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Après une traversée rapide du Nigeria en Peugeot 504 break et un passage de frontière Nigeria - Cameroun en moto-taxi...

... C'est dans un mini-bus rouge qui nous franchissons les premiers obstacles des pistes difficiles du nord camerounais (1h pour faire 25kms)

 
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Dimanche 2 septembre 2007, 14h30, Maroua, Hôtel Dabbah
Problème de visas...

Nous arrivons à Banki un peu livrés à nous-mêmes. C’est une ville frontière. Il n’y a qu’une route ou plutôt une piste boueuse , des taxi-moto et du brouhaha. Nous demandons la gare routière pour Maroua (au Cameroun). Nous voulons vite rejoindre cette ville située à 70 kms. Il est 16h. On arrivera sans doute tard mais nous avons donné rendez-vous à Cédric et Marina, 1 jour plus tôt que prévu, nous nous devons donc d’y être surtout qu’ils ont du faire 1000 kms pour être au RV. Il faut donc que l’on y soit ! Nous devons pour cela et avant tout sortir du Nigeria. Il faut passer à l’immigration. Les formalités de sortie se font sans problème et assez rapidement et comme à l’entrée, on nous demande notre carnet de vaccination (le seul pays depuis le départ). Puis, nous devons obtenir notre visa pour la Cameroun. On nous envoi pour cela à la police. Le bureau est ouvert sur une petite cour, face au marché, à quelques pas de la gare routière. Un petit poste de télé, diffusant un match de foot, braille, et le responsable est occupé. Nous attendons quelques minutes avant de lui exposer notre « requête » : nous voulons un visa. « Ca va être compliqué… il va falloir que l’on vous escorte. Il est 16h passé de 15 minutes. Nous ne comprenons pas tout de suite. Il nous explique que les visas ne peuvent être délivrés qu’à Maroua et qu’il nous faut un policier pour nous accompagner jusque là-bas et nous aider à passer les différents barrages. Il y a un 2ème problème : nous sommes samedi et la permanence de Maroua ne doit ouvrir que le lundi. Le 3ème problème est que le policier qui aurait pu nous escorter n’est pas là, il a quitté le service il y a à peine un quart d’heure. Nous désenchantons à l’écoute de toutes ces « nouvelles ». Il est hors de questions de passer une nuit ici, même si nous sommes contents d’être au Cameroun et que l’on se sent soudain plus en sécurité alors que le Nigéria n’est à quelques dizaines de mètres. Dans la précipitation nous appelons (avec le téléphone du policier responsable) notre contact à Maroua. D’après le policier, l’escorte d’une ONG pourrait passer. Il nous confiera dans un coin du bureau que cette procédure n’est pas du tout normale et que son chef ne doit pas être au courant. Vincent, notre contact, se propose de venir nous chercher mais nous comprenons que les 70 kms nous séparant de Maroua sont difficiles. Il lui faudrait au moins 2h pour venir nous chercher. Il fera sans doute nuit bien avant son arrivée et la pluie menace. Nous nous ravisons et décidons de passer la nuit à Banki. Nous rappelons Vincent qui semble soulagé. Le policier nous rassure ; Il y a des bus tôt le lendemain matin, une auberge sûre à 2 pas du commissariat et une permanence sera assurée le dimanche à Maroua. On appelle Cédric et Marina, en leur souhaitant presque qu’ils n’aient pas pu être au RV. Ils ont eux aussi eu des problèmes de transports. Ils sont à Garoua . Tout va bien alors, nous serons donc tous au RV comme prévu le lendemain, le 2 septembre 2007 à Maroua.
Pour selon que c’est une ville frontière, Banki est assez réconfortante. Un endroit un peu bizarre pour Fab car coupée en 2 par une simple barrière que les habitants franchissent indifféremment dans un sens ou dans un autre. C’est une ville « attirante » pour Nat qui ne regrette plus du tout que les choses se soient passées ainsi. Et puis enchaîner un troisième voyage en taxi-brousse aurait été difficile..
La ville est sale, beaucoup de flaques d’eau stagnante mais les gens sont plutôt sympas.

A côté de l’auberge, on trouve un petit resto avec une carte très complète mais ce soir, il n’y a que des œufs. Le gérant est sympa et est content de nous dire qu’il « copie » les occidentaux en lisant divers magazines et c’est ainsi que nous goûtons à notre 1er milk-shake (sans glace) ce que lui appelle « Jus au fruits ». Un délice. Un mélange de glace pilée, d’orange, de lait en poudre, de sucre et d’eau. Nous nous couchons éreintés à 21h, fatigués de ce voyage de 1000 kms et de frontières. Ce n’est pas encre ce matin que nous ferons une grâce mat. Nous sommes au commissariat prêts à partir. Il est à peine 6h du mat. Le minibus ne se remplira qu’à 7h40 ce qui nous laisse le temps d’assister aux défilés des enfants de marabout qui, gamelle à la main, circulent en ville en petits groupes. Beaucoup d’entre eux s’arrêtent pour nous regarder pendant plusieurs minutes. On est des bêtes curieuses aux yeux de ces enfants qui n’ont pas l’habitude de voir des blancs. Aucun ne nous demandera une pièce ou quoi que ce soit. Le système est particulier et pervers dans cette ville. Les petits groupes suivent en fait une sorte de chef de fil, que nous supposons également enfant du même marabout, qui vend des arachides (=cacahouètes). Dans cette ville frontière, faire un don porte chance pour le voyage. Les voyageurs achètent donc des petits sachets de cacahouètes qu’ils « distribuent » aux enfants suiveurs. Dans la pratique, il est impressionnant de voir la précipitation et la ruée autour de ce tout petit paquet de cacahouètes. Chacun tente de placer la gamelle sous la main du donneur. C’est la bousculade et la loi du plus fort. Les enfants sont visiblement affamés, leurs habits sont sales, déchirés et informes. La plupart sont pieds nus. Certains doivent avoir à peine plus de 4 ans. Tous nous ferons de larges sourires lorsque nous leur ferons un petit signe de la main en partant. Et dire que l’argent des cacahouètes va sans doute au marabout !

Au rendez-vous du 2 septembre à 15h24 à Maroua !

Le mini-bus est plein, nous pouvons quitter Banki. Nous avons les 2 places à l’avant et Ibrahim, notre policier escorte, habillé sportivement (survêt. jaune et bleu + basket) est assis juste derrière nous. La piste de terre est très mauvaise et la pluie des jours précédents n’arrangent pas les choses. Nous croisons plusieurs camions embourbés dont 2 bloquent totalement la circulation. Nous contournerons le 1er en passant par l’intérieur du village. On évite le plantage de justesse pendant la marche arrière. Pour le 2ème, notre chauffeur nous gratifier d’un franchissement digne d’un Paris-Dakar.

...........

Il nous faudra 1h pour faire les 25 kms qui nous séparent du goudron ce qui est finalement assez raisonnable. Sur le goudron ça va tout seul. Nous nous rapprochons des reliefs et des petites montagnes. Nouveaux paysages, nouveau pays, nouvelle partie d’Afrique, c’est très très vert et les paysages sont très denses. Arrivés à Maroua, nous prenons directement la direction du commissariat de l’immigration. Le commissaire bougonne parce qu’on le dérange un dimanche et trouve notre dossier un peu léger. Nous avions pourtant toutes les pièces qui nous permettraient d’obtenir le visa. Sans nous donner de vraies raisons, il nous dit que ça va être compliqué. Nous nous défendons tant bien que mal en gardant notre sang-froid malgré une volonté de sa part de nous compliquer la vie. Il nous faut revenir demain avec une lettre de motivation expliquant notre voyage et pourquoi nous n’avons pas pu obtenir notre visa en France. Après réflexion, on se dit que c’est sûrement le fait que l’on soit dimanche qui lui pose problème (pourtant il était de permanence !). C’est dimanche après-midi. Nous avons fait le tour du quartier. Nous attendons Cédric et Marina qui ont manqué le rendez-vous de 15h24 au bar des amis. Et comble du comble, il y a un maquis qui s’appelle au coin des amis à 2 pas d’ici.

Dimanche 9 septembre 2007, 13h00, Maroua, Au Pelican
3 jours de tourisme et toujours pas de grâce mat !

Finalement Cédric et Marina sont arrivés tard ce qui n’a rien gâché aux retrouvailles. Nous nous installons assez rapidement autour d’une table (pleine de bières). Ca fait plus de 15 jours qu’ils sont au Cameroun et ils sont déjà bien imprégnés de la culture locale, alors que pour nous, le Cameroun est tout nouveau. On se raconte nos péripéties respectives de transport et autres. L’ambiance est à la rigolade comme elle le sera tout au long de notre séjour ensemble.

Ils joueront à merveille leur rôle de papa noël en nous distribuant le soir même le matos que nous attendions de France. Malgré la bonne humeur générale, il faut nous mettre au travail en fin de soirée et rédiger la lettre de motivation réclamée par le commissaire pour pouvoir obtenir nos visas le lendemain. Nous passons le lundi à Maroua et programmons de se retrouver avec Cédric et Marina aux heures des repas. Nous passons la matinée à « négocier » difficilement l’obtention de notre visa avec un commissaire obtus, sûr de lui à la limite du méprisant qui nous refuse le droit d’entrée sans exprimer de motifs clairs. Nous tentons de garder notre calme malgré la tournure malsaine que prend la conversation. « je me compromet » « vous mentez… »-nous dit-il quand il lit à voix haute et de façon saccadée notre lettre de motivation ou encore « … mon boulot serait normalement de vous raccompagner à la frontière du Nigeria ». Finalement tout s’arrange avec « un peu » d’argent. Nous obtenons nos visas, cela nous coûte plus cher que le tarif normal et le commissaire semble bien content de lui. C’est la première fois que nous sommes confrontés à ce genre de pratique. Alors que tout le monde (y compris nous) faisaient une montagne du passage du Nigeria, c’est finalement à notre arrivée au Cameroun que nous rencontrons la corruption en sens propre du terme. Sans doute quelques rancunes à l’égard des difficultés qu’ont les Camerounais à obtenir un visa français « vous savez ce qu’il nous faut comme documents pour rentrer chez vous ? » et surtout le pouvoir et l’appât du gain en minimisant la valeur de l’argent « 30 € qu’est-ce que c’est pour vous ?». Bref, mauvais épisode vite oublié grâce à une première rencontre encourageante l’après-midi même et à la bonne humeur de Ced et Marina. Et puis le soir nous sommes en vacances. On a décidé de faire 3 jours entiers de tourisme avec eux. Ils redescendront seuls sur Douala. Sans vraiment de programme, l’objectif pour ces 3 jours est de visiter les principaux attraits touristiques de la région c’est-à-dire le parc de Waza et Rhumsiki qui ne sont pas sur la même route. Le rythme sera bien soutenu, couchés tard, levés tôt, et enchaînement de transports, pannes, visites et apéros.
Dans les points forts :
- Nous avons pu voir des girafes et des éléphants à moins de 50 mètres dans le parc de Waza.

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Nous avons encore du mal à y croire. Se retrouver à pieds avec des girafes tout autour de nous, nous regardant car toutes aussi curieuses de nous voir chez elles que nous le sommes de les voir ou être à moins de 50 mètres d’un troupeau d’éléphants, resteront des moments forts comme l’embourbage ½ heure plus tard avec les garçons tentant d’aider le désembourbeur tant bien que mal.

- L’aller-retour à Rhumsiki dans la voiture rouge de Koda (ancien instit. de 70 ans), véhicule taillé dans l’asphalte dans lequel nous passerons les pires obstacles en toute sérénité sur 100 kms de pistes défoncées. L’enseignement du trajet aura été « REFLEXION – ACTION ». Rien ne sert de courir. Preuve en est , nous ferons 10h de trajet pour 2h sur le site et aurons droit à 2 pannes : une à l’aller (explosion d’une roue) et la seconde au retour (fuite du carburant).

Rien de bien grave, de toute façon on prend ça à la rigolade. Cédric prend officiellement le rôle d’assistant et de décaillouteur et on tente une partie de 123 soleil avec des enfants qui nous regardent bizarrement.

Nous ne regretterons rien de ce trajet long car les paysages et le site en valaient la peine.

Au cours des 10h passées dans la toyota corrola 1,6L GTI bien loin d’être adaptée au terrain accidenté, les discussions et rigolades s’enchaînent. En fin de journée on se rendra compte que la nourriture est un sujet qui revient souvent dans les conversations. Nous sommes français minces ! Et puis, nous n’avions rien mangé de la journée à part des beignets qui commencent à saturer tout le monde et nous pensions trop à la pizza que nous avons ratée à Rhumsiki. Sur la fin du trajet, Koda met sur le tapis un sujet difficile à défendre surtout quand la religion intervient là dedans : celui de la femme. « Il a été montré que le QI d’une femme est moins élevé que celui des hommes … les femmes sont moins intelligentes ». Imaginez Nat et Marina en train de bouillir tentant de contrer mais en vain. Koda a 70ans, fort de ses 30 femmes et de ces certitudes, il ne changera pas d’avis aujourd’hui, surtout si « c’est le divin qui l’a voulu ainsi ».
- Une panne sur le trajet de Mokolo nous fera rater le dernier transport pour rhumsiki et nous donnera l’occasion de rencontrer Colette, une jeune Camerounaise d’origine kapsiki, très enthousiaste losqu’elle nous parle de son « pays » Rhumsiki. Elle nous emmène et nous présente sa famille à Moloko et nous accompagnera le lendemain « chez elle ».

Ces 3 jours nous a donné une bonne bulle d’oxygène et lorsque Cédric et Marina quittent Maroua, nous nous sentons d’un coup bien seuls et regrettons un peu de ne pas les avoir accompagnés sur Yaoundé. Cela ne durera qu’une ½ journée. Nous passerons 1 bonne partie de l’aprèm. à dormir et malgré la fatigue, nous allons au rdv que nous avions programmé. Mr Mayaka responsable d’un réseau qui ne fonctionne pas très bien malgré les quantités impressionnantes d’argent investit (500 Millions d’euros), nous explique les raisons de cet échec et nous met en garde sur les difficultés de mettre en place un réseau. Depuis le départ ce n’est pas le 1er à nous parler de ça. Bizarrement cela nous booste à fond car nous sommes convaincus que le principe reste bon. Reste à trouver les moyens maintenant !. Dans les autres réseaux que nous avons pu observer, l’argent arrive avant les hommes, or nous, avons pris le chemin inverse…

Maroua est bien différent de ce que nous avons pu vivre au quotidien jusqu’à maintenant. Impossible de trouver du café dans la rue alors que c’est un pays producteur, les déplacements en ville se font en Moto-taxi à 3 dessus malgré les petites cylindrées (50 cm3), il fait chaud et humide, et nous n’avons jamais vu autant de moustiques. Autre phénomène étrange : depuis notre panne de Diffa, les problèmes mécaniques s’enchaînent lors de nos déplacements. Nous terminons la semaine en mode récupération en enchaînant 2 bonnes nuits de sommeil et en travaillant sur la prochaine lettre de nouvelles.

Dimanche 16 septembre 2007, 7h40, Appartement, Yaoundé
En route pour le Sud du Cameroun

Nous sommes à Yaoundé, capitale du Cameroun, depuis seulement 2 jours et nous nous sentons déjà comme à la maison. Pourtant, nous ne connaissons pas encore la ville (à part 3 cybercafés) mais nous avons un appart. tout confort avec cuisine, TV satellite, salon, chambre avec literie en très bon état et salle de bain (sans eau chaude). C'est Alain Opono, qui nous a accueilli à la sortie du train, qui nous a trouvé cette occasion. Nous payons à peine plus cher qu'une petite chambre d'hôtel sans confort. 7500 FCFA/jour, charges comprises, café et essuie-tout fourni alors que l'on devrait payer le double. Ca nous a vraiment fait bizarre d'établir un bail et de signer un contrat de location, c'est la première fois que nous le faisons depuis le départ et ça nous rappelle qu'un contrat vous enlève une certaine liberté à laquelle on s'était habitué.

Nous sommes donc arrivé du Nord après avoir parcouru 590km en bus et 610 en train. Rien de particulier dans le bus si ce n'est qu'il était bien plein, qu'il n'est pas tombé en panne et qu'un VRP a fait une présentation de produits chinois médicamenteux pendant plus d'une heure, debout au milieu de l'allée en monopolisant l'attention de chacun. Il y avait de tout : des pommades contre les rhumatismes, la fatigue et les douleurs, du ginseng contre la fatigue, les rhumatismes et les douleurs, des antibiotiques anti-tout, des ampoules pour « laver l'intérieur », et du Wormin 100 contre « 6 méchants vers qui nous embêtent ». Il nous énumère les symptômes de chacun d'entre eux,. Pour l'un, il dénonce l'inefficacité de l'ancien traitement : la Guiness, prescrite dans certaine pharmacie avant « .le ver il boit, il boit, il boit la Guiness qui le saoule alors il dort. et quand il se réveille c'est grave !!! ». Sa présentation nous fait rire et est sans gêne «  ça gratte l'anus..ça mange le caca » etc. Difficile de ne pas rire, mais on bout d'une heure on décroche. Nous sommes étonnés de voir que les gens achètent, mais il est vrai que, nous nous y laisserions prendre, tant le speech est bon.

Nous arrivons à N'gaoudéré après 8 heures de bus (et 2 heures de vente). C'est la cohue à la sortie, où les porteurs se bousculent pour emmener les bagages des voyageurs jusqu'au train qui part dans quelques heures à Yaoundé (le seul moyen de transport pour relier le Sud). Nous passons une nuit à N'gaoudéré, histoire de nous ménager un peu avant d'arriver en forme à Yaoundé. En ville, il y a beaucoup de taxi-moto, beaucoup de circulation et nous rejoignons en moto-taxi, l'auberge qui est à l'autre bout de la ville, pas très rassurés au milieu de cette circulation. Nous prenons le train le lendemain à 18h pour un voyage de 15h.

Nous sommes étonnés de voir qu'il est possible d'acheter des ½ places. Le trajet se passe plutôt bien, les places assises sont larges et nous trouvons le sommeil assez facilement. Il sera interrompu par de nombreux arrêts, pendant lesquels vendeurs de miel, de bâtons (ce sont des bâtons d'ignames préparés, il nous semble - nous n'avons pas goûtés encore!), d'arachides ou de boissons diverses crieront, au pied du train, « de l'eau, de l'eau, de l'eau...- Bâton, bâton, bâton.- donnez-moi le bidon vide s'il vous plait. ». Nous arrivons finalement avec une demi-heure d'avance. Il nous faudra la matinée pour organiser la signature du contrat de location de l'appart. L'après-midi nous rejoignons les membres de l'APELD que nous n'avons pas pu voir à Maroua. Le RV est au Ministère de l'Environnement que nous avons un peu de mal à trouver malgré la taille du bâtiment. Et c'est sur un banc de béton devant l'immeuble de 14 étages du ministère que nous ferons l'entretien. C'est vendredi, c'est le week-end et les gens le prépare à partir de 10h du mat.

Yaoundé est très différente de ce que nous avons vu jusqu'à maintenant. La ville est posée sur des collines. Les habitations n'ont pas de toits terrasses mais des toitures en tôle qui brillent au milieu de la végétation dense qui recouvre le ville. Il y a de grands immeuble, énormément de taxis jaunes qui s'avèrent difficile à prendre. La technique consiste à crier sur le bord de la route votre destination en espérant que celui-ci s'arrête. C'est très aléatoire. Il semblerait que le chauffeur s'arrête uniquement si votre tête lui revient ou si la destination lui convient.

Sinon nous attendons depuis hier matin une sortie en forêt « organisée » par Alain pour voir une exploitation de bois en contrepartie de laquelle les exploitants assurent le désenclavement du village (si nous avons bien compris !). Un coup de téléphone, hier matin à 7h, nous informe qu'ils viendraient nous chercher 1 heure plus tard. Nous avons attendu en vain jusqu'à 13h, pour finalement conclure à 16h qu'il était trop tard pour partir et que l'on ne partirait que aujourd'hui dimanche à 7h30 du matin. Il est déjà 8h15, nous sommes prêts, disponibles mais pas très frais et ils ne sont toujours pas là !. Nous aurions bien profités de la bonne literie pour faire une grâce mat ce matin ou hier (depuis le temps qu'on l'attend !!). Nat est énervée car fatiguée et un peu malade et que «  le respect de l'heure est valable dans tous les pays et que la moindre des choses est de prévenir  ».

 

 

Dimanche 23 septembre 2007, 00h20, Appartement, Yaoundé
Première semaine à Yaoundé

Voilà 6 mois que nous sommes partis. Jusqu'à maintenant, nous avions tenu notre calendrier quasiment au jour près. Nous avons décidé aujourd'hui de prolonger (encore) notre séjour au Cameroun de quelques jours. Contrairement à l'Afrique de l'Ouest, il nous sera plus difficile de revenir ici, donc on voudrait en profiter le plus possible.

Bilan de cette semaine plutôt bon. Nous avons vu pas mal de monde ce qui nous a permis de comprendre un peu mieux le contexte du pays qui était très obscur au début et quelques rencontres plus marquantes. Comme celle avec GVC, où après l'entretien, Dieudonné Thang, le responsable nous invite à partager une bière, des brochettes de porc et ce qu'ils appellent les prunes (les safous) au bar d'à côté. Les « prunes » ne sont en fait pas les mêmes prunes que chez nous : ce n'est pas un fruit, c'est allongé et violet comme une prune, ça a un noyau énorme et les safous se font chauffer au grill avant d'être mangés.

Nous nous sommes également fait offrir un poulet fumé suite à une visite de l'association PROTEGE QV qui travaille, entre autre, sur l'amélioration des appareils de cuisson et donc de fumoirs améliorés. C'est d'ailleurs sur l'un de ces fumoirs qu'ils avaient préparés pour notre venue des poulets fumés que nous étions censés partager avec toute l'équipe. Mais nous avions un rendez-vous à 12h30, ils nous l'ont emballé et nous sommes reparti avec et avons donc nous sommes donc « promené » toute la journée avec un poulet fumé dans le sac à dos qui relâchait une alléchante odeur lorsque Fab ouvrait son sac pendant les rendez-vous.

Sinon, nous commençons à assimiler le plan de la ville. Yaoundé est une ville où il n'est pas facile de se repérer compte tenu de l'étendue de la ville, de ses nombreux quartiers (plus de 100), du relief et du quadrillage de la ville. Les taxis jaune colorent la circulation de la ville. Nous nous sommes habitués à crier au travers la vitre baissée du taxi, notre destination. La circulation est bien chaotique et même si les taxis sont très nombreux, il n'y en pas assez surtout le samedi où il nous a fallu attendre 20 bonnes minutes à chaque fois. A la suite du rang qui s'est formé, les taxis avec des places disponibles ralentissent en attendant que les futurs clients leur crient leur destination. Nous nous sommes fait la réflexion récemment que nous n'étions plus vraiment étonné par les routes défoncées, les taxis à 6 passagers (au lieu de 4), les carrefours où règnent le chaos par faute de feu rouge, . En y pensant, Yaoundé est la capitale et la circulation c'est du grand n'importe quoi. Il y a des embouteillages, pas de priorités ce qui fait que tout le monde veut passer, insultes et coups de klaxons fusent alors qu'un feu rouge pourrait résoudre cela. Bref, nous commençons sans doute à nous confondre à cette vie africaine.

Par contre nous nous habituons toujours pas à entendre « le blanc ou la blanche » lorsque nous passons dans la rue. Nat a décidé de ne plus répondre à ces interpellations préférant discuter avec ceux qui nous dise bonjour ou qui nous appelle « mon frère » ou « ma sour ».

Il pleut tous les jours mais souvent la nuit, ça ne nous dérange donc pas trop.

Samedi, nous sommes partis faire une enquête au marché de Mokolo pour connaître un peu mieux l'organisation de la filière bois-énergie, les prix des combustibles et savoir ce qui existait en terme d'équipements économes ou de foyers améliorés sur le marchés. Les gens étaient plutôt sympas et réceptifs. Nous « jouions » à mener l'enquête et à poser nos questions. C'était sympa. Le marché grouillait d'activité. Nous avons tout d'abord longé les grands axes à la recherche des artisans, des foyers améliorés ou des vendeurs de bois ou de charbon. Nous avons pris quelques photos, les garçons ou hommes réclamant souvent de prendre la pose tandis que les femmes refusaient de poser en tenue de travail.

Lundi 24 septembre 2007, 22h34, Appartement, Yaoundé
Quand rien ne va ...

Nat.

Il pleut comme pratiquement tous les soirs depuis quelques jours. La télé tourne, Fab est avachi sur le canapé 1 oil sur le pc, 1 autre sur la télé. Moi je n'ai pas trop le goût . fatiguée . mais fatiguée moralement, coup de blues. Aujourd'hui comptera sans doute parmi les pires journées de ce voyage. Ca a commencé ce matin, où aucuns numéros de téléphone ne fonctionnaient pour prendre les RV. C'était lundi. le début de la semaine et j'avais prévu une semaine dense et riche en RV ce qui aurait peut être « récupérée » la semaine dernière. Mais vu que personne ne répondait ou que les gens ne nous avait pas envoyé les listing des acteurs énergies renouvelables, à ce rythme là, la semaine allait être longue. Puis le coup fatal, on s'est rendu compte que nous n'avions plus notre CB et que nous avons perdu par la même occasion des euros. Nous pensons nous êtes fait volé dans un taxi sans en être vraiment sûr. Je ne comprend pas comment ça s'est passé mais comme dirait Fab « ça ne sert à rien de savoir pourquoi et comment ». J'essai alors de me dire que nous sommes en bonne santé et que nous avons encore nos 2 jambes et nos 2 bras. J'ai eu vraiment peur quand Fab a souligné la possibilité que les « bandits » se soit servi de la carte pour faire des achats sur internet et que si c'était la cas ça pourrait peut être la fin du projet et du voyage pour nous. Grand soulagement en allant vérifier l'état de nos comptes ! Enfin, j'ai pas besoin de raconter cette journée, on ne peut que s'en souvenir même si on a envie de tout oublier. Et puis comme quand une journée va mal, tout va mal et nous enchaînons les petites galères : une averse surprise, des taxi qui nous surchargent les courses et qui ne connaissent pas les destinations, une glissade sur une bande blanche mouillée... Nous persévérerons et ne rentrons qu'à 17h. Paul Armand de CECODEV est passé ce soir. Il devait nous remettre des doc. sur son asso. Il nous a donné un logiciel pour créer le site de RISEAL, nous avons échangé quelques films, discutés un bon moment. Cela nous a permis de nous changer les idées, il nous a remonté un peu le moral.

Jeudi 04 octobre 2007, 21h10, Siège ADD, Mbalmayo
Départ de Yaoundé

Nous avons quitté la ville pour gagner la campagne. Le bilan du séjour est mitigé. On se rend compte avec du recul et après l'effervescence du Niger, que notre motivation et notre enthousiasme avaient baissé d'un cran à Yaoundé. Sans doute à cause de rencontres un peu décevantes avec beaucoup de discussions et finalement peu de choses concrètes à voir. Nous avons été pas mal déstabilisé par « l'état d'esprit » des Camerounais mais ce passage à Yaoundé aura cependant le mérite de nous avoir permis de comprendre un peu mieux le fonctionnement du pays que nous n'arrivions pas à cerner depuis notre arrivée. Un pays riche aux ressources importantes gangrené par la corruption où chacun essai de tirer la couverture à soi. Tout semble compliqué ici. Les jalousies et les petites affaires cachées semblent fausser les relations. Bref, tout ça a drainé une grosse perte de motivation qui s'est traduit par pas mal de fatigue et beaucoup de difficultés à se lever le matin (surtout pour Nat !). Une baisse de régime allant jusqu'à la remise en question du projet «  Pourquoi donner de son temps et de son énergie pour des personnes qui n'en valent pas la peine ?   Ne devrions pas en profiter et faire simplement du tourisme ! ». C'est vrai qu'au tout début c'était un projet très personnel et nous le faisions surtout pour le voyage, nous nous investissons peut être trop et avons oublié ça.

Mais le mardi, denier grand jour de rencontres avant le départ de Yaoundé prévu jeudi matin, nous avons rencontré 2 personnes motivées et dans l'action qui nous ont reboosté. Notre moteur c'est bien les rencontres !!. Un foreur d'eau complètement excité qui fait tourner sa voiture à l'huile de palme, qui cherche à comprimer du biogaz comme alternative au carburant, et qui a fait sa première micro-centrale hydraulique à 17 ans. Et la rencontre avec un homme de la forêt qui en avait marre de la politique et dont le souci principal est d'électrifier son village par tous les moyens durables possibles. La particularité de son village est qu'il faut faire 60 kms à pied soit 2 jours pour le rejoindre. Sa femme et son fils n'ont jamais effectué cette marche. Bref, après la pluie le beau temps et le lendemain, nous rencontrons le directeur de GECOSER, une des rares entreprises installant des panneaux solaires au Cameroun avec qui nous bavardons pendant plus de 3 heures. Nous avons devant nous un vrai personnage, c'est un Camerounais qui aime son pays mais vu la difficulté que lui créent l'administration, il préfère aller travailler au Gabon où tout est plus simple et plus clair. Il nous proposera d'aller visiter un site de pompage solaire qu'ils ont installé du côté de Mbalmayo (yes, ça fait 3 semaines que nous sommes au Cameroun et nous n'avons encore rien vu). En plus, le lendemain, c'est-à-dire aujourd'hui, nous allons à Mbalmayo. Nous passerons notre dernière soirée à Yaoundé chez Paul Armand, une des rares personnes avec qui ça a bien accroché au cours de notre séjour.

Nous sommes parti ce matin en 4x4 avec Barthélemy et le chauffeur de GECOSER. Cette visite nous aura valu pas mal de chambrage de la part de Oyono. Il a nous a taquiné toute la journée de la veille sur notre façon, peut être extrême, de voyager en nous assimilant aux verts de France. Alors aujourd'hui, qu'il mette un véhicule à notre disposition et en plus un 4x4, pour que l'on visite une installation solaire ça le fait bien marrer !

Voilà donc à peine un jour que nous avons quitté la ville que nous nous sentons mieux et il s'est déjà passé pleins de trucs. Découverte de nouveaux paysages, de la zone forestière avec ses forêts denses et ses habitants, les produits de la forêt qui s'alignent joliment sur les bords de route en attendant d'être achetés (noisettes, tomates, patates, meubles en bambou, balafon, chat-tigre, mortier et pilon, .). Fab aura mangé sa première chenille Beurkkkk.

70 kms après Yaoundé, nous découvrons un chantier de pompage solaire installé à Ebogo depuis 3 mois à peine et qui a permis à la population d'accéder à l'eau potable.

Nous échangerons brièvement avec un couple de vielles personnes qui ont bénéficié dans leur cour d'un des 5 point d'eau installé à travers le village « Est-ce que ça a changé votre vie l'arrivée de ce point d'eau ? » « Bien sûr que oui » - nous ont-ils répondu , comme soulagés. La vieille dame, assise à côté de la borne, essoufflée d'avoir fait les 15 m qui la séparait de sa maison ajoute « Je suis une vielle femme fatiguée et malade, avant il m'arrivait de ne pas me lever de la journée, comme je suis malade je ne pouvait pas me déplacer et il fallait que mon fils aille chercher l'eau loin là-bas. S'il n'était pas là, je restais là. Maintenant, comme c'est à côté, j'arrive à me lever pour venir prendre de l'eau ».

Nous passons une bonne partie de la journée à Ebogo à visiter l'installation, rencontrer la population et découvrir les « failles » du projet comme des problèmes de gestion par manque d'implication et de formation de la population, En fait, les responsabilités ou les différentes tâches n'ont pas été définies ce qui fait que 3 mois après l'installation du projet, tout le monde a accès aux vannes, chacun peut les ouvrir ou les fermer à sa guise créant quelques jalousies et tensions au sein de la communauté. Un enfant a déjà cassé une plaque solaire.

Nous avons fait la rencontre d'un chasseur de papillons (le site d'Ebogo est en fait un lieu qui attire beaucoup de scientifiques du fait de ces nombreux et magnifiques papillons) et de Jean-Claude, qui appartient au comité de gestion villageoise. Il s'est beaucoup impliqué dans ce projet et qui tente de préserver et de sensibiliser ses compatriotes à l'importance de faire attention à cette installation car il est bien conscient de la valeur de cette eau (distribuée gratuitement à ce jour à la population). Il est également guide touristique, chasseur, pêcheur. Il nous emmènera le long du fleuve

et nous invitera à prendre le repas de midi avec lui « Chez mon grand-père il y avait toujours de la nourriture en plus pour accueillir quiconque était de passage. Quand je me suis marié, j'ai demandé à ma femme qu'elle prépare toujours en plus, je suis pêcheur, et chasseur alors j'ai toujours la matière première. c'est l'accueil africain et puis un repas pris tout seul n'a pas de goût et de saveur ». Ce repas a été un très bon moment où nous étions captivés par les histoires de chasse des éléphants, de face à face avec un buffle ou un python de 11m de long ou encore la vie des gens de la forêt. Nous aurions aimé en savoir encore plus sur ce peuple de la forêt mais le temps nous manque. La journée fût forte sympathique. Nous espérons revoir les membres de GECOSER au Gabon dans quelques semaines. Ils doivent partir dans 1 semaine à Port Gentil pour des installations solaires et Oyono nous a invité à nous faire visiter leur précédents chantiers en pleine forêt et accessibles uniquement par pirogue. C'est vraiment l'occas. alors de sortir des sentiers battus et de le faire avec des gens sympas.

Le 4x4 de GECOSER nous laissa donc à Mbalmayo au siège de l'association ADD. L'équipe est jeune et menée par Stanislas. Il nous expliquera qu'à ses débuts en 1996, ils étaient 4 bénévoles. Leur soucis : aider le monde rural. Ils sont partis pour une longue marche allant de village en village pour dire qu'à plusieurs on est plus fort et connaître quels étaient leur problème. Nous pensons qu'un projet doit partir de la base c'est-à-dire des problèmes et des besoins des populations. Cette démarche de ADD est bien loin de ce que les bailleurs de fonds occidentaux exigent. Nous rencontrons Anna, une Allemande, qui doit repartir le lendemain chez elle après 3 mois de stages au côté de ADD. Elle était dans l'agence de l'Est, à Abong Mbang là où la révolte de la population suite à une coupure d'électricité a fait 2 morts. Elle nous raconte, la gorge nouée, « l'ambiance » et la montée de tension pendant plusieurs semaines. Ca avait fait la une des journaux. Nous ne savions pas vraiment ce qui s'était passé. En fait, après 2 mois où l'électricité n'était disponible que par intermittence, 5 à 6 heures/jour, pendant 3 semaines ensuite il n'y eu plus du tout d'électricité. Il nous est arrivé 1 jour à Yaoundé d'être privé une soirée et une nuit d'électricité, ça nous a « handicapé » alors imaginez 3 semaines sans lumière, sans recharge, sans rien. et personne ne vous donne d'explication. La population a fini par descendre dans la rue en quête de réponse. Les policiers ou les militaires ripostent et font 2 morts, 2 enfants «  C'était comme une mini-guerre civile  ». Elle est parti 2 jours avant la manifestation qui a dégénérée. Les gens voulaient simplement savoir pourquoi. Aux dires de Anna, les blocages pour le rétablissement de la ligne étaient purement administratif. 2 jours après les évènements, le courant était de nouveau là. Difficile de croire à une grosse panne technique!.

Voilà, nous sommes logé au siège de ADD à Mbalmayo situé en zone forestière et sommes contents d'être sortis de Yaoundé. Ce soir, nous l'avons passé, dans le brouhaha d'une terrasse d'un bar à siroter une « mutzig » en attendant notre poisson braisé et notre bâton de manioc, commandés à la vendeuse de la ruelle d'à côté. Nat a sursauté à la vue d'une vipère au sol à côté de la table voisine. Ce n'était par un défaut de ses yeux ou un excès de bière mais bien une vipère, la tête coupée, et longue d'un bon mètre 40, épaisse de 3 tours de bras de Nat. Un vendeur ambulant se baladant avec son sac referment cette bête très prisée par ici, fait le tour des tables. Les voisins intéressés veulent la vipère pour 6000F.CFA, le vendeur en propose 10 000F.CFA. Finalement le marché ne se fera pas.

Le quartier était animé et bruyant. Au bar, hommes et femmes se retrouvent pour partager une (ou plusieurs) bières après le boulot (c'est ce que nous pensons mais peut être pas !). Nous pensions que le poisson braisé était un « plat » local. Pas forcément ! En parlant avec la femme de Paul Armand la veille, Nat apprit que le poisson comme le poulet que l'on trouve facilement dans tous les coins de rues ne sont pas des produits locaux (du moins à Yaoundé) «  Ce sont des produits congelés et importés. Le poisson, c'est du maquereau qui vient de la mer et le poulet, c'est ce que l'on appelle ici le poulet de 18 jours. C'est moins bon mais c'est moins cher que nos produits locaux. Le bar est 2 fois plus cher et le poulet local est à 6 à 8000F.CFA le kg alors que le poulet de 18 jours est à 1500F. Le calcul est vite fait pour nos petites bourses  ». Nous repensons au fils du chef de village de la dune de Gorom au Burkina qui nous disait que l'Europe envoyée en Côte d'Ivoire ses mauvais morceaux de viande voire même périmés. Et nous, nous importons leurs ananas, leur bananes, .. Sans commentaires.

Samedi 06 octobre 2007, 21h41, Hôtel le plus pourri de la ville, Baffoussan
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Si nous avons passé la journée d'hier à bien manger, nous avons passé celle d'aujourd'hui dans les bus avec comme toile de fond : l'absurdité. Hier, après avoir mangé un bon poulet - banane plantain à midi (le poulet était local contrairement à ceux que l'on a mangé à Yaoundé !), nous sommes invité à « aller boire un jus » à 17h par l'équipe de ADD. Le moment était sympathique, nous accompagnons notre bière de sandwichs aux tripes. Nous étions arrivé la veille, tout le monde était à ses occupations et nous n'avions pas eu vraiment le temps de discuter avec les différents membres. L'équipe est jeune ce qui reflète la moyenne d'âge au Cameroun. Dommage que nous n'ayons été que de passage à Mbalmayo pour mieux les connaître. On continue notre soirée seuls cette fois dans le même bar que la veille. L'ambiance est bonne, la musique un peu forte et le poisson braisé acheté dans la même ruelle que la veille.

Levés tôt ce matin car nous devons rejoindre Baffoussan à plus de 300 kms de Mbalmayo, la journée de galère a commencée en arrivant à la gare routière de RIM voyage. Alors que nous demandons si un bus rejoint directement la ville de Baffoussam, on nous répond que non puis finalement que oui et nous montons précipitamment dans un bus déjà bien plein. On apprendra plus tard que le bus a été loué par une famille qui se rend à un enterrement. Femmes et hommes arborent le même tissu pour leur boubou ou leur chemise, et portent également un foulard avec la photo de la défunte. Dans le bus la musique braille, le thème des chansons est la religion (chrétienne). Nous n'arrivons pas vraiment à comprendre quel est notre itinéraire et nous ne savons pas si le bus nous déposera d'abord à Baffoussan ou passera en premier à Bafang, là où doit aller la famille. Et ce n'est pas faute d'avoir posé des questions. Nous ne comprendrons qu'une fois le bus arrêté après 4 ou 5 heures de voyage, non loin du corbillard avec la fanfare qui entame un « ce n'est qu'un au revoir », et les gens descendus que nous sommes partis pour assister à l'enterrement. Ils nous disent d'attendre ici, qu'il n'y en a pas pour longtemps. C'est à ce moment là que le chauffeur nous explique la situation. Il est service de la famille, et doit suivre la procession de Bafang jusqu'au village de la défunte à 12 ou 30 kms de là, il ne sait pas trop, et qu'ensuite il doit ramener le bus à Baffoussan à 60 kms de là. Nous ne comprenons pas pourquoi on nous a fait monter dans ce bus et pourquoi personne ne nous a expliqué plus tôt notre itinéraire. Il se met à pleuvoir des cordes quand nous nous décidons à aller prendre un autre bus. Le chauffeur, sympa malgré tout, ne veut nous laisser et nous emmène jusqu'à la « gare routière » et nous paye le billet pour Baffoussan. Nous avons de la chance, le minibus part juste. On est mal installé, 5 sur une banquette de 4 personnes (et tout le monde trouve ça normal, Nat trouve ça inadmissible, et ne comprend pas que les gens puisse accepter ça alors qu'ils auraient le pouvoir de dire non, qu'ils ont payé 1 place et qu'ils ont droit à cette place. C'est comme quand il y a une panne, c'est le transporteur qui doit garantir aux passagers une bonne arrivée à destination et pas aux passagers de pousser ou de payer un autre véhicule). A 10 km de Baffoussam, le chauffeur s'arrête pour récolter l'argent. Tout le monde paye et manque de chance le bus ne redémarre pas. Des passagers descendent pour pousser mais en vain. Nous apprendrons en discutant avec nos voisins, que le chauffeur est en fait un mécano venu réparé ce bus et qui, devant le ramener au garage, en a profité pour prendre quelques passagers (entre parenthèses le bus est bien chargé). Ca en est trop ! Il faut trouver un autre moyen de transport et l'endroit n'est pas idéal. Nous tentons de récupérer l'argent qui nous sera nécessaire pour finir le trajet. Le chauffeur tentera de se défiler en partant et nous réussirons à récupérer 200F sur les 600 nécessaires. Nous prenons la route à pieds pour rejoindre le carrefour à 1,5 kms de là où les taxis doivent être plus nombreux.

Dans notre malheur nous avons de la chance, après 20 minutes d'attente, nous trouvons un taxi juste avant qu'il se mette à pleuvoir. Nous arrivons à Baffoussan sur les coups de 18h soit 9 heures près avoir quitté Mbalmayo. Nous sommes crevés, il pleut toujours et nous nous arrêtons au premier hôtel sans doute le plus pourri de la ville. La chambre est très humide, froide et un peu décrépie. Nous changerons sans doute demain par contre le quartier voisin est bien sympa.

Mardi 09 octobre 2007, 22h58, Hôtel Constellation, Dschang
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Pour finir la journée de galère de samedi, Nat a vomi tout ce qu'elle pouvait dans les toilettes la chambre de l'hôtel pourri. Après une nuit un peu laborieuse, la journée suivante s'annonce sous de bonnes hospices. Nat en forme est très confiante. Il fait beau, on a changé d'hôtel et la nouvelle chambre est plutôt très bien. Nous partons visiter Foubam. La station de bus n'est qu'à quelques pas du nouvel hôtel. Dans le minibus nous sommes à côté de la fenêtre. Chouette Nat pourra prendre des photos. Le trajet passe vite, les paysages sont beaux, le minibus avale les 70 kms en 1h30 et Nat se fait offrir 2 carottes (le plus beau cadeau de sa vie !) lors d'un arrêt où 9 sacs de 50 kg de carottes sont déchargés pour partir ensuite à Libreville au Gabon. Une fois à Foubam, nous visitons le palais royal qui nous permet de découvrir la culture et la monarchie Bamoun. L'histoire du peuple est passionnante et la visite qui durera 2h passe comme une lettre à la poste. Encore aujourd'hui, le roi cohabite avec l'administration camerounaise en toute clarté. Les explications du guide passionné et la visite du musée nous invite à aller plus loin dans la découverte de cette culture. Sorti du palais, nous aurions pu rentrer à Baffoussan directement, comblés par cette visite. Mais nous marchons un peu dan la ville et rencontrons un jeune artisan, Denis, qui nous invite à jouer au songo qui est en fait l'awalé. Après 2 parties victorieuses pour Nat, nous reprenons le bus direction Baffoussan, nous sommes seuls à l'avant et le bus file à travers la campagne. Arrivés à l'hôtel en fin de journée, nous sommes heureux de pouvoir allumer la télé pour assister au match de ¼ de finale de l'équipe de France de rugby contre les All black. Pas de bol mais heureux e même temps! La télé nous offre des images de la victoire de la veille de l'équipe de France et de la grande joie des français. Nous nous sommes trompé de jour, le match était la veille ! Pas grave ! La journée était superbe !

Lundi, journée qui s'annonce périlleuse car nous n'avons réussi à joindre aucune des associations que nous souhaiterions rencontrer. Nous partons pour faire du porte à porte pour nous présenter à l'improviste.

Mercredi 10 octobre 2007, 18h36, Bar guiness, Dschang
Finalement, 20h, Hôtel Constellation, Dschang
Départ de Yaoundé

Panne de courant au quartier, on n’a donc pas pu écrire au bar où l’on s’est retrouvé seuls tous les 2, deux blancs dans le noir à boire une bière et grignoter les arachides données par les membres du GIC (Groupement d’Intérêt Commun) rencontrés aujourd’hui.

Retour 2 jours en arrière… donc lundi, nous partons à l’ADEID. Coup de chance, quand nous sommes arrivés samedi, il y avait dans le taxi une femme qui habitait juste en face de leur siège et qui a pu nous indiquer le lieu. C’est ainsi que lundi nous retrouvons assez facilement l’endroit. On nous avait parlé de leur travail sur la micro-hydraulique et en arrivant devant leur siège, une grande maison à étages, la vue de panneau solaire et de foyer amélioré exposés nous dit que ça va être très intéressant. La secrétaire nous accueille et nous nous présentons, la matinée passe vite. Ils conçoivent et installent des centrales micro-hydrauliques qui permettent d’électrifier des villages isolés. On croisera en fin de matinée, au moment du départ, le secrétaire exécutif qui, étant là depuis le début (1990), connaît bien tous les dossiers. Il a une réunion importante, nous ne pouvons échanger que pendant quelques minutes. Dommage ! Nous tentons d’aller voir une autre ONG à la sortie de la ville sans vraiment connaître leur domaine d’activité. La secrétaire n’est pas à son poste. Nous nous installons dans la salle d’attente où nous feuilletons rapports d’activités et magazines que le CIPCRE édite. Nous espérons vraiment pouvoir rencontrer quelqu’un, leur travail semble très axé sur le changement climatique. Un peu au hasard, nous rencontrons le DG, très souriant, très occupé car en RDV mais qui prendra le temps de nous orienter vers la bonne personne. Elle est déjà occupée mais nous prenons RDV pour le lendemain matin. Il est midi, nous avons le reste de la journée pour nous, on va pouvoir un peu bosser. Avant de rentrer à l’hôtel, nous cherchons un endroit pour manger. Après s’être fait proposer de la queue de bœuf, nous optons pour de « l’igname blanc sauce arachide » c’est bon mais c’est épicé.

Nous passerons une grande partie de l’après midi à profiter de la vue de la terrasse depuis notre chambre d’hôtel. Nous sommes au 2ème étage, le quartier est très animé et entre les taxis « tunnés », les R12, les vendeurs ambulants, les étalages de rue, les bars, la station de minibus, le marché tout proche, l’activité est grande et nous passons plusieurs heures à regarder tout ce monde s’activer.

Mardi matin, visite au CIPCRE où nous rencontrons une bonne partie de l’équipe. Ils travaillent avec les mêmes villages depuis plusieurs années et sont très proches des populations. Le directeur est un pasteur qui est très sensible aux problèmes de changement climatique. Il a transmis à son équipe son virus. Dans ce cadre là, des enquêtes ont été menées auprès des populations rurales pour savoir si elles étaient consciente du phénomène et recueillir leur sentiment sur leur responsabilité. Ils ont sensibilisé ces populations et font le même travail avec les enfants en lançant un concours de dessins pour qu’ils représentent leurs vision du changement climatique et en feront des cartes postales. Nous sommes épatés par ce travail et cette sensibilité. Et comme à chaque fois où il est question de ce sujet, nous ne sommes pas très à l’aise car nous nous sentons (en tant que français) responsable de cette situation et que ce travail serait beaucoup plus légitime en France, même si il est important ici. Lorsque l’entretien s’achève, il doit être 11h.

Nous sommes content de pouvoir partir tôt pour Dschang où le professeur Tangka nous attend pour 14h. Il n’y a que 45 minutes de trajet. A 11h30 nous sommes dans le bus. Manque de chance, les « chargeurs » accumulent les bourdes, tout le monde est énervé, le toit du bus est chargé puis déchargé plusieurs fois, des clients s’impatientent et partent, et nous nous attendons, tandis que Nat s’énerve au fur et à mesure que les minutes passent. Le bus ne partira que 2 h plus tard et à croire que les gens le faisaient exprès (et il faisaient exprès !!) nous nous arrêtions toutes les 10 minutes pour déposer quelqu’un et remonter sur le toit pour descendre ses bagages. Bref nous arrivons vers 15h15 à Dschang, l’hôtel a été vite trouvé, c’est le chauffeur qui nous a conseillé puis déposé juste devant. Il rattrape ainsi la mauvaise humeur de Nat et à 15h30 nous sommes devant l’entré du Campus. Alors que nous nous attendions à voir un vieux professeur, c’est un homme d’une 40aine d’années au volant d’une vieille Mercedes qui se présente. Il est bien loin d’être conventionnel, il finance lui-même les différents matériaux qui servent au TP de ses élèves et il a tout essayé en matière d’EnR : biogaz, éolienne, chauffe-eau solaire, distillateur solaire, poêle à bois, frigo solaire, etc… Il nous fait visiter son grand atelier plein de matériel et il doit être le seul à s’en servir. Les autres profs n’aiment pas sortir de leur bureau.

Nat est resté scotchée face à la fonderie alu et les poêles et chandeliers qu’il fabrique. Fab ne trouve pas ça exceptionnel, sauf qu’en France quel profs ou qui fait ses casseroles ?. La nuit tombe et il nous propose d’aller boire un verre. Il passe nous prendre à 20h30 et nous emmène chez lui où nous partageons 2 bouteilles de rouge autour d’un délicieux poisson braisé.
Depuis Bafoussam, il y a du vin, beaucoup de petites boutiques spécialisées ou quelques bouteilles dans les boulangeries ou sur des étalages de rues. Même au péage, les bouteilles de rouge ont remplacées les arachides (on apprendra plus tard, qu’au péage ce ne sont pas des bouteilles de vin rouge, mais de l’huile de palme qui semble se stocker préférentiellement dans les vieilles bouteilles de bordeaux). Bref, nous passons une bonne soirée.

Ce matin nous sommes au RDV à 8h pour la dernière rencontre programmée au Cameroun avec le groupement communautaire de la chefferie de Foto. Nous appréhendons la rencontre car le précédent groupement rencontré nous attendait en force. Rien de bien compliqué cette fois là, ils sont 5, hommes et femmes, à nous accueillir. Chacun se présente et nous passons une bonne partie de la matinée à discuter, puis partons voir le fumoir de poulet qui fonctionne à la sciure et la bibliothèque. Au final nous passerons plusieurs heures avec sa majesté, le chef de la chefferie. L’homme est bavard, rigolo et très ouvert. Nous avons l’honneur d’être invité dans son salon il nous fera même visiter ses appartements et ceux de sa première femmes (il en a 20, mais ce n’est rien par rapport au sultan de Bafang le 17ème en possédait 618). Il nous explique que chacune d’elle à sa propre maison dans la chefferie. Il a une 100aine d’enfants parmi lesquels il choisira son héritier.
Après avoir partagé 1 bière, nous réclamons quelques photos, motivés par les membres de GIC qui soulignent le caractère exceptionnel de cette entrevue avec le chef qui d’ailleurs ira se changer pour enfiler une des ses tenues traditionnelles. Puis, de retour au siège du GIC, nouvel apéro avec les membres du GIC, il est 11h30, ils ouvrent une bouteille de rouge et nous offrent des arachides grillées avec lesquelles nous repartirons.

Ils avaient préparer un poulet fumé à l’occasion de notre visite, n’étant pas cuit, ils tiennent à nous le « livrer » le lendemain matin. Nous apprenons que Martin un membre du GIC fait la moto-taxi. Nous partons en visite avec lui à 15km de Dschang dans une exploitation de thé. L’exploitation est impressionnante et la visite instructive. Nous finirons la journée à boire une bière dans le noir dans un bar près de l’hôtel. Tout le monde s’accommode d’une coupure dans le quartier. Nous sommes en « vacances » pour une semaine, nous pourrons travailler sur la mise à jour du site tout en faisant un peu de tourisme. Nous pensons rejoindre le littoral et la mont Cameroun puis Kribi plus au sud avant de rejoindre le Gabon. Nous avons le visa qui débute le 18 octobre 2007.

Jeudi 11/10/07 : On décide de prendre une compagnie de voyage pour quitter Dschang car l’expérience du minibus précédent nous est resté en travers de la gorge. Après avoir récupéré notre poulet fumé que Martin nous apporte gentiment à l’hôtel, sac sur le dos, nous prenons la direction de la gare à quelques pas de là. Il est 10h, nous avons 140 kms à faire, cela devrait nous prendre 2 ou 3h pour arriver à Nkongsamba et partir faire dans l’aprem. les visites des fameuses chutes d’Ekom Nkam. Le bus n’est pas très plein mais en bon état. Les chargeurs sont en train de travailler et nous annoncent un départ assez rapide. Nous ne partirons qu’à 12h30. Pas mal de passagers (comme Nat) sont assez énervés pour le faire remarquer au gérant et aux employés. Le manque d’organisation est flagrant…pas d’horaires, transferts de bagages et de passagers d’un bus à un autre, des mécontents qui partent et il faut retrouver des clients pour remplir, et la nette impression que le sort des passagers importe peu du moment qu’ils payent. Le bus semble complet. 1ère tentative de départ, 2ème tentative de départ, nous réalisons que le chauffeur cherche à surcharger pour gagner quelques francs. La tension monte, le bus est à l’arrêt, à quelques mètres de la gare et a le moteur qui tourne depuis une bonne heure. Sans doute une technique pour garder les passagers impatients à bord. Cette fois c’est parti. Nous nous arrêtons 200 m plus loin à la station essence pour remplir le réservoir. A l’appel du chauffeur, un rabatteur veut faire monter un passager de plus « y’a une place derrière » dit-il en montrant du doigt la banquette déjà bien pleine où nous sommes installés. Nous sommes 5 pour 4 places, c’est la norme ici.
- « Non il n’y a plus de place ici » Nat s’exclame
- « Mais si mais si » dit-il sur un ton ferme et d’un geste de la main montre qu’il faut se serrer
Nat est déjà énervée et ce n’est pas la seule, d’autres répondent au rabatteur que « non il n’y a plus de place » ou interpellent le jeune passager « non reprends ton argent, il n’y a plus de places regardes ». Le jeune candidat au voyage a l’air un peu perdu, hésite un peu et veut reprendre son argent « Ne paye pas une place debout ». Le rabatteur, au style petit teigneux, s’énerve car il veut faire monter le client et aussi récupérer son pourboire. Le chauffeur s’en mêle. Puis finalement presque tous les passagers participent au débat. Tout le monde s’énerve. Le jeune fini par monter mais restera debout, le rabatteur n’aura pas son pourboire et le chauffeur s’entendra traiter de «malhonnête» par notre voisin de siège qui lui criera aussi « t’es énervé, faut pas être énervé, il faut changer de chauffeur ». C’est vrai que le chauffeur était énervé et ce n’était pas rassurant sur les routes et les pentes de montagnes que nous allions prendre. Le chauffeur roule vite, on arrive à Nkongsamba à 14h30, trop tard pour les chutes ! C’est pas grave, le gars de l’hôtel est super sympa, l’endroit super paisible et de toute façon il fallait que l’on travaille à la mise à jour du site. Nous ferons la visite demain.

Vendredi 12/10/07 : Après avoir mal négocié le coût du trajet en moto, nous partons avec Guilou le pétrolier aux chutes. Sa moto est confortable, le trajet passe vite et nous traversons les cultures de palmiers à huile, caféiers, bananeraies sous un ciel bleu. La cascade vaut vraiment le détour. Impressionnantes vue du haut, rafraîchissantes vue du bas.

La balade menée au pas de course par un guide trop pressé est digne d’une petite expédition et nous courbaturera les cuisses pendant 2 jours. La descente face aux chutes dans une végétation très dense et arrosée par les gouttelettes de l’énorme cascade nous vaudra de bonnes chutes et glissades sans gravité. Le sol est glissant et boueux, il faut engendrer quelques troncs et tout est mouillé. Nous resterons à peine plus de 3 minutes en bas tant il pleut. Juste le temps de voir une autre cascade et les arcs en ciel magnifiques qui se forment. Avant de partir, nous laisserons un petit mot dans le livre d’or et hallucinons sur les tarifs que pratiquent le bar-resto du coin qui n’a même pas la vue sur la cascade. Le prix sont plus de 4 à 5 fois le prix normal. Au retour à Nkongsamba, Guy le taxi man, nous emmène faire un tour chez lui et nous offre une assiette de porc bouilli. Un délice. C’est bon le cochon ! Nous sommes touché par l’attention et lui proposons de nous retrouver le soir pour boire une bière même si nous savons que nous avons payé beaucoup trop cher la visite aux cascades. On se fera presque « engueuler » par le gérant de l’hôtel pour avoir trop payé et il nous fait vraiment regretter de ne pas être aller visiter les lacs de cratère jumeaux. La prochaine fois !
La région est très riche en sites attractifs mais les infrastructures sont rares et le développement quasiment inexistant. Ca le mérite de préserver les sites mais le désavantage de rendre difficile l’accès. Les camerounais ne se rendent pas compte du potentiel qu’ils ont ! le gérant de l’hôtel, Yodi, en est conscient et aimerait développer ce potentiel dans la région. Nous retrouvons Guy Berlin (le pétrolier) le soir.

Il nous raconte qu’un français qu’il a rencontré l’année dernière s’est fait agressé sur une plage à Limbé à coup de machette. Nous devons prendre cette direction le lendemain et prenons ça comme un avertissement.

Samedi 13/10/07 : C’est reparti pour quelques centaines de kilomètres en bus . Pour éviter les aléas des transports, on décide de partie tôt. Le départ est calé à 6h30 avec la compagnie qui tient « à peu près ses horaires ». Pas de chance, à cette heure très matinale il pleut des cordes depuis 3h du mat. Impossible de partir à la station. Inenvisageable en moto car il pleut trop. Avec la route boueuse et nos gros sac à dos, c’est loin d’être la bonne option. Fab se positionne donc au carrefour en attente d’un rare taxi voiture et malgré le parapluie, est trempé jusqu’aux os lorsqu’il en trouve un. Sous cette pluie battante alors que tout est arrêté, quelques jeunes joggers passent l’air de rien. Nous arrivons à la gare à 6h40. Le bus est encore là. Ouf ! Fab est content d’avoir réussi à amener Nat à la station presque sèche. Manque de chance, le bus qui s’annonçait confortable est complètement trempé à l’intérieur. Les sièges sont mouillés et les plafonds gouttent. Les gens râlent mais tout le monde finit par s’asseoir et passera le trajet les fesses et le dos mouillé. Sur la route, les pics fusent chaque fois que le chauffeur ralentit pour prendre de nouveaux passagers « on n’est pas dans un taxi » « continues d’avancer » « qu’est-ce que tu cherches comme ça », mais l’ambiance est plutôt bon enfant. On compensera notre inconfort par 2 bonnes tartines de pain-pâte à tartinée au chocolat locale. Il nous faut passer par Douala avant d’arriver à Limbé. Les routes de la capitale économique sont complètement défoncées et jonchées de « pattes d’éléphant » (des nids de poule en 10 fois plus gros). Il a plu, les pattes d’ef’ remplis d’eau marron et les bas-côté boueux donnent une ambiance de ville insalubre. Le transfert de véhicule se fera plutôt assez bien. Les vendeurs de rue se font plus pressants qu’à Yaoundé. Nous sommes les premiers des 6 clients du taxi. Nous choisissons donc de prendre les 2 places de devant et sommes contents… Mais cette joie ne dure pas vu qu’un homme en uniforme prend part au voyage et qu’il abuse de son pouvoir pour nous prendre la place que nous nous payons (il semblerait bien qu’il n’ai pas payé !). Les hôtels de Limbé sont assez chers (et oui, nous sommes dans l’ouest du pays, la zone touristique) et nous finissons par trouver notre compte. Limbé est une station balnéaire au pied du Mont Cameroun qui culmine à 4095m, le sable est noir, nous sommes contents de retrouver cette étendue d’eau. Ca nous rappelle Palavas, là où nous avons passé 7 ans, et même si pas originaires du Sud, la mer est un peu en nous. Nous partons à pied pour rejoindre le bord de mer. L’ambiance est sympa, il y a du monde, c’est le week-end, beaucoup de gens de Douala viennent ici pour prendre un bol d’air. Il est 17h, la fin de la journée. Sur la plage, plusieurs petits bonhommes oranges, des employés de hysacam, la société qui nettoie les plages viennent échanger quelques mots avec nous puis nous assistons à la rentrée des pêcheurs. L’arrivée des bateaux de couleurs vives, « l’ accostage » sur la plage et la descente des marins sont un véritable spectacle.

Les bateaux arrivent les uns derrière les autres et quelques acheteuses/vendeuses guettent les plus belles prises mais aujourd’hui la pêche n’est pas bonne et beaucoup sont revenus bredouille. Puis nous partons en centre ville pour faire la mise à jour du site, fêter le week-end en s’installant dans un bar tranquille où la musique s’est mise à brailler, manger un bon poisson-bâton sur fond de bagarre (juste une petite échauffourée entre un gars qui a un peu trop bu et le patron du bar voisin). Nous voulons rentrer pour regarder le match de rugby de ½ finale France-Angleterre mais le câble de notre télé ne marche pas.

Dimanche 14/10/07 : C’est tranquillement que nous partons en ce dimanche matin voir la coulée de lave, à quelques 10 kms plus au nord sur la route longeant le littoral. Après s’être posté sur le bord de la route pour prendre un taxi « à la volée », nous arrivons au site assez rapidement. Nous avons la mauvaise surprise de devoir payer un droit d’entrée, 1000F.CFA / personne + 500 F.CFA / appareil photo. C’est de l’argent tout bénef’ pour les personnes qui détiennent ça ! La coulée est impressionnante, très large, très longue, très noire colorée du vert fluo des fougères et peuplée de quelques papillons et toiles d’araignées. Nous marchons quelques centaines de mètres sur cette coulée datant de 1999. Le site offre un cadre grandiose. Vue sur l’océan à l’avant, bananeraies et palmeraies de chaque côté et sur le Mont Cameroun, masqué par les nuages, à l’arrière. Il fait chaud, nous avons oublié nos maillots de bain mais la mer n’étant pas loin nous voulons aller nous rafraîchir et voir les fameuses plages de sable noir. Même si la mer n’est pas loin, rares sont les accès ou les endroits aménagés. Seuls les hôtels ont des plages et comme par hasard elles sont toutes payantes, 1000F.CFA/personne et une boisson gratuite. Par principe, nous n’y allons pas et de voir tous ces gros 4x4 et ces expatriés rentrer et payer nous énerve un peu. On se dit que ce n’est pas juste, que la mer est à tout le monde et qu’ils pensent que tous les blancs sont riches (les locaux ne payent pas) et que tout est prétexte à avoir de l’argent. OK il faut payer l’aménagement des pistes (300 m de long pour que les 4x4 arrivent au pied de l’entrée) mais nous, nous sommes à pieds. Finalement, nous nous arrêtons boire un coup dans une gargote au village d’Eboké. Les blancs ne doivent pas s’arrêter souvent ici. L’endroit est sympa. Nous grignoterons quelques brochettes de bœuf. Le village au milieu de la verdure est paisible. C’est dimanche et nombreuses sont les personnes que nous croisons le long de la route sortant de l’église ou profitant de la quiétude de ce début d’après midi pour se balader. Les prêches raisonnent dans les paroisses et donnent vie au village. Tout le monde est très bien habillés. Nous ne regrettons pas du tout de ne pas être aller à la plage. A notre retour à Limbé, nous assistons à un joli coucher de soleil sur l’océan et le Mont Cameroun laisser apparaître son sommet.

Mardi 16 octobre 2007, 20h00, Chez mémé Pauline, Ebodjé

Lundi 15/10/07 : Nous sommes chez mémé Pauline, loin de tout, et ce soir le groupe électrogène fait tourner une télé qui diffuse sans doute un film d’horreur qui fait bien marrer les villageois regroupés devant le poste. Cela ne couvre pas complètement le bruit de l’océan et encore moins celui des insectes de la nuit. Nous sommes à Ebodjé, petit village de pêcheurs, situé au sud de Kribi, et qui propose quelques cases pour « écotouristes ». Le trajet pour venir ici a été éprouvant, sans doute le plus difficile depuis le départ. Il n’a pourtant duré que 2h dans un pick-up 4x4 assez vieux mais pas trop pourri. Nat assise à l’avant en compagnie de 3 gaillards bien assez costauds, complètement « écrasée » entre le chauffeur et les 2 grands costauds, levier de vitesse entre les 2 genoux qui subissant les chocs de celui-ci. Fab, à l’arrière, dans la caisse, avec 11 autres gars et les bagages, assis sur le bord de la benne et s’accrochant tant bien que mal aux voisins et à ce qui lui tombait sous la main. Un peu éprouvant. Nat n’a pas réussi à se faire monnayer ses bleus sur son genou et un gars est tombé pendant le trajet. La piste était vraiment mauvaise mais nous avons eu de la chance, ce n’était pas le pire car il n’avait pas plu de la journée ni la veille. Le tarif prohibitif du trajet est fonction de la piste et déterminé par le transporteur. Il a doublé depuis 3 ans car depuis que la société forestière qui l’entretenait a déménagé, plus personne ne s’en occupe et aujourd’hui ce sont les utilisateurs qui en payent le coût. Du coup, à notre arrivée, on décide de valoriser notre voyage et de passer 2 nuits sur place. Tant pis, nous rentrerons avec un jour de retard au Gabon. Le site est sympa et nous sommes hébergé chez mémé Pauline. Charmante grand-mère, rigolote, et accueillante. On va faire un tour sur la plage et au musée de la tortue en cours de finition. Le village est un lieu de ponte et un programme de lutte contre le braconnage a été mis en place. La période de ponte est d’octobre à avril mais ma pleine saison de novembre à janvier.

Mardi 16/10/07 : Aujourd’hui il a plu pratiquement toute la journée, du matin jusqu’à 16h. Nous avons quand même fait une sortie ce matin et assisté au retour des pêcheurs en pirogues sous la pluie. Pêche traditionnelle au filet, sans moteur, et dans des pirogues 1 ou 2 places. Certains pêchent à la ligne. Nous passons le reste de la journée dans la cuisine avec mémé Pauline, sa nièce Valérie et Hilaire, un voisin bavard et sympa. Cela nous a permis d’assister à la préparation de l’huile de palme, au fumage du poisson ainsi qu’au repas du soir.

Ce soir nos yeux ressentent encore les brûlures de la fumée que dégage la cuisine qui n’est pas aérée. Les murs sont noirs de suie. Malgré les yeux qui nous piquent encore, nous sommes contents d’avoir pu partager ce moment de la vie quotidienne de mémé Pauline. On comprend pourquoi les plats préparés ont un goût de fumée et pourquoi quand des projets proposent des alternatives aux problèmes de bois de chauffe, comme l’introduction du gaz dans les cuisine, ce n’est pas accepté par les populations. « Ca change trop le goût ». Dommage que le temps n’ai pas été au beau fixe car les plages de sables blancs et les cocotiers invitaient à la baignade et les forêts à la ballade. Demain, nous devons rejoindre Kribi. Nous ne savons pas encore dans quelle conditions nous voyagerons.

Ecrit Vendredi 19 octobre 2007, 18h00, Bar-resto Bitam, GABON

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Mercredi 17/10/07  : nous nous levons tôt pour trouver un véhicule qui nous ramenera à Kribi. On espère arriver en fin de matinée pour profiter de Kribi. La nuit a été un peu agitée. Un rat faisait le tour des poutres du lit pour atteindre un petit sac plastique accroché au mur et faisant office de poubelle. On le faisait fuir en l'éblouissant à la torche. Au bout d'1h30 on s'est décidé à mettre la poubelle dehors.

Et, c'est sous un ciel dégagé et ensoleillé, qu'à 6h30 nous faisons nos aux revoirs à mémé Pauline dans un grand rire comme à son habitude. Après avoir traversé le petit village, nous posons nos sacs au bords de la seule piste du coin, réputée très difficile. Des femmes attendent déjà sur le bord de la route et nous annoncent qu'elles ont déjà vu passer des minibus déjà trop pleins pour les prendre. Nous sommes confiants. Après 4h de temps, nous sommes toujours au bord de la piste. Seulement 2 personnes sont parties. L'une sur une moto chargée de 3 personnes pleine de bagages, l'autre avec sa fille dans une berline toute pourrie à 4 à l'avant, 8 clients au total. Nat est complètement démoralisée lorsque le 4 ou 5 ème taxi de la matinée passe. Ils sont déjà 4 plus le chauffeur. Nous sommes 3 et un enfant à devoir monter. Nous rejoignons tous les 2 le passager et le chauffeur à l'avant, et c'est au tour de Fab d'avoir le levier de vitesse entre les jambes. La piste est défoncée et la pluie de la veille n'a rien arrangée. Mais finalement nous arrivons à Kribi assez vite (2h pour 50 kms). Le chauffeur s'arrête en cours de route pour acheter 2 rats de brousse à 1000 F.CFA. En ville, ils valent 5 fois plus chers. C'est à ce moment que la gentille grand-mère qui attendait avec nous, nous souffle qu'un passager a suggéré au chauffeur, dans sa langue natale, de faire payer plus cher les blancs. Elle nous avertit de payer 3000F.CFA/personne et pas plus tout en nous faisant les gros yeux. A 2 kms du centre ville, la roue avant du taxi explose dans un joli bang. C'est la crevaison. Un passager paye et part à pied. La gentille grand-mère (45 ans) grimpe sur une moto avec son petit fils. Nous attendons que le taxi reparte mais nous laisse à peine 400 m plus loin sous peine qu'un barrage policier va déranger. C'est un « clando », il n'a officiellement de transporter des passagers et cela pourrait lui coûter cher au barrage. Comme prévu, au moment de décharger les sacs et de payer ils nous réclame 1000F.CFA/bagage. D'un ton ferme, nous disons que nous ne voulons pas payer les bagages, prétextant que ça fait 2 mois que nous sommes au Cameroun et que nous ne les avons jamais payé. Depuis que nous sommes parti de France, cette surtaxe, du fait de notre « blancheur », nous poursuit un peu. Nous avons pris l'habitude et sommes donc moins déstabilisés qu'au début. Nous avons un peu plus de répondant et on ne se sent plus radin quand on refuse de donner de l'argent à quelqu'un. Des motos taxi nous attendent déjà, il est plus facile pour nous de nous éclipser.

Plutôt que de nous faire un hôtel les pieds dans l'eau (comme nous avions suggéré pour profiter de nos vacances) et qui nous coûterait cher (encore des histoires d'argent), nous prenons l'option pas cher au centre ville, près de la gare routière. On se rend compte que l'on préfère être dans l'animation de la ville plutôt que dans le confort d'un hôtel calme, excentré, au bord de l'eau. Malgré l'attente longue de ce matin, nous avons une bonne partie de l'après-midi pour aller visiter les chutes de Lobé (une des rares au monde qui se jette directement dans la mer). Assez spectaculaire, l'endroit vaut la peine d'être vu même si un comité d'accueil, des faux guides de style surfeurs, nous font payer un droit de passage. D'après eux, l'accès est « un peu dangereux ». Que du pipo ! C'est la plage et c'est tout ! On aura bien compris que ça leur payera quelques bières mais bon, on arrivera à les faire monter sur les 5 premiers cailloux de la cascade. Nous finissons la journée sur la plage de Kribi bien décidés à aller nous baigner.

La plage est accueillante, les jeunes jouent au foot, les palmiers font de l'ombre sur le sable, une vraie carte postale à peine gâchée par le tanker qui mouille au large. Nous sommes vite refroidi. 2 garçons sont accroupis auprès d'un 3 ème qui s'est entaillé le pied. En bons touristes, nous avons notre mini mallette de 1ers secours. Une entaille lui traverse toute la plante, d'un côté à l'autre du pied, c'est assez profond, et ça saigne beaucoup. Ses copains ont bricolé un garrot avec une tige de plante. Ils nous expliquent qu'il s'est fait ça en marchant sur un truc bizarre dans l'eau. On nettoie la plaie et lui mettons un pansement mais du coup nous ferons juste une ballade sur la plage en nous interrogeant si le jeune garçon aura les moyens de se payer les 30 ou 40 points de sutures nécessaires.

Décidément on ne s'habitue pas aux endroits faits pour les blancs. Après s'être motivés à faire un bon resto. au bord de mer, pieds dans l'eau, nid à touristes (faute de bon hôtel !), nous sommes refroidis par le prix des bières. 1000F.CFA la petite bière alors que la grande vaut 500F.CFA partout en ville. Certes l'endroit est « idyllique », terrasse sur pilotis en bois laqué donnant sur la mer. Mais, sans parler d'argent, nous ne nous sentons pas dans notre élément dans cette ambiance « coloniale ». On avait repéré le « gigi bar » à 50 m de la plage qui est situé au bord de la route entre une poissonnerie et un atelier de soudure et qui sert des plats de crevettes à 2500F.CFA et des grandes bières au prix normal. Nat profitera de l'unique plat de crevettes disponible ce soir. Y'a pas à dire, c'est plus rigolo et sympa d'être ici. Un mec en mobylette rate le rond-point et se retrouve le nez dans l'herbe, un blanc passe en harley (sisi avec le gros blouson des Hells Angels et tout et tout) et le poissonnier négociera une bonne partie de la soirée en parlant très fort, le prix du transport des dernières marchandises avec ses charretiers. Le coucher de soleil est bien vu d'ici aussi.

Jeudi 18/10/07  : C'est reparti pour une journée de transport. Ca devient une véritable enquête de trouver le moyen d'attendre moins de 3h avant de quitter une gare routière. Nouvelle tactique : on a fait le tour des agences la veille, on a beaucoup demandé autour de nous quelle agence était la meilleure et ce matin nous nous pointons sous la pluie ½ heure avant l'heure d'embarquement indiquée dans la meilleure agence de la ville « La Kribienne » (les agences de voyages sont en fait des compagnies de bus). Nous arrivons donc à 7h30, ce qui nous donne l'avantage de pouvoir réserver les 2 places de devant, mais bon on attendra quand même jusqu'à 10h avant de partir. L'attente dans les gares routières est plus facile que celles dans le bus car il se passe toujours quelque chose.

Assis sur une vieille banquette de bus, nous prenons tranquillement notre café au lait acheté à un vendeur ambulant thermos en main. Nous en offrirons également un au jeune bagagiste qui nous a accueilli ce matin. Par contre, lui enchaînera avec un sandwich puis avec une dose de 5cl de whisky en sachet puis une 2 ème quelques minutes plus tard.

•  Nat : « Le café ça tient chaud, et ça, ça sert à quoi ? »
•  « C'est pour donner la force »

Il nous dira que tous les matin il en prend 4 doses. Nous assistons également au chargement sur le toit du bus de 5 énormes brochets d'au moins 1,50m. Le chauffeur laissera tourner là aussi son moteur une bonne heure avant le départ. C'est sûr ! C'est la technique pour faire rester les gens à bord. ! Et puis c'est parti. Direction Yaoundé pour un changement de bus avant de rejoindre Ebolowa, dernière ville étape avant le Gabon. A Yaoundé, 2 coups de chance, la gare pour Ebolowa est juste à côté de la Kribienne et le bus part presque tout de suite (1h). Pendant que Fab s'occupe de récupérer les bagages, Nat part réserver les places à la compagnie Arc en ciel. C'est le brouhaha, les embouteillages, des bus et des taxis de partout, beaucoup de gens dans la rue, commerçants, voyageurs, rabatteurs, chargeurs se bousculent dans un grand capharnaüm. C'est le coin des agences de voyage du Sud. Nat se fait « agresser » par un jeune qui lui réclame de l'argent pour une bière et qui lui tient fermement le bras gauche de ses 2 mains. Les gens autour ne s'affolent pas trop et regarde Nat se défendre et s'énerver aussi. Quelqu'un lui dit que c'est un malfaiteur et qu'il faut lui donner « Et pourquoi je lui donnerai ? » alors que l'agresseur répétait et s'énervait « je veux une bière, je veux une bière ». Au bout de plusieurs minutes et demandant de l'aide, quelqu'un daigne enfin l'aider à « décrocher » le malfaiteur de son bras.

Le trajet Yaoundé-Ebolowa se passe bien. Nous traversons la zone forestière. Sur les étalages de fortune posés au bord de la route, noisettes, pommes de terre, tomates, paniers d'osier, gibiers de brousse, ont remplacés le vin et l'huile de palme du trajet Kribi-Yaoundé. Arrivés vers 16h à Ebolowa, nous ne nous attendions pas à trouver une si grande ville. La ville est propre au milieu des collines recouvertes d'arbres et de forets où sont abrités des campements de pygmées. Notre dernier repas au Cameroun est un habituel poisson-bâton commandé dans la rue à une vendeuse s'abritant d'une pluie battante sous un parasol. Alors que nous étions que quelque uns dans le bar, une averse fait s'abriter une bonne trentain de personnes, qui s'installent, regardent et attendent que la pluie passe sans rien commander. Demain, direction le Gabon

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