobre, c'est une journée comme les autres qui commence. Comme chaque matin les pêcheurs partent en mer vers 5h30 et reviennent à la plage vers 8-9h. Ce matin il pleut fort mais il faut bien travailler. Le poisson est la seule source de revenus de ce village (avec l'écotourisme depuis peu). Au retour, il faut enlever un par un les poissons pris dans les mailles du filet. Les femmes, bassine sur la tête, descendent du village au compte-goutte après leurs activités respectives, et viennent choisir les futurs clients au fumage.
Valérie vit avec sa tante, mémé Pauline. Elles se partagent la même cuisine et une maison dans laquelle elles hébergent les éco-touristes. En cette période de l'année où le poisson est abondant, la principale source de revenu est le poisson fumé. De nombreuses heures de la journée sont dévouées à cette activité. Il est 9h, Valérie est de retour de la plage, bassine sur la tête remplie de poissons frais et divers (rasoirs, bars, dorades). Elle file à la cuisine pour fumer ces nouveaux achats. D'un geste rapide et précis, elle écaille les poissons à l'aide d'un vieux couteau, puis les passe dans l'eau claire de la source avant de les vider. Il lui faudra ensuite libérer de la place sur le séchoir. La claie étant pleine de poissons fumés de la veille, il lui faut trier les poissons prêts et ceux qui ne sont pas encore totalement séchés. L'opération est un peu délicate car les poissons sont collés entre eux. Il faut les séparer un à un sans les « gâter ». Il lui faudra environ 2h pour libérer le quart de la claie. Elle peut maintenant disposer ses poissons frais et allumer le feu. En cette saison des pluies, il est difficile d'avoir du bois sec et la combustion entraîne beaucoup de fumée dans la cuisine. Elle ne peut pas rester, elle sort de la cuisine et derrière elle, met les 2 portes de la cuisine sous verrou. De loin, la fumée libérée par le fumoir donne à la cuisine l'allure d'un petite cabane de montagne en plein hiver.
Il faudra que Valérie alimente continuellement le foyer pendant 2 jours avec de nombreux morceaux de bois qui se consumeront à petit feu, pour qu'elle puisse avoir ses poissons fumés prêts. |
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La cuisine est une maison à part, basse de toit, sans ouverture si ce n'est les 2 portes, et les quelques trous entre les murs et la charpente. Les murs sont en bois, le toit est en tôle et toutes les surfaces sont recouvertes d'une couche de suie noire qui assombrie encore un peu plus la pièce, il n'y a pas d'ampoule à l'intérieur. Contre le mur du fond, le séchoir prend pratiquement toute la largeur de la pièce. Le séchoir est une construction en briques de terre cuite d'environ 1,10m de haut et qui reçoit en sa partie supérieure une claie (grillage de 2m² pour poser les poissons) et d'un couvercle en tôle. 2 grands trous, à même le sol, sur la face avant, accueillent d'énormes bûches de bois. Le système ne possède pas de cheminée. Il y a quelques années de cela encore, le fumage se faisait en plein air en disposant les claies sur un tas de bois. Ce fumoir amélioré a été construit grâce à un programme de la SNV. En face du séchoir, dans le coin opposé, quelques planches de bois bancales font office d'étagères et reçoivent les plats et les ustensiles de cuisine éclatants de brillance et de propreté contrastant avec la noirceur des murs et des meubles. A droite du fumoir, se trouve le foyer de la maison, destiné à préparer les repas quotidiens ou l'huile de palme. Au dessus de celui-ci, une claie est suspendue afin de sécher arachides, résidus de fibres de palmes qui serviront d'allume-feu, et autres, plus rapidement. Le reste du mobilier se compose essentiellement de 3 petits bancs de bois et 2 grosses panières en osier remplis de poissons fumés qui sont disposées à même le sol. Valérie puis Mémé Pauline se feront une joie de prendre la pause avec un gros poisson guitare fumé. |
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Les bâtons
Enveloppés dans des feuilles de bananier, les bâtons de manioc qui ressemblent à une friandise pour enfants, se trouvent de partout et sont consommés par les adultes aussi bien lors des trajets en bus que en accompagnement du poisson braisé.
La préparation se fait sur plusieurs jours. Il faut tout d'abord laisser tremper les tubercules de manioc plusieurs jours dans l'eau (de 2 jours à une semaine) pour enlever l'amidon. Ca devient ensuite blanc. Le manioc est ensuite écrasé, étalé dans les feuilles de bananier et roulé puis cuit. C'est un régal ! Il existe 2 types de manioc : le sucré et l'amer. Celui utilisé pour les bâton est le manioc amer. |
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Sur le grill.
En ces mois de septembre-octobre, ce sont les bananes plantains et les safous, qui viennent colorés de jaune et de violet, les grills des rues. Généralement assises sur un petit tabouret de bois, des femmes passent la journée à attiser le feu de charbon, à surveiller la cuisson et à retourner les bananes et les safous de la grille placée devant elle. Le safou appelé ici « prune » n'est pas un fruit comme chez nous. C'est un produit forestier qui est produit dans toute la zone Sud du pays. C'est vrai que derrière sa forme allongée, sa couleur violette, on pourrait le confondre avec une grosse prune. Mais au goût c'est bien différent. C'est farineux, un peu amer avec un arrière goût de pomme de terre citronnée et la texture d'un avocat un peu fibreux. Les safous se mangent tièdes ou plutôt devrait-on dire, se grignotent.
 Il est une manie ici de donner un nom français à un aliment et qui ne correspond pas. C'est comme ce qu'ils appellent le melon. Nous nous faisions une joie de pouvoir en manger, en réalité c'est une énorme courgette qu'ils utilisent dans des sauces.
Les grandes cultures. café, cacao, thé
Il apparaît que ces grandes cultures sont la plupart du temps produites pour l'exportation. En fait ces cultures de caféiers, théiers ou cacaotiers datent de la colonisation et ne sont pas une tradition chez les camerounais. Certaines comme le café, ont fait leur temps. Ce n'est plus rentable aujourd'hui et dans la région montagneuse de l'ouest où arabica et robusta ont été implantées massivement il y a quelques décennies, c'est aujourd'hui l'abandon et la « réorientation » vers des cultures vivrières. Les quelques petit producteurs vendent à 20-25000F.CFA les 40kg de graines de caféiers.
Le thé… Exemple d'une unité de transformation près de Dschang
Ce sont des étendues et des hectares de plantations qui s'offrent à nous à la barrière de « l'agent de sécurité de l'usine de transformation du thé » et qui marque le début de la propriété. C'est vert, c'est vallonné, c'est magnifique. Les chemins entre les différentes parcelles marquent un quadrillage vert sur fond montagneux. Des « bosquets » d'eucalyptus parsèment le quadrillage. On nous expliquera, lors de la visite, que ce sont des parcelles maintenues dans le but d'utiliser le bois pour alimenter les différentes chaudières de l'usine.
Nous sommes accueillis par un homme souriant, chapeau feutre sur la tête qui commence par nous montrer l'immensité des plantations. Tellement grandes, elles sont réparties en 3 zones possédant chacune un chef de zone responsable des équipes de cueilleurs. La cueillette s'effectue toute l'année avec des périodes de production plus importantes lors de la saison des pluies. Ce sont les feuilles terminales qui sont ramassées manuellement aussi bien par les femmes, les hommes ou les enfants en période de vacances. Après la récolte, les feuilles sont emmenées à l'usine, sont pesées puis étalées sur des claies de séchoirs soufflant de l'air tiède par dessous. Après 16h de « séchage », les feuilles sont conditionnées en sac de 40 kg et repesées afin de connaître le taux d'humidité. Puis les feuilles partent dans le circuit de broyage de 3 coupes successives de plus en plus fines. La chaîne se termine par une étape de fermentation à l'air ambiant de 1h. Le séchage de ce broyat est obtenu dans des tanks et au bout de 1h, le thé qui en sort est prêt à la consommation. Il est conditionné en vrac dans des sacs de 40 kg. Il n'y a pas de conditionnement « au détail » dans cette usine. Le thé part surtout dans les pays voisins musulmans (Tchad, Nigéria). Avant d'être exporté, un contrôle de qualité est effectué par une jeune femme, formée par un écossais il y a quelques années. Elle teste différents échantillons sortant de l'usine. Elle sent, regarde et goûte. 350 kg de thé sont produits par jour.
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Du côté boisson...
Il y a la bière de 8h, la bière de 10h, la bière de midi, les bière de l'aprem et celles du soir. Les plus sobles font la même chose avec les jus ou les sucreries (les sodas). La plupart du temps vendus en grands modèles de 65 cl. Les brasseries du Cameroun sont une véritable institution. Les camion aux couleurs des marquent de bières sillonnent les villes et font la tournée des bars.

Nous nous contentons d'une bière de temps en temps accompagnées de délicieuses arachides grillées.
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Les transports |
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Pour aller au boulot, au marché, visiter la famille, aux funérailles ou au mariage, il faut se déplacer.
Des moyens divers existent
- Le train
 Le pays est grand, et pour relier le nord du sud, le seul moyen quasiment est le train. Des routes ou pistes existent mais les routes sont très mauvaises surtout en période des pluies. 14h de train avec une 1 ère et une 2 ème classe permettent de relier relativement facilement le nord et le sud. Ceux qui ont les moyens ont le confort de la 1 ère classe, les autres s'entassent avec les bagages en 2 ème classe et pour pouvoir mettre le plus de personnes, des ½ places sont vendues. Le train accueillent un peu plus de 1000 passagers mais en période scolaire ce sont plus de 2000 personnes qui se bousculent ou se « battent » pour obtenir une place et voyager, soit deux fois plus que ce que les wagons peuvent supporter.

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- Motos et voiture en ville Le jaune est la couleur officielle et nationale des taxis et taxi-man qu'ils soient en moto ou en voiture. Les motos, des japonaises bien souvent (de 50cc à 150cc), sont très pratiques et peuvent aller de partout surtout en période de pluie. On monte à 2, 3 voir à 4 sur la moto, bagages empilés ou gamin entre les jambes du taximan, contre une course de 100F ou plus en fonction de la distance. Les voitures sont quasiment toutes des Toyota qui peuvent prendre jusqu'à 6 clients (2 sur le siège passager à l'avant, 4 sur la banquette arrière). S'il est assez facile de prendre un taxi moto, grimper dans une voiture se révèle être un peu compliqué et nécessite un certain entraînement et une bonne connaissance de la ville. La technique consiste à se positionner au bord de la route dans un endroit propice aux arrêts. A l'approche d'un taxi, lui faire signe et crier à l'attention du chauffeur qui ralentit (mais s'arrête rarement) la destination, le prix et le nombre de places. Un petit coup de klaxon signifie oK on y va sinon le taxi poursuit sa course et il faut attendre le prochain (en fait, ce sont eux qui décident où ils vont et avec qui). Cela donne lieu à des scènes assez cocasses où des rangées de clients attendent sur un trottoir, chacun criant à la fenêtre des taxis circulant en file indienne devant eux. C'est un concert de klaxon et de nom de quartiers. La course coûte de 100 à 300 F.CFA / personne (0,15 à 0,50€) mais le taxi suit sa ligne et il faut souvent finir le trajet à pied. Le plus étonnant est de voir des taxis vident passer en refusant tous les clients. La solution de luxe consiste à prendre un « dépôt » qui coûte 1000 à 2000 F.CFA pour la voiture (1,50 à 3€), c'est-à-dire, se réserver un taxi complet et se faire déposer où l'on veut. |
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- Véhicules pour les grandes distances
Il y a les taxis collectifs qui relient généralement des centres urbains pas trop éloignés. Ils prennent 6 clients, 2 devant, 4 à l'arrière et c'est parti. Ils sont plus rapides mais un peu plus chers que les bus.
Et puis, sans doute le moyen de transport le plus commun pour voyager, les bus ou les minibus. Quand ce ne sont pas les pannes, ce sont les retards ou plutôt les attentes (car il n'y a pas d'horaire) qui les caractérisent.

On nous raconte que ces transports se sont beaucoup dégradés depuis quelques années et qu'avant il y avait des horaires. Mais, à cause de la pauvreté qui augmente nous a t-on dit, le marché des transporteurs s'est beaucoup « développé », c'était un marché qui gagnait bien et aujourd'hui la concurrence est là. Il faut donc remplir et surcharger ! Peu importe si les clients attendent et sont mal installés, c'est pareil chez le concurrent ! Il n'y a aucun respect du client qui est considéré comme du bétail.
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Un réseau routier difficile .
En plus de ce problème avec les transporteurs qui font ce qu'ils veulent, il y a l'état des routes qui n'arrange en rien la situation. Que ça soit à la capitale, en ville, ou en brousse, les infrastructures routières ne semblent pas être un soucis majeur de l'état.

Le Cameroun semble être beaucoup plus riche que les pays d'Afrique de l'Ouest que nous avons traversés et pourtant l'état des route est médiocre. Même à Yaoundé ou à Douala, les capitales administrative et économique du pays, en plus de routes pas entretenues, c'est l'anarchie qui semble régner et les embouteillages sont quotidiens. Et dire qu'un simple feu rouge pourrait résoudre ce genre de problème ! Personne n'entretient les routes. C'est ainsi, qu'il faut au minimum 2h pour faire les 50 kms qui séparent Kribi de Ebodjé au Sud du pays. Avant, il y avait une société forestière qui entretenait cette route (qui est aussi un accès à la Guinée équatoriale avec qui il y a beaucoup de commerce) et pendant 30 ans il n'y a pas eu de problème. Depuis 3 ans, date qui marque le retrait de cette société qui a finit d'exploiter la zone, la route est laissée à l'abandon. Des nids de poules gigantesques marquent la piste et en période des pluies , elle est très difficilement praticable.
 Il faut que les gens se déplacent alors dans tous les cas, des véhicules partiront, « des clandos » (des véhicules perso.) bien souvent, c'est eux qui fixent le prix en fonction de l'état de la route. Quand nous avons pris cette piste, il n'avait pas plu la veille, la route était « bonne » et nous avions payé 3000F.CFA, 3 jours plut tôt, les clients avaient payé 7000F.CFA car il pleuvait. Pour dire que plus on voyage mal, plus on paye cher. Là encore ce sont les transporteurs qui fixent les règles. Augmenter les prix peut se comprendre car ça abîme les véhicules mais où est l'Etat ?
Et puis, il y a des endroits où il n'y a pas d'accès, et dans ce cas là, il n'y a que la marche à pieds. Nous avons rencontré, un forestier de l'extrême Est du pays situé en zone forestière, qui nous explique que pour aller à son village à 60 kms du petit centre urbain où il est installé avec sa famille, c'est 2 jours à pied qu'il lui faut faire. Sa femme et son enfant n'ont jamais été dans son village à cause des conditions difficiles de marche. |
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Les transports au Cameroun auront été difficile mais c'est ça Voyager Au Rythme de l'Afrique et cela nous aura permis d'appréhender beaucoup de problèmes. C'est sans doute dans les transports où l'on apprend et comprend beaucoup mieux les choses et qui en disent long sur la situation du pays !. |
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