Le Bilan Carbone de notre action après 251 jours et 26348 kms parcourus (en kg éq C) : |
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Après avoir approché la frontière dans un taxi de "compet", nous traversons à pied pour la première fois une frontière, un petit pont relie les 2 nations
... de chaque côté, des "uniformes" peu scrupuleux nous demandent un petit "encouragement" en vue d'agrémenter leur soirée de quelques bières, nous declinerons les offres poliment et continueons notre route... |
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Ecrit Vendredi 19 octobre 2007, 18h00, Bar-resto Bitam, GABON Vendredi 19/10/07 : Nous sommes au Gabon. Les paysages ont peu changés et la langue et la monnaie sont les mêmes. Rien ne semble indiqué que nous avons changé de pays si ce n'est l'ambiance très calme qui se dégage de notre première étape, Bitam et la dizaine de contrôle de papiers ce matin. Malgré nos efforts, nous n'arrivons décidément pas à patienter moins de 2h dans les gares routières camerounaises. Ce matin, nous avons cru assister à une bagarre, mais ce n'était en fait que les bagagistes qui parlaient foot. Au Cameroun, les conversations les plus anodines tournent vite au débat sanguin. Les camerounais aiment bien parler et encore plus défendre leur point de vue fortement. Nous avons pensé pendant un certain temps que ces débats reflétaient une certaine tension dans le pays. C'est peut être vrai mais quand même, le camerounais s'excite rapidement. La route jusqu'ici est très bonne, pas de complications particulière. Fab épatera un taxi man et Nat au poste de gendarmerie juste avant la sortie du Cameroun. Après avoir tendu les passeports par la fenêtre du taxi, le gendarme commença à chipoter sur les ratures du visa « Il y a une rature, on dirait que l'écriture a été forcée. les gens font des faux papiers ». Nat à l'arrière se dit que c'est le début des embrouilles, surtout quand le gendarme rajoute « Il nous faudrait des bières » Et là, Fab très sereinement et pas perturbé ose un « Non. c'est pas très bon pour la santé les bières » Alors là c'était culotté ! Mais le gendarme pas vexé, presque sourire en coin, nous souhaite bon voyage et nous rend les passeports. Le taxi man resté silencieux et impassible redémarre la voiture et après quelques mètres part dans un grand éclat de rire et d'étonnement. « Ben ça alors, c'est la première fois que je voit des blancs faire des choses comme ça ! » Il nous expliquera aussi que c'est la première fois qu'il rencontre un français et une française qui négociaient des prix pour une course de taxi. Il nous confie aussi que quelques blancs qu'il a eu à prendre en taxi lui donnaient sans négocier 10 à 20000F.CFA (entre 15 à 30€) pour aller jusqu'à la frontière. On a payé la course 1500F .CFA pas peu fiers de « payer le prix des locaux ». « Ca c'est le prix des noirs » nous dit-il et on le croit. Il nous pose au poste de frontière camerounais. On appréhende un peu le bakchich, le gars n'a vraiment pas l'air commode mais nous laisse passer. Nous passons pour la première fois une frontière à pied accompagné d'une gabonaise qui revient du marché côté Cameroun « C'est moins cher là-bas » 500 m à faire à pied, l'endroit est calme, nous traversons un pont et entamons la montée sur une route large et sinueuse vers les différents points de contrôle gabonais. Un policier sympa, seul dans sa cahute, pour l'immigration nous fait remplir une fiche qu'il faudra présenter au commissariat de Bitam, un douanier assis à la terrasse d'un petit bâtiment faisant office de bar demande à voir nos papiers puis c'est l'arrivée à la station de taxi. Il n'y a pas un chat et nous attendons 2h l'arrivée de 4 autres personnes passant la frontière à pied. Le bureau est posé dans un bar en surplomb du pont que nous avons traversés un peu plus tôt. Ils ont dû nous voir arriver de loin. Là encore, sûr de nous nous refusons de payer les bagages. On comprendra quelques minutes plus tard que le chef nous a fait une faveur car tout le monde paye. On s'est senti un peu mal. Cette attente nous aura permis de rencontrer un jeune prof. d'EPS, Régis, sympa, qui nous indique un hôtel sur Libreville. On comprend vite que les nouveaux arrivants (ceux qui traversent le pont) sont prétexte à de nombreuses moqueries et comme un jeu, à des estimations sur les surtaxes des bagages. C'est le cas, à l'arrivée au loin, d'un « gros Camerounais » surnommé mallette à roulettes. Et là, les critiques et les mises à prix vont bon train. « On va lui faire payer 200F sa mallette » Bref, nous partons enfin pour Bitam qui n'est qu'à quelques km mais 3 nouveaux arrêts nous attendent dont un où un gendarme, gabonais cette fois-ci, nous appellera à son bureau et tentera de nous faire payer 2000F.CFA chacun de « taxes de reureureu.. ». Nous voyons vite que le gendarme est complètement bourré. Nat pense que ça sera facile de s'en sortir alors que Fab est déstabilisé par « mallette à roulette » qui jète 2000F.CFA illico presto sur la table. Nat ne veut pas payer et tente de le prendre au piège en lui demandant pour quel motif et dans tous les cas de lui donner un reçu tamponné et signé ce qui a le mérite de bien faire rire le chauffeur qui sait très bien que cette taxe n'existe pas. C'est quand même incroyable de voir comment les gens autour restent impassibles et attendent de voir comment ça va se finir. Les explications du gendarme sont confuses et incohérentes. Nat insiste, le chauffeur se marre en décrivant la situation aux autres restés près de la voiture. La situation ne se décante pas car chacun reste sur ses positions. Nous avons la chance d'avoir un lieutenant de police dans le taxi, qui, attiré par les rires du chauffeur viendra voir ce qui se passe et condamnera violemment l'attitude du gendarme qui nous laissera finalement partir sans payer de taxes. Ironiquement et l'air de rien, nous partons en souhaitant « bonne journée » au gendarme un peu énervé. Dans le taxi, le lieutenant est remonté. Il explique que tout un commissariat à Yaoundé a sauté à cause d'une personne mal attentionnée qui avait pris l'habitude de prendre de l'argent aux touristes. Un passager (pas mallette à roulette) dira aussi de ce comportement que c'est pas bon pour l'image du pays. On a décidé ce soir de rester à Bitam, et de faire le trajet jusqu'à Libreville demain de journée pour profiter des paysages. Ecrit le 28 octobre 2007, 21h40 Samedi 20/10/07 : Nous prenons la route pour Libreville. Départ prévu à 7h30 mais à 6h30 nous sommes déjà à la gare, bien décidés à prendre les places de devant. Le trajet est long (plus de 600 km), nous voulons profiter des paysages sans être trop mal installés. Pas de problèmes pour les places de devant mais le bus ne partira qu'à 9h et pas surchargé. Ca change du Cameroun. Les premières centaines de kms sont faciles, la route est bonne et passe à travers d'immenses forêts denses. Nous traversons quelques villages sans vie. Les grumiers sont stoppés sur le bord de la route pour le week-end.
Il n'y a pas grand monde qui circule à part nous. Plus Libreville approche, plus l'état de la route se dégrade et plus l'orage se fait menaçant. Derrière la vitre du minibus, les arbres se succèdent aux arbres.
Seules les nuances de vert changent. La forêt est beaucoup plus présente et impressionnante qu'au Cameroun. Dans le minibus, l'ambiance est très décontractée. Nos voyageons avec un jeune lieutenant qui à fait St Cyr à Paris, et qui porte un costard Pierre Cardin (il y a encore l'étiquette). Il payera à boire à tous les passagers du bus pendant un arrêt prolongé (15 minutes) à son nouveau poste d'affectation. 2 filles réclament de nouveaux cd au chauffeur qui n'en a qu'un (il finira par en acheter un au grand bonheur de tous les passagers). Les 150 derniers kms sont très difficiles. La routes est vraiment très mauvaise, la nuit est tombée et il pleut des cordes. Le chauffeur est un très bon pilote, on passe dans des endroits ou d'autres se plantent. Le lendemain, nous verrons dans les journaux que cette route a été bloquée pour cause de trop forte pluie. La pluie incessante durera jusqu'à notre arrivée à Libreville qui se fera à 20h. Cela fait déjà 11h que nous sommes dans le minibus et là c'est la surprise. bouchon monstrueux à l'entrée de Libreville « Bienvenue à Libreville ». Il nous faudra 2h30 pour faire les 3 derniers kms qui nous séparent de notre gare routière. Heureusement, les filles sont là pour remettre de l'ambiance et le chauffeur reste zen même s'il sait qu'il n'arrivera chez lui que vers 23 - 24h et qu'il lui faudra repartir demain matin très tôt. Du coup, nous prenons un peu le premier hôtel qui vient et par la même occasion un bon coup de massue. 23000F.CFA la nuit (env. 35€) soit 4 fois notre budget habituel. Mais c'est le week-end, il est 23h et nous sommes au Gabon où la vie est très chère. Une grande ville inconnue la nuit ce n'est pas très rassurant et nous n'avons pas envie de tourner toute la nuit pour une meilleure option, de toute façon on nous dit que ce sont les prix. Ecrit le Lundi 29 octobre 2007, 00h42, Chez Erwan Dimanche 21/10/07 : Opération recherche d'un logement pas cher en cette belle matinée dominicale. Après une visite chez les frères et une visite chez les sours, nous posons nos bagages chez les frères, sans doute le meilleur rapport qualité-prix de Libreville. Ca coûte 10000F.CFA/nuit (15€), c'est propre, c'est sympa et c'est à côté du marché du Mont Bouët et d'un cyber. Nous sommes soulagés d'avoir trouvé ça et il est midi lorsque nous partons à la découverte de Libreville à pied. De chez les frères, nous voyons l'océan, nous prenons cette direction. Comme toutes les villes, le dimanche à Libreville est très calme. Les magasins sont fermés et les rues un peu vides. Le front de mer est un peu décevant, les immeubles administratifs sont séparés du bord de mer par une 2x 2 voies. Seuls quelques taxis blancs et rouges sillonnent la ville. Le ciel est un peu dégagé, l'ambiance est beaucoup moins morne que la veille. Lundi 22/10/07 : Le lundi nous rencontrons Erwan, VI à l'AFD (Volontaire International à l'Agence Française de Développement) qui nous a donné rendez-vous pour déjeuner. Ca accroche plutôt bien. Il nous donne toute une liste de contacts intéressants et nous explique un peu le fonctionnement du pays. Le repas passe très vite, il nous invite à boire un café dans le « bar parisien » du coin. Nous entrons dans un endroit à l'ambiance feutrée, de petites tables rondes en bois laqué clairsemées ont remplacées les grandes tables de jardin nappées à l'image de Castel ou de Guiness. Et puis il y a ce son de petites cuillères mélangé au brouhaha de conversations murmurées. Tout le monde est très bien sapé, les signes ostentatoires de richesse sont mis en avant (montre en or, portable dernier cric, chaussures impeccablement vernies). Nous avons vraiment l'impression d'être dans un bar Parisien. C'est l'ambiance parisienne mais à y réfléchir quelque chose cloche comme si la scène était jouée. Nous sommes en centre ville, l'ambiance n'est plus du tout la même qu'hier. Les commerces, resto, magasins de fringues sont ouverts. Dans la rue c'est un défilé de costard cravates et de tailleurs. Le plus déstabilisant est le nombre de 4x4 rutilants qui circulent ou qui sont garés le long des trottoirs. On comprend vite que le coût de la vie n'a plus rien à voir avec ce que nous avions vécus jusqu'à présent. Entre la gargotte qui facture le riz-poisson 2000F.CFA et surtout le café 700F .CFA (plus d'1€), on se demande un peu ce que l'on fait là. Les gabonais vivent des rentes du pétrole et du bois et dixit Erwan « leur tripe c'est costard-cravates, 4x4 ». Erwan nous propose, pour alléger notre budget, de nous héberger pour quelques jours chez lui. « Mon appart. est grand et ça ne me coûte rien ». La semaine qui suit passe assez vite. Côté rencontres, ONG et EnR, il ne se passe pas grand chose. On nous explique que plus de 50% de la population vit à Libreville et que 70% de la population active est fonctionnaire. On comprend mieux pourquoi il y a tant de costards-cravates et de 4x4 dans la rues et si peu d'ONG ou d'entreprises gabonaises. Cela dit, les quelques rencontres que nous faisons sont intéressantes. Les bâtiments administratifs sont somptueux, l'argent semble couler à flot. Le Gabon semble vouloir se calquer sur le rythme de l'Occident. Le président est un peu mégalo. Des panneaux géants le représente un peu partout dans la ville et surtout dans notre quartier, le quartier des affaires.
Erwan nous « initie » un peu au monde des expatriés. Nous retrouvons les joies de se réunir autour d'une table « à la française » pour partager discussions, apéro et repas. Le monde des expatriés est un peu à part. C'est comme un grand réseau d'étrangers qui côtoient ou vivent dans des pays rarement plus de 2 ou 3 ans et qui évoluent un peu dans une sphère à part entière. Nous comprenons qu'il est difficile de s'intégrer à la vie locale, d'une part parce qu'il est difficile de vivre avec les 2 cultures et que, même à l'étranger, lorsque tu t'installes tu retrouves vite tes habitudes de français, et d'autre part, parce que un blanc reste bien souvent « un riche blanc » aux yeux des africains. Bref, nous avons l'occasion aussi de retrouver la bonne cuisine française (fondant au chocolat, salade tomates-féta, flan à la courgettes chez ses amis). « Ca me rappelle d'ailleurs notre arrivée chez Erwan, quand je suis rentré dans sa cuisine pour y déposer et préparer les tomates et la salade que nous avions acheté au marché. Nous voulions profité d'être un peu posés pour manger un peu de verdure (au quotidien, nous mangeons rarement des légumes). J'avais oublié cette odeur d'huile d'olive et j'avais oublié tout ce que la cuisine française pouvais offrir. Plus de 7 mois que nous sommes partis, nous n'avons jamais vraiment ressenti de manque ou d'envie. Peut être parce que peu de choses nous rappelle la cuisine française (à part les quelques fois où nous sommes allé dans les supermarché et dans ces cas là c'est « oh du fromage !! » « oh du pâté ». mais c'est surtout le fromage qui retient le plus notre attention). C'est vrai que les pays traversés n'offraient pas une très grande diversité culinaire (grillade, riz, omelette) mais nous nous y sommes fait et j'avais oublié toute cette richesse française ». NAT Samedi 27/10/07 : C'est le week-end. Erwan s'est proposé de nous déposer avec son bateau dans le parc naturel de Pongara à quelques kms au sud de Libreville de l'autre côté de l'estuaire. Nous devons aller voir l'ONG Gabon Environnement qui travaille sur les tortues marines dans le parc. Il veut mettre en place une démarche énergétique propre et durable. C'est donc l'occasion d'aller passer le week-end dans le parc. Erwan sort pour une partie de pêche et nous fait profiter du voyage. En traversant l'estuaire, nous voyons apparaître la carapace de 2 tortues marines dans l'eau. Finalement on l'accompagne à la pêche qu'il pratique en apnée et au harpon. Il remontera 2 « petits » poissons (une carpe rouge et un grosse lèvre) et surtout un énorme barracuda (qu'il faudra achever au couteau suisse !).
Après avoir rendu visite à une thésarde espagnole qui travaille sur les tortues marines, il nous « pose » sur une plage déserte avec tente (la sienne), sac à dos et vivres dont le grosse lèvre péché dans l'aprem' pour une nuit dans le parc national. Nous posons rapidement, face à la mer, notre petit campement avant la tombée de la nuit et profitons à peine de la fin de journée car nous craignons un orage menaçant. Coup de chance, l'orage ne viendra pas, la lune est presque pleine et le ciel dégagé. Pas une goutte de pluie. Après avoir dégusté le poisson que l'on a mis plus d'1h30 à cuire au feu de bois, nous partons pour une ballade nocturne sur la plage espérant voir sortir le l'eau une tortue. L'endroit est magnifique, la mer est basse, les lagunes se déversent doucement dans l'océan à la lueur du clair de lune, mais pas une tortue à l'horizon. Ecrit Mercredi 31 octobre 2007, 18h00, Bar Kossovo, Lambaréné Dimanche 28/10/07 : Après avoir plié la tente et camouflé le gros sac, nous partons de bonne heure à la découverte des environs. Deux petites heures de ballade entre plage de sable blanc, lagunes, mangrove, savane et forêt. La nature est belle et tant de diversité en un si petit espace font du lieu un endroit un peu magique. Nous ne verrons pas de buffles ou d'éléphants dans la savane mais la ballade en forêts avec les papillons, champignons, fruits, ou bruits d'animaux, ...nous satisfait pleinement.
Nous regrettons juste de ne pas pouvoir passer plus de temps ici. Nous avons RV en fin de matinée avec Gabon Environnement. Nous sommes accueilli dans la maison du responsable. Une grande bâtisse en bois sur pilotis avec vue sur l'estuaire d'un côté, sur l'océan de l'autre et sur la forêt derrière. L'homme, qui a pas mal bourlingué et travaillé en Afrique, nous raconte un peu sa vie et ses « ambitions » ici. La conversation dure plus de 2h et est interrompue par la visite de Betty, petite femelle chimpanzé, adoptée et rescapée des braconniers. Le petit animal au regard doux et interrogateur vient dans les bras de chacun faire un petit câlin. Nous passons la fin de la journée à profiter de la plage et de la clarté de l'eau.
Nous partons avec un véhicule de l'ONG qui rejoint la navette qui doit nous ramener à Libreville. Coup de chance (encore!), nous grimpons sans réfléchir dans le bateau prêt à partir, la porte style débarquement en Normandie, se referme derrière nous. Il n'y a plus de place assise. La stewarde étonnée de nous voir là nous demande si nous avons réservé nos place (bien sûr que non!). En fait, nous ne devrions pas être là. Les places sont réservées à ceux qui ont fait le trajet aller. Tant pis! Nous sommes dedans et heureusement car un gros orage s'annonce et il semblerait qu'il n'y ait plus de navette après. L'ambiance est un peu bizarre dans ce bateau. Il n'y a que des blancs et tout le monde tire un peu la gueule. On remarque tout de suite les français, la mine plus sombre que les autres. On se dit que la plage et le cadre idyllique situés à peine à 30 minutes de bateau de Libreville n'est en fait accessible qu'aux riches. A 10000F.CFA (15€) l'aller-retour/personne et malgré la boisson offerte (jus ou bière), peu de locaux peuvent se l'offrir. Coup de bol (encore!) nous arrivons au pied de l'immeuble de l'AFD, là où loge Erwan, en même temps que la grosse averse et que Erwan, parti aujourd'hui encore péché en mer. La prise a été encore meilleure qu'hier, plus de 100 kg de barracudas en 2 jours et quelques autres poissons. De quoi en offrir au gardien, à la ménagère, remplir le congel. et en vendre un peu pour soulager les frais de bateau. Petite réflexion : « Une nouvelle fois nous avons la confirmation que l'aide au développement à la française est bien loin des réalités de terrain et on a vraiment l'impression que l'aide au développement c'est au mieux pour se donner bonne conscience, au pire pour entretenir des pions diplomatiques et décaisser beaucoup d'argent rapidement. Argent qui retournera rapidement en France car souvent ce sont les salaires et le fonctionnement des agences françaises à l'étranger qui absorbent le plus de crédit dans l'aide. C'est un peu caricatural car certains projets portent leur fruit et apportent de réelles améliorations mais la machine mise en oeuvre semble disproportionnée. Ca ressemble vraiment à une grosse machine à gaz administrative à la française intimement liée de par son passé colonial aux administrations africaines (qui ressemble comme 2 gouttes d'eau au modèle français) ». Mardi 30/10/07 : Après avoir enfin pu rencontrer ENERDAS, une des rares entreprises à faire du solaire au Gabon, et le WWF à Libreville la veille, nous faisons nos aux revoirs à Erwan ce matin et quittons Libreville direction Lambaréné sans vraiment connaître notre programme pour la suite. Nous trouvons un « clando » (voiture perso. qui fait taxi de façon clandestine, seuls les minibus ne sont pas des clandos) assez rapidement. Le trajet est tout confort, nous ne sommes que 3 passagers. C'est la rentrée scolaire. Les gens n'ont plus d'argent pour voyagé. Dans la voiture nous recevons un coup de fil de GECOSER, société camerounaise d'installation solaire que nous avions rencontré à Yaoundé. Une partie de l'équipe est sur Port-Gentil, nous les rejoindrons donc. Notre programme se précise. Les 4h à bord du clando passent très vite. Nat, assise à l'avant à passer le trajet à tchatcher avec le chauffeur (un camerounais ! Vu que les gabonais ne veulent pas faire ça!). A l'arrière, Fab partage la banquette avec un fonctionnaire illuminé. Il a rencontré les « hautes instances spirituelles et mystiques ». En France, il aurait pu se faire interner, ici, même si le chauffeur le regarde parfois d'un air oblique, ses propos ne sont pas dénigrés et chacun de nous acquiesçait à certaines de ses idées. Il se qualifie lui même comme un illuminé ayant compris l'existence de Jésus « après avoir reçu un coup spirituel derrière la nuque, quelque chose lui a remué ses énergies internes ». On pourrait le prendre pour un fanatique mais hormis ce côté religieux, son discours ou ses interrogations tiennent la route. Petit florilège : « Il faut une stratégie contre le racisme et cette stratégie c'est le mélange des races. Le XXIème siècle sera celui des métisses » Il est revient souvent à une notion d'équilibre, les riches et les pauvres doivent se mélanger, l'homme et la femme doivent être différents, le blanc et la noir ne peuvent pas être pareils, ce sont tous ces mélanges qui feront évoluer les choses. Avec le recul, nous nous rendons compte que l'illuminé, comme il était fier de se définir, ne l'est peut être dans le sens français du terme (= fou) pas temps que ça. Par contre, il parle un peu trop et on finit par décrocher. Le chauffeur qui nous trouve sympathique et à qui Nat explique en long, en large et en travers que c'est pas parce qu'on est blanc qu'on est riche, a bien compris. Une fois arrivé à Lamabaréné, il nous propose de dormir chez « sa sour ». Uns sorte de case de passage, une petite chambre prévue chez elle pour accueillir les gens de passage. Ça ne coûte presque rien, l'endroit est très paisible et offre une belle vue sur le fleuve. Adèle, la petite sour, est très sympa, souriante, est contente de nous faire goûter ses mangues et nous préparera même un petit déj le lendemain matin.
Nous sommes chez l'habitant. La maison « bancale » est en bois, les « murs » sont recouverts de tissus mais c'est propre. Nous sommes loin de Libreville, loin des costards - cravates - 4x4. L'ambiance ici est tranquille et les gens sont simples. Nous sommes dans notre élément. La nuit venue, nous dégustons les mangues tombées de l'arbre dans la cour de Adèle avec comme fond sonore les chants de la chorale qui répète dans l'église voisine et les doux bruits de la nature. |
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Ecrit Mardi 06 novembre 2007, 11h07, Gare ferroviaire de Njolé Mercredi 31/10/07 : Journée très agréable passée à Lambaréné. La cadre est sympa. Nous avons été très inspiré pour travailler même si la chaleur est plutôt accablante. Nous sommes installés dans la petite chambre de chez Adèle, une petite pièce d'à peine 9m² où un lit, qui prend quasi toute la place et une petite table de bois meublent la pièce.
Il n'y a que 2 bateaux par semaine pour Port Gentil, nous partirons donc demain et reviendrons lundi. Le soir venu, nous allons manger notre assiette de petits pois viande à la cafet' du coin que nous avons vite adoptée comme cantine et qui est tenue par un guinéen. Nous accompagnons le plat de frites et de beignets (=banane plantain frit) que nous prenons à emporter dans « l'échoppe » sur le trottoir un peu plus haut et qui est tenue par une malienne forte sympathique (que nous avons vite adoptée également). Nous sommes en pleine enquête, demandant la nationalité des commerçants et des chauffeurs de taxis pour savoir si les gabonais travaillent vraiment. Effectivement et comme on nous l'avait dit, les gabonais n'aiment pas trop travailler. La communauté camerounaise est très importante, tout le monde le reconnaît « bientôt il y aura plus de camerounais que de gabonais au Gabon ». Jeudi 01/11/07 : Réveil à 4h45 pour prendre « La villageoise 3 », le bateau qui nous emmène à Port Gentil (POG) au bout du fleuve Ogooué. C'est le seul moyen de rallier la ville, capitale économique du Gabon, si on exclue l'avion. L'embarquement se fait assez rapidement et nous partons à 6h pile comme prévu (5h59 précisément). Quel changement avec le Cameroun ! Le bateau est bruyant et presque vide. Nous sommes à peine plus de 40 sur les 100 et quelques places de disponibles. Ca va faire mal à notre bilan carbone surtout que l'on nous annonce que chacun des 8 moteurs va consommer 120L de pétrole. Le fleuve sur lequel nous naviguons est très large, les berges sont couvertes d'arbres et d'arbustes. Nous verrons quelques villages complètement isolés dont certains électrifiés au solaire, une mission catholique et quelques remorqueurs remontant à vide le fleuve.
La zone que nous traversons est une zone marécageuse et de lacs. Le réseau fluvial a de multiples embranchements. Le pilote connaît bien « la route » et il prend les trajectoires les plus courtes passant d'une rive à l'autre à travers un labyrinthe d'embranchement. Nous arrivons à POG quelques 5h30 plus tard. La ville de POG est au ralenti. Nous réalisons seulement qu'aujourd'hui c'est férié et avec le week-end qui suit, beaucoup de gens ont quitté la ville. POG est une ville pétrolière. Il n'y a rien d'attractif et il y a beaucoup d'expatriés nous a t-on dit. Nous sommes venu pour visiter des pompages solaires dans des villages isolés situés à l'intérieur des terres dans la zone des lacs et accessibles seulement par bateau. Ce sont les chantiers d'une entreprise camerounaise rencontrée à Yaoundé qui nous avait proposé de visiter leur installation lors de notre passage au Gabon. Vendredi 02/11/07 à Dimanche 04/11/07 : Manque de chance, la babouche, ou plutôt le moteur de la babouche n'est pas disponible. Une babouche est une petite pirogue (ou une chaussure !). La sortie est prévue samedi ou dimanche mais toujours pas de moteur. Ce n'est que samedi soir que nous ferons définitivement une croix sur la sortie, nous sommes vraiment déçus ! Les 4 jours à POG sont ennuyeux, la ville n'invite pas à la ballade et visiter les alentours demande d'avoir une embarcation personnelle. Pour se « rassurer », on se dit que cette « étape » aura eu le mérite de nous faire travailler sur la mise jour du site web et de nous pencher sur la mise en place du site collaboratif de RISEAL. Nous verrons les okoumés flotter dans le port avant leur exploitation. L'okoumé est l'essence d'arbre la plus exploitée du pays qui a la particularité de pouvoir flotter, et, de nombreuses grumes descendent le fleuve pour arriver ici.
Nos journées passent donc entre repas pris aux cafet' locales et travail à l'hôtel. Les bateaux pour repartir de POG n'étant pas quotidiens, nous ne pouvons repartir que le lundi, un peu déçu. Le détour nous aura coûté cher (40000F.CFA d'aller/retour en bateau (60€), 30000F.CFA d'hôtel pour 2 jours (45€), les 30000 autres avaient été pris en charge par GECOSER, et des repas difficiles à trouver au dessous de 1500F (2,3€). On aura quand même goûté le sanglier-sauce chocolat. La sauce chocolat n'a rien à voir avec le cacao, c'est une graine locale surtout utilisée pour donner de la couleur à la sauce. Le sanglier - sauce chocolat ressemble à s'y méprendre à un bouf bourguignon. Un délice. C'est de la viande de brousse qui devient de plus en plus rare. Difficile de reprocher aux gabonais de consommer cette viande qui met en péril la vie de certaines espèces. C'est bon alors pourquoi s'en priver ! Toutes les viandes de brousse ne sont pas interdites à la consommation et il y a des périodes de chasse. Mais les braconniers sont plus nombreux et mieux organisés que les agents des eaux et forêts qui parfois sont corrompus. La demande est très forte, c'est un business très lucratif ! Lundi 05/11/07 : Nous sommes contents de partir de POG malgré l'heure très matinale. Nous remontons le fleuve Ogooué jusqu'à Lambaréné. On retrouve notre petite chambre chez Adèle. Nous allons prendre la route du Congo et devons rejoindre d'ici la fin de la semaine Franceville en faisant une étape par La Lopé. Le seul moyen de transport est le TransGabonais, le train qui traverse le Gabon d'Est en Ouest, mais il ne circule pas tous les jours. Après avoir trouvé les horaires, nous réalisons que cela devrait bien se goupiller. Il y a un train mardi dans la journée qui s'arrête à La Lopé et un autre mercredi dans la nuit qui pourra nous prendre à La Lopé et nous emmener à Franceville. Le soir, nous nous faisons une joie de retrouver notre cafet' pour manger petits pois-frite et bananes.
Mardi 06/11/07 : Nous nous sommes levés très tôt pour prendre le premier clando (taxi brousse sans autorisation, les seuls transports de passagers) qui part pour Njolé à 170 kms et où nous devons prendre le train à 12h40. Njolé n'est pas très loin mais le trajet nous coûte quand même 12000F (18€). Y'a rien à faire, le Gabon est très cher ! C'est vrai que c'est confortable, nous ne sommes que 4 passagers dans la voiture. Une place chacun (du jamais vu !) mais ça énerve Nat qui traite les taximan de fainéants et de voleurs. La voiture part tout de suite. Nous sommes déjà sur la route à 7h du mat. Le plus dur est de faire les 11 kms qui séparent Njolé de la gare. Aucun taxi ne veut partir là-bas. On nous annonce des prix prohibitifs prétextant une route défoncée et un bourbier. Le nombre de personnes attendant un véhicule pour la gare atteint presque 10 et les taxi-ville ne veulent pas partir. Au bout d'1/2 h un pick-up 4x4 charge tout le monde. Nous sommes finalement 15 à grimper avec les bagages. Nous sommes à l'arrière dans la benne. Nous croisons plusieurs convois de grumiers, très impressionnants, qui soulèvent beaucoup de poussière sur l'étroite piste et qui nous oblige à nous arrêter.
Même si la route est en mauvaise état, elle n'est pas si impraticable que ça. Nous arrivons rapidement à la gare. Un passager dira en parlant des taximan « .ils ne veulent pas travailler, c'est tout.» ce qui réconforte Nat dans ses pensées. Nous prenons les billets et nous voilà à attendre le train de 12h40. On nous annonce déjà 1h de retard. Ecrit Mercredi 07 novembre 2007, 21h21, Bar La Locomotive de La Lopé Mardi 06/11/07 (suite) : Le train est finalement arrivé à 13h40 presque vide. Nous avons le choix de nous installer où nous voulons dans le wagon. Il nous faut pratiquement 3h de trajet pour parcourir 107 kms. Le train négocie les courbes à 10 ou 20 km/h et nous faisons une halte de 30 ou 40 minutes pour croiser un train de marchandise (il n'y a qu'une seule voie !). Nous passons l'essentiel de la fenêtre accoudés à la fenêtre, debout dans le wagon, à regarder défiler lentement les paysages.
Des arbres, encore des arbres, toujours des arbres. De jolies vues sur le fleuve Ogooué au début, puis des étendues de savanes vertes font leur apparition. Ca donne un peu d'espace et éclairci l'horizon. Quand nous arrivons à La Lopé il est presque 17h. Le village est tout petit. Un passager avec qui nous avons sympathisé dans le pick-up nous emmenant à la gare de Njolé, nous montre le chemin jusqu'à une case de passage au « centre ville ». Un carrefour autour duquel on trouve 2 épiceries, 2 bars et une case de passage. L'endroit est très tranquille et nous plaît tout de suite. Bizarrement la case de passage propose des chambres avec moustiquaire et sans ventilo à 5000F et des chambres sans moustiquaires mais avec ventilo mais à 10000F (15€). Il fait un peu chaud, il y a des moustiques et nous choisissons celle à 5000F. Nous n'y serons pas très souvent ! On fait un tour dans le village avant que la nuit ne tombe et allons jusqu'à l'entrée du fameux parc de la Lopé (le parc national le plus accessible du Gabon). Nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur le mont Brazza. Au menu du soir, poisson braisé manioc. Tiens que c'est étrange !! Ce qui est encore plus étrange c'est que quand nous demandons à la brave dame d'où venait son poisson et qu'elle nous répond qu'il vient de la mer. Le poisson parcoure donc plusieurs centaines de km en train pour arriver dans ce petit village alors que le fleuve Ogooué est situé à quelques pas d'ici. Ecrit Jeudi 08 novembre 2007 Mercredi 07/11/07 : Ce matin nous attaquons la journée tôt et tranquillement après avoir hésité à partir très tôt pour faire l'ascension du Mont Brazza. Nous décidons de la faire en fin de journée, cela nous laissera le temps de décider de prendre un guide ou non (celui que nous avons rencontré hier nous réclame 20 000F (30€) /personne, c'est cher et il n'est pas clair dans ses explications. La case de passage a une petite terrasse avec vue sur le « centre ville ». Nous prenons notre café en regardant la petite bourgade s'animer. Nous avons investi dans une bouteille de gaz pour pouvoir enfin utiliser notre réchaud. Cela nous sert bien.
Pratiquement personne ne sert de café dans la rue le matin et cela semble vrai pour toute l'Afrique centrale. Il est 7h30 du mat', les enfants prennent le chemin de l'école. Certains s'arrêtent à l'épicerie pour acheter un peu de pain, d'autres font carrément les courses et repartent dans l'autre sens. Nous les voyons repasser quelques minutes plus tard cartables sur le dos. Il y en a qui n'ont visiblement pas envie d'aller à l'école et qui multiplient les allers/retours. Quelques hommes sont déjà installés au bar d'en face et boivent leur première bières de la journée. Nous repasserons au carrefour quelques heures plus tard et ils y seront toujours ! Nous prenons la direction de la gare pour réserver nos billets de cette nuit et rencontrons en chemin Jean-René, sympa mais très très, très très bavard. Il nous emmène à la scierie où personne ne travaille à cause d'un engin de manutention immobilisé. On discute un peu de la difficulté de la vie en Afrique et à La Lopé. L'endroit attire depuis de nombreuses années ONGs internationales et touristes, pourtant, les locaux ont tendance à quitter le village « où il n'y a rien à faire » et où les conditions sont dures « .les animaux sont mieux soignés que les gens, eux ont des docteurs. ». Depuis l'interdiction de la chasse, les animaux sont vraiment comme chez eux et viennent détruire les cultures (s'il y en a !). Sur le chemin, à l'orée du bois, derrière les grumes abandonnées par les sociétés (faute d'acheteurs), Jean René nous montre le tas d'écorce que les femmes récupèrent pour la cuisson. Il nous dit que les femmes ne veulent pas rentrer dans la forêt pour aller chercher le bois de chauffe car c'est trop dangereux, il y a des animaux sauvages et des serpents. Il y a peu de temps, un chien s'est fait manger par un boa. Ecrit Vendredi 09 novembre 2007, 18h12, Bar face Bar Chéri coco, Franceville Mercredi 07/11/07 (suite) : Après avoir pris nos billets pour le train dont « l'heure probable d'arrivée est 1h30 mais plus vraisemblablement 2h30 »- nous confie le guichetier, nous repassons rapidement à la case de passage où nous filons sous la douche pour nous rafraîchir (il fait chaud !!). Nous allons nous présenter au WCS (ONG internationale Américaine qui équivaut à notre WWF et qui travaille à La Lopé). L'américain qui nous reçoit est sympa et nous explique que ECOFAC, la mission européenne en partie à l'origine de la création de ce parc, est absente depuis 3 ans pour une erreur administrative (une ligne budgétaire a été oubliée à Bruxelles !) et qu'elle devrait revenir dans quelques mois. Il a fallu 3 ans pour remonter le dossier ! Il nous fait comprendre que l'état gabonais est absent du terrain alors que la communication faite autour de ces parcs sous l'impulsion du président est assez forte et semble montrer une réelle volonté de l'état sur ce chemin de la conservation (13 parcs nationaux crées en 2002 sous l'impulsion du président, le parc de La Lopé classé patrimoine de l'UNESCO depuis cet été 2007). Et pourtant, sur le terrain, il n'y a que 2 éco-gardes et un seul est habilité à verbaliser les éventuels braconniers. 5000 km² a contrôler pour un seul homme c'est un peu beaucoup, et le conservateur est non-véhiculé et absent depuis 3 mois. En gros s'il n'y avait pas les ONGs tel que WCS ou le WWF il n'y aurait aucune structure garante des parcs sur le terrain. Le début d'aprem. passe chaudement et nous partons seuls vers 14h30 pour l'ascension du Mt Brazza (450m d'alt.). L'ascension est un peu rude, ça fait longtemps que l'on a pas marché et il fait très chaud. Le paysage fait de savane et de forêts galeries ressemble étrangement aux prairies françaises. Nat est inquiète à l'idée de croiser un troupeau de buffles et Oh surprise !, à peine après 5 minutes de marche, c'est une petite famille d'éléphants que nous apercevons à l'orée d'un petite forêt.
Nous les observons, depuis le chemin où nous sommes, à 400m d'eux, pendant une bonne dizaine de minutes, puis ils filent se cacher dans le bois. Il nous faut une bonne heure pour arriver au sommet. D'en haut on se croirait dans le Puy De Dôme, et avons une vue insaisissable sur le fleuve Ogooué. Avec les jumelles, nous retrouvons la petite famille d'éléphants qui, sortie du bois, semble vouloir entreprendre une traversé de la prairie. Nous décidons de vite entamer la re-descente pour trouver un point de vue moins éloigné. Mais, le temps d'arriver, les 5 éléphants avaient déjà traversé. Ce n'est pas peine perdue, car c'est un éléphant solitaire que nous surprenons à « goûter » quelques arbres en lisière du bois. Nous ne regrettons pas d'avoir transpiré un peu pour voir ça.
C'est la fin de la journée, nous entamons le chemin du retour et alors que nous attaquons une pente un peu raide à flan de colline, Nat aperçoit un chimpanzé sauter d'une branche à une autre. Puis c'est un maman éléphant et son bébé que nous localisons grâce à un bruit de branches écrasées avec lourdeur. Nous nous postons en observation, mal installés sur des cailloux près d'une fourmilière. Les éléphants sont a à peine 200m en contre bas, Fab verra passer un 2 ème chimpanzé qui ne se remontrera plus. La nuit va tomber, il faut rentrer et avant d'attaquer la traversée de la savane, nous guettons l'éventuelle présence de troupeau de buffles. La voie est libre et nous rentrons très très contents. A quelques mètres de la sortie du parc, Nat ne peut s'empêcher d'aller demander à des gens s'activant auprès d'un immense manguier : « - on peut vous acheter quelques mangues ? », la dame répond : « - Je ne vend pas moi ! Prenez juste. L'abondance cela ne nuit pas. cette nuit les éléphants sont venus se servir ici. » Et c'est ainsi que nous repartons avec nos 7 mangues. » Retour à la case de passage pour faire les sacs et prendre une douche. La gérante, sympa, ne nous facturera rien en nous laissant quitter la chambre à 20h. Direction la gare. 1 km à pied dans le noir, sacs sur le dos, accompagnés par le jeune guichetier à la conversation facile. Nous profitons de la balance de la gare pour nous peser et peser nos sacs. Bilan : Fab a perdu 2kg, Nat est stable et nos sacs sont lourds, respectivement 21,5 et 20kg plus 9kg pour le petit sac de Fab et 4 pour celui de Nat. On aimerait qu'ils soient moins lourd mais finalement on se sert de tout ! D'ailleurs ce soir, les petit matelas autogonflants nous seront bien utiles (pour la 2 ème fois depuis le départ -sic-). Nous nous posons au Locomotive Bar en face de la gare (là où la musique braille le moins), pour entamer les premières heures d'attente.
Le groupe électrogène qui sert à alimenter la gare en électricité gâche un peu l'endroit. Après avoir bu un coup, joué aux dés, rigolé avec le petit de la gérante du bar (très sociable et qui cherche à parler), et mangé un peu (spaghetti viande et poisson manioc) nous allons à la gare. En parlant de manioc, les locaux sont toujours étonnés que des blancs mangent ça. Pour nous, c'est une vraie « découverte culinaire » et c'est bon. Ici c'est le plat du pauvre et ils ne pensent pas que l'on puisse manger comme eux. Bref nous voilà à la gare. Quel chance ! On traverse le « parking » juste avant qu'un gros orage éclate. Jean René est là aussi, sympa mais vraiment trop bavard. Il monologue à notre attention pendant près d'½ heure. Nous sommes fatigués de notre journée et sortant les matelas pneumatiques, Fab lui lance « Jean René, on va se coucher maintenant.. ». Nous nous installons chacun sur un banc, la pluie continue de tomber, et l'eau rentre dans la gare ouverte aux 4 vents. On s'endort bon gré mal gré, Jean René parle toujours. Après la chaleur de la journée, la pluie rafraîchie bien l'atmosphère (trop même !!). Jeudi 08/11/07 : Vers 2h du mat' le train n'est toujours par là. Il fait froid et Jean René parle toujours à l'assistance qui daigne bien l'écouter. Il profite de « l'animation » de la gare car lui ne doit pas prendre le train. Nous sommes une dizaine à attendre le train. Nous nous rendormons. Le chef de gare nous réveillera bien à l'approche du train. Le jour se lève quand nous ré-ouvrons les yeux. Il est près de 6h du mat' et nos compagnons de voyage (qui n'a pourtant pas commencé !) sont là aussi. Jean René est parti
Au fil des discussions, nous comprenons que le train de passagers a été bloqué par un train de marchandises en panne et qui vient d'entrer en gare il y a quelques minutes. Le nôtre ne devrait pas tarder ! Nous allons d'ailleurs l'attendre sur les rails derrière le train de marchandises (instruction du chef de gare). La marche sera un peu haute mais on s'en sort. Nous sommes enfin à l'intérieur ! Un contrôleur nous indique où nous asseoir car les places et le wagon indiqués sur notre billet n'existent pas ! Nous nous retrouvons dans un compartiment avec 3 autres personnes, c'est assez confortable surtout après le 2 nd arrêt où un des 3 passagers descendra. Finalement, le retard nous permet de voyager de jour et de profiter des paysages alternés d'écosystèmes divers : savanes vertes, montagnes, forêts, fleuves. Des mosaïques de vert s'offrent à nous. Dans notre compartiment, 1 congolais de Kinshasa qui retourne dans sa famille pour ses congés annuels (il travaille au Gabon et a fui son pays il y a quelques années à cause de la guerre) et un employé des chemins de fer qui connaît bien son pays et nous fait profiter de ses connaissances. Il nous explique par exemple que nous traversons la forêt des abeille (une zone où si nous restons immobile pendant quelques minutes, les abeilles viennent sur nous), des zones avec des gorilles, des serpents, . où l'homme ne s'y est jamais aventuré. En effet à travers la fenêtre, la forêt semble impénétrable et inhospitalière.
Sur le trajet, seules 2 ou 3 gares qui sont les la base d'exploitations forestières montrent signent de vie. Quelques vendeurs de viande de brousse et de produits forestiers font leurs affaires. A la gare de Ivindo, Fab a le choix entre beignets, viande de singe, viande de tatou et pain. Ca sera beignets et pain. Nous verrons sur le quai de la gare suivante une tortue d'eau douce, retournée sur sa carapace, gravement blessée mais pas tout à fait morte (pour garder la viande fraîche) mise en vente à 20 000F (30€). D'après les passagers du train, c'est cher ! La vue de cette tortue agonisante et exposée sur le quai nous fait prendre conscience de cette réalité de terrain et de ce fossé entre les populations qui n'ont que cette viande de brousse pour manger et survivre et les ONG et les grandes idées occidentales qui veulent faire de la conservation. Interdire ou réglementer la chasse des espèces protégées est une bonne chose, encore faut-il proposer des alternatives aux populations. Une situation impossible à appréhender depuis n'importe quel bureau climatisé. Venir sur le terrain est vraiment essentiel et malheureusement pas systématique. Ecrit Samedi 10 novembre 2007, 07h30, Gare routière pour Léconi, Franceville Jeudi 08/11/07 (suite) : Les passagers profitent des arrêts pour se ravitailler en régime de bananes, viande de brousse ou manioc. C'est moins cher et les vendeurs de viande de brousse se font dévaliser en quelques minutes. Certains clients se disputent âprement les dernières parts. La viande est vendue en sauce empaquetée dans des « sachets » faits en feuilles de bananiers. Le trajet est long, il fait chaud,
certains passagers qui ont bu toute la nuit ont quelques difficultés à circuler dans les wagons, d'autres font des allers/retours en file indienne et en chantant, sans doute pour faire passer le temps. A l'approche de Franceville les paysages changent encore. Plus de savanes vertes et moins de forêts. On arrive enfin à Franceville. Il est 15h et encore une fois le train s'arrête avant le quai. Il faut descendre sur les rails. Le taximan nous emmène dans un petit hôtel pas cher, propre et tranquille au bord du fleuve pas très loin de l'animation de la ville et du quartier Poto Poto. Franceville, qui ressemble beaucoup au Puy en Velay, est très étendue. Maisons et bâtiments sont dispersés au milieu des collines. La rue que nous empruntons pour rejoindre le cour du centre ville depuis l'hôtel est plus que bruyante et animée. Les bars entrecoupés d'épiceries, de gargotes, de salons de coiffeurs, font déferler un son hurlant sur la petite route de latérite. Chacun semble vouloir se faire entendre et les riverains semblent s'en accommoder. C'est vraiment assourdissant. Il est difficile de s'entendre parler dans la rue, on n'ose pas imaginer l'état des oreilles des gens qui sont dans le bar. Vendredi 09/11/07 : Journée tranquille. La ville est très différente de Libreville. Plus accueillante, les gens donnent plus l'impression de travailler, les costards-cravates sont beaucoup moins nombreux. Nous allons voir WCS qui a un programme de conservation dans les plateaux Batéké. Très peu de moyens et encore une fois, aucune aide de l'état. Le directeur de programmes nous explique que l'argent débloqué par le président pour créer les 13 parcs nationaux en 2002 n'est jamais arrivé sur le terrain. Le reste de la journée c'est cyber et banque puis retour à l'hôtel où nous avançons petit à petit sur le site RISEAL. On va bien finir par le faire ce site web ! En fin d'aprem' nous faisons un petit tour dans les quartiers proches de l'hôtel. Nous sommes bien loin des apparences de Libreville, ici, il y a des fontaines d'eau dans la rue où les femmes font leur lessive, les animaux d'élevage circulent sur le goudron défoncé (chèvres, moutons et poules) et les maisons sont en piteux état. Nous retrouvons un peu l'ambiance de l'Afrique de l'ouest et retrouvons au soleil couchant notre Régab, nos arachides (cahouète) et nos bâtons de manioc. Samedi 10/11/07 : Ce matin, nous nous sommes levés beaucoup trop tôt. Arrivé à 7h du mat' à la gare routière pour Léconi (en fait un abri en bois avec un écriteau fait à la peinture blanche) qui est notre dernière étape au Gabon (c'est de là-bas que nous devons rejoindre le Congo), on apprend que les véhicules n'arrivent que vers 8h30- 9h. C'est l'occas' de voir un peu la ville s'activer. Les travailleurs partent en bons nombres transportés par des bus des sociétés ou par les camions-brousse, les petits commerces ouvrent les uns après les autres et préparent leur devanture. Certains travailleurs sont déjà à la bière. Ecrit Jeudi 15 novembre 2007, 21h30, Armée du salut, Brazzaville - Gabon Samedi 10/11/07 (suite) : Nous attendons. Les clients sont là. C'est un petit véhicule à 6 places qui est prévu. Nous sommes 6, le véhicule est complet, les tickets sont vendus, l'argent encaissé mais la voiture et le chauffeur ne sont pas là. Ils sont passés dans l'autre sens il y a déjà 1h, le chauffeur a juste fait signe qu'il allait faire demi tour et il n'est toujours pas réapparu. La femme qui vend les tickets ne s'en affole pas. Un client fait une réflexion et le vieux gérant semble vouloir réagir, appeler le chauffeur. Il aura le culot de demander à des clients des unités pour téléphoner. Au final, nous partons avec un autre véhicule et un autre chauffeur. Les paysages sont encore verts et la forêt a laissé la place aux plateaux Batéké et à la savane. Des étendues de savanes vallonnées s'offrent à nous. Le temps est gris, l'ambiance est étrange. C'est vrai que l'on pourrait se croire dans le Puy de Dôme. On se demande de quoi vive les gens ici, il ne semble pas y avoir d'agriculture ni d'élevage. On nous dit que le maïs et le manioc sont cultivés ici, et que le foufou (manioc bouilli) est l'aliment de base. Arrivés à Léconi, on prend des renseignements sur le passage de la frontière. Le chauffeur de taxi nous effraie un peu en nous expliquant que les transports qui vont de l'autre côté sont un peu rare et qu'on peut attendre 3 ou 4 jours ici et que l'on aurait dû partir directement de Franceville selon lui. D'autres nous disent qu'il y des véhicules qui partent tous les jours. Tous semblent d'accord sur le fait qu'il faille aller au poste de l'immigration sur la route principale, l'endroit par lequel transite tous les véhicule en partance par le Congo. On décide de remettre ça à plus tard car on trouve une occas' pour aller visiter les canyons de Léconi. Nous partons en 4x4 sur le site et atteignons une piste à travers la savane après quelques km sur le goudron tout neuf construit par les chinois. Nous partons à travers champs jusqu'aux canyons. Le site est grandiose. Il aurait mérité un pique-nique et plusieurs heures sur place car cela respire la tranquillité mais nous n'y restons qu'une petite heure. A notre retour à Léconi, après avoir mangé un bon plat de spaghetti-viande (brésilienne), et juste avant une grosse averse, nous nous précipitons dans l'auberge toute glauque où nous avons posé nos sacs. En fin de journée la pluie a cessée et nous nous rendons au poste d'immigration. On nous explique que les seuls véhicules qui vont au Congo passent uniquement la nuit et que ce sont des véhicules de marchandises. Les voyageurs ont pour habitudes de dormir au poste en attendant un véhicule. Nous préférons rester à l'auberge et laisser notre n° de tel . ainsi qu'une carte de recharge à Collette la chef de poste. Elle nous promet de nous appeler si une occasion se présente. Nous rentrons à l'auberge, bouclant nos sacs, prêts à décoller au cas où. Pendant le repas du soir, nous assistons à une scène cocasse entre un chinois qui ne parle pas un mot de français et la gérante gabonaise du bar-resto pas très avenante. Le chinois désire juste boire un fanta orange. Il ne comprend pas le problème que suscite le gros billet de 10000F qu'il tend. Assez confiants de trouver un véhicule, nous nous couchons tôt car la nuit sera sûrement courte. Finalement, Colette ne nous appelera qu'à 5h38 le lendemain matin. |
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